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26/02/2020

Comment dépolluer les sols avec des plantes sans créer de déchets?

Réhabiliter des sols industriels dégradés et produire des molécules complexes grâce à une synthèse plus verte en un seul et même mouvement. C'est le projet de recherche de Claude Grison depuis dix ans.
Tous les jours, retrouvez le Fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. Chaque vendredi, une question écologique par le prisme de la recherche.

Peut-on dépolluer des sols sans créer de nouveaux déchets ? Oui, et avec des plantes, en plus ! répond Claude Grison. La chercheuse a tout simplement «revisité la chimie pour la rendre respectueuse de l’environnement du début à la fin». Elle a reçu la médaille de l’innovation du CNRS en 2014 pour cela.

Rentrons dans le détail. Au début, il s’agit juste de se rendre compte que certaines plantes ont «la capacité d’extraire les polluants métalliques du sol dans quantités énormes». Et donc de les utiliser pour restaurer d’anciens sites industriels ou miniers. Soit. Mais la chercheuse ne s’est pas arrêtée là. «On s’est mis une grosse contrainte, nous ne voulions pas générer un nouveau déchet.»

Alors que faire de ces plantes saturées en métaux ? Les réutiliser dans l’industrie chimique pardi ! Le cuivre, par exemple, est un produit utilisé dans l’industrie pour faciliter certaines réactions chimiques, on appelle cela un catalyseur. La chercheuse a donc proposé de remplacer les métaux extraits de manière peu respectueuse de l’environnement de mines par les siens contenus dans ses plantes. Mais il y a derrière cette phrase un océan de recherche.

«Nous avons déposé en tout 35 brevets. Les catalyseurs venant des plantes ne sont pas exactement identiques à ceux de l’industrie, nous avons ouvert un nouveau domaine de recherche.»
Un domaine prometteur puisque après la dépollution des terres, la chercheuse s’attaque aux eaux saturées en polluants métalliques mais aussi en perturbateurs endocriniens ou en pesticides.

Selon Mr Olivier Monod - Liberation - vendredi 21 février 2020

23/02/2020

Le Sénat critique la politique du gouvernement envers l'agriculture bio...

L'objectif d'atteindre 15% de surfaces agricoles en bio en 2022 est "hors d'atteinte", selon un rapport de la commission des Finances du Sénat publié mercredi, très critique sur la politique mise en place par l'Etat pour soutenir le développement de l'agriculture bio.
En 2018, la France totalisait 7,5% de sa surface agricole en bio, mais "malgré leur expansion, les surfaces entrées en conversion ces dernières années suivent un volume d'accroissement qui est incompatible avec l'atteinte de l'objectif fixé par le programme 'Ambition Bio 2022' de 15% de surface agricole utile certifiées en bio", estime le rapport.
"L'emballage cache à peine les défaillances publiques"
Dans ces conditions, les 20% de repas bio visés en 2022 dans les cantines françaises sont aussi hors d'atteinte dans la situation actuelle, ajoutent les sénateurs. Le plan "devrait être rebaptisé Ambition 2026 au mieux", ajoute le rapport.
Les sénateurs jugent en outre que les soutiens financiers de l'Etat attribués via l'Agence Bio sont insuffisants et que sa communication est même parfois mensongère, cachant de fait un désengagement de l'Etat. Ainsi, "l'Agence Bio a mis le paquet, mais l'emballage cache à peine les défaillances publiques", selon le rapport.Les parlementaires jugent les missions de l'Agence Bio "composites et contradictoires". L'agence consacre "une part considérable des moyens publics à assurer la promotion de l'agriculture bio aux dépens de sa mission d'intérêt public majeur. Sa gouvernance n'est pas satisfaisante", dénoncent les sénateurs, réclamant "un audit du fonds Avenir Bio".

Un modèle qui repose sur un sur-prix payé par le consommateur
Ils soulignent aussi l'"opacité" des aides en matière de bio. "La programmation a été prise en défaut suite aux impasses de financement. Celles-ci ont été comblées dans des conditions et à coups d'expédients pour le moins critiquables", estime le rapport.
Le texte souligne aussi la fragilité du modèle économique du bio, dans lequel le "consentement des consommateurs à acquitter des sur-prix est la condition principale de l'équilibre économique du développement du bio". Ces sur-prix ont permis à l'Etat de "réduire les coûts publics de soutien au bio". Le rapport recommande aujourd'hui à l'Etat de "renoncer à sa posture de passager clandestin du bio"...
Le Sénat réclame un audit complet des organismes certificateurs
Quant aux certifications bio, elles sont elles aussi épinglées, car l'INAO (Institut national des appellations d'origine contrôlée) donne délégation à des organismes certificateurs des exploitations bio, qui eux-mêmes "ont recours à des sous-traitances irrégulières"... Les sénateurs préconisent également "un audit complet des organismes certificateurs" et un renforcement des contrôles de la DGCCRF et de l'Union européenne pour s'assurer de la qualité des produits bio importés.
En outre, la Commission des Finances préconise "des données plus fiables du suivi des surfaces converties" et recommande que "les conversions reposent sur des projets économiques durablement viables". Elle propose aussi une "simplification de la structure du pilotage du bio" et demande que "la gouvernance du bio soit améliorée de façon drastique" et que " les organismes chargés du pilotage soient dotés des moyens de leurs missions".

Selon Boursier.com - Boursier - mercredi 5 février 2020

22/02/2020

Participer à une consultation sur l'agriculture...

Emmanuel Macron a exprimé son soutien aux agriculteurs dans un contexte d'inquiétudes sur la pérennité de la Politique agricole commune lors de l’inauguration du 57e salon de l’Agriculture. Dans la perspective de ce nouveau programme de la PAC pour la période 2021-2027 une consultation publique sur l'agriculture, l'alimentation et l'utilisation des fonds européens sera lancée officiellement ce dimanche.

Désormais Bruxelles demande aux États d'élaborer un plan stratégique national qui fixe ses priorités dans l'attribution des aides agricoles européennes. Pour finir d'établir ce plan, la France rouvre donc une période de débats autour de cinq thèmes.
Le modèle agricole et la transition agro-écologique notamment. La question de la gouvernance de la politique agricole et de la distribution de l'aide sera aussi posée.
Et comme ce débat s'annonce aussi comme une réflexion sur un choix de société sans se limiter aux seules considérations du secteur, dans la catégorie « qu'est-ce que je mange ? », les Français réfléchiront à la place de certains aliments comme la viande dans leur alimentation et au prix des produits.

Plusieurs façons de participer au débat:

Enfin, alors que le débat sur les zones de non traitement pour réduire les pesticides à proximité des habitations est vif, la question de la cohabitation dans les campagnes sera soulevée. 
Il existe plusieurs modalités pour participer. Soit en ligne sur le site imPACtons.débatpublic.fr, à partir de ce dimanche après-midi, soit à travers 30 débats publics qui seront organisés dans plusieurs villes à partir d'avril. Une assemblée citoyenne se tiendra fin mars et 140 Français tirés au sort y prendront part. Un « kit » est également disponible en ligne pour que chacun puisse organiser son débat et en rendre compte.

Selon RFI - RFI - dimanche 23 février 2020

21/02/2020

Les futurs J.O. de Paris et l'écologie...

Dès sa candidature, Paris a mis l'écologie et le respect de l'environnement au centre de son argumentation pour obtenir les Jeux Olympiques de 2024. Aujourd'hui, alors que l'événement planétaire avance à grands pas, Tony Estanguet, le président du comité d’organisation, réaffirme et détaille ces ambitions.
Moins construire pour moins émettre
Concrètement, Tony Estanguet vise 1,5 million de tonnes de CO2 générée par l'organisation de ces Jeux et là "on compensera". A titre de comparaison, l'empreinte carbone totale par Français (qui prend notamment en compte les importations de produits) représentait 10,5 tonnes d'équivalents CO2 en 2015, selon les calculs des Echos à partir d'un rapport paru début janvier de l'Ademe et de l'OFCE. Autrement dit, si le comité d'organisation tient ses objectifs, les émissions liées à l'organisation des JO seront équivalentes à l'empreinte carbone de 143.000 habitants sur une année entière. Cette "ambition repose principalement sur moins de constructions: 95% des sites utilisés pour l'organisation des Jeux sont déjà existantes ou temporaires. Donc on ne va quasiment rien construire, les seuls équipements que l'on va construire sont ceux que la population va utiliser au lendemain des Jeux. Ce sont des logements et un centre aquatique. Deuxièmement, les transports. Tous les sites de compétition seront desservis par des transports en commun et ensuite, au cas par cas, on va essayer de réduire, réduire, réduire en matière de restauration, en matière de déchets". L'objectif étant de faire "les choses différemment pour favoriser l'économie circulaire, pour faire en sorte que vraiment Paris 2024 soit le plus innovant possible".

Selon Mr Olivier Chicheportiche - BFM Business - vendredi 31 janvier 2020

20/02/2020

Jeans français éthiques...

Le jean "made in France" grandit. Depuis quelques années, un peu partout en France, des artisans ont relancé cette filière historique. Des ateliers de tissage se créent pour produire des vêtements 100% fabriqués en France. Née il y a plus d'un siècle en Europe mais popularisée par les Américains, l'aventure du jean est loin d'être bouclée. Cette toile a d'abord servi à faire des voiles de bateaux, des tentes, puis des vêtements de travail. C'est un accessoire incontournable depuis 60 ans. Désormais, le jean est porté sur toute la planète, par tous et en toutes occasions.
Plus de deux milliards de pantalons en jean sont produits chaque année dans le monde. Mais ce succès n'est pas sans impact environnemental. D'abord, les fabricants produisent du plus en plus loin des consommateurs ce qui nécessite de les transporter sur des milliers de kilomètres.
Les grandes marques, Levi's en tête, tentent depuis des années de réduire l'impact environnemental de cette production. Mais les solutions les plus audacieuses sont finalement locales. Depuis quelques années, des marques fabriquent en France pour réduire l'empreinte carbone. Certaines, très haut de gamme, sont confidentielles, d'autres, plus grand public, sont devenues célèbres.
Retour d'un pionnier créé au XIXème siècle
Parmi elles, 1083, Champ de Manoeuvre, DAO qui ont chacune un modèle propre. Il y a aussi et surtout l'Atelier Tuffery qui est un pionnier mondial du jean. Créé en 1892 à Florac (Lozère), cette entreprise cévenole a connu les heures de gloire de ce vêtement de travail avant de subir le déclin de la filière textile dans les années 1980 et la trop forte concurrence des Américains.
Jusqu'au début des années 2000, la production est haut de gamme et donc "intimiste". Elle reprend des forces en 2004 grâce à l'attrait des consommateurs pour le "made in France". En 2014, Julien Tuffery, 4ème génération de la famille de maîtres tailleurs-confectionneurs, reprend les rênes de l'entreprise pour développer cette tendance avec son épouse. "Le facteur-clef de réussite, c'était le mariage entre le savoir-faire ancestral et les codes modernes de communication et de commercialisation d'une start-up", résume Julien. "Le web nous a permis de rompre l'isolement géographique que l'on a subi pendant des années: on a beau être au milieu de notre paradis vert cévenol, on a vendu des jeans dans 28 pays" en 2017, explique le jeune chef d'entreprise à BFMTV. Les autres marques, plus récentes, ont surfé sur la même vague. "Un jean parcourt plus de 65.000 km pour entre le site de fabrication et le magasin qui le vendra, aujourd'hui, c'est aberrant", indique Sébastien Rochier, directeur de 1083, l'une des marques made in France les plus emblématiques.
Son nom exprime la distance maximale parcourue par ses produits avant d'être vendus. Et contrairement aux idées reçues, les prix ne sont pas disproportionnés. Ces jeans sont vendus autour de 100 euros, le tarif moyen du géant américain. Créée en 2013 par Thomas Huriez, l'entreprise de Romans (Isère) produit désormais 40.000 pièces par an avec une progression 50% en 2019.

Le retour des métiers à tisser
C'est à Nancy que Davy Dao a créé sa marque éponyme. Après avoir été vendeur dans un magasin de vêtements, cet autodidacte a créé son entreprise. Ces jeans sont fabriqués en France, mais sa particularité est le jean sur-mesure. En 2012, il commence à produire quelques modèles dans son appartement pour des proches, puis ouvre un atelier et une boutique deux ans plus tard dans le centre de Nancy. "Nous n'importons que la toile qui vient selon les gammes du Japon ou d'Espagne". 
Mais la réduction de l'impact carbone de l'industrie du jean va plus loin. Pour la réduire encore plus, la plupart des marques ont décidé de tisser la toile en France. Chez 1083, des balles de coton arrivent de Tanzanie, du Mali et de Turquie puis sont filées puis tissées dans deux usines, l'une, Valrupt Industrie, est dans les Vosges, la seconde, Tissages de Charlieu dans la Loire.

Des jeans en lin cultivé en France
1083 et DAO veulent désormais aller plus loin dans la réduction de l'impact carbone en créant de jeans composés non plus de coton, mais de lin. Cette plante a deux intérêts par rapport au coton. Elle ne nécessite presque pas d'eau pour sa production, mais offre un autre atout pour le "made in France". "Peu de gens le savent mais la France produit 60% du lin, ce qui fait du pays le premier producteur mondial", indique Davy Dao qui actuellement achète ses toiles à l'étranger. Les autres marques vont-elles les suivre? Armand Teboul, co-fondateur de Champ de Manoeuvre, n'est pas convaincu par le lin. Ses jeans pur coton sont réalisés avec des toiles italiennes, mais surtout japonaises pour les selvedge, ces tissus haut de gamme à la maille très serrée et dont les extrémités sont renforcées par des lisières colorées. Mais il reste en Europe quelques machines capables de tisser ces fameux selvedge. Elles doivent être remises en état, mais l'attrait des clients pour ces jeans haut de gamme et pour le made in France incitent des industriels à en remettre en marche. Selon nos informations, un projet serait en cours dans l'Est de la France.
"Ce retour dans l'industrie textile de qualité serait une bonne nouvelle. Si un Français produit bientôt des selvedge, nous proposerons à notre tour des jeans 100% français", espère le dirigeant de Champ de Manoeuvre. Pour lui, ce serait un retour aux sources. "Il ne faut pas oublier que 'denim' signifie 'de Nimes', ville dans laquelle s'approvisionnait les Américains au XIXème siècle et que le jean est la toile produite à Gènes pour les voiles de bateaux". 

Selon Mr Pascal SAMAMA - BFMTV - dimanche 2 février 2020

 



19/02/2020

La liberté d'entreprendre connaîtra bientôt des limites....

C'est probablement une décision à portée historique, qui illustre bien l'importance prise par la protection de l'environnement dans la société française. 
Ce vendredi 31/1/2020, le Conseil constitutionnel a établi une nouvelle jurisprudence dont les répercussions devraient être profondes dans le monde de l'entreprise. Dans leur décision, les "Sages" affirment ainsi que la liberté d'entreprendre, à valeur constitutionnelle, pouvait être limitée au motif de la protection de l'environnement.

Des principes contradictoires?
Concrètement, le Conseil constitutionnel avait été saisi par le Conseil d'Etat d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), une procédure qui vise à combler un vide juridique, ou de trancher entre deux règles apparemment paradoxales.
En l'occurrence, l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) qui regroupe des entreprises de produits phytosanitaires comme Bayer ou BASF, avait dans le viseur un nouvel article inscrit le 30 octobre 2018 au code rural et de la pêche maritime, qui interdit "la production, le stockage et la circulation" dans l'UE de "produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non approuvées pour des raisons liées à la protection de la santé humaine ou animale ou de l'environnement." Les chimistes espéraient, en fait, continuer à produire et exporter, notamment en Afrique, des pesticides désormais interdits Europe, au nom de "la liberté d'entreprendre", reconnue comme un "principe à valeur constitutionnelle".
Mais les Sages ont rappelé en parallèle la valeur constitutionnelle de la Charte de l'environnement qui souligne que "la préservation de l'environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation." Tout comme ils ont évoqué la garantie de la "protection de la santé", inscrite Préambule de la Constitution de 1946.
Face à cette sorte de contradiction, ils ont donc tranché.

Le Conseil constitutionnel rappelle, par ailleurs, que l'application de l'article en question a été différée au 1 janvier 2022. "Le législateur a laissé aux entreprises qui y seront soumises un délai d'un peu plus de trois ans pour adapter en conséquence leur activité" explique la décision.
Résultat, la situation présentée "n'est pas manifestement déséquilibrée entre la liberté d'entreprendre et les objectifs de valeur constitutionnelle de protection de l'environnement et de la santé."

Selon Mr Thomas Leroy - BFM Business - vendredi 31 janvier 2020

18/02/2020

Ifremer et pêche durable en France...

OCEANS - L’Ifremer présentait ce vendredi le bilan de l’état écologique des poissons débarqués par les bateaux français en métropole en 2019. En clair, les prises françaises ont-elles été faites au sein de populations en bonne santé écologique ?
Verre à moitié vide ou verre à moitié plein ? Des deux lectures possibles, François Houllier, président-directeur de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), choisit de mettre l’accent sur la deuxième. Le verre à moitié plein. Ce vendredi matin, et pour la deuxième année consécutive, l’Institut scientifique présentait le bilan de l’état écologique des poissons pêchés en France métropolitaine sur l’année passée.
L’exercice consiste à analyser les volumes de poissons pêchés par les bateaux français dans les eaux européennes et débarqués dans les ports de France métropolitaine. Soit environ 500.000 tonnes. Puis de croiser ces données avec les diagnostics scientifiques sur l’état de santé écologique de ces espèces qu’établit le Conseil international pour l’exploitation de la mer. En clair : les pêcheurs français puisent-ils dans des stocks de populations en bon état écologique… ou non ?

Du mieux depuis vingt ans sur les volumes pêchés nt issus de populations en bon état. C’est l’anchois du Golfe de Gascogne, les Baudroies du Golfe de Gascogne et de mer Celtique, la Coquille Saint-Jacques de la Manche… Et 6 autres pourcents provenaient de populations de poissons reconstituables ou en reconstitution. « Pour ces dernières, la pression de pêche est jugée conforme au rendement maximum durable, mais la biomasse de reproducteurs [la quantité d’adultes en âge de se reproduire] est encore inférieure à cet objectif ». Dans cette catégorie entre par exemple le thon rouge d’Atlantique et de mer Méditerranée. Au début des années 2000, ses populations s’étaient effondrées, au point de nécessiter un plan d’urgence de reconstitution des stocks qui s’était traduit par une diminution drastique des quotas de pêche [les quantités de prises autorisées sur une année]. « Les populations sont aujourd’hui en reconstitution, la biomasse augmentant très fortement depuis quelques années », indique l’Ifremer.
L’institut additionne alors ces deux premières statistiques pour affirmer que 49 % des volumes de poissons pêchés en France proviennent de population exploitée durablement. C’est « le verre à moitié plein » de François Houllier. Le PDG de l’Ifremer invite à mesurer les progrès réalisés ces dernières années. « En 2000, seuls 15 % des volumes de poissons pêchés en France métropolitaine provenaient de populations 
Pour le mesurer, l’objectif de référence est le rendement maximum durable (RMD). « C’est-à-dire la quantité maximale que l’on peut extraire, en moyenne et sur une longue période, d’une population sans affecter son processus de reproduction », précise Alain Biseau, coordinateur des expertises halieutiques de l’Ifremer.

Résultat ? En 2019, 43 % des volumes de poissons pêchés en France soexploitées durablement », indique-t-il.

Encore des populations surpêchées… et même des populations qui s’effondrent

Il reste à aborder les 51 % restants des débarquements français. Ces poissons ne proviennent pas tous de populations en mauvais état écologique. « Pour certaines populations, nous n’avons tout simplement pas suffisamment de connaissances pour fixer leurs seuils de durabilité ou d’effondrement, précise Alain Biseau. D’autres populations ne font pas l’objet de mesures de gestion à l’heure actuelle, et ne sont donc pas évaluées. »

Il n’empêche, 23 % des poissons pêchés l’an dernier provenaient de populations surpêchées, autrement dit pour lesquelles la forte pression de la pêche actuelle risque de conduire à un effondrement de la population. C’est le cas de l’eglefin de mer Celtique, du maquereau de l’Atlantique, de la sardine du golfe de Gascogne. Plus inquiétant, 3 % proviennent de populations surpêchées et dégradées. En clair, les deux indicateurs de la surpêche et de la biomasse des poissons reproducteurs sont dans le rouge. Comme le chinchard de l’Atlantique et le Merlan de mer du Nord-Manche Est. Et 2 % même proviennent de populations effondrées, pour lesquelles la quantité de reproducteurs est insuffisante pour permettre aux populations de se renouveler. C’est le cas du Merlan de mer Celtique ou celui du cabillaud de mer du Nord et de mer Celtique.

La maîtrise de l’effort de pêche, le facteur déterminant ?
Un effondrement de population n’est pas forcément synonyme d’extinction. Ainsi, si le cabillaud s’effondre en mer du Nord ou en mer Celtique, plus au nord, en mer de Barents ou aux environs de l’Islande, « il se porte très bien, rappelle Alain Biseau. Sa biomasse est bien plus forte qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Et c’est de cette zone, d’ailleurs, que provient la très grande majorité du cabillaud vendu en France. »

Cela ne veut pas dire non plus que la surpêche est l’unique cause de ces effondrements de populations. Le cabillaud est, là encore, un bon exemple, indique Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’ONG Bloom. « C’est une espèce d’eau froide qui va suivre les masses d’eau à une température optimale, précise-t-il. Or, en ce moment, le changement climatique la pousse à délaisser les mers du Nord et Celtique pour, justement, migrer plus au Nord. »
Il n’empêche, une maîtrise de l’effort de pêche reste un facteur déterminant pour la bonne gestion d’une population. L’exemple du cabillaud en mer du Nord, toujours lui, est parlant. « La pression de pêche avait diminué sur cette population entre 2000 et 2013, ce qui avait permis à la biomasse des poissons reproducteurs de repartir à la hausse, raconte le coordinateur des expertises halieutiques de l’Ifremer. Patatra en 2013 : la pression de pêche a de nouveau augmenté et on constate, dans le même temps, un nouvel effondrement de la population de cabillauds en mer du Nord. »

« Des techniques de pêches qui font des dégâts », pointe Bloom e cabillaud ne serait pas le seul à avoir fait les frais de cette augmentation de l’effort de pêche. Frédéric Le Manach parle d’une tendance lourde : « Dans les années 2000 et au début des années 2010, l’Europe avait fait de gros efforts pour contrer globalement les dégâts de la surpêche des décennies précédentes. Mais depuis 2014, il y a un relâchement. L’effort de pêche repart à la hausse, fragilisant les écosystèmes marins. »

Pour Bloom, le bilan présenté par l’Ifremer ne permet pas totalement de s’en rendre compte. D’une part, Il ne s’intéresse déjà qu’aux pêches en Atlantique nord-est et en mer Méditerranée. « Or, des navires français pratiquent aussi la pêche aux thons albacores dans l’océan Indien, décriée pour la technique utilisée, commence Frédéric Le Manach. Surtout, l’Ifremer ne s’intéresse qu’aux volumes de poissons débarqués par les bateaux, reprend Frédéric Le Manach. Or, la pression de pêche ne se réfère pas seulement aux quantités de poissons qu’on ramène aux ports, mais aussi aux moyens techniques déployés en mer pour aller chercher cette ressource. Et ceux-ci sont de plus en plus lourds. En France, environ 70 % des captures sont aujourd’hui réalisées en utilisant le chalut de fond. Non seulement cette méthode de pêche n’est pas sélective – des espèces non désirées vont se retrouver dans les filets – mais le chalut de fond – qui consiste à racler les fonds marins avec des filets tractés par les bateaux – impacte aussi les habitats. »
Cette fragilisation des écosystèmes marins tombe mal, au moment où pointent les premières conséquences du réchauffement climatique. « Pour faire face, il faut des écosystèmes complexes, divers, avec une abondance de poissons importante, insiste Frédéric Le Manach. Que les stocks des espèces les plus exploitées commercialement se portent bien ne suffit pas. »

Selon Mr Fabrice Pouliquen - 20 Minutes - vendredi 31 janvier 2020

17/02/2020

Tout savoir sur le chou chinois...

Dans le supplément à Nice-Matin "Nous", un journaliste nous présente un légume méconnu appelé " chou chinois". Il est très consommé dans les pays d'Asie et ses variétés les plus populaires sont le chou de Pékin et le Pak-Choi. En fait, il existe plus de trente sortes de chou chinois. Cuit ou cru, ce type de chou aide à protéger le système cardio-vasculaire grâce à ses antioxydants. Il est aussi très peu calorique: environ 12 calories pour 100g. Donc, en résumé, c'est un aliment santé, coupe-faim, riche en fibres, qui donne une impression de satiété.

Lorsqu'il est bouilli, les bienfaits du chou chinois sont nombreux: c'est en effet une source de calcium, de fer, de potassium, de vitamine K, B2 et C. On peut le cuisiner braisé, farci ou sauté avec du poulet, du boeuf, des champignons ou encore du gingembre, de la coriandre, du sésame ou de la sauce soja pour relever la préparation. Si l'on envisage de le conserver au réfrigérateur, il peut tenir deux semaines à condition de le faire blanchir auparavant quelques minutes à l'eau bouillante. Mais, pour le manger cru en salade, ne pas attendre plus de 6 jours.

Lyliane

15/02/2020

Créer des zones entièrement sauvages, est-ce une bonne idée?

Depuis 200 ans, le progrès technologique a engendré une rupture toujours plus marquée entre notre espèce et la nature, qui se manifeste notamment par une domestication sans cesse plus importante du vivant et une occupation croissante de la superficie terrestre.
Aujourd'hui, la moitié des terres habitables, soit 51 millions de kilomètres carrés, sont converties à l'agriculture, et 77% des terres agricoles, soit 40 millions de kilomètres carrés, sont dédiées au pâturage des animaux d'élevage. Ce remodelage massif des écosystèmes par l'activité humaine a entraîné, et continue d'entraîner, une baisse tout aussi massive de la biodiversité.
Avec la mondialisation, ce n'est pas seulement l'impact que peuvent avoir nos infrastructures de production et de consommation sur l'environnement qui pose problème, mais également la distribution de notre espèce sur la surface du globe.

Où se trouvent les dernières zones sauvages sur la planète?

Perte brutale de biodiversité
La situation actuelle a tout lieu de nous inquiéter. Selon WWF, 60% des vertébrés ont disparu de la surface de la Terre depuis les années 1970. Le nombre d'espèces qui ont été décimées, directement ou indirectement, par l'activité humaine depuis la seconde moitié du XXe siècle, est vertigineux. Et le phénomène est exponentiel.
Dans «Biological annihilation via the ongoing sixthmass extinction signaled by vertebrate population losses and declines», une étude datant de 2017, les chercheurs Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo de l'université Stanford, ainsi que Gerardo Ceballos de l'Université autonome du Mexique, ont mis en évidence qu'un nombre croissant d'animaux disparaissait, année après année, à un rythme toujours plus rapide, partout à travers le monde.
Toujours en 2017, le World Ressource Institute estimait qu'entre 150 et 200 espèces sauvages s'éteignaient quotidiennement, victimes d'une dégradation de leur environnement naturel causée par la pollution, l'urbanisation et la déforestation, alors qu'en parallèle les archives fossiles nous apprennent que la vitesse moyenne d'extinction ne dépasse pas 5 espèces par an sur les 200 derniers millions d'années.
Edward O. Wilson préconise de définir un nouveau pacte avec le vivant.
Plus récemment, un rapport de l'Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), datant de 2019, a démontré que la disparition des espèces atteignait actuellement un seuil critique, avec plus d'un million d'entre elles directement menacées. Cette même année, la revue Nature publiait une étude qui indiquait que les populations d'insectes arthropodes avaient diminué de 67% en quelques années.
Or, les effets d'une perte brutale de biodiversité sont clairement identifiés et ils font froid dans le dos: désorganisation et baisse du rendement agricole, dégradation de la sécurité alimentaire, détérioration de la qualité de l'air, diminution des réserves d'eau potable, diffusion à plus grande échelle des virus et des bactéries pathogènes... Un désastre. Facteur aggravant, l'affaiblissement des écosystèmes et le changement climatique sont intimement liés, l'un favorisant l'autre, et vice versa. La protection du vivant est un impératif tout aussi crucial que celui de la baisse des émissions de CO2. Dès lors, comment inverser le processus?
Edward O. Wilson, professeur émérite à Harvard, biologiste et entomologiste de notoriété mondiale, propose d'aller encore plus loin. Dans Half-Earth, our planet's fight for life, un ouvrage paru en 2017, il préconise de définir un nouveau pacte avec le vivant qui ménagerait, à l'échelle globale, les besoins primaires de la faune et de la flore en réensauvageant la moitié des surfaces habitées.

Sanctuariser pour sauvegarder
Wilson pose le principe d'une nouvelle occupation de la planète, en insistant sur la nécessité d'épargner à tout prix les environnements. Il émet l'idée de tracer une carte «bio-géographique» du monde en délimitant les zones prioritaires à sauvegarder en fonction du niveau de fragilité des animaux qui y vivent, et en créant de vastes réserves dans tous les pays. Selon lui, préserver 50% des habitats naturels pourrait sauver 85% de la biodiversité actuelle.
Cette préoccupation n'est pas nouvelle. De fait, un nombre croissant d'initiatives écologiques se fixent pour but de protéger le vivant en restituant des territoires à la nature. Il ne s'agit pas ici de développer des technologies écoresponsables, de miser sur la croissance verte, ni de rendre vertueux nos systèmes de production et de consommation en basculant dans l'économie circulaire et la sobriété énergétique, mais de freiner la disparition des espèces animales de manière radicale.
Au Portugal, la réserve de Faia Brava a été pensée pour permettre à la vie sauvage d'évoluer librement, sans aucune intervention humaine.
Des groupements de citoyen·nes se cotisent pour racheter des forêts entières afin d'y interdire la chasse et d'y développer une sylviculture douce. Des associations militantes, comme l'Aspas, mettent la main au porte-monnaie pour acquérir des terrains et les transformer en réserves naturelles libres de toute exploitation. Au Portugal, la réserve de Faia Brava a été pensée pour permettre à la vie sauvage d'évoluer librement, sans aucune intervention humaine.
En 2010, la conférence mondiale de Nagoya au Japon avait défini plusieurs objectifs similaires pour 2020, notamment la «réduction de moitié du taux de perte de tous les habitats naturels, y compris les forêts» ainsi que la «création d'un réseau d'espaces protégés couvrant au moins 17% de la surface terrestre et 10% des océans». Dix ans après, l'humanité est loin du compte...
Selon Mr Arnaud Pagès - Slate - lundi 27 janvier 2020

13/02/2020

A propos du libéralisme selon Mr Yannick Jadot...

Cet ancien de Greenpeace, passionné de football lance le coup d'envoi du débat en ces termes "La passion du combat, de l'engagement, c'est comme le football : il y a des règles mais il faut parfois savoir filouter". Un vrai politicien donc, qui au fil du débat renforce sa stature d'ambassadeur d'une écologie de compromis. Le match fut riche : Europe, changement de modèle économique, rôle des entreprises et de la finance dans l'économie verte, autant de thèmes abordés au cours de ce débat. Retour sur le plan de match de Yannick Jadot contre le réchauffement climatique en 5 points clefs.

Penser globalement le changement climatique : le rôle de l'UE

Pour Yannick Jadot, l'écologie est un combat et l'Union Européenne "une force de frappe". La lutte contre le réchauffement climatique passe par l'Union Européenne. Le député européen rappelle que les comportements individuels, et les efforts des collectivités territoriales sont tout aussi nécessaires. Mais à son sens seule l'échelle européenne permet de peser dans les négociations internationales face à la force de frappe des lobbys et des pays comme les Etats Unis ou le Brésil. Il se félicite que l'environnement soit devenu une compétence européenne, qui rentre parfaitement dans le rôle originel de l'organisation de nous assurer un "avenir paisible". Hier l'Union Européenne était construite pour empêcher une nouvelle guerre mondiale, aujourd'hui elle se doit d'empêcher la destruction de notre écosystème.

Malgré ses insuffisances démocratiques, l'Union Européenne reste donc un "formidable espace de conquête" selon Yannick Jadot.

Changer de modèle économique : la fin du libéralisme
Le combat de l'écologie passe pour Yannick Jadot par un changement de modèle. Son constat est simple : le libéralisme économique s'est développé sur l'idée qu'il était structurellement porteur du libéralisme politique. Or aujourd'hui selon le député européen l'"ultralibéralisme" poussé à son extrême déclenche en monétisant la vie privée par exemple - de nombreuses peurs. Le libéralisme devient dès lors le premier ferment des populismes. La perspective de progrès a pour lui disparue, puisqu'un nombre croissant de personnes ne croient pas en la perspective d'une amélioration du train de vie de leurs enfants. Le constat est selon lui sans appel :

"Quand on se bat pour le Green Deal européen, c'est pour se donner un projet de civilisation ! Le libéralisme, ce n'est pas un projet de civilisation ! "
Yannick Jadot entend lancer une stratégie de la mobilisation. Au nom de ce nouveau combat écologique le député européen exhorte à un "moment pearl harbor". "Profitons de ce défi du vivant, du changement climatique, de la solidarité pour transformer notre société en mieux". Le défi écologique est alors vu comme un tremplin pour le développement d'une nouvelle économie.

Investir dans l'économie verte : un deal gagnant-gagnant

Investir dans l'énergie verte est selon Yannick Jadot, le seul investissement rationnel. Pour lui aucun investisseur privé n'a intérêt à un financer dans les énergies fossiles. Plébisciter l'énergie éolienne et solaire c'est pouvoir atteindre l'indépendance énergétique, notamment d'un point de vue géopolitique. Ultime argument, le nucléaire lui aussi est soumis à des problèmes d'approvisionnement avec des réacteurs mis à l'arrêt pour des raisons de sécurité, les arguments traditionnels d'indépendance et de promesse d'approvisionnement en flux tendus ne tiennent donc plus.
Le rôle des entreprises est donc clef dans cette transition énergétique, via l'investissement dans des innovations technologiques majeures. La capacité d'investissement est renforcée par la baisse des coûts des énergies renouvelables avec un coût marginal de l'énergie solaire proche de zéro.

La mise en place de cette transition : encore un long chemin à parcourir

Yannick Jadot appelle à suivre des pays comme le Danemark, l'Autriche ou l'Allemagne et miser sur l'énergie verte. Il regrette à ce titre que l'objectif pour la France de 23% d'énergie renouvelable pour 2020 ne soit pas tenue, et s'élève seulement à 17%.
Il faut davantage aussi économiser l'énergie. Yannick Jadot se désole que le gouvernement ait réduit de moitié les crédits d'impôt d'isolation thermique. Le logement représente 40% de nos consommations d'énergie et 25% de nos émissions. Il soulève l'extraordinaire opportunité d'investissement dans la rénovation thermique des logements, via notamment les PME afin de régler les 6 millions de passoires énergétiques.

Seulement, le député européen semble battre en retraite quand ses interlocuteurs l'interrogent sur l'empreinte écologique et la nécessaire utilisation de métaux rares largement détenus par la Chine pour la construction d'éoliennes et de panneaux solaires. Questionné sur le développement d'une finance "verte", Yannick Jadot, riposte en dénonçant « place dans notre économie trop importante, prédatrice pour la création d'entreprises" occupée par la finance. Bien qu'il souligne des efforts de désinvestissement réalisés dans les énergies fossiles, il regrette que plus de 600 milliards d'euros par an soient encore investis dans les énergies fossiles.

La stratégie de l'ouverture: Interrogé sur l'élection de Julien Bayou, issu de l'aile gauche du parti Yannick Jadot expose la stratégie d'ouverture des Verts. "Nous devons être en capacité autour d'un projet positif de rassembler très largement, sûrement dans quelque chose qui ne sera plus EELV, mais quelque chose de beaucoup plus large et de beaucoup plus puissant. "

Alors, le capitaine des Verts sort-il gagnant de ce débat ? Sur un point, en tout cas il n'en fait aucun doute, celui d'imposer l'écologie dans le débat public ; à la question, "l'écologie sera-elle l'enjeu majeur de la prochaine élection présidentielle ? " 68% du public ont répondu oui. De quoi faire pousser des ailes à Yannick Jadot qui s'esclaffe : "Je vais peut-être y réfléchir à cette élection présidentielle finalement".

Avant de penser aux présidentielles, il convient d'abord de passer par la case municipale. L'écologie devenue un thème majeur permettra-t-elle à EELV de s'imposer aux élections municipales ? Le terreau semble moins fertile que pour les élections européennes ...

12/02/2020

Protéger les océans, c'est aussi protéger le climat!

Dans "La Bannière", petit encart de Greenpeace, sont soulignés les efforts nécessaires pour surmonter la crise du climat. En effet, ces efforts nous incombent, tout comme aux Etats et aux entreprises. Greenpeace considère que les énergies renouvelables devraient progresser de 50% dans le monde d'ici à 2024. Or, les gouvernements des pays européens, des Etats-Unis, de la Chine... ne semblent pas jusqu'ici à la hauteur des enjeux...

Par exemple, cite Greenpeace, on connaît mieux la lune que les océans: moins de 5% des fonds marins de la planète ont été étudiés à ce jour. Aussi, l'ONG se réjouit du nouveau partenariat établi avec le CNRS pour mener une expédition scientifique de 15 jours au large de la Guyane, afin d'explorer un écosystème unique qui, comme l'ensemble des océans, doit être protégé. Des dangers guettent, en effet, entre le récif de l'Amazone menacé de forages pétroliers.

Le bateau de Greenpeace l'Esperanza a accueilli un laboratoire pour le traitement immédiat des échantillons qui seront remontés par les plongeurs. Ces données communiquées aux Etats membres de l'ONU viseront à faire pression sur eux en vue de la création de réserves marines, pour préserver la biodiversité.

Malheureusement, les lobbies pèsent un peu partout, dénonce Greenpeace, pour s'assurer que les profits des entreprises ne soient pas remis en cause... Ainsi, pour les océans, comme pour les forêts, nous devons demander des actes concrets, car notre planète est en danger!

Lyliane

Inspecteurs de l'environnement pour protéger la biodiversité

Enquêtes, réquisitions, perquisitions... Le tout nouvel Office français de la biodiversité (OFB) dispose de près de 1800 inspecteurs de l'environnement dotés de pouvoirs de police renforcés afin de mieux protéger la biodiversité, s'est félicité ce mardi l'établissement public.
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Quelque "1800 agents sur les 2800 que compte l'OFB exercent des missions de police dans les territoires et les services départementaux", a indiqué son directeur général Pierre Dubreuil, ajoutant qu'ils disposaient désormais de "pouvoirs de police renforcés".
"Notre rôle c'est de connaître et protéger la nature et pour la protéger, il faut la respecter", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse à Brest, où se trouve l'un des cinq sites nationaux de l'établissement qui regroupe depuis le 1er janvier l'Agence française pour la biodiversité (AFB) et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
Pas de garde à vue possible
La loi à l'origine de la création de l'OFB donne à ces inspecteurs de l'environnement "quasiment des prérogatives de police judiciaire", a précisé Loïc Obled, directeur général délégué à la police de l'établissement. Ces "agents pourront faire des enquêtes, du début à la fin, avec des réquisitions, des auditions, des perquisitions", a-t-il détaillé, soulignant qu'ils ne pouvaient cependant pas placer une personne en garde à vue.
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Sous le contrôle du procureur de la République, ils peuvent ainsi conduire des enquêtes, de la constatation de l'infraction au renvoi du prévenu devant le tribunal, sans avoir à se dessaisir au profit d'un officier de police judiciaire généraliste. ls ont notamment accès aux fichiers des permis de conduire et des habilitations de port d'armes et peuvent procéder à des réquisitions auprès des opérateurs de télécommunication. L'Office français de la biodiversité, créé pour répondre aux enjeux de préservation du vivant, est placé sous la tutelle des ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture.
Selon l'Express-mardi 21 janvier 2020

06/02/2020

Sortie des centrales à charbon en Allermagne...

L'Allemagne s'est dotée tout récemment d'un calendrier et a prévu des indemnités pour l'arrêt de ses centrales à charbon, étape importante vers l'abandon de cette énergie très polluante entre 2035 et 2038.
Après des mois de négociations, sous la pression croissante des défenseurs du climat, "la sortie progressive du charbon débute maintenant", s'est félicitée la ministre de l'Environnement, Svenja Schulze.
Le gouvernement et les quatre Etats-régions qui abritent les bassins miniers - Rhénanie du Nord-Westphalie, Brandebourg, Saxe et Saxe-Anhalt - se sont mis d'accord sur un échéancier et un cadre d'indemnisations.

Plus de 4 milliards d'indemnités
L'ensemble doit être formalisé dans un projet de loi soumis le 29 janvier au conseil des ministres, pour une adoption espérée "au premier semestre 2020", selon le ministère de l'Economie.
Berlin a promis 4,35 milliards d'euros d'indemnités, réparties "sur une quinzaine d'années suivant les fermetures" parmi les exploitants de centrales à charbon. 2,6 milliards ont été attribués au géant allemand RWE, qui opère les centrales du bassin rhénan, dans l'Ouest - un montant "bien en dessous des dommages" évalués à plus de 3,5 milliards d'euros, a déploré le groupe.

Chez le fournisseur d'électricité, 3.000 emplois seront supprimés "à court terme" et 6.000 d'ici 2030, notamment à travers des départs anticipés à la retraite, soit une réduction de 60% des effectifs dans la branche lignite et un quart des effectifs du groupe.
1,75 milliard reviendra aux centrales de l'Est, a détaillé le ministre des Finances Olaf Scholz. Mais la facture pourrait encore gonfler, puisque M. Scholz n'a évoqué que les fermetures "dans les années 2020", sans parler des ultimes mises à l'arrêt des années 2030.

 "Trop tard !"Comme annoncé il y a un an, l'Allemagne vise un abandon du charbon au plus tard en 2038 mais pourrait "avancer de trois ans" cette échéance pour viser 2035, en fonction des bilans d'étape menés en 2026 et 2029.
"La sortie du charbon n'est pas une question de technique mais de volonté politique. Elle doit arriver maintenant, 2035 est bien trop tard !", a déploré sur Twitter l'organisation Ende Gelände, à l'origine de plusieurs occupations de mines.

L'accord détaille pour la première fois un calendrier de fermeture des centrales à lignite, charbon brun particulièrement polluant, qui débutera le 31 décembre 2020 avec un des complexes opérés par RWE à proximité de la mine de Garzweiler.
Il prévoit également la fin des autorisations d'exploitation de la forêt millénaire de Hambach, dans l'ouest de l'Allemagne, menacée par l'extension d'une mine de lignite et devenue un symbole de la lutte contre le charbon. Plus de la moitié des 2,1 milliards de tonnes charbon exploitables par RWE "resteront enterrés", précise le groupe.
"Au lieu des 3 gigawatts prévus" l'an dernier, "seulement 2,8 gigawatts de lignite seront mis hors service d'ici 2022", et la majorité des fermetures "est reportée au-delà de 2030", critique cependant Olaf Bandt, président de l'association écologiste BUND.

Sortie du nucléaire:Les défenseurs du climat, qui pressent le gouvernement d'accélérer ses efforts, déplorent de surcroît la mise en service d'une nouvelle centrale au charbon dans le bassin rhénan, Datteln 4, confirmée jeudi. "C'est juste absurde", a tweeté Luisa Neubauer, figure allemande du mouvement Fridays for future.
Dans les régions minières, l'Etat prévoit l'instauration d'un fonds d'indemnités pour les salariés du secteur, qui pourrait être versé "jusqu'en 2043".Une aide financière totale de 40 milliards d'euros sera également accordée aux régions minières jusqu'en 2038, conformément à un projet de loi adopté en mai 2019.

L'abandon par l'Allemagne du charbon, énergie bon marché à l'origine de son développement industriel, est compliqué par la décision prise en 2011 de sortir du nucléaire d'ici 2022.
Malgré la montée en puissance des énergies renouvelables, intermittentes et difficiles à stocker et transporter, la première économie européenne tire encore plus d'un tiers de son électricité de la houille et du lignite.
Dans un plan adopté en décembre, l'Allemagne s'est fixé l'objectif de diminuer de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à leur niveau de 1990, alors qu'elle est déjà assurée de manquer ses objectifs climatiques pour 2020.


Selon Mme Coralie Febvre, AFP - La Tribune - jeudi 16 janvier 2020

Relocalisons la terre avec Terre de Liens...

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Gros véhicules polluants dans l'UE, quel avenir?

La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a souligné le caractère "absurde" des textes européens actuels, qui favorisent les gros véhicules polluants, lors de ses voeux à la presse le vendredi 17 janvier.
 Le gouvernement français souhaite revoir les règles européennes sur les émissions de CO2 des voitures, estimant qu'elles favorisent les gros véhicules plus polluants, une démarche qui risque de provoquer un bras de fer avec l'Allemagne.

"Il y a quelque chose d'un peu absurde dans les textes européens actuels, c'est le fait que quand les véhicules sont plus lourds alors ils ont le droit d'émettre plus de gaz à effet de serre. Dans les discussions qu'on va reprendre au niveau européen (...), on va remettre en cause cette absurdité", a déclaré vendredi à des journalistes la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, lors de ses voeux à la presse.
Elle a clairement ciblé l'Allemagne, sans la nommer: "Je pense que la flambée des SUV (4x4 urbains, NDLR) découle aussi de cette réglementation dont on sait qu'elle est soutenue par l'un de nos grands voisins européens".

Depuis le 1er janvier, les constructeurs automobiles doivent respecter sur leurs ventes de voitures neuves en Europe des émissions moyennes de CO2 inférieures à 95 grammes par kilomètre, sous peine de lourdes amendes.
Chaque gramme en excès leur coûtera 95 euros multiplié par le nombre de voitures vendues dans l'Union européenne. En cas de non respect, les amendes pourraient se chiffrer en centaines de millions d'euros, selon des experts.

- Lobby allemand -
Mais sous la pression du lobby automobile allemand, le chiffre de 95 grammes a été modulé en fonction de la masse des véhicules vendus. En clair, les grosses voitures ont le droit d'émettre un peu plus, sans être pénalisées. Cet assouplissement profite notamment aux groupes allemands BMW, Daimler et Volkswagen (Porsche, Audi...), spécialistes des gros SUV haut de gamme.

Les constructeurs les plus "vertueux" en Europe en matière de CO2, notamment parce qu'ils vendent des véhicules plus petits ou moins gourmands en carburants -- Toyota, Renault et PSA --, sont à l'inverse pénalisés, car ils se voient imposer un objectif un peu inférieur à 95 grammes, plus difficile à atteindre.
"Tous les textes européens doivent encourager des véhicules qui émettent le moins possible de gaz à effet de serre et non pas donner un bonus à des véhicules qui pèsent plus lourd", a estimé vendredi Mme Borne.
Les plafonds européens de CO2 qui seront encore abaissés de 15% en 2025 et de 37,5% à l'horizon 2030, contraignent les constructeurs à une électrification accélérée de leurs gammes. Ces fabricants ont souvent dénoncé un effort jugé trop important qui menacerait leur rentabilité et donc l'emploi dans la filière.

- Les SUV épinglés -
Les 4x4 urbains ou SUV ont été épinglés en octobre par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), selon qui la multiplication de ces véhicules a représenté la deuxième source d'augmentation des émissions de CO2 dans le monde entre 2010 et 2018.
Très à la mode, ces véhicules surélevés et plus lourds que des berlines, donc moins sobres, représentent désormais plus de 40% des ventes automobiles dans le monde.

En novembre, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire avait déjà remis en cause la réglementation de l'UE. "Je souhaite que nous révisions cette règle et que nous ouvrions un débat (...) pour voir si ces règles de CO2 qui sont indexées sur le poids des véhicules ont encore du sens aujourd'hui", avait-il dit lors de l'émission BFM Politique de BFM-Le Parisien.
La France a mis en oeuvre des taxes qui pénalisent les gros véhicules. Le gouvernement a notamment alourdi au 1er janvier le malus pour l'achat d'une voiture émettant plus de 184 grammes de CO2 au kilomètre, qui atteint désormais 20.000 euros contre un malus maximum de 12.500 euros précédemment.

"Je ne vois pas pourquoi le malus serait progressif pour tous les véhicules jusqu'à 172 grammes et serait ensuite plafonné: plus vous polluez, plus vous payez, c'est un principe auquel nous croyons", avait déclaré M. Le Maire à l'Assemblée nationale.

Selon AFP - Challenges - vendredi 17 janvier 2020

03/02/2020

Agriculteurs en zones rurales selon Les Colibris...

Vieillissement et industrialisation: deux maux qui plombent l'avenir de l'agriculture

Aujourd'hui, quasiment la moitié (45%) des agriculteurs français ont plus de 50 ans – surtout parmi les petites exploitations. La crise financière (prix, endettement et revenus) découragent nombre d’enfants d’agriculteurs de reprendre la ferme. Et le « grignotage » des terres agricoles, conjugué à la spéculation de ce foncier, rendent très difficile l’accès à l’agriculture pour les « hors cadre familiaux ». Le renouvellement de la profession demeure alors problématique.
Quelques chiffres illustrent cette tendance : en 2016, la France métropolitaine comptait un peu moins de 440 000 exploitations agricoles, soit 11 % de moins qu’en 2010 (-15% dans les filières d’élevage). Les fermes sont donc moins nombreuses mais aussi plus vastes (d’une surface moyenne de 63 ha, soit + 12 % en six ans)#1
Logiquement, les plus grosses exploitations accaparent 36 % des territoires agricoles et mobilisent 38 % de la force de travail agricole #2.
Voilà à quoi ressemble le modèle dominant de l’agriculture française. Cette tendance est lourde de conséquence en matière écologique, sociale, de maintien de l’agriculture dans les territoires ruraux, d’une diversité des formes d’agriculture en France. Elle est aussi incapable de pouvoir répondre aux exigences des consommateurs en produits de qualité et de proximité.
Fort heureusement cette tendance ne dit pas tout de l’évolution actuelle de l’agriculture française et des dynamiques démographiques en zones rurales, comme nous allons le voir.

#1.Données Agreste, juin 2018.
#2. En 2015, 885 000 personnes travaillent de manière régulière dans les exploitations agricoles métropolitaines, les trois quarts dans une moyenne ou grande exploitation (GraphAgri, 2017)

Une double chance pour les territoires ruraux, mais pas que !

Ces nouvelles formes d’installation et d’activités en zones rurales sont dès lors une double chance, à la fois pour ces territoires en déshérence et pour l’agriculture dans la tourmente. Un vrai levier pour une société plus écologique et solidaire.
Encore faut-il pour cela que les différents acteurs institutionnels de ces territoires ruraux (structures d’accueil et de développement agricole, collectivités locales, administrations, banques...) mesurent le potentiel économique, social et culturel que représentent ces nouvelles populations qui cherchent à s’installer. Et qu’ils leur accordent reconnaissance et visibilité, et leur assurent un réel accueil et accompagnement.
Cela constitue un enjeu majeur pour favoriser le développement et la réussite de ces installations innovantes, pour réduire les échecs d’installation agricole des hors cadre familiaux, la précarité sociale et économique que subissent de trop nombreux postulants ou nouveaux installés.

Nous formulons également l'hypothèse, iconoclaste pour certains, que demain la ruralité peut inspirer le reste du territoire national !. Et cela grâce à la préservation d'espaces semi-naturels, de bassins de vie à échelle humaine, de liens entre ses habitants... Grâce à ces expérimentations sociales et professionnelles, à des échelles où les différents acteurs d'un territoire peuvent s'impliquer et mesurer les changements dans leur vie quotidienne. Plus que jamais, nous voulons œuvrer au dialogue entre acteurs et à libérer l'imagination et l'audace dans l'invention de solutions innovantes, testées à diverses échelles et avec une belle diversité d'acteurs
.

Par essence, certains tiers lieux, habitats groupés, projets d'économie sociale et solidaire, fermes en agroécologie, n’ont pas vocation à être un modèle répliqué à l’identique ailleurs. Elles peuvent néanmoins dégager des lignes d'inspiration au-delà du jeu d'acteurs et du territoire concerné, et essaimer demain, pour peu que leur analyse et documentation soient réalisées et diffusées.

  •  

Et, comme suggère à l'État Bruno Latour, professeur émérite associé au média-la de Sciences Po : « Ne nous imposez pas vos solutions toutes faites, mais aidez-nous à concrétiser les leçons que nous tirons de nos expériences. Puisque vous ne savez pas vous-mêmes ce que veut dire “développer un territoire”, c’est à notre école qu’il faut accepter de vous mettre. » (Éloge des mauvaises herbes. Ce que nous devons à la ZAD., éditions Les Liens qui Libèrent, 2018.)

Nous proposons que cette Agora de 2020 réponde à ces enjeux en affichant 3 ambitions :

  • donner de la visibilité aux expérimentations et aux actions en matière d'installation et d'activités écologiques et solidaires en zones rurales – agricoles, mais pas que ;
  • relier les réseaux qui œuvrent déjà dans ces domaines et ces territoires, partager les savoirs et les savoirs faire, et favoriser les convergences pour faire du commun en matière de transition ;
  • faire émerger une ou plusieurs initiatives communes afin de construire une nouvelle ruralité et changer d'échelles dans les actions en rupture.

 

28/01/2020

Amazon et l'environnement...

Un collectif d'employés du géant américain de la vente en ligne dénonce les conséquences sur l'environnement et le climat des activités de leur entreprise, au risque de se faire licencier.
Tous les jours, retrouvez le Fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. 

«Comment le monde se souviendra de Jeff Bezos dans cette ère de l’urgence climatique ?, s’interrogent des salariés de l’entreprise du milliardaire américain, Amazon. Utilisera-t-il son immense pouvoir économique pour aider, ou non ?»

Ce message a été posté par le collectif Employés d’Amazon pour la justice climatique, créé au printemps 2019. Leur but est affiché : forcer leur entreprise à réduire l’impact de ses activités sur l’environnement et le climat. En décembre 2018, plusieurs dizaines de salariés avaient déjà déposé une résolution auprès des actionnaires pour demander plus de transparence sur les efforts menés par le géant de la vente en ligne pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

Le collectif dénonce, entre autres, la vente de programmes de clouds informatiques AWS qui «aident des entreprises à accélérer l’extraction de gaz et de pétrole». Ils appellent Amazon à «arrêter de financer des politiques, think-tanks et lobbyistes climatosceptiques» et à s’engager à atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Lors de la grève mondiale pour le climat du 20 septembre, un millier de salariés avaient annoncé débrayer afin de participer à la marche organisée à New York. Les efforts des rebelles ont réussi à faire bouger la direction d’un pas en avant aux airs de saut en arrière. Début septembre, quelques jours seulement après l’annonce de la grève, Jeff Bezos a lancé une «Promesse sur le climat» par laquelle il appelle d’autres entreprises à le rejoindre pour construire des stratégies de décarbonation de leurs activités. Cette nouvelle annonce a été vite critiquée comme étant très fragile en termes de standards de transparence.
Dans un nouvel effort pour calmer les esprits, le 11 octobre, Amazon a publié une sorte de manifeste sur son site web exposant les positions de l’entreprise sur de nombreux fronts sur lesquels elle est critiquée, dont la lutte contre le dérèglement climatique.

Menaces de licenciement
Seulement, en parallèle, plusieurs représentants du groupe «Employés d’Amazon pour la justice climatique» ont été entendus par les ressources humaines, avant de recevoir ces
dernières semaines des mails les menaçant de licenciements. On leur reproche d’avoir répondu à des journalistes du Washington Post (dont Jeff Bezos est le propriétaire) sans l’accord de leurs supérieurs. La réaction des concernés a été retentissante.

— Amazon Employees For Climate Justice (@AMZNforClimate) January 2, 2020

(«Jeff Bezos et la direction d’Amazon menacent de licencier quelques membres de notre collectif après que nous avons parlé de nos demandes pour que notre entreprise devienne un leader dans le monde dans les efforts pour éviter une catastrophe climatique.»)

Début septembre, le géant américain a discrètement renforcé la politique de communication pour ses employés. «Les directives d’Amazon ne stopperont pas l’élan créé par les travailleurs de la tech depuis un an dans l’entreprise», assure Justin Campbell, un data ingénieur chez Amazon, dans un communiqué du collectif. Sa collègue, Rebecca Sheppard, Senior product manager, ajoute : «Je suis fière de tout ce qu’ont accompli les salariés en un an. Il est choquant et décevant qu’Amazon cible des individus. Faire preuve de leadership devrait être salué et non puni.»

Selon Mme Aude Massiot - Liberation - mercredi 8 janvier 2020

26/01/2020

La capacité d'adaptation des arbres a des limites...

Mémoire des plantes
Les arbres décident en fonction de la longueur du jour et de la température, qu'ils peuvent facilement détecter. Des températures qui augmentent sont un signe de printemps, si elles baissent, c'est l'automne. «C’est aussi une nouvelle preuve, écrit Wollenben, de la capacité de mémorisation des arbres.»

«C'est très différent des souvenirs détaillés et chargés d'émotion que nous nous remémorons au quotidien», écrit le biologiste Daniel Chamovitz dans La plante et ses sens. Reste que les plantes usent de mécanismes auxquels nous avons nous aussi recours lorsque nous nous souvenons d'événements. L'épigénétique est l'une des principales portes d'accès au présent des expériences passées, comme la tolérance aux climats froids –et chez les plantes aussi. Les changements épigénétiques affectent l'expression des gènes sans altérer le code ADN.
Les arbres peuvent tirer parti de gradients électrochimiques pour se déplacer.
Comme l’explique Chamovitz, l'ADN s'enroule autour de protéines, les histones. Des circonstances extérieures peuvent modifier certaines histones, qui à leur tour affectent les gènes pour qu'ils s'activent ou non. C'est ainsi que les plantes «se souviennent» d'aléas météo ou d'attaques d'insectes. En outre, non seulement elles ont une mémoire du stress environnemental, mais elles peuvent transmettre ces souvenirs car les changements épigénétiques sont héréditaires. Les graines naissent prêtes à résister aux problèmes que leurs parents ont affrontés.En d'autres termes, elles peuvent détecter les sécheresses et se rappeler comment les surmonter. Les arbres peuvent se préparer à fermer les pores (stomates) de leurs feuilles pour limiter la perte hydrique, développer moins de stomates ou faire remonter plus d'eau de leurs racines. Grâce au phénomène dit de «l'adaptation somatique», l'extrémité en croissance des branches peut utiliser un phénotype différent –c'est-à-dire changer de forme physique– pour répondre aux changements perçus des conditions de croissance. Ceci permet aux arbres de survivre dans des environnements très divers. Nous avons beau les considérer comme des organismes stationnaires et statiques, les arbres peuvent en réalité tirer parti de gradients électrochimiques pour se déplacer, comme la dionée attrape-mouche se ferme lorsqu'un insecte touche certains de ses poils. Ces gradients ont un fonctionnement similaire aux signaux électriques de notre système nerveux.

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Limite de l'adaptation
Mais au lieu d'un système nerveux, c'est-à-dire d'un centre de décision, les plantes ont une «intelligence collective», pour reprendre les termes du neurobiologiste Stefano Mancuso dans La révolution des plantes. Chaque partie réagit aux changements de son environnement, mais aussi aux changements des parties voisines de son propre organisme, un peu comme le ferait une colonie d'abeilles. «Même si elles n'ont rien qui s'apparente à un cerveau central», écrit Mancuso, «les plantes affichent des attributs d'intelligence indéniables. Elles sont capables de percevoir leur environnement avec une sensibilité plus grande que celle des animaux». Comme l'écrit Chamovitz: «L'intelligence est un mot trop chargé, mais les plantes sont effectivement très conscientes du monde qui les entoure.» Elles sont capables de détecter différents types de lumière, analyser les substances chimiques dans l'air, y compris celles émises par d'autres plantes, distinguer différents types de contact sur leurs feuilles et localiser la gravité. «Les plantes sont aussi conscientes de leur passé.» Elles ne nous connaissent pas en tant qu'individus, mais ont une connaissance de leur environnement «et les humains font partie de cet environnement».
En revanche, ce qu'elles ne réalisent peut-être pas, c'est l'ampleur des modifications que produit la partie humaine de leur environnement sur tout le reste. L'hiver arrive plus tard, le printemps plus tôt, les tempêtes sont plus irrégulières et plus dévastatrices. Les étés sont plus chauds, et les sécheresses plus fréquentes et plus graves.

Les arbres savent s'adapter, «mais il y a une limite», explique Andrew Mathews, professeur d'anthropologie environnementale à l'université de Californie-Santa Cruz. Son travail se focalise sur l'exploitation durable des forêts. En Europe, la fin de la dernière période glaciaire date d'il y a environ 12.000 ans, ce qui ne représente que vingt générations pour les arbres. «Les arbres adultes sont de toute façon désynchronisés» d'avec le climat, commente-t-il, mais ce n'est pas là leur problème le plus immédiat.

D'après Mme Sue Burke - Slate - lundi 6 janvier 2020

25/01/2020

Un film qui fait polémique à propos des loups....

L’avant-première de Marche avec les loups s’est finalement passée sans encombre, ce dimanche 5/1/2020, à Gap. La FDSEA (Fédération départementale d’exploitants agricoles) des Hautes-Alpes a annulé sa mobilisation contre la diffusion du documentaire de Jean-Michel Bertrand après un tollé sur les réseaux sociaux. Mais ce n’est que partie remise pour la Fédération qui a fait cette déclaration à nos confrères du Dauphiné Libéré.

Des menaces de mort

Jean-Michel Bertrand n’en est pas à son premier film sur ce sujet très sensible. En 2017, il avait déjà réalisé La vallée des loups qui avait remporté un vif succès avec 200 000 entrées. Les accusations de la FDSEA mettent le réalisateur hors de lui. Toujours dans l’article du Dauphiné Libéré, il affirme avoir "reçu trois menaces de mort". Des attitudes qui exaspèrent le cinéaste. "Est-ce qu’ils ont vu le film ?" s’interroge-t-il. Pour le réalisateur, pas question de se positionner en donneur de leçons.

Au plus près des loups

Originaire des Hautes-Alpes, Jean-Michel Bertrand est un amoureux de la nature. Une passion qui l’a conduit a tourné des documentaires aux quatre coins du monde : sur l’Islande, les nomades mongols, les aigles puis les loups. Un prédateur qu’il suit et filme depuis 2013. Dans son dernier long-métrage, Jean-Michel Bertrand raconte le grand mystère de la dispersion des loups. Comment les jeunes quittent la meute et partent à la conquête de nouveaux territoires. Un voyage solitaire que le réalisateur a partagé au plus près. Dans le documentaire, on le voit, par tous les temps, suivre ces jeunes loups. Une minutieuse enquête de près de deux ans.
Le film est sorti officiellement en salle le 15 janvier 2020.

D'après Franceinfo - Franceinfo - lundi 6 janvier 2020

 

23/01/2020

Un gel contre les incendies.

"Le matériau est biodégradable et inoffensif pour les humains, les animaux et la végétation"
Eric Appel, professeur assistant à Stanford, principal inventeur du retardateur
Paris Match. Comment ont commencé les recherches ?
Eric Appel. Cerner le problème était le plus gros défi. La plupart des gens pensent que les feux commencent au hasard, et donc que le seul moyen de les prévenir est de traiter l’ensemble de la forêt, ce qui n’est évidemment pas possible. Mais en étudiant les incendies – 305 000 en dix ans rien qu’en Californie –, on a pu constater que 75 % d’entre eux démarrent au bord des routes. Ils sont donc très localisés. Nous avons décidé de créer un produit qui puisse être pulvérisé facilement sur ces zones et résister aux intempéries.
Quelles sont les différences entre l’hydrogel et les autres agents extincteurs existants ? L’hydrogel peut résister à des précipitations d’un peu plus de 1,2 centi- mètres et à des vents très violents. Il ne nécessite d’être appliqué qu’une fois par an, juste avant la saison des feux. Ce n’est pas le cas des autres matériaux, inefficaces après quelques semaines. Ce n’est pas vraiment un nouveau retardateur. Nous avons en fait amélioré le produit utilisé grâce notamment aux particules de cellulose et de silice.
A-t-il un impact sur l’environnement ?
Le matériau est biodégradable et inoffensif pour les humains, les animaux et la végétation. Il est composé de matières premières non toxiques, largement utilisées dans les produits alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques et agricoles. En plus de tout cela, il est évacué dans les sols naturelle- ment au moment des tempêtes d’hiver.
Est-il déjà utilisé ?
Oui ! Notre entreprise, Ladera Tech, le commercialise sous le nom de Fortify. Il peut être utilisé de deux manières. Soit pour traiter le bord des routes ou d’autres zones à risque, soit pour contrôler les méthodes de brûlage dirigé. C’est-à-dire quand des organismes comme les services forestiers veulent lancer des feux de prévention tout en s’assurant de bien protéger certaines zones. Ils utilisent l’hydrogel pour délimiter les lignes du feu.
Quelle est la prochaine étape ?
Tout l’ouest des Etats-Unis, et, bien sûr, à l’international, nous sommes intéressés par des pays comme l’Australie, l’Espagne ou la GrèceeLes étés 2018 et 2019 ont été marqués par 8 des 20 incendies les plus destructeurs de l’histoire de la Californie. Plus de 3 milliards de dollars ont été dépensés aux Etats-Unis en 2018 pour y faire face. Aucun produit préventif utilisé jusqu’à présent n’est réellement en mesure de résister aux flammes. Composés principalement d’eau, ces « agents extincteurs » deviennent inefficaces lorsque celle-ci s’évapore, soit après une heure de forte chaleur. A contrario, composé de particules de cellulose et de silice, le matériau ignifuge inventé par Anthony Yu et Eric Appel, de l’université de Stanford, possède une capacité bien particulière : celle de se coller à la végétation. En effet, les particules se lient entre elles pour créer une matrice de gel qui sèche sur les plantes et s’y fixe. Les intempéries des hautes saisons n’ont alors aucun impact sur le produit, qui reste en place et maintient son efficacité.

"Son fonctionnement est simple : si la végétation prend feu, la fine pellicule d’hydrogel qui la protège va créer un phénomène de carbonisation, l’isolant grâce à son agent actif, le polyphosphate d’ammonium. Le feu va manquer d’air, et étouffer. L’avis de Cal Fire (Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie) est clair : jamais un traitement préventif n’a été aussi efficace contre les feux de forêt. En outre, l’hydrogel ignifuge se veut financièrement très avantageux. D’après Wes Bolsen, P-DG de Ladera Tech, qui commercialise le produit en Californie, si un organisme d’Etat ou fédéral dépense 100 000 dollars pour une application en bordure de route, il s’épargne une intervention de plus de 1 million de dollars en cas de départ de feu, et de près de 1 milliard si l’incendie est hors de contrôle.

Selon Mme Juliette Cervera - Paris Match - mercredi 18 décembre 2019

22/01/2020

A propos du plastique jetable au 1/1/2020...

La disparition du plastique se poursuit. Au 1er janvier, de nouveaux objets du quotidien sont interdits, notamment la vaisselle jetable, les cotons-tiges, mais aussi les bouteilles d’eau plate en restauration scolaire.
Encore moins de plastique ! Voilà la résolution prise par l’exécutif pour commencer la nouvelle année. Dans un décret paru au journal officiel le vendredi 27 décembre, le gouvernement poursuit sa lutte contre ce matériau tenu pour responsable de la pollution des océans et met en application d’autres mesures de la loi anti-gaspillage. Au 1er janvier 2020, sont interdits la vaisselle jetable vendue en grande surface (verres, gobelets, assiettes), les cotons-tiges et les bouteilles d’eau plate en plastique dans les services de restauration scolaire. Un nouveau pas de plus vers la disparition totale des emballages en plastique à usage unique fixée par le gouvernement en 2040 et notamment selon le Ministère de l'Écologie.

Il faudra toutefois attendre 2021 pour voir disparaître les pailles, couverts jetables, touillettes, couvercles des gobelets à emporter, boîtes en polystyrène expansé (type boîte à kebab), piques à steak, tiges pour ballons, confettis en plastique, emballages en plastique pour les fruits et légumes de moins de 1,5 kg et tous les objets en plastique oxo-dégradables (non assimilable par les micro-organismes et non compostables). Cette même année est aussi marquée par le déploiement des dispositifs en vrac qui obligera les vendeurs à accepter les contenants apportés par le consommateur. Le suremballage en plastique est aussi limité grâce à un bonus-malus. 
La disparition des autres produits à base de plastique se fera ensuite progressivement. En 2022, les sachets de thé et les jouets en plastique distribués gratuitement dans les chaînes de restauration rapide seront proscrits. La mise à disposition d’une fontaine à eau dans les lieux accueillant du public deviendra obligatoire. Il sera également interdit de distribuer gratuitement des bouteilles d’eau en plastique dans les entreprises. Il faudra attendre le 1er janvier 2023 pour ne plus manger un burger de fast-food dans de la vaisselle jetable.

Selon Mme Caroline Robin - Capital - vendredi 27 décembre 2019

20/01/2020

Skier sans affaiblir l'écosystème fragile de la montagne...

Jusque là, écrit Mme S. Be dans Télérama, les stations de sports d'hiver étaient loin d'être les championnes de l'écologie. En effet, le réchauffement climatique a occasionné un recours grandissant aux canons à neige, énergivores et voraces en eau, sans oublier le fioul polluant des dameuses, l'électricité des remontées mécaniques et les gaz d'échappement des amateurs de glisse. Bref, impératifs économiques et aléas météorologiques semblaient justifier toutes ces façons de faire peu respectueuses de l'environnement.

Néanmoins, poursuit la journaliste, "des initiatives tendent à freiner cette course toxique. A Serre-Chevalier par exemple, tire-fesses et télésièges fonctionnent désormais à l'hydroélectricité, au photovoltaïque et au micro-éolien. Aux Menuires, on utilise une huile biodégradable dans le moteur des engins de piste. Val Thorens a mis en service une navette autonome 100% électrique et Valmorel des bus gratuits équipés de filtres à particules. Quant à la station des Rousses, elle table sur un réseau de chaleur au bois local".

Aussi, les skieurs, surfeurs, randonneurs à raquettes et autres amoureux des montagnes peuvent valider ces efforts" en privilégiant les sites ayant obtenu le label Flocon vert décerné en vertu de 31 critères écoresponsables. Tous sont répertoriés dans l'eco-guide des stations de montagne établi chaque année par l'association Mountain Riders, qui milite pour un tourisme durable". Pour davantage d'informations, s'adresser à: www.mountain-riders.org.

Lyliane

Les forêts et le climat selon Yann Artus Bertrand...

Cette programmation spéciale « Winter of Forests » sonne un peu comme le fameux vers de Shakespeare « Now has come the winter of our discontent », tant la forêt de par le monde semble avoir de raisons de se plaindre de nous. Des mégafeux cauchemardesques qui ravagent l’Australie aux incendies de l’Amazonie et de la taïga cet été, le monde des arbres semble nous adresser des signaux d’alarme. Arte entreprend de lui rendre justice, ou du moins d’en souligner l’importance en ces temps de réchauffement climatique et de saturation de CO2. Un large programme de films, de documentaires et de magazines, cherche à souligner l'intérêt du milieu forestier dans notre imaginaire et dans nos modes de vie, de « Tarzan » à la série documentaire inédite « Sauver la Foret », passionnante immersion auprès de ceux qui vivent parmi les arbres. Deux semaines d’images ambitieuses et originales, présentées par Yann Arthus-Bertrand.
Paris Match : La forêt vous tient-elle particulièrement à cœur ?
Yann Arthus-Bertrand :Très : la forêt est l’un des rares espaces qui ne soit pas touché par l’Homme, c’est un endroit qui vit sa vie, où on peut encore éprouver la sensation d’entrer en contact avec la nature. Même tout près des villes, les espaces des grands arbres maintiennent leur propre harmonie. On connaît l’importance des forêts dans l’absorption du CO2 et donc dans la limitation des gaz à effet de serre. Mais moins l’aspect vivier du monde que représentent ces forêts, et qui me tient au moins autant à cœur. Or les forêts sont le havre de nature, de la faune et de la flore sauvage. C’est l’un des lieux où l’on continue de découvrir le plus de nouvelles espèces… En fait, les forêts sont le disque dur de la biodiversité.
Voyez-vous les grands incendies, en Australie notamment, comme un signal d’alerte ?
L’Australie est un drame absolu. Ces incendies ont déjà tué un demi-milliard d’animaux, c’est ahurissant ! Et ils sont la conséquence directe du réchauffement climatique. Imaginez des journées à 50 degrés : aucune plante ne résiste à cette température là, tout prend feu… Je suis stupéfait par la rapidité de la dégradation de notre monde. Tous les jours, en ouvrant les journaux, je découvre de nouvelles données dramatiques, les insectes qui disparaissent, les oiseaux qui meurent, la sixième extinction massive des espèces telle que décrite par de nombreux scientifiques. J’ai vraiment l’impression d’assister à la fin du monde ; ou du moins à la fin d’un monde. Et ce qui me sidère, c’est l’impression d’indifférence qui persiste, comme si chacun regardait tout ça avec détachement. C’est fou. Il ne faut pas croire que les problèmes ne se posent qu’à l’autre bout de la planète. En France aussi, les arbres meurent. Je suis en train de tourner mon nouveau film, « Legacy », et nous parcourons des forêts dans le Jura où les hêtres meurent en masse à cause de la sècheresse. C’est un phénomène tellement important que dans certains coins il est déconseillé d’aller marcher en forêt, de peur d’être blessé par une branche qui tombe.
Vous-même, vous allez souvent en forêt ?
Oui, très souvent. J’habite à la lisière de la forêt de Rambouillet, en bordure d’un village, les arbres sont à vingt mètres. Je pars y marcher dès que je peux et je m’y sens bien. Souvent, je prends un grand arbre à bras le corps et je le serre dans mes bras. Je médite, je pense aux 200 et quelques années qu’il a vécues. Je ne sais pas si ça sert vraiment à grand-chose, mais ça me rend heureux. J’éprouve comme une recharge d’énergie.
Fiche technique :
 "Winter of Forests" sera présenté du 12 au 25/1 sur Arte puis en replay sur www.arte.fr. Son film "Woman"sortira le 4/3 en salles.

Selon Paris-Match

19/01/2020

Réactions de Mme C. Lepage après la COP 25...

Mme Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l'Environnement à la fin des années 90, était sur Europe 1, dimanche dernier, pour évoquer "l'échec attendu de la COP25". Selon elle, la société commence à évoluer dans son ensemble, du côté des citoyens comme de celui des acteurs économiques : "Ça bouge partout sauf chez les Etats, c'est-à-dire ceux chez qui ça devrait bouger... Ce sont les Etats qui signent les conventions internationales et qui décident pour les autres".
Entendu sur europe1 : J’ai l’honneur de porter la première action en carence climatique contre la France. Il y en a comme ça partout dans le monde
Pour l'ancienne ministre, la première mission d'un Etat est d'assurer l'intégrité de ses citoyens, or "les Etats n'assurent pas cette intégrité", estime-t-elle. Pour faire bouger les lignes, Corinne Lepage croit "à la transformation du monde par la politique et la justice".

Elle précise : "Il y a aujourd’hui plus de 1.500 procès dans le monde menés par des collectivités publiques ou des ONG contre des Etats et des sociétés pétrolières pour obtenir qu’ils fassent plus que ce qu’ils avaient décidé de faire. J’ai l’honneur de porter la première action en carence climatique contre la France. Il y en a comme ça partout dans le monde".

D'après Mr Maxime Dewilder - Europe 1 - dimanche 15 décembre 2019

18/01/2020

Zoom sur la grenade...

La grenade a été introduite en Espagne par les Maures. Elle donnera son nom à la ville de Grenade. En Mésopotamie,la grenade est le symbole de la fertilité, du fait de ses nombreux grains, peut-on lire dans le journal Nous. En France,le terme grenade afait son apparition en 1314. L'actuel nom de ce fruit  appelé d'abord "malum granatum", puis "punicum granatum" vient du latin. Aujourd'hui  dit l'article "le grenadier est cultivé dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales sèches de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, de même qu'en Amérique de la Californie jusqu'au Chili". On met la grenade dans des salades de fruits ou même des salades avec concombre et fromage de chèvre.

La grenade est riche en fibres et en flavonoïdes. Elle agit pour cela contre les flatulences et les digestions difficiles, les diarrhées et les ballonnements grâce à son action anti-inflammatoire, antivirale et antibactérienne. Elle prévien t même le vieillissement des cellules du cerveau, préservant donc de maladies dégénératives comme celle d'Alzheimer. Enfin, ses graines et son jus ont une forte teneur en antioxydants, diminuant de ce simple fait le risque de développer certains cancers et certaines maladies cardiovasculaires et chroniques. Son action sur la peau est censée lutter contre les taches brunes. c'est un anti-âge de premier ordre.

Lyliane

Interdiction de tous les pesticides les plus dangereux dans l'U.E....

 

Je vous transmets ci-joint l'article récent paru dans Le Monde. 

il ne s'agit de l'interdiction que d'une molécule parmi des milliers d'autres, tout aussi toxiques, et cette molécule était autorisée par les autorités pendant 50 ans sans qu'elle soit considérée comme nocive! combien de dégâts depuis? en plus ils auront une dérogation pour écouler leurs stocks, c'est se moquer du monde!

Cette molécule était déjà reconnue comme très toxique sinon mortelle chez les chiens. Une analyse toxicologique effectuée chez ce chien asphyxié par un épandage avait révélé la présence de Chlorpyrifos.

Le chlorpyrifos va être interdit dans l’Union européenne

Ce pesticide deviendra illégal à partir de 2020. Une évaluation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait conclu, début août, qu’il présentait « des risques pour la santé »

Interdits par un vote. Le chlorpyrifos et le chlorpyrifos-méthyl, deux pesticides nocifs pour le cerveau du fœtus et des jeunes enfants, sont désormais indésirables dans l’Union européenne (UE). Réunis vendredi 6 décembre au sein du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale (Scopaff), les représentants des Etats membres ont voté contre le renouvellement de l’autorisation des insecticides, qui arrivait à échéance le 31 janvier 2020.

C’est la Commission européenne qui a proposé cette interdiction en se fondant sur des avis intermédiaires de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Début août, à la demande expresse de la Commission, l’agence avait en effet publié deux opinions concernant les effets des substances sur la santé humaine. Le chlorpyrifos et le chlorpyrifos-méthyl, avait-elle conclu, ont de « potentiels » effets génotoxiques (nocifs pour l’ADN des cellules), et sont toxiques pour le cerveau en développement.

Révélé par Le Monde et ses partenaires de l’enquête transfrontalière sur le chlorpyrifos, le lobbying des fabricants, Corteva et Ascenza, ainsi que de leurs alliés, pour empêcher l’interdiction n’aura donc pas su convaincre les Etats membres. Inventé par Dow (maintenant Corteva depuis sa fusion avec DuPont), l’insecticide est sur le marché depuis 1965.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Devant l’imminence de l’interdiction du chlorpyrifos en Europe, les fabricants contre-attaquent

Les données scientifiques qui s’accumulent depuis deux décennies montrent qu’une exposition au chlorpyrifos pendant la grossesse et au cours des premières années de la vie provoque d’importants retards de développement, des troubles du spectre autistique, des déficits de quotient intellectuel (QI) allant jusqu’à sept points ou encore des troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

« Délai de grâce » de trois mois

Les réglementations entérinant la décision devraient être formellement adoptées en janvier 2020, selon la Commission. Les Etats membres interdiront alors les produits contenant les substances au niveau national, cette action relevant de leur compétence. Ils pourront accorder un « délai de grâce » de trois mois pour apurer les stocks. A la suite de quoi les produits ne pourront plus ni être mis sur le marché ni être utilisés dans l’UE.

Lire l’enquête : Chlorpyrifos : les dangers ignorés d’un pesticide toxique

« C’est une décision importante », réagit Axel Mie, professeur associé à l’Institut Karolinska, à Stockholm, dans un courriel au Monde. Les recherches de ce scientifique et de ses collègues Christina Ruden et Philippe Grandjean ont joué un rôle déterminant. En 2017, ils avaient exhumé la seule étude fournie par Dow aux autorités européennes sur la toxicité neurodéveloppementale du chlorpyrifos, et constaté qu’elle montrait clairement des effets nocifs sur le cerveau des rats. Ces données n’avaient cependant jamais été évaluées par les autorités européennes.

« Nous devons maintenant veiller à ce que cesse toute autorisation de pesticides sur la base de conclusions erronées tirées d’études financées par l’industrie. Si les données pertinentes avaient été rapportées correctement, écrit-il, cette décision aurait pu être prise il y a vingt ans. »

Dans un communiqué, une coordination de sept ONG salue « un geste historique »« Bien que nous ne puissions pas effacer les décennies d’exposition à ces substances et leur effet sur le développement neurodéveloppemental, déclare Genon K. Jensen, directrice exécutive de l’ONG Health and Environment Alliance (HEAL), l’interdiction des deux formes de chlorpyrifos est une victoire majeure pour le développement des enfants. »

Sollicité par Le Monde, Corteva se dit « déçu » par la décision de l’UE. « Aucune substance active n’a fait l’objet de recherches plus approfondies que le chlorpyrifos », assure la firme.

Stéphane Horel

 

 


Le 10/09/2019

Chers amis, avez-vous déjà signé l'"Appel des coquelicots"? ce mouvement fête son premier anniversaire en ce mois de septembre 2019, et rassemble des dizaines de milliers de personnes chaque premier vendredi du mois depuis un an au centre des villes et villages de France.

Alors que le gouvernement propose une consultation sur la distance minimale de non-épandages près des habitations (de l'ordre de quelques millimètres à centimètres), des études sérieuses et indépendantes (contrairement aux études liées aux lobbys) ont démontré que le glyphosate -et tous ces cocktails chimiques- sont transmis aux générations futures qui seront encore plus malades que nous (malformations, cancers, maladies neurodégénératives...) 

Nous ne demandons pas de tergiverser sur des distances minimales, mais un arrêt immédiat d'autorisation de tous ces produits toxiques et une aide à la reconversion en bio de tous les fermiers (avec fleurs des champs, coccinelles, prêle, ortie, ...pleins de solutions naturelles existent et ne sont pas mortelles pour les abeilles et les oiseaux).

Tous les pesticides anciens sont peu à peu interdits quand on s'aperçoit de leur toxicité et aussitôt remplacés par de plus "efficaces" (traduction: plus "toxiques").

Le mouvement des Coquelicots, explication par France Culture (émission la grande Table du 9 septembre 2019).

"Initiateur de ce  mouvement lancé en septembre 2018, Fabrice Nicolino est notre invité aujourd’hui. Survivant de la tuerie de Charlie Hebdo (2015), il a publié un manifeste contre les pesticides (Nous voulons des coquelicots, LLL, 2018) aux côtés de François Veillerette, directeur de l'ONG Générations futures, et poussé Charlie Hebdo à publier un numéro spécial contre les pesticides. Son combat porte aujourd'hui sur les SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), des fongicides que personne ne connaît, mais qui, dit-il, sont pourtant épandus partout en France. Ils sont au coeur de son nouvel ouvrage, Le crime est presque parfait. L'enquête choc sur les pesticides et les SDHI (LLL, 2019).

"Ce n’est pas qu'une question juridique c’est une question civique. Si un maire n’a pas les moyens de protéger ses administrés, alors qu’il change de métier. On est passé à une autre situation : ce ne sont plus seulement des maires de petits bourgs ruraux, mais aussi des maires de banlieues, qui suivent le mouvement. Ce n’est pas seulement l’affaire des gens qui vivent à la  campagne. Le problème est national, la France entière est empoisonnée par les pesticides."      
(Fabrice Nicolino)

A ses côtés, le journaliste au Monde Stéphane Foucart, lauréat 2018, avec Stéphane Horel, de l’European Press Prize, catégorie «investigation». Il a récemment publié Et le monde devint silencieux. Comment l'agrochimie a détruit les insectes (Seuil/Le Monde, 2019), qui prolonge les enquêtes publiées par le Monde sur l’impact des insecticides néonicotinoïdes sur les insectes non cibles, dont les abeilles. 

France Culture
 Réécouter Un monde sans insectes, à qui la faute ? DE CAUSE À EFFETS, LE MAGAZINE DE L'ENVIRONNEMENTUn monde sans insectes, à qui la faute ?

S'il déplore les stratégies de l'industrie agrochimique pour faire accepter ces pesticides, des stratégies semblables à celles adoptées par les cigarettiers pour financer la recherche et influencer le grand public, il montre aussi qu'un groupe de résistants, « la confrérie des insectes », 70 scientifiques de diverses nationalités, travaillent sur leur temps personnel et avec leurs propres moyens à développer une recherche indépendante. 

En dépit de cette prise de conscience générale que semblent cristalliser les mouvements et des initiatives citoyens en faveur de l'environnement, l'étude inédite publiée le 3 septembre 2019 par Santé publique France, la première dans son genre, et ses résultats alarmants - on trouverait des polluants « du quotidien » dans l’organisme de tous les Français- montre qu'il est urgent d'agir. 

En outre, la consultation publique lancée par le gouvernement le 9 septembre 2019 pour déterminer un nouveau dispositif d’encadrement de l’utilisation des produits phytosanitaires à proximité des habitations, si elle est vue comme un premier pas par certains, est aussi décourageante pour d'autres, la distance minimum prescrite allant de cinq à dix mètres pour les produits les plus dangereux.

 


Le 26/08/2019

Alerte. Récemment, des maires courageux, dans toute la France ont pris des arrêtés anti épandages de pesticides autour des habitations de leurs communes pour protéger la santé des populations, au grand dam des ministères de l'Agriculture et de la Santé pour qui ces maires sont Hors-la Loi. Les préfets les ont tous convoqués devant le Tribunal Admnistratif. 

Il a été lancé un appel aux maires de France pour faire front à ce  gouvernement d'irresponsables et d'interdire l'usage de pesticides à usage agricole près de tous les lieux d'habitation, crèches, écoles, hôpitaux, maisons de retraite... 

Extraits de France Info "

Ils veulent mettre fin à l'utilisation de pesticides, mais sont hors la loi. Une vingtaine de maires ont pris un arrêté interdisant l'usage de produits phytopharmaceutiques dans leur commune. Le problème ? Ils sont dans l'illégalité car un élu ne peut pas prendre une telle décision sur son territoire. Selon le Code général des collectivités territoriales"l'utilisation des produits sanitaires relève d'un pouvoir de police spéciale du ministre chargé de l'Agriculture"

Certains pourraient donc connaître le même sort que Daniel Cueff, le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine). L'élu écologiste sans étiquette a comparu jeudi 22 août devant le tribunal administratif de Rennes, car la préfecture réclamait la suspension de son arrêté du 18 mai interdisant l'usage de pesticides, dont le célèbre glyphosate, à moins de 150 mètres des habitations. La décision a été mise en délibéré. Classé "cancérigène probable" depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l'Organisation mondiale de la santé, le glyphosate n'est plus en vente pour les particuliers depuis le 1er janvier de cette année. Son interdiction totale en France a été repoussée par le gouvernement à 2021. 

"Je savais que j'étais dans l'illégalité"

Daniel Cueff n'est pas le seul à braver la loi en justifiant son action par le fait que "le maire a une responsabilité de sécurité publique"Saint-Eloi-de Fourques (Eure), Trélon (Nord), Ohain (Nord), Boussières (Doubs)… une vingtaine de communes ont pris à ce jour des arrêtés limitant ou interdisant les pesticides. Au Perray-en-Yvelines, la maire PS Paulette Deschamps a interdit l'épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations et des entreprises de sa commune, le 17 mai dernier. "Je savais que j'étais dans l'illégalité", admet l'élue auprès de franceinfo. Elle n'a pas tardé à recevoir un courrier de la sous-préfecture de Rambouillet lui demandant de retirer sous deux mois son arrêté, sous peine d'être convoquée au tribunal administratif. 


Le 13/06/2019

 Chers amis, très important résumé de l'état des lieux..! Les eaux des rivières de France et d'ailleurs sont déjà tous contaminés.

Une GRENOUILLE rousse NEE SANS BRAS, qui vivait dans une mare pas loin de champs traités... je l'ai découverte personnellement le samedi de Pentecôte morte, infirme, victime d'agénésie d'un membre supérieur (avec ébauche interne vu en transparence sur la photo). Or les  amphibiens meurent avec les pesticides (article Pour la science de 2013, il y a déjà six ans)  D'où les malformations négligées !. Preuve encore à rajouter au dossier  des pesticides qui ont de fortes probabilités d'être incriminés dans l'affaire des bébés nés sans bras, dont les autorités souhaitent apparemment garder le mystère!? Il suffit pour regrouper les cas de ces zones rurales, d'effectuer des analyses toxiciolgoques des cheveux, ou dans le cas de la grenouille, une analyse de la vase où elle vivait, et recouper les analyses. Même pour les grenouilles des forêts il y a 70 pesticides autorisés qu'ils pulvérisent!les cocktails encore plus nocifs. Stop aux pesticides ! Lire ci dessous

Grenouilles, la mort par les pesticides (Pour la science, 24 janvier 2013)

Les amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons, salamandres, etc.) subissent depuis bon nombre d'années un rapide déclin à l'échelle du monde entier. Les scientifiques débattent encore des facteurs de ce déclin et de leurs poids respectifs : maladies, changement climatique, pollution, disparition des habitats, etc. Des chercheurs allemands et suisses viennent d'apporter un élément important à ce débat. Ils ont montré sur de jeunes grenouilles rousses (Rana temporaria, une espèce européenne commune) que l'exposition à des pesticides conduit à une forte mortalité des batraciens, allant de 40 pour cent après sept jours à 100 pour cent après une heure, selon le produit testé.

Carsten Brühl et Annika Alscher, de l'Université de Coblence-Landau, en Allemagne, avec Thomas Schmidt, des Laboratoires Harlan en Suisse, et Silvia Pepper, de l'Agence fédérale suisse de l'environnement, ont étudié en laboratoire l'effet de sept produits pesticides (quatre fongicides, deux herbicides et un insecticide) sur des grenouilles rousses juvéniles (150 individus au total). Ils ont appliqué au sol humide de la cage de chaque grenouille une dose (quantité par unité de surface) de pesticide correspondant à 0,1, 1 ou 10 fois la dose maximale recommandée en contexte agricole. 

Pour les fongicides Headline et Captan Omya administrés à la dose recommandée, la mortalité résultante des grenouilles était de 100 pour cent. Des niveaux importants de mortalité, allant de 40 à 60 pour cent, ont été obtenus avec les autres produits commerciaux testés à la même dose. C. Brühl et ses collègues ont aussi montré que les additifs contenus dans le produit peuvent changer la donne : le Headline, à base de pyraclostrobine et qui contient 67 pour cent de naphta (un solvant), est bien plus toxique qu'une formulation de pyraclostrobine où la proportion de naphta est inférieure à 25 pour cent. À cette formulation est en effet associée une mortalité de 20 pour cent seulement, tant pour la dose nominale que pour la dose dix fois supérieure.

La mise en évidence de mortalités aussi importantes dans un groupe d'animaux vertébrés, dues à des pesticides disponibles dans le commerce, étonne : on aurait pu penser que l'amélioration des tests de toxicité et des procédures d'autorisation de mise sur le marché avait fini par écarter le risque de commercialiser des produits ayant de tels effets délétères. Mais contrairement aux oiseaux et aux mammifères, les amphibiens ne font pas partie des tests imposés pour l'homologation d'un produit pesticide. Or les amphibiens ont une peau très perméable, qui les rend beaucoup plus vulnérables aux polluants.Si l'impact de la pollution des milieux aquatiques sur les stades larvaires de ces animaux a déjà fait l'objet d'évaluations scientifiques, l'étude de C. Brühl et ses collègues est l'une des premières concernant l'impact de la pollution terrestre sur des amphibiens juvéniles ou adultes. Or de nombreuses espèces d'amphibiens passent une partie de leur vie terrestre dans des milieux agricoles, où l'usage des pesticides est répandu. Cette étude commence donc à combler une grosse lacune dans les connaissances, reconnue dans un rapport récent de l'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, et pourrait orienter les efforts de préservation de ce groupe animal menacé. Plus largement, les amphibiens étant souvent considérés comme des espèces sentinelles pour la santé humaine et l'environnement, les travaux de l'équipe germano-suisse pourraient concerner d'autres groupes d'espèces, voire des écosystèmes entiers.

Le Monde, Tribune, 12 juin 2019

        Anne Gomme 11 juin, 06:46 ·  

Voilà pour les cours d'eau tous contaminés « Il faut stopper au plus vite l’usage des pesticides »
Un collectif de chercheurs dénonce dans une tribune au « Monde » l’incapacité des experts en toxicologie à protéger la nature et l’homme. Selon eux, on en sait assez pour interdire ces substances dès maintenant.Publié le 04 juin 2019 à 15h00 - Mis à jour le 05 juin 2019 
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a tribune intitulée « Sur l’impact des pesticides, la recherche scientifique doit éclairer la décision publique » (Le Monde du 17 mai) rappelle l’angoissante perspective vers laquelle nous entraîne l’usage sans cesse croissant de ces substances. Depuis le constat de la chute des populations d’insectes pollinisateurs jusqu’aux données jugées probantes en termes d’impact sur la santé humaine, elle souligne la gravité du problème. Simultanément à ce constat, elle se fait l’avocate d’un financement d’études jugées nécessaires pour « éclairer » une éventuelle décision d’interdire l’usage des pesticides.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Sur l’impact des pesticides, la recherche scientifique doit éclairer la décision publique »
Pourtant, en dépit d’un tel constat, le texte ne mentionne nulle part la ­nécessité de l’arrêt urgent de l’utilisation massive des pesticides. L’urgence découle des dégâts déjà constatés à ce jour sur la faune et la biodiversité. Pour l’homme, au regard des incertitudes concernant les mécanismes d’action des pesticides ou les conséquences de lentes imprégnations par ceux-ci, les réponses pourraient bien n’être là que dans dix, vingt ans ou plus. Les cancers reconnus en justice comme liés à l’utilisation du Roundup se sont par exemple révélés trente ­années ou plus (en 2011 et 2015) après le début de l’exposition (1982).

Le temps représente un enjeu décisif avec lequel les firmes de l’agrochimie jouent pour commercialiser des pesticides, qui, du fait de leur toxicité, sont retirés les uns après les autres pour y substituer d’autres molécules, ou des mélanges variés, ouvrant à de nouvelles études… et de nouveaux profits. La course est sans fin entre les firmes, les agences de sécurité, les chercheurs toxicologues, et les politiques qui n’ont pas, le plus souvent, les connaissances pour discerner le vrai du faux. Un fongicide, comme l’époxiconazole, mis en cause en 2013, enfin retiré par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) le 28 mai, est déjà remplacé par une molécule sœur !

Destruction de la biodiversité
Certains d’entre nous, à l’origine de l’alerte de 2018 parue dans le journal Libération concernant les fongicides SDHI, avaient souligné l’urgence d’interdire l’usage immodéré de ces pesticides. Les SDHI peuvent inhiber la succinate déshydrogénase, depuis celle des champignons jusqu’à celle des cellules humaines. Ils sont vendus comme fongicides pour l’agriculture. Les nouvelles alarmantes sur la destruction de la biodiversité nous ont conduits à renouveler cette demande début 2019. Parallèlement, l’Anses a produit un rapport dit « d’expertise », mais critiquable dans sa réalisation et ses conclusions. Les experts choisis, et à leur suite l’Anses, y redisent leur foi en la capacité de la science à garantir l’innocuité de ces pesticides.

« L’urgence fait que nous ne pouvons plus attendre les résultats de nouvelles études »

Et pourtant, ces trente dernières années ont démontré l’incapacité des ­experts en toxicologie à protéger la ­nature et possiblement l’homme des méfaits des pesticides. Pour ceux d’entre nous qui travaillent sur les maladies mitochondriales humaines (liées à des dysfonctions des mitochondries assurant la respiration cellulaire), nous avons appris à reconnaître que nos connaissances sont trop insuffisantes pour pouvoir se prononcer sur les ­conséquences possibles d’une imprégnation lente par des pesticides, en particulier par ceux qui, comme les SDHI, viendraient perturber la respiration des cellules.

De fait, les tests toxicologiques utilisés actuellement sont largement inadaptés. Ainsi, tels quels, ils ne permettent pas de détecter les atteintes qui toucheraient les fonctions des mitochondries, comme celles causées par les SDHI. Idem pour la capacité de pesticides comme les SDHI d’induire des cancers par des mécanismes épigénétiques qui ne sont pas étudiés.

En outre, du fait qu’ils développent des formes de cancer qui leur sont propres sans développer nécessairement ceux observés chez l’homme, les modèles rongeurs utilisés ne sont en ­réalité pas informatifs. Pour finir, les cohortes humaines disponibles sont trop réduites, réunissant des individus aux histoires trop hétérogènes en termes d’exposition aux pesticides (nature, durée, quantité) pour assurer une interprétation fiable des observations cliniques. Les études de quantification des risques demandées dans la tribune du Monde du 17 mai, outre qu’elles apparaissent contradictoires avec le constat d’un désastre déjà présent, sont pour partie irréalisables. Et, contrairement à ce qu’affirme le titre, elles ne sont pas nécessaires pour « éclairer » la décision de les interdire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Des chercheurs et médecins alertent sur les dangers des nouveaux fongicides
Entre le million d’espèces en voie de disparition, disparition dans laquelle les scientifiques s’accordent à attribuer un rôle non négligeable au déversement des milliers de tonnes de pesticides dans la nature, et le temps ­requis pour quantifier un éventuel impact sur la santé humaine, le choix se trouve vite fait. Nous connaissons, pour les vivre tous les jours, les difficultés financières que rencontre la recherche publique, mais l’urgence fait que nous ne pouvons plus attendre les ­résultats de nouvelles études.

Face aux dégâts déjà constatés sur la nature et à l’incertitude menaçante pour l’homme, les opinions publiques seraient sans doute aujourd’hui favorables à l’application immédiate du principe de précaution. Selon nous, il faut concentrer les moyens pour ­« Cultiver et protéger autrement », comme l’affirme le programme prioritaire de recherche gouvernemental, passer du discours aux actes et stopper l’usage des pesticides au plus vite.

Les signataires: Paule Bénit, PhD, ingénieure de recherche Inserm, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Alessia Catania, MD, PhD, Unit of Medical Genetics and Neurogenetics, Fondazione IRCCS Istituto Neurologico Carlo Besta, Milan, Italie ; Dominique Chrétien, PhD, ingénieur de recherche Inserm, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Stéphane Dauger, MD, PhD, pédiatre, réanimateur, professeur des universités, praticien hospitalier AP-HP, hôpital Robert-Debré, Paris ; Jessica Dubois, PhD, chargée de recherche Inserm, CEA, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Charles-Patrick Edery, MD, PhD, professeur des universités, praticien hospitalier, U1028 Inserm, UMR 5292, CNRS-univ. Claude-Bernard, Lyon ; Riyad El Khoury, PhD, Assistant Professor, Department of Pathology and Laboratory Medicine, université américaine de Beyrouth, Liban ; Jorge Gallego, PhD, directeur de recherche Inserm, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Irina Giurgea, MD, PhD, maîtresse de conférences des universités, praticienne hospitalière, département de génétique moléculaire, hôpital Armand-Trousseau, Paris ; Pierre Gressens, MD, PhD, directeur de recherche Inserm, UMR 1141, France, et professeur de neurologie fœtale et néonatale au King’s College à Londres, Royaume-Uni ; David Israeli, PhD, Généthon-AFM Téléthon, Evry ; Olivier Jean-Jean, MD, PhD, directeur de recherche CNRS, UMR 8256, CNRS-univ. Pierre-et-Marie-Curie, Paris ; Hélène Launay, PhD, chargée de recherche CNRS, bioénergétique et ingénierie des protéines, UMR 7281, CNRS-univ. Aix-Marseille ; Marie Legendre, MD, PhD, praticienne hospitalière, département de génétique moléculaire, hôpital Armand-Trousseau, Paris ; Guy Lenaers, PhD, directeur de recherche CNRS, MitoLab, université d’Angers ; Roland Lloubes, PhD, directeur de recherche DR1 émérite CNRS, laboratoire d’ingénierie des systèmes macromoléculaires, UMR 7255, CNRS-univ. Aix-Marseille ; Axel Magalon,PhD, directeur de recherche CNRS, laboratoire de chimie bactérienne, UMR 7283, CNRS-univ. Aix-Marseille ; Boris Matrot, ingénieur de recherche Inserm, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Amazigh Mokhtari, étudiant, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Jeannette Nardelli, PhD, chargée de recherche Inserm, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Wolfgang Nitschke, PhD, directeur de recherche CNRS, bioénergétique et ingénierie des protéines, UMR 7281, CNRS-univ. Aix-Marseille ; Alice Pavlowsky, PhD, maîtresse de conférences, UMR 8249, CNRS-Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris ; Christian Pinset, MD, directeur de recherche émérite CNRS, UMR 861, Inserm/I-Stem Corbeil-Essonnes ; Béatrice Py, PhD, directrice de recherche CNRS, laboratoire de chimie bactérienne, UMR 7283, CNRS-univ. Aix-Marseille ; Malgorzata Rak, PhD, chargée de recherche CNRS, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Pascal Reynier, MD, PhD, professeur des universités, praticien hospitalier, biochimie et biologie moléculaire, université d’Angers ; Pierre Rustin, PhD, directeur de recherche CE émérite CNRS, UMR 1141, Inserm-univ. Paris-Diderot, hôpital Robert-Debré, Paris ; Manuel Schiff, MD, PhD, maître de conférences des universités, praticien hospitalier AP-HP, hôpital Robert-Debré, Paris ; Abdelhamid Slama, PhD, praticien hospitalier AP-HP, hôpital du Kremlin-Bicêtre.

Collectif, daté du mardi 11 juin 2019

 

Automne 2018 : les médias se font l’écho d’un plausible nouveau scandale sanitaire : l’affaire des bébés nés sans bras, souffrant en langage médical d’agénésie transverse des membres supérieurs. 

C’est le REMERA (Registre des Malformations Région Rhône Alpes) qui donne l’alerte sur les cas de 7 enfants atteints et nés entre 2009 et 2014 dans un rayon de 17km autour de la commune Druillat dans l’Ain. 

S’ajoutent alors les cas de 3 enfants nés entre 2007 et 2008 dans un rayon de 15km autour de Nantes et de 4 autres enfants nés entre 2011 et 2013 à Guidel dans le Morbihan. 

Ainsi qu’un cas en Ariège et un dans le Médoc, dont j’ai connaissance mais non répertorié, il me semble.

En ce qui concerne les cas de Loire Atlantique et du Morbihan, Santé Publique France a conclu à un excès de cas, mais à une absence d’exposition commune. Quant aux cas recensés dans l’Ain, SPF n’a pas « mis en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale » et a conclu à une absence d’identification d’une exposition commune à la survenue de ces malformations.

Dernièrement, 3 nouveaux cas auraient été recensés dans les Bouches du Rhône dans un périmètre situé à proximité de l’étang de Berre, à Fos sur Mer, zone fortement industrialisée  et déjà connue pour présenter un taux important de maladies chroniques. Il s’agit de 3 filles nées entre juin et novembre 2016. Reste à savoir si ce sera retenu comme cluster (nombre de cas d’agénésie recensés sur une période et une zone géographique restreintes qui dépasse le taux attendu) ou pas. 

Dernières actualités 

Fut annoncée mardi 12 février la création de deux comités, l’un pour tenter de déterminer les causes des malformations et l’autre pour dialoguer avec les familles. Premiers résultats attendus pour juin 2019.

Difficultés rencontrées dans le recensement des cas, l’absence de registre national et le nombre limité de registres régionaux (Bretagne, Paris, Antilles, Réunion, 2 en Auvergne, Rhône Alpes), mais avantage incontestable pour ceux n’ayant pas intérêt à ce que toute la lumière soit faite sur ces cas de malformations, qui ne doivent certainement rien au hasard….

 

Si vous êtes concerné, vous pouvez vous signaler auprès de l’association ASSEDEA https://www.facebook.com/Assedea/

 

ainsi que par mail auprès de Santé Publique France nouscontacter@santepubliquefrance.fr  ou via leur formulaire de contact https://www.santepubliquefrance.fr/Infos/Contacter-Sante-...

 

 

 

 

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CONSULTER AUSSI Réponse au courrier de Mr Jean-Claude Boniface, publié dans le Journal du Médoc du 19/10/18.

Vous trouverez ci-dessous copie du courrier publié dans le Journal du Médoc du vendredi 19…

  MÉDOC : UNE VITICULTURE HORS-NORMES ?

 

Extrait d'une interview de Marie-Lys Bibeyran, par Jean-Christophe Matthias.

CARTE VENTE PESTICIDES FRANCE 2017

 

Carte de vente des pesticides en France en 2017, c'est-à-dire concernant les produits non autorisés en agriculture biologique.

CARTES VENTES CMR FRANCE 2017

 

Carte représentant la quantité de pesticides classés Cancérigènes Mutagènes Reprotoxiques,vendus par hectare de Surface Agricole Utile et par département, en France en 2017.

DEFINITION DU MEDOC.

Médoc = territoire viticole où des travailleurs des vignes, des riverains, des enfants meurent au vu et au su de tous, mais dans l'indifférence générale au nom d'un prestige qui ne sera jamais le leur !

ACTUALITÉS

Tous les mardi à partir de 17h30, Marie-Lys Bibeyran sera présente à l'Union Locale de la CGT de Saint Laurent de Médoc, pour les travailleurs des vignes, que ce soit par rapport aux pesticides ou aux conditions de travail en général.

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De plus en plus d’études scientifiques mondiales ont démontré que les PESTICIDES sont à l’origine du DECLIN MASSIF des abeilles, des papillons, des coccinelles et des oiseaux dans la foulée... en France mais aussi partout dans le monde et dans les réserves naturelles. Dans cette synthèse, vous verrez que l’Europe reporte l’interdiction du GLYPHOSATE à cinq années de plus. Il s’avère aussi qu’aucun pays de l’Union européenne ne veut interdire définitivement les pesticides qu’ils nomment « phytosanitaires ». Vous comprenez disent-ils, la santé compte si peu, trop d’intérêts financiers et économiques en jeu ! Lorsque l’Europe interdit quelques néonicotinîdes tueurs d’abeilles, pour combien de milliers d’autres substances tout aussi dangereuses et mises en cocktails de chimie qui les remplacent ?

« Un tiers des espèces sont déjà menacées d’extinction. « Et chaque année, environ 1 % supplémentaire s’ajoute à la liste », ont calculé Francisco Sanchez-Bayo et Kris Wyckhuys, des universités de Sydney et du Queensland, en Australie. Les lépidoptères (papillons), les hyménoptères (guêpes, abeilles, fourmis, frelons) et les coléoptères (scarabées, coccinelles, lucanes) sont parmi les espèces les plus menacées au sein des écosystèmes terrestres. Mais les milieux aquatiques ne sont pas épargnés. « La proportion d’espèces d’insectes en déclin (41 %) est deux fois plus élevée que celle des vertébrés et le rythme d’extinction des espèces locales (10 %) huit fois plus, » soulignent les chercheurs australiens, qui ont effectué la synthèse de plus de 70 études internationales pour aboutir à ce bilan effrayant.

Indispensables à la survie des écosystèmes

Un monde sans insectes ? Les phobiques qui s’en réjouiraient auraient vite fait de déchanter, tant ces petites bêtes sont indispensables à l’équilibre des écosystèmes. Non contents de jouer un rôle important dans la pollinisation, ils s’occupent aussi de la dégradation de la matière organique. De vrais éboueurs miniatures !

Sans compter que les insectes, dont la biomasse dépasse largement celle de l’ensemble des mammifères, constituent une source de nourriture pour de nombreuses espèces animales, notamment les oiseaux. Coïncidence ? En France, leur population est également en déclin. « Il n’y a quasiment plus d’insectes, c’est ça le problème numéro un », expliquait l’an dernier l’écologue Vincent Bretagnolle, auteur d’une étude sur l’effondrement des populations d’oiseaux dans les campagnes françaises. Même les volatiles granivores ont besoin d’insectes pour leurs poussins.

Pour les chercheurs, le coupable est tout trouvé : l’agriculture intensive, et notamment l’utilisation massive de pesticides (lire par ailleurs). « La conclusion est claire : à moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l’extinction en quelques décennies », soulignent-ils, mettant en garde contre « un effondrement catastrophique des écosystèmes naturels ».

75 % des insectes volants ont disparu en Allemagne en l’espace de trente ans, selon une étude publiée en octobre dernier dans la revue Plos One. Un phénomène d’autant plus inquiétant que les relevés ont été faits dans des « réserves naturelles ». Source DNA Strasbourg 17 février 2019.

Le Président de la République Emmanuel Macron RENIE SES ENGAGEMENTS et RE AUTORISE le GLYPHOSATE pour 5 ans de plus, pour suivre la Commission européenne…Souvenez-vous en lors des prochaines élections européennes !

La décision était attendue depuis des mois, le couperet est tombé : la Commission européenne a obtenu la majorité qualifiée pour que le glyphosate soit autorisé cinq ans de plus... jusqu'en 2022. La France lui a emboîté le pas en rejetant finalement son interdiction après une certaine cacophonie. La déception et la colère des ONG de défense de l'environnement et de notre santé est très importante.

27 novembre 2017 : cette journée était cruciale pour l'avenir de l'herbicide le plus vendu au monde. A priori, la mobilisation de la société civile et la pression médiatique devaient faire pencher la balance pour une sortie du glyphosate, cet herbicide notamment présent dans le Roundup et fabriqué par Monsanto. En France, près de 8 personnes sur 10 réclamaient une interdiction immédiate du glyphosate.

79% des Français sont pour une interdiction immédiate du glyphosate (sondage SumofUs, octobre 2017) et l'Initiative citoyenne européenne pour interdire le glyphosate a dépassé le million de signatures (1 320 517 exactement)

"Tout convergeait vers une interdiction : la pression des citoyens qui réclamaient la sortie du glyphosate, de nombreuses organisations dont des associations d'anciens agriculteurs malades, des députés français et européens, le scandale des Monsanto papers, la polémique autour de l'évaluation scientifique… Cela n'aura pas suffi" s'indignent Générations Futures, Foodwatch et la Ligue contre le cancer. Il y a effectivement un fossé, qui s'est encore un peu plus creusé, entre les aspirations des peuples à vivre en bonne santé et les décisions politiques.Les trois ONG ajoutent : "Les arguments ne manquaient pas pour faire interdire le glyphosate sans attendre. Il a été classé parmi les cancérigènes probables chez l'homme le 20 mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l'Organisation mondiale de la santé. En accordant un sursis supplémentaire à Monsanto, Bayer et compagnie, la Commission européenne balaie le principe de précaution et la santé du revers de la main, de même que la voix des millions de citoyens qui ne veulent plus de l'herbicide le plus controversé de la planète". Seul bémol, et de taille, l'EFSA (agence européenne de sécurité des aliments) ne considère pas le glyphosate comme cancérigène.

Résultat des votes pour ou contre l'autorisation du glyphosate

18 pays européens (sur 28) ont voté pour une nouvelle autorisation de 5 ans du glyphosate, notons que la France avait tout de même voté contre. Voici la répartition des votes :

Répartition du vote pour ou contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate dans l'Union Européenne

Vote

Nombre de pays

Part de la population européenne

Pays

POUR

18 Etats membres

65,71 %

Bulgarie, Allemagne, République tchèque, Danemark, Estonie, Irlande, Espagne, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Finlande, Suède, Royaume-Uni

CONTRE

9 Etats membres

32,26 %

Belgique, Grèce, France, Croatie, Italie, Chypre, Luxembourg, Malte, Autriche

ABSTENTION

1 Etat membre

2,02 %

Portugal

 

C'est le revirement de l'Allemagne qui a fait basculé le vote en faveur du renouvellement de l'autorisation du glyphosate.

Pour Michèle RIVASI (députée européenne écologiste et biologiste), ce "vote sur le renouvellement de l'autorisation de commercialisation du glyphosate ce jour pour 5 ans est un échec retentissant". La député accuse : "cette scandaleuse saga du glyphosate démontre la faillite de l'évaluation au niveau des agences européennes (...) Notre ambition est de revoir l'expertise scientifique au niveau des agences sanitaires en exigeant des méthodes d'expertise bien définies, la crédibilité des données prises en compte, le libre accès aux résultats des études industrielles (trop souvent et abusivement protégées par le seau du secret des affaires) et l'indépendance des experts recrutés (en purgeant tout ceux ayant des conflits d'intérêts)."

Pour Carmen Etcheverry, chargée de mission chez France Nature Environnement, "cette proposition de la Commission européenne n’apporte rien de plus qu’une simple prolongation de l’autorisation et c’est intolérable. Il n’y aura donc pas de plan d’accompagnement des agriculteurs pour sortir de leur dépendance au glyphosate. Les cinq ans s’écouleront et nous n’aurons toujours pas d’alternatives à proposer à notre agriculture".

La France devait interdire le glyphosate dans 3 ans

En France, la balle était dans le camp du gouvernement qui "doit maintenant mener le pays vers une sortie du glyphosate, en accompagnant les agriculteurs, comme il s'y est engagé et ce, indépendamment du verdict de la Commission européenne" soulignent Générations Futures, Foodwatch et la Ligue contre le cancer.

En effet, la secrétaire d’État Brune Poirson avait promis que la France sortirait du glyphosate avant 5 ans quel que soit le vote. Un engagement réaffirmé par le président Macron qui a annoncé, à l'issu du vote de la Commission Européenne, que le glyphosate serait interdit "au plus tard" dans trois ans en France, le temps de mettre en place "des alternatives". Et pourtant...

La France renie ses engagements

Et pourtant, une nouvelle fois, le sempiternel adage "les promesses n'engagent que ceux qui y croient" se vérifie : le projet de Loi Agriculture et Alimentation (loi issue des Etats Généraux de l’Alimentation) débattu à l’Assemblée nationale du 22 au 29 mai 2018 s'est vu retirer la proposition d’amendement pour interdire le glyphosate du rapporteur de la Loi, M. Moreau...
Autrement dit, la France suivra l'Union Européenne, malgré une pétition qui avait recueilli plus de 200 000 signatures et qui était soutenue par 34 organisations de la société civile.

Confirmation a été apportée le 15 septembre 2018 en pleine nuit à l'Assemblée Nationale : 42 députés (sur 80 présents) ont une nouvelle fois rejeté, l'ensemble des amendements visant à interdire le glyphosate d'ici trois ans.
Sans surprise, ce sont les députés de la République en Marche, du MODEM / UDI et de la droite qui ont rejeté cette interdiction.

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert était soutenu par le rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LRM), qui considère que cette interdiction "ne sert à rien".

Le couperet est tombé avec une déclaration du président de la République jeudi 24 janvier 2019 : « Je sais qu’il y en a qui voudraient qu’on interdise tout du jour au lendemain. Je vous dis : un, pas faisable, et ça tuerait notre agriculture. Et même en trois ans on ne fera pas 100 %, on n’y arrivera, je pense, pas ».

Source « Notre-Planète.info », le 27 janvier 2019

Voilà, le mot est lancé, « çà tuerait l’agriculture », il préfère et de loin, « tuer tout le monde » avec ces toxiques et laisser les agriculteurs mourir de leurs maladies et autres cancers causés par ces mêmes pesticides, plutôt que mettre un coup d’arrêt au système d’agriculture intensive et de ventes des industriels desdits phytosanitaires chimiques qui sont désormais cause de destructions d’écosystèmes.

Pour ma 3e mise au point, je souhaite soutenir les travaux de recherche de la lanceuse d’alerte Emmanuelle Amar qui a porté publique l’affaire des « bébés nés sans bras »

AFFAIRE dite des « Bébés nés sans bras », malformations en série chez des nouveau-nés dans plusieurs zones rurales de France. Point commun, une fois éliminé une origine génétique ou médicamenteuse; les mères habitent près de champs de maïs et de tournesol !

Trop de zones d’ombres et de stratagèmes du gouvernement pour écarter d’emblée les pesticides et étouffer l’affaire !! En effet les pesticides sont connus pour entraîner des malformations congénitales chez les animaux. D’ailleurs la première chose à faire était d’effectuer des prélèvements environnementaux et surtout des cheveux des mères pour chercher traces de certains pesticides qui pourraient être incriminés. Ils ont REFUSE alors que la logique se trouvait dans l’environnement ! Encore une fois, trop d’enjeux financiers dans cette affaire, s’il fallait remuer le guêpier des produits chimiques.

 

L’affaire commence le 26 septembre 2018 avec la diffusion d’un reportage lors du journal de 20 heures de France 2. Les journalistes évoquent un «rapport médical troublant, longtemps resté confidentiel», qui fait état de sept enfants nés entre 2009 et 2014 avec une malformation d’un membre supérieur. Tous ces cas sont survenus dans un rayon de 17,6 kilomètres autour de la commune de Druillat, dans l’Ain.

Les faits sont en réalité connus depuis plusieurs années par les autorités sanitaires. En octobre 2014, le Remera - structure chargée du recensement des malformations congénitales dans la région Rhônes-Alpes - remet un rapport sur ces 7 cas à l’agence sanitaire nationale (InVS à l’époque, aujourd’hui Santé publique France). C’est ce document qui est évoqué par les journalistes de France 2.

2. Quelles sont ces malformations?

Les cas identifiés dans l’Ain sont 7 enfants (cinq garçons, deux filles) nés avec un avant-bras, une main ou des doigts en moins. De telles malformations surviennent au cours du premier trimestre de la grossesse. La fréquence de ces malformations - quand il n’y a pas de cause génétique ou d’accident in utero identifiés - est estimée à 1,7 cas pour 10.000 naissances, soit environ 150 cas par an en France.

Selon Santé publique France, ces malformations sont des «agénésies transverses des membres supérieurs» (ATMS). Mais selon le Pr Sylvie Manouvrier, directrice du centre de référence maladies rares du CHU de Lille, il existerait un terme qui qualifie plus précisément encore ces malformations. «Concernant les anomalies récemment médiatisées, il s’agit d’hémimélies transversales du membre supérieur car il semble que dans tous les cas décrits, le membre soit en partie présent, le plus souvent jusqu’en dessous du coude», précise-t-elle. «On ne parle d’agénésie que lorsque le membre est totalement absent».

3. Comment ont réagi les autorités sanitaires?

Dans la foulée de l’alerte donnée par le Remera, des questionnaires ont été soumis aux familles concernées et les données environnementales ont été passées au crible afin d’identifier une éventuelle cause commune à ces malformations. Mais ni l’une ni l’autre de ces recherches n’a permis de trouver l’origine du problème.

Après avoir fait des analyses statistiques, Santé publique France a considéré que le nombre de cas découverts n’était pas anormal et a décidé de clore le dossier. Une décision que rejette Emmanuelle Amar, la directrice du Remera, qui indiquait déjà en novembre 2016 dans la revue Environnement, risques et santé que la probabilité que ces cas soient dus au hasard est «infime».

En parallèle, deux autres groupes de cas localisés de malformations de même nature ont été rapportés à l’agence sanitaire: l’un en Loire-Atlantique (trois enfants nés entre 2007 et 2008), l’autre dans le Morbihan (quatre enfants nés entre 2011 et 2013). Toutes les causes possibles connues ont été examinées avant d’être écartées. Pour ces deux groupes de cas, Santé publique France a conclu qu’il y avait effectivement un excès par rapport au nombre de cas statistiquement attendu.

 

Le 4 octobre 2018, face au vif intérêt du public pour le sujet, Santé publique France a finalement publié trois rapports détaillant l’ensemble de ses investigations. Dans un communiqué daté du 30 octobre, Santé publique France a annoncé avoir identifié onze cas suspects supplémentaires dans l’Ain entre 2000 et 2014, en plus des sept cas déjà identifiés par le Remera. Ces nouveaux cas suspects ont été identifiés grâce à l’analyse des bases de données hospitalières. Pour l’heure, ils attendent encore d’être confirmés.

4. Que sait-on des causes possibles de ces malformations?

«Elles peuvent être d’origine génétiques, liées à un accident intra utérin induisant une contrainte physique sur le développement des membres (comme la maladie des brides amniotiques) ou encore rattachées à des produits tératogènes (qui ont un effet toxique sur le développement du fœtus, NDLR). Le plus connu est la thalidomide (médicament anti-nauséeux prescrit aux femmes enceintes dans les années 1950-1960, NDLR), mais la Dépakine peut elle aussi être responsable de malformations des membres», explique le Pr Sylvie Manouvrier.

Autant de causes écartées pour les quatorze cas groupés recensés dans les trois départements. Concernant les cas dans l’Ain: «aucune anomalie génétique ou chromosomique n’a été rapportée. Aucune bride amniotique n’a été retrouvée pour l’ensemble des cas. Aucune mère n’a subi de choriocentèse (une biopsie de tissus du fœtus, NDLR), n’a pris de traitement médicamenteux ou a consommé de la cocaïne au cours du premier trimestre», indiquait le Remera dans son rapport de 2014.

5. Y a-t-il tout de même des pistes qui pourraient permettre d’expliquer ce phénomène?

Pour les enfants malformés nés dans l’Ain, «l’hypothèse la plus probable reste une exposition à un tératogène commun à ces sept mères», selon le registre de surveillance de la région Rhônes-Alpes. Le Remera envisage en particulier l’exposition à «une substance utilisée en agriculture ou en médecine vétérinaire», évoquant plusieurs cas de malformations chez des veaux nés au centre de la zone concernée de l’Ain signalés par les services vétérinaires. Une information qui n’a pas encore été confirmée par les autorités sanitaires.

Jusqu’à maintenant, les investigations de Santé publique France n’ont pas permis de confirmer l’une ou l’autre de ces hypothèses. «L’évaluation des données environnementales n’a pas mis en évidence d’exposition à risque dans l’environnement des mères hormis le fait qu’elles résident dans un milieu rural à dominante agricole», souligne toutefois Santé publique France dans son rapport publié en octobre 2018.

De son côté, le Pr Sylvie Manouvrier évoque une autre piste: celle d’un accident vasculaire survenu au cours de la grossesse. «Il peut y avoir eu une thrombose (obturation, NDLR) ou un spasme d’une petite artère irriguant la partie distale du bourgeon du membre d’où sont sécrétés les facteurs de croissance nécessaires à son développement», indique la spécialiste. Comment expliquer qu’une artère se bouche au cours du développement fœtal? Cela pourrait-il être lié à des facteurs génétiques ou environnementaux? Ou simplement au hasard? «Nous n’avons aucune certitude», répond la spécialiste.

6. Les pesticides sont-ils incriminés?

Au même titre que certains médicaments, certains pesticides sont tératogènes, c’est-à-dire qu’ils peuvent affecter le développement normal d’un fœtus. Or le point commun entre les sept femmes est précisément d’habiter en milieu agricole. La piste a donc logiquement été examinée par Santé publique France. «Nous avons regardé si le premier trimestre de ces grossesses (moment où surviennent les malformations, NDLR) coïncidait avec les périodes d’épandages», indique Anne Gallay, directrice du département de maladies non transmissibles et traumatismes à Santé publique France. «Mais les mamans de l’Ain n’ont pas toutes été enceintes à la même période de l’année».

L’agence sanitaire n’a toutefois pas réalisé de prélèvements dans l’environnement des familles concernées. «À partir du moment où l’on n’a aucune hypothèse, il est très compliqué de savoir où chercher», justifie Anne Gallay. «Vous pouvez prélever tous les échantillons de sol, d’air et d’eau que vous voulez, vous finirez forcément par trouver quelque chose, mais ce ne sera jamais la preuve que c’est la cause des malformations».

7. Où en est-on?

Pour le moment, la survenue de ces malformations reste inexpliquée et il n’est pas certain qu’elle puisse être connue un jour. Toutefois, l’enquête visant à identifier leur cause (dans l’Ain, mais aussi en Loire-Atlantique et dans le Morbihan) a été relancée, à la demande de la ministre de la Santé. «On ne peut pas se satisfaire de dire qu’on n’a pas trouvé de cause, c’est insupportable», avait déclaré Agnès Buzyn le 21 octobre, alors que la première enquête avait été arrêtée faute de pistes tangibles.

Dans le même temps, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a été appelée en renfort. Elle a d’ores et déjà commencé à consulter les registres épidémiologiques en santé animale, afin de faire remonter d’éventuels cas de veaux nés sans pattes dans les zones concernées.

En parallèle, un travail est en cours afin de voir si les données hospitalières pourraient être utilisées pour obtenir une estimation plus précise du nombre de cas d’enfants nés avec des malformations. Pour rappel, moins d’un cinquième du territoire français fait actuellement l’objet d’une surveillance active et exhaustive des anomalies congénitales par l’un des six registres régionaux. Un septième registre doit bientôt être créé, comme l’ont annoncé Santé publique France et l’Anses dans un courrier adressé le 1er février aux ministres de la Santé, de l’Écologie et de l’Agriculture.

Mardi 12 février, les trois ministères ont annoncé la création de deux comités d’experts. L’un devra tenter d’expliquer ces malformations, l’autre de dialoguer avec les familles. «Les résultats de ces travaux sont attendus pour le 30 juin 2019», ont indiqué les ministères dans un communiqué commun

Le Figaro.fr santé, 12 février 2019

 

 

Dans le département de l’Ain, « le taux de malformation était 58 fois supérieur à la normale »,

Emmanuelle Amar, épidémiologiste, avait lancé l’alerte il y a déjà plusieurs années sur ce phénomène inquiétant, reconnu pour la première fois ce jeudi par Santé publique France, un organisme d’Etat.

Emmanuelle Amar, épidémiologiste et directrice du Remera, une structure qui recense les malformations dans la région Rhône-Alpes, a lancé l’alerte il y a déjà plusieurs années sur le taux anormal d’enfants sans bras ou sans main dans plusieurs départements. Comme elle l’avait déjà fait en 1982 au sujet de la Dépakine, un anti-épileptique, accusé de provoquer des malformations chez les nouveau-nés. Selon elle, cette affaire est en train de devenir un scandale sanitaire. Tout a commencé en 2010 lorsqu’un médecin a signalé deux cas de bébés sans bras à la cellule interrégionale d’épidémiologie dans un même village situé dans l’Ain. Elle nous a alors demandé de l’aide, puisque notre travail est de recenser les malformations. On a décidé d’enquêter. En interrogeant les deux mamans, elles nous ont dit : « J’ai une amie dans la même situation ». Très vite, le nombre de cas est grimpé à quatre ! On a envoyé un rapport à Santé Publique France, mais rien n’a été fait. Le temps est passé, la surveillance a continué. En 2012, on a découvert une 5e cas, en 2014, un 6e et un 7e. Le taux de malformation était 58 fois supérieur à la normale dans l’Ain. Cette situation est inédite en France d’autant qu’elle touche, au total, trois départements.

Où se trouvent les autres cas ?

La Bretagne compte quatre cas de malformations. Il y a quatre ans, une association nous a contactés, car une maman médecin avait accouché d’un enfant sans bras. Dans son village, certaines de ses patientes étaient dans le même cas. A la même période, Santé publique France nous a aussi signalé trois cas en Loire-Atlantique.

On a interrogé toutes les mères et vérifié les causes connues de ces malformations c’est-à-dire, une anomalie de la poche amniotique, une anémie, une infection virale avec une forte fièvre en début de grossesse, rien, aucune n’était concernée. La piste génétique, comme celle de la prise de médicaments et de drogues, a aussi été écartée. Elles ont aussi des métiers, une alimentation différente. Le seul point commun ? Elles habitent toute en zone rurale, près de champs de tournesol et de maïs. »

Comment réagissez-vous lorsque Santé Publique France affirme qu’il n’y a pas d’excès de cas dans l’Ain ?

Ils se trompent ! Ils partent du principe que le taux n’est pas anormal, car il y a eu sept cas de 2000 à 2014. Or, ce nombre a été recensé sur une période bien plus courte, entre 2009 et 2014. Comment pouvons-nous dire qu’il n’y en a pas eu de cas avant ? C’est impossible de le savoir, il n’existait pas de surveillance des malformations avant 2009 dans l’Ain ! Nous n’avions pas en charge ce département ! Cette affaire est en train de devenir un scandale de sanitaire, la négation poussée à l’extrême de Santé Publique France nous interroge. Ils disent qu’il faut renforcer la surveillance. Mais on ne pourra plus l’assurer. On ne sait pas pourquoi, toutes nos subventions s’arrêteront fin décembre. Il n’y aura plus d’alerte, plus de suivi, plus rien. »

Le Parisien. Fr, 4 octobre 2018

Emanuelle Amar, devenue l’incarnation de l’affaire des « bébés sans bras », qui marque les esprits depuis fin septembre. Depuis la médiatisation des trois agrégats de cas d’« agénésie transverse du membre supérieur » (ATMS) – dans l’Ain, dans le Morbihan et en Loire-Atlantique –, elle reçoit des dizaines de signalements spontanés de toute la France. Pour le public et les médias, elle est une lanceuse d’alerte. Pour les autorités sanitaires, une grenade dégoupillée.

Entre le Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), qu’elle dirige depuis 2007, et les institutions officielles qui le financent, un conflit larvé dure même depuis près d’une décennie. Au point qu’à plusieurs reprises la petite association loi 1901 d’une demi-douzaine de salariés s’est trouvée au seuil de la cessation d’activité.

Source, Le Monde, 2 janvier 2019

D’ailleurs l’affaire de la mystérieuse hécatombe de centaines de hérissons en Normandie et aussi ailleurs, porterait à soupçonner également les pesticides, ce n’est qu’une hypothèse, mais  étant donné que dans notre secteur j’ai retrouvé l’été dernier deux hérissons morts sans cause sous des rangées de pommiers traités chimiquement et traités massivement au Roundup, puisque toute l’herbe était éradiquée… Depuis je n’ai plus rencontré un seul hérisson. En Normandie ils ont trouvé une baisse d’immunité des hérissons, les pesticides provoquent aussi une baisse d’immunité !

Mais ces affaires ne seront sans doute jamais éclaircies, ou mis en impasse, par intérêts financiers. Déjà avec la « Dépakine », l’affaire révélée par la lanceuse d’alerte Emmanuelle Amar en 1992, il a fallu attendre combien d’années pour l’interdire ? Pareil pour d’autres médicaments ou l’amiante par exemple…le docteur Hélène Frachon pour l’affaire du Médiator, des années d’attente aussi.

 

Dix-sept plaintes ont été déposées mardi 20 novembre par des Faucheurs volontaires bretons qui ont découvert une présence élevée de glyphosate dans leur urine. Sur le reste du territoire, la campagne de collecte et d’analyse d’urine se poursuit pour pousser l’État à agir.

  • Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), reportage

2,52 nanogrammes de glyphosate par millilitre, c’est ce que contiennent les urines de Youn Ar Guen, membre des Faucheurs volontaires, habitant à Riec-sur-Belon, dans le Finistère. «  Quand j’ai vu les résultats, j’étais étonné, c’est très élevé », raconte-il.

La norme européenne concernant l’eau potable s’élève à 0,1 nanogramme par millilitre (0,1 ng/ml). Youn est donc bien au-dessus, et il n’est pas le seul. Sur les dix-sept personnes ayant porté plainte hier, mardi 20 novembre, toutes sont au-dessus de ce seuil. L’un d’eux atteint même 3,44 ng/ml. « Pourtant je mange bio depuis trente ans, je filtre mon eau, argumente Youn. Par contre, j’habite à la campagne et je respire. »

En effet, une des explications avancées pour expliquer ces résultats pourrait se trouver dans l’alimentation, mais aussi dans l’eau et l’air. « Mais, on n’a pas d’étude sur le sujet, ce ne sont que des hypothèses », poursuit le militant écologiste.

Comme Youn, Brigitte Plunian a testé ses urines. Éleveuse en bio à Tremargat, dans les Côtes-d’Armor, elle atteint 0,47 ng de glyphosate par millilitre. « S’il y a bien du glyphosate dans l’eau et l’air, c’est dramatique, on n’a même pas les moyens de se protéger individuellement. »

Cette démarche s’inscrit dans la lignée de tests déjà effectués ces dernières années. Ainsi, en 2016, 48 eurodéputés avaient fait analyser leur urine. Et le résultat était cinglant : des niveaux 17 fois supérieurs à la norme imposée sur l’eau potable. Nouvelle vague de tests chez des personnalités en 2017, organisés par Générations futures. Et mêmes résultats. Des mesures trente fois supérieures à la norme. « C’est un énorme problème de santé publique »

Une première vague de dépôts de plainte a eu lieu en Ariège, en septembre dernier. Mais avant de parvenir à bouger les lignes, il faudra être patient, comme l’explique Jérôme Bouquet-Elkaïm, avocat des Faucheurs volontaires bretons. « Il faut compter un an et demi, deux ans d’enquête. Ces plaintes doivent être déposées dans le lieu de résidence du plaignant mais elles seront toutes envoyées et traitées au pôle santé du parquet de Paris. Une instance spécialisée sur les questions de santé. »

« Pour répondre à toutes ces questions, il faudrait réaliser une étude épidémiologique »Source, Reporterre, 21 novembre 2018 La disparition des insectes, un phénomène dévastateur pour les écosystèmes

Leur taux d’extinction est huit fois supérieur à celui des autres espèces animales, selon une étude australienne. Un déclin qui pèse sur la biodiversité et notre alimentation.

Source Le Monde, 13 février 2019

Qui plus est, les animaux ne sont pas les seuls menacés. Nos régimes alimentaires pourraient aussi souffrir de la disparition progressive des insectes, car les cultures pollinisées assurent plus du tiers de l’alimentation à l’échelle mondiale. « La disparition des insectes va avoir un impact énorme sur la production des fruits et légumes que nous consommons, alerte Francisco Sanchez-Bayo. Nous trouverons toujours des moyens de nous nourrir, mais la diversité de notre alimentation va considérablement diminuer. »

A l’origine du déclin majeur des insectes, les chercheurs pointent du doigt l’urbanisation, la déforestation et la pollution, mais surtout l’agriculture moderne. Son intensification depuis l’après-guerre a entraîné l’utilisation généralisée de pesticides de synthèse, facteur majeur de la perte d’insectes.

« Les données disponibles remontent à plusieurs siècles en arrière. On sait donc que le déclin des insectes commence au moment de l’industrialisation, souligne l’auteur de l’étude. Cependant, certaines accélérations peuvent être observées, c’est le cas dans les années 1920, lors de l’apparition des premiers fertilisants synthétiques, puis des années 1950 avec les pesticides organiques. Enfin la dernière, et la plus importante, est celle des années 1990 avec la mise en circulation des nouveaux groupes d’insecticides. »

Pour les chercheurs australiens, ces pesticides tels que les néonicotinoïdes et le fipronil, introduits il y a vingt ans, sont dévastateurs. « Au total, près de la moitié des pertes de populations d’insectes sont dues à l’utilisation de ces produits, précise Francisco Sanchez-Bayo. C’est un cercle vicieux : plus nous utiliserons des pesticides pour améliorer les rendements, plus, au final, nous allons perdre en rendement par la disparition des insectes. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « En finir avec l’hypocrisie sur la question des pesticides »

L’équipe de scientifiques ne voit qu’une seule solution : repenser l’agriculture. « A moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l’extinction en quelques décennies », alertent-ils. La restauration des habitats, associée à une réduction drastique des pesticides, serait probablement le moyen le plus efficace de rétablir les populations, en particulier dans les zones d’agriculture intensive, selon le rapport.

 défi pour le milieu agricole

Il est indispensable aussi d’augmenter la diversité biologique des milieux cultivés, estime Jean-Claude Streito. « La replantation de haies, la mise en place de bandes enherbées, la plantation de zones fleuries et tout ce qui diversifie les espèces végétales dans le temps et dans l’espace sera favorable au retour de la diversité des insectes », avance le chercheur de l’INRA.

Pour plus de renseignements sur les pesticides, veuillez suivre les sites des Associations : « Générations Futures–lutte contre les pesticides » et « Nous voulons des Coquelicots » 

 Merci pour votre attention. N’oublions pas de  planter des haies, et de semer des fleurs pour les abeilles !

Voire, lancez-vous dans la PERMACULTURE…une solution d’avenir !

 

 

 

 

 

 

 


Le 13/09/2018

Amis des Abeilles et de la biodiversité, grand merci à tous pour votre participation record à notre pétition, en ce 12 septembre 2018, je suis heureuse de vous annoncer une bonne nouvelle: un autre mouvement est en chemin pour retrouver le monde d'avant les pesticides : celui des fleurs des champs, VIVE les COQUELICOTS et les BLEUETS !

« Nous voulons des coquelicots! », dit le texte lancé par Fabrice Nicolino et Charlie Hebdo ce jour contre les pesticides. « Nous ne reconnaissons plus notre pays. La Nature y est défigurée, le tiers des oiseaux a disparu en quinze ans, la moitié des papillons en 20 ans, les abeilles et les pollinisateurs meurent et disparaissent de notre Terre Mère... Non, nous ne voulons plus, à aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l'interdiction de tous les pesticides ». 
https://nousvoulonsdescoquelicots.org  Appel des 100 à signer la fin des pesticides

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel/ (ce n'est pas une pétition)

Et comme nous voulons des Coquelicots et pas de BITUME, je vous invite à signer l'autre pétition sur mesopinions.com JUSTICE pour les PETITS et pour l'AVENIR des ENFANTS

Contre autoroute Gco-A355, Justice pour les petits et pour l'Avenir des enfants

Un drame se joue aux portes de Strasbourg pour une nouvelle autoroute. Au lendemain de la Journée mondiale du Climat, 8 septembre, nos dirigeants ont décidé de mettre le paquet sur cette nouvelle autoroute dans l'extrême urgence, les bûcherons travaillent jour et nuit sous la PROTECTION de GENDARMES MOBILES ARMES, contre les habitants et les résistants et POUR Vinci, multinationale. Ils gazent tout le monde tous les jours dès que les habitants s'approchent des barricades qui encerclent la forêt. Le maire de la commune, la députée locale, les eurodéputés venus prêter main-forte, tout le monde se fait gazer. L'autre forêt est SAIGNÉE un hectare par terre en 24 heures...des engins monstrueux/ Tous sous le choc de la disparition faune et flore protégée locale en un temps record... Mépris du gouvernement, milice armée, dictature en marche...

Vidéos en direct, preuves...

Événements du 10 septembre au 12 septembre 2018

Alsace Nature : Vous avez dit GCO ?

Évacuation musclée de la zone à défendre de la forêt

https://www.facebook.com/anne.gomme.39/videos/413348169196835/

ps://www.facebook.com/anne.gomme.39/videos/414224272442558/

 

 

 

Le 24/08/2018 :

Amis des Abeilles et de la Nature, Alerte rouge !! Un nouveau pesticide arrive dans nos champs, le « dicamba », en remplacement du « roundup » (dont la nocivité avait été soigneusement masquée pendant des décennies), dicamba qualifié d’arme léthale pour la santé humaine et les plantes non OGM, arme chimique de Bayer héritée de Monsanto !
Toujours d’autres molécules plus toxiques pour remplacer celles qui sont interdites !
Le plan Ecophyto a échoué, pas de réduction 50 % des pesticides annoncés à l’horizon 2018, au contraire, une hausse significative de l’utilisation des pesticides d’année en année ! Même la Fnsea, principal syndicat des agriculteurs, déclare aujourd’hui dans les médias que la profession ne pourra jamais se passer des « phytosanitaires, c’est une question de protection de la plante ». Les agriculteurs enfoncent le clou en défendant leurs pratiques intensives au vu que les molécules « seraient de moins en moins nocives »… Les lobbys des firmes pharmaco-chimiques manipulent les agriculteurs jusqu’aux ministères et nos députés, c’est évident !! N’écoutons par leurs pieux mensonges ! En attendant, toujours plus de victimes des pesticides… Assez !!!

Par ailleurs sur le front des procès, pour ceux qui étaient absents cet été, Monsanto a été condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier américain rendu malade par l’utilisation de désherbants contenant du glyphosate. Malheureusement le géant Bayer-Monsanto a pris l’habitude de ne rien payer aux victimes, juste aller en appel pour des années… le jardinier atteint d’une maladie incurable ne sera plus là pour les indemnités…

Monsanto a par ailleurs refusé de se présenter devant le Parlement européen. Pour rappel, l’agriculteur français Paul François avait réussi à faire condamner Monsanto pour intoxication après dix ans de procédure. Depuis 2015 il n’a touché encore aucune indemnité, car Monsanto a fait appel... il a écrit « un paysan contre Monsanto », Fayard édition, 2017.

Pour finir, pendant cet été 2018 de dérèglement climatique, les services de l’État ont travaillé sur un plan national monstre de construction de nouvelles autoroutes… ignorant la Cop 21 signée à Paris. Ils prétendent n’avoir pas d’argent pour réparer les ponts en ruine, mais continuent à ruiner la biodiversité et grignoter toujours plus de forêts et de champs en subventionnant les multinationales (afin de contenter quelques élus et actionnaires).

Autre pétition urgente si vous voulez bien participer/partager également, SVP, l’Etat s’apprêtant à signer le feu vert définitif à Vinci :

STOP AUTOROUTE GCO STRASBOURG

Merci pour nos amies les Abeilles et toutes les espèces de faune et flore associées…

Cette pétition « Stop pesticides » est sortie par hasard pour la journée mondiale des Abeilles ! Et la pétition contre la nouvelle autoroute, par hasard pour la journée mondiale de la Terre !

La vidéo à voir ou revoir sur YouTube, par Arte, « Demain, tous crétins ? »

 PS : Concernant les informations sur le dicamba, une pétition est en cours sur mesopinions.com : Dicamba : l’herbicide de l’apocalypse


Le 26/06/2018 :


Amis signataires de cette pétition, le gouvernement reste dans sa tour d'ivoire et reste sourd aux demandes des concitoyens sur les mesures urgentes pour sauvegarder les abeilles et l'environnement, et se désintéresse de notre santé altérée par les pesticides. Il est pourtant plus que temps d'agir pour le futur des enfants!

Je vous invite en attendant une petite action utile, ce serait de signer et faire suivre à tous vos contacts notre autre pétition urgente. Le gouvernement reste sourd aux objections de toutes les associations environnementales, passe outre les avis très négatifs des Commissions de la Protection de la Nature et de la haute Autorité environnementale, foule du pied toutes les associations de Protection des animaux et de la faune et flore sauvage, a refusé de recevoir Alsace Nature, a refusé de visiter les belles forêts vouées à destruction, n'entend pas les manifestations récurrentes des citoyens, le Préfet de strasbourg se barricade, le ministre de l'écologie n'est même pas venu voir et reste sourd et muet, et le Tribunal admnistratif vient de donner l'ordre de l'évacuation urgente de la Zad du Moulin Grand Hamster 67 par la force si nécessaire comme à NDDL, pour laisser la place au bitume de Vinci autoroutes. En effet, nos Zadistes qui défendent la zone de forêt de Kolbsheim en Alsace, riche en BIODIVERSITE, FAUNE et FLORE pourtant protégés, sont les seuls Résistants contre le désastre annoncé: une nouvelle autoroute appelée Gco, près de Strasbourg. Un projet ancien des années tout pétrole ressorti des tiroirs afin de sacrifier du patrimoine français, les plus belles terres, champs et forêts d'Alsace à Vinci autoroutes...!! Venez les soutenir et les aider SVP. Pour ceux qui veulent y camper, passer quelques jours pour témoigner, ils seront les bienvenus, c'est une des dernières zones de paradis aux portes de Strasbourg.  

Ceux qui voudront aussi envoyer un courrier pour demander de respecter la Charte et les Droits de l'Environnement de la Constitution de la  République française bafouée par notre ministre de l'écologie: directement adressé au Palais de l'Elysée, Président de la République, ou au Premier Ministre à l'Hôtel de Matignon.

Sinon veuillez lire notre pétition en lien ci dessous, signer et faire suivre à tous vos contacts SVP "très urgent" Merci

www.mesopinions.com/pétition/contre autoroute Gco-A355, Justice pour les petits et pour l'Avenir des enfants


Bonjour,

Chers Amis signataires, d'abord un grand merci a tous pour votre participation et vos commentaires avisés à cette pétition "STOP PESTICIDES".

Je vous informe que le gouvernement n'a entendu que les sornettes des lobbies agrochimiques et le Parlement vient de  rejeter en bloc l'interdiction du glyphosate pourtant attendu pour 2021...l'État autorise l'empoisonnement par la chimie encore pour de longues années, c'est un scandale, faites-le savoir autour de vous !

En plus le déremboursement en cours des médicaments et des frais par la Sécurité Sociale et les Mutuelles, toujours les mêmes qui devront payer pour la santé massacrée!

Rien de perdu; suite à une pétition d'un citoyen en Suisse pour l'interdiction des pesticides, la Suisse est en passe de voter par référendum la sortie des pesticides, le journal Le Monde vient de l'annoncer le 28 mai 2018.

Alors STOP PESTICIDES, à diffuser encore notre pétition avec un NON franc et massif à tous ces pollueurs de nos vies qui voudraient nous faire bouffer du pesticide dès le biberon, car c'est çà le glyphosate et les autres cocktails chimiques par milliers dans l'eau, l'air et notre nourriture: un empoisonnement massif !


Le 13/09/2018

Amis des Abeilles et de la biodiversité, grand merci à tous pour votre participation record à notre pétition, en ce 12 septembre 2018, je suis heureuse de vous annoncer une bonne nouvelle: un autre mouvement est en chemin pour retrouver le monde d'avant les pesticides : celui des fleurs des champs, VIVE les COQUELICOTS et les BLEUETS !

« Nous voulons des coquelicots! », dit le texte lancé par Fabrice Nicolino et Charlie Hebdo ce jour contre les pesticides. « Nous ne reconnaissons plus notre pays. La Nature y est défigurée, le tiers des oiseaux a disparu en quinze ans, la moitié des papillons en 20 ans, les abeilles et les pollinisateurs meurent et disparaissent de notre Terre Mère... Non, nous ne voulons plus, à aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l'interdiction de tous les pesticides ». 
https://nousvoulonsdescoquelicots.org  Appel des 100 à signer la fin des pesticides

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel/ (ce n'est pas une pétition)

Et comme nous voulons des Coquelicots et pas de BITUME, je vous invite à signer l'autre pétition sur mesopinions.com JUSTICE pour les PETITS et pour l'AVENIR des ENFANTS

Contre autoroute Gco-A355, Justice pour les petits et pour l'Avenir des enfants

Un drame se joue aux portes de Strasbourg pour une nouvelle autoroute. Au lendemain de la Journée mondiale du Climat, 8 septembre, nos dirigeants ont décidé de mettre le paquet sur cette nouvelle autoroute dans l'extrême urgence, les bûcherons travaillent jour et nuit sous la PROTECTION de GENDARMES MOBILES ARMES, contre les habitants et les résistants et POUR Vinci, multinationale. Ils gazent tout le monde tous les jours dès que les habitants s'approchent des barricades qui encerclent la forêt. Le maire de la commune, la députée locale, les eurodéputés venus prêter main-forte, tout le monde se fait gazer. L'autre forêt est SAIGNÉE un hectare par terre en 24 heures...des engins monstrueux/ Tous sous le choc de la disparition faune et flore protégée locale en un temps record... Mépris du gouvernement, milice armée, dictature en marche...

Vidéos en direct, preuves...

Événements du 10 septembre au 12 septembre 2018

Alsace Nature : Vous avez dit GCO ?

Évacuation musclée de la zone à défendre de la forêt

https://www.facebook.com/anne.gomme.39/videos/413348169196835/

ps://www.facebook.com/anne.gomme.39/videos/414224272442558/

 

 

 

Le 24/08/2018 :

Amis des Abeilles et de la Nature, Alerte rouge !! Un nouveau pesticide arrive dans nos champs, le « dicamba », en remplacement du « roundup » (dont la nocivité avait été soigneusement masquée pendant des décennies), dicamba qualifié d’arme léthale pour la santé humaine et les plantes non OGM, arme chimique de Bayer héritée de Monsanto !
Toujours d’autres molécules plus toxiques pour remplacer celles qui sont interdites !
Le plan Ecophyto a échoué, pas de réduction 50 % des pesticides annoncés à l’horizon 2018, au contraire, une hausse significative de l’utilisation des pesticides d’année en année ! Même la Fnsea, principal syndicat des agriculteurs, déclare aujourd’hui dans les médias que la profession ne pourra jamais se passer des « phytosanitaires, c’est une question de protection de la plante ». Les agriculteurs enfoncent le clou en défendant leurs pratiques intensives au vu que les molécules « seraient de moins en moins nocives »… Les lobbys des firmes pharmaco-chimiques manipulent les agriculteurs jusqu’aux ministères et nos députés, c’est évident !! N’écoutons par leurs pieux mensonges ! En attendant, toujours plus de victimes des pesticides… Assez !!!

Par ailleurs sur le front des procès, pour ceux qui étaient absents cet été, Monsanto a été condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier américain rendu malade par l’utilisation de désherbants contenant du glyphosate. Malheureusement le géant Bayer-Monsanto a pris l’habitude de ne rien payer aux victimes, juste aller en appel pour des années… le jardinier atteint d’une maladie incurable ne sera plus là pour les indemnités…

Monsanto a par ailleurs refusé de se présenter devant le Parlement européen. Pour rappel, l’agriculteur français Paul François avait réussi à faire condamner Monsanto pour intoxication après dix ans de procédure. Depuis 2015 il n’a touché encore aucune indemnité, car Monsanto a fait appel... il a écrit « un paysan contre Monsanto », Fayard édition, 2017.

Pour finir, pendant cet été 2018 de dérèglement climatique, les services de l’État ont travaillé sur un plan national monstre de construction de nouvelles autoroutes… ignorant la Cop 21 signée à Paris. Ils prétendent n’avoir pas d’argent pour réparer les ponts en ruine, mais continuent à ruiner la biodiversité et grignoter toujours plus de forêts et de champs en subventionnant les multinationales (afin de contenter quelques élus et actionnaires).

Autre pétition urgente si vous voulez bien participer/partager également, SVP, l’Etat s’apprêtant à signer le feu vert définitif à Vinci :

STOP AUTOROUTE GCO STRASBOURG

Merci pour nos amies les Abeilles et toutes les espèces de faune et flore associées…

Cette pétition « Stop pesticides » est sortie par hasard pour la journée mondiale des Abeilles ! Et la pétition contre la nouvelle autoroute, par hasard pour la journée mondiale de la Terre !

La vidéo à voir ou revoir sur YouTube, par Arte, « Demain, tous crétins ? »

 PS : Concernant les informations sur le dicamba, une pétition est en cours sur mesopinions.com : Dicamba : l’herbicide de l’apocalypse


Le 26/06/2018 :


Amis signataires de cette pétition, le gouvernement reste dans sa tour d'ivoire et reste sourd aux demandes des concitoyens sur les mesures urgentes pour sauvegarder les abeilles et l'environnement, et se désintéresse de notre santé altérée par les pesticides. Il est pourtant plus que temps d'agir pour le futur des enfants!

Je vous invite en attendant une petite action utile, ce serait de signer et faire suivre à tous vos contacts notre autre pétition urgente. Le gouvernement reste sourd aux objections de toutes les associations environnementales, passe outre les avis très négatifs des Commissions de la Protection de la Nature et de la haute Autorité environnementale, foule du pied toutes les associations de Protection des animaux et de la faune et flore sauvage, a refusé de recevoir Alsace Nature, a refusé de visiter les belles forêts vouées à destruction, n'entend pas les manifestations récurrentes des citoyens, le Préfet de strasbourg se barricade, le ministre de l'écologie n'est même pas venu voir et reste sourd et muet, et le Tribunal admnistratif vient de donner l'ordre de l'évacuation urgente de la Zad du Moulin Grand Hamster 67 par la force si nécessaire comme à NDDL, pour laisser la place au bitume de Vinci autoroutes. En effet, nos Zadistes qui défendent la zone de forêt de Kolbsheim en Alsace, riche en BIODIVERSITE, FAUNE et FLORE pourtant protégés, sont les seuls Résistants contre le désastre annoncé: une nouvelle autoroute appelée Gco, près de Strasbourg. Un projet ancien des années tout pétrole ressorti des tiroirs afin de sacrifier du patrimoine français, les plus belles terres, champs et forêts d'Alsace à Vinci autoroutes...!! Venez les soutenir et les aider SVP. Pour ceux qui veulent y camper, passer quelques jours pour témoigner, ils seront les bienvenus, c'est une des dernières zones de paradis aux portes de Strasbourg.  

Ceux qui voudront aussi envoyer un courrier pour demander de respecter la Charte et les Droits de l'Environnement de la Constitution de la  République française bafouée par notre ministre de l'écologie: directement adressé au Palais de l'Elysée, Président de la République, ou au Premier Ministre à l'Hôtel de Matignon.

Sinon veuillez lire notre pétition en lien ci dessous, signer et faire suivre à tous vos contacts SVP "très urgent" Merci

www.mesopinions.com/pétition/contre autoroute Gco-A355, Justice pour les petits et pour l'Avenir des enfants


Bonjour,

Chers Amis signataires, d'abord un grand merci a tous pour votre participation et vos commentaires avisés à cette pétition "STOP PESTICIDES".

Je vous informe que le gouvernement n'a entendu que les sornettes des lobbies agrochimiques et le Parlement vient de  rejeter en bloc l'interdiction du glyphosate pourtant attendu pour 2021...l'État autorise l'empoisonnement par la chimie encore pour de longues années, c'est un scandale, faites-le savoir autour de vous !

En plus le déremboursement en cours des médicaments et des frais par la Sécurité Sociale et les Mutuelles, toujours les mêmes qui devront payer pour la santé massacrée!

Rien de perdu; suite à une pétition d'un citoyen en Suisse pour l'interdiction des pesticides, la Suisse est en passe de voter par référendum la sortie des pesticides, le journal Le Monde vient de l'annoncer le 28 mai 2018.

Alors STOP PESTICIDES, à diffuser encore notre pétition avec un NON franc et massif à tous ces pollueurs de nos vies qui voudraient nous faire bouffer du pesticide dès le biberon, car c'est çà le glyphosate et les autres cocktails chimiques par milliers dans l'eau, l'air et notre nourriture: un empoisonnement massif !

"Si la 3e guerre mondiale devait éclater, ce sera à cause de la disparition des abeilles"  message de Vladimir Poutine.


Plainte pour mise en danger de la vie d'autrui et passivité du gouvernement français, de son ministère de l’écologie et de le Commission européenne à réagir pour empêcher le massacre des abeilles, des autres êtres vivants et de l'homme.


La France détient le record d'Europe de la consommation de pesticides et autres cocktails chimiques. Appelés cocktails phytosanitaires.


En France, pathologies exponentielles en cancers, AVC, maladies d'Alzheimer et syndromes de Parkinson, maladies respiratoires et allergiques, fibromyalgie, diabètes et dépressions, autisme chez les jeunes enfants. De plus cette chimie rend les enfants de plus en plus crétins, avec baisse du QI généralisé prouvé par les études scientifiquesCes cocktails chimiques provoquent aussi le  "syndrome des apnées du sommeil" avec hypoxie chronique intermittente comme chez les vétérans de la guerre du Golfe qui sont revenus tous atteints par ce syndrome causé par les armes chimiques. Ces cocktails de chimie provoquent en outre des malformations congénitales et des stérilités.


Demain, tous crétins ?


Exigez que les 5 fruits et légumes, le pain et les laitages quotidiens soient sans pesticides, ainsi que le lait pour les enfants.


Citoyens responsables, nous demandons l'interdiction totale de la vente et de l’utilisation des pesticides en France, sans reporter d'année en année, ainsi que l'interdiction immédiate des épandages autour des maisons, nos chats, nos chiens et nos enfants étant des victimes innocentes.


Pour la santé de nos enfants et des générations futures : demandez à la Commission européenne de Bruxelles d'interdire de donner des subventions aux agriculteurs pour acheter des produits chimiques. La PAC devrait logiquement seulement servir aux subventions à leur conversion et le maintien en agriculture bio !

Dites STOP aux pesticides dans nos campagnes, qui détruisent les abeilles, les oiseaux, les papillons, les fleurs sauvages, notre terre, l'environnement, et l’humanité. Les bidons de chimie sont estampillés « POISONS » Ne peut-on être plus clairs ? STOP aux lobbies de l’agro-business qui tuent notre Terre-Mère.

Signez pour demander à retrouver un air plus sain, de l'eau potable au robinet et en bouteilles qui sont tous contaminés (les eaux de rivières et des sources sont polluées à 99% par les POPs -polluants chimiques persistants).

"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier oiseau tué,  le dernier poisson capturé, alors seulement vous constaterez que l'argent ne se mange pas" dicton amérindien de Geromino.


Le crime  d'ECOCIDE s'impose dans le droit international. 


L'écocide désigne le crime de destruction de ce qui est nécessaire à l'humanité pour exister. https://reporterre.net/Peu-a-peu-le-crime-d-ecocide-s-impose-dans-le-droit-international


 Intervention du député Belge Philippe Lamberts sur les "Riens" "Rappelez-vous : il y a quelques mois, Monsieur Macron parlait des « gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ». Je lui ai rappelé fortement que pour nous, le projet européen consiste justement à ce que plus jamais, nulle part sur notre continent, personne ne puisse être considéré comme « rien », ni se penser comme « rien ». L’environnement sain serait-il considéré comme RIEN aussi ? Ne compteraient que les entreprises du Cac40 au détriment de la vie et de la santé?


https://www.facebook.com/philippelambertseurope/videos/1119920361482852/


http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/le-lien-entre-la-maladie-de-parkinson-et-les-pesticides-officiellement-reconnu_1698543_3244.html?xtref=http://m.facebook.com/


https://www.mieux-vivre-autrement.com/salvador-des-recoltes-records-depuis-labandon-du-roundup-de-mon  les herbes folles sont utiles pour contrôler les parasites, cf la PERMACULTURE.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Permaculture


Voir la vidéo sur Youtube, « EPANDAGE DE PESTICIDES en France »
La chienne Belle et le perroquet Bozo de cette vidéo sont morts l’année suivante, asphyxiés par un cocktail chimique plus fort, et avec des symptômes identiques aux victimes des armes chimiques en Syrie.


Liens


www.phytovictimes.fr: site des victimes des phytosanitaires


www.générationsfutures.org: site de lutte contre les pesticides, pour les générations futures.


www.e-phy : site de ventes de cocktails phytosanitaires estampillés «POISONS», supervisé et agrée sans risques par le Ministère de l’Agriculture.


http://www.humanite-biodiversite.fr/  site crée par Hubert Reeves.


Charte européenne de l’Environnement : http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0006/136248/ICP_RUD_113_fre.pdf


Charte de l’Environnement de la Constitution de la République française :  http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/a-la-une/juin-2014-la-charte-de-l-environnement-de-2004.141685.html

Par Stéphane Horel  Publié le 06 décembre 2019 à 13h06

16/01/2020

Qu'est ce que le combit?

Dans la revue Habbanae, journal de l'organisme "agronomes et vétérinaires sans frontières " (AVSF), Mr Junior Charles et Mme Marianie Ficien, membre d'une coopérative en Haïti, expliquent ce qu'est un "combit". En fait, il s'agit  d'un bel exemple de solidarité. En Haïti, le combit existe entre un groupe de personnes décidant de faire ensemble des travaux qu'une seule n'arriverait pas à faire. Que l'on soit associé ou travailleur, tout le monde travaille chez tout le monde: labourer la terre, sarcler une parcelle, ramasser  des récoltes, construire des routes, des habitations ou encore soutenir quelqu'un  qui a perdu un proche.

Dans notre pays, un tel exemple paraît surprenant. Pourtant autrefois dans villes et villages, un esprit solidaire existait, notamment dans l'agriculture, à l'occasion des foins ou pour aider une femme veuve par exemple. Pourquoi ne remettrions nous pas en vigueur une forme de combit près de chez nous? Nous aurions tout à y gagner!

Lyliane

14/01/2020

Des sneakers en mode vegan...

Dans le journal gratuit CNews, un article nous apprend que"la mode est en pleine mutation". De plus en plus d'enseignes, en effet, développent des lignes plus respectueuses de l'environnement ayant un impact local et social positif. D'autres conçoivent des accessoires et des vêtements vegan qui excluent tout produit d'origine animale. La griffe Veja notamment qui revisite les classiques et signe une version vegan de son emblématique modèle V10 (125 euros) avec une toile de coton enduite de déchets de maïs.

Gola de son côté, l'enseigne britannique, faitle choix de labelliser ses modèles vegan pour garantir des pièces sans aucune trace animale (Mirror à 65 euros). Il y a également la griffe Yatay, jeune marque italienne approuvée par l'association Peta, qui allie design et écoresponsabilité. Ses modèles sont composés de matières recyclées et elles ont de belles couleurs. La color block par exemple coûte tout de même 240 euros. Enfin, Maje signe une nouvelle collection de petite maroquinerie en version matelassée et surpiquée.

Enfin des baskets tendance pour une consommation responsable!

Lyliane

Refus catégorique des pesticides (glyphosate et SDHI) en France...

A cause des pesticides, nos abeilles meurent, les moineaux et hirondelles disparaissent car les pesticides tuent les insectes !
Nous voulons revenir à une vie saine, refusons en masse l'utilisation de ces pesticides mortels pour nous,  car la planète entière est à l'agonie. Des enfants naissent sans bras, sans mains!

Fraises, salades, pommes, vignes, champs de blé dur ou d’orge d’hiver… l’agriculture est friande des molécules SDHI, qui visent à détruire champignons et moisissures. Un collectif de scientifiques s’inquiète des risques de ces fongicides sur la santé des organismes vivants, dont les humains. L’agence sanitaire française ne partage pas leur avis.


Un fongicide très utilisé dans l’agriculture, le SDHI, est au cœur d’un débat entre chercheurs et experts règlementaires. Derrière ce sigle obscur se cachent des molécules dont l’action est d’inhiber l’activité de la succinate déshydrogénase (SDH), une enzyme qui participe à la chaîne respiratoire. Les fongicides SDHI visent à détruire les champignons et les moisissures qui se développent dans les cultures en bloquant leur respiration. Le problème, selon plusieurs chercheurs, est qu’ils peuvent aussi bloquer celle de tous les êtres vivants, plantes, animaux, et hommes.


« Ces molécules étant décrites comme des fongicides, nous pensions qu’elles ne ciblaient que les champignons. Mais les tests que nous avons menés en laboratoire ont montré qu’elles tuaient aussi l’enzyme humaine, celle de l’abeille ou du ver de terre »,résume Pierre Rustin, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste des maladies mitochondriales (maladies liées notamment au mauvais fonctionnement de cette enzyme). Or, le blocage de cette enzyme peut entraîner des anomalies épigénétiques, expliquant l’apparition de tumeurs et de cancers.


« À l’heure actuelle, rien ne permet de conforter le fait qu’il y ait une alerte » 

Les molécules SDHI ont été développées il y a une quarantaine d’années, mais des fongicides plus puissants et à spectre plus large ont été lancés dans les années 2000. Onze substances actives de cette famille entrent aujourd’hui dans la composition de produits phytopharmaceutiques autorisés en France. Le boscalid, issu de la recherche du groupe chimique allemand BASF et autorisé dans l’Union européenne depuis 2008, est le plus vendu dans notre pays.


Selon les chercheurs, « près de 70 % des surfaces de blé tendre et de 80 % de celles d’orge d’hiver sont traitées par les SDHI », qui sont aussi utilisés sur les fraises, les salades, les pommes, dans les vignes, etc. Résultat, le boscalid est le résidu de pesticides le plus fréquemment retrouvé dans les aliments au niveau européen, selon une analyse menée en 2016 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments.


En avril 2018, un collectif de chercheurs, cancérologues, médecins, et toxicologues, du CNRS, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de différentes universités ont publié une tribune dans le journal Libération. Ils y exprimaient leur inquiétude à l’égard des fongicides SDHI et des effets délétères qu’ils pourraient avoir sur l’environnement et la santé humaine. Cela a conduit l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) à monter un groupe d’expertise afin de « déterminer si les informations et hypothèses scientifiques mentionnées par les auteurs [de la tribune] apportaient des éléments en faveur d’une exposition et de risques ». Mi-janvier 2019, elle a conclu à l’absence d’alerte sanitaire.


« Nous avons épluché toute la littérature scientifique, nous avons été en contact avec différents organismes, comme le National Toxicology Program [un programme gouvernemental de recherche étasunien en toxicologie] ou le Centre international de recherche sur le cancer [le Circ, une agence intergouvernementale créée en 1965 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies], et aucun signal d’alerte n’est provenu de ces différentes sources », dit à Reporterre Gérard Lasfargues, directeur général délégué du pôle sciences pour l’expertise à l’Anses. « Nous ne disons pas que les questions posées par les scientifiques ne sont pas pertinentes et qu’il n’y a pas d’hypothèses à considérer, mais à l’heure actuelle, rien ne permet de conforter le fait qu’il y ait une alerte qui conduirait à retirer ces produits du marché. » L’agence reconnait toutefois les limites de l’expertise. « Il n’est pas possible de répondre de manière définitive à toutes les questions et hypothèses identifiées auprès des chercheurs lanceurs de l’alerte »


Avis et rapport de l’Anses sur les SDHI, 15 janvier 2019.

Selon le collectif de chercheurs signataires de la tribune dans Libération, les tests règlementaires qui permettent d’évaluer les risques potentiels d’une substance ne sont pas pertinents pour cette famille de fongicides. L’un d’eux consiste par exemple à administrer des doses toxiques à un animal pendant toute la durée de sa vie pour détecter des cancers imputables à une altération de la fonction SDH. « Les rongeurs sont de très mauvais modèles pour étudier les maladies mitochondriales et les cancers qui pourraient être liés à cette substance », explique Pierre Rustin, du CNRS, s’appuyant sur les travaux publiés par certains membres du collectif.


Des taux « hallucinants » de boscalid détectés et quantifiés

Un autre test consiste à voir si la molécule induit des mutations de l’ADN et est cancérogène. « Une perte d’activité de la succinate déshydrogénase chez l’homme n’induit pas de mutation dans les gènes, mais un changement épigénétique, c’est-à-dire dans l’environnement des gènes, explique M. Rustin. À l’heure actuelle, lorsque l’on teste des molécules, on ne sait pas si elles ont un effet sur l’épigénétique cellulaire. Or, l’épigénétique cellulaire est le mécanisme par lequel arrivent les cancers chez l’homme. En réalité, on ne peut donc rien dire de la cancérogénicité de ces molécules. »


Certaines études européennes de plusieurs substances actives SDHI ont tout de même rapporté des effets cancérogènes chez les rats ou les souris. « L’évaluation des dossiers en vue de leur homologation a considéré que ces cancers ne relevaient pas d’un mécanisme transposable à l’homme », écrit l’Anses dans son rapport. Mais pour le collectif de chercheurs, ces cancers induits chez les rongeurs contredisent l’un des arguments que brandit la firme BASF (qui est également avancé dans le rapport de l’Anses) : dans un communiqué publié sur son site, le groupe allemand explique que « dans le cas où ils seraient absorbés par l’organisme, les produits de cette famille de fongicides se dégradent largement chez les mammifères et sont rapidement éliminés ». Le fait qu’ils causent des tumeurs chez les rats laisse penser qu’ils ne se dégradent pas si « largement » et qu’ils ne sont pas assez « rapidement éliminés ».



Des rampes de pulvérisateur pour la vigne.

En avril 2019, le collectif Info Médoc Pesticides et l’association Éva pour la vie ont publié les résultats d’analyses de mèches de cheveux qu’ils ont réalisés sur des riverains et des travailleurs des vignes du Médoc. Sur ces derniers, des taux « hallucinants » de boscalid ont été détectés et quantifiés. Selon Michel Urtizberea, toxicologue responsable de l’homologation chez BASF, « présence ne veut pas dire risque »« Des doses ont été établies comme étant toxiques ou non, mais cette échelle est tout à fait discutable lorsque l’on connait les mécanismes d’actions de ces molécules et l’évolution lente des maladies qu’elles pourraient entraîner, répond Pierre Rustin, du CNRS. Ce qui importe n’est pas seulement la dose, mais aussi le moment et le temps d’exposition. »


« Ce n’est pas l’agence qui est en cause, mais la manière dont sont établis les tests de toxicité » 

Avant de pouvoir être mis sur le marché, les produits phytopharmaceutiques doivent être évalués au niveau européen. Mais la différence d’objectifs entre la recherche fondamentale et la recherche règlementaire, qui consiste à répondre à des critères bien précis, ne laisse-t-elle pas des angles morts ? « Nous savons tous parfaitement que l’évaluation règlementaire des substances ne règle pas tout, dit Gérard Lasfargues, de l’Anses. Il y a des points à améliorer, en particulier la question de l’exposition cumulée, c’est-à-dire le fait d’avoir affaire à des mélanges de substances. »


Face aux doutes persistants, le collectif de scientifiques reproche à l’Anses de ne pas appliquer le principe de précaution. L’agence, elle, affirme l’avoir appliqué à la lettre. « Si vous lisez la Constitution et la règlementation européenne, il est écrit qu’en cas de doute ou d’incertitudes, il faut évaluer les risques, rappelle M. Lasfargues. C’est exactement ce que nous avons fait ! À la question “y a-t-il un risque lié à l’exposition de ces substances ?”, aujourd’hui, la réponse est non. Nous n’avons pas les arguments sur le plan règlementaire pour retirer ces substances du marché. »


À plusieurs reprises, des produits autorisés par l’Anses ont finalement été retirés du marché à la suite de décisions de tribunaux administratifs qui invoquaient ce « principe de précaution ». En novembre 2017, le tribunal de Nice a suspendu l’autorisation de deux formulations à base de sulfoxaflor, l’insecticide « tueur d’abeilles ». En janvier 2019, c’est l’herbicide Roundup Pro 360 qui était retiré du marché, à la suite d’une décision du tribunal de Lyon.


François Dedieu est chercheur en sociologie à l’Inra. Ses travaux portent notamment sur la gouvernance des risques collectifs associés à l’usage des pesticides. « Ce n’est pas l’agence qui est en cause, mais la manière dont sont établis les tests de toxicité, dit-il. Ces tests sont certes de plus en plus rigoureux, mais ils ont une vision très standardisée des dangers qu’ils doivent évaluer et écrasent souvent une grande partie des données. » François Veillerette, directeur de Générations futures, va dans le même sens : selon lui, « le cadre réglementaire favorise une évaluation partielle ».


« Contrairement à d’autres pesticides, dont les mécanismes d’action sont encore flous, nous savons parfaitement ce que ciblent les SDHI. Cette cible est présente chez tous les mammifères et tous les organismes vivants. Et tous sont tués par les SDHI s’ils y sont exposés suffisamment longtemps ou en quantité, constate Pierre Rustin, du CNRS. Ne pas retirer ce produit du marché est totalement irresponsable ! » L’Anses a annoncé ne pas clore le dossier.

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Auteur : Lydia De QUERO

Destinataire(s) : Ministère de la santé

58.182 signatures

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12/01/2020

Le climatologue Jean Jouzel fait des propositions...

L’ancien vice-président du Giec, qui participe à la COP25 de Madrid, estime qu’on peut encore limiter la hausse de température à 1,5 degré d’ici à la fin du siècle. La condition : une taxe carbone mondiale.
"L’optimisme n’est pas là, mais je m’efforce de ne pas verser dans le pessimisme." Le climatologue Jean Jouzel continue à y croire, malgré les signaux négatifs: hausse des émissions de CO2, présidents climatosceptiques aux Etats-Unis et au Brésil, rapports alarmants de l’ONU et des ONG… Directeur de recherche au CEA, ancien vice-président du Giec (Groupe d’experts international sur l’évolution du climat), médaille d’or du CNRS, auteur avec Pierre Larrouturou du pacte finance climat, ce membre de l’Académie des sciences n’adhère pas aux thèses apocalyptiques des collapsologues, comme celle de l’ancien ministre vert Yves Cochet. "Je ne crois pas à un effondrement de la civilisation en 2030 ou 2040." A 72 ans, il promène sa frêle silhouette dans tous les colloques sur l’environnement et alerte le public des dangers du réchauffement climatique.

Exit les énergies fossiles
Depuis 2001, Jean Jouzel a participé à 19 COP, ces conférences où les Etats négocient les avancées climatiques. Le 10 décembre, il se rendra à celle de Madrid. Sensible au "Flygskam" (la honte de prendre l’avion, en suédois), il rejoindra toutefois la capitale espagnole par les airs. "Je me suis renseigné sur les trains, mais la ligne entre Montpellier et Perpignan est actuellement coupée." De cette 25e conférence, il espère qu’il ressortira des objectifs plus ambitieux que ceux pris lors de la COP de Paris, en 2015. "Le monde émet actuellement 54 milliards de tonnes de CO2, dit-il. Si on ne fait rien, on sera à 70 milliards en 2030. Ce qui veut dire que la température augmentera de 4 à 5 degrés d’ici à la fin du siècle." Soit très loin du 1,5 degré fixé par l’Accord de Paris.
Pour rester dans l’épure de la COP21, "il faudrait arrêter le charbon, le gaz et le fuel, explique Jean Jouzel. Et cela quasiment tout de suite." Quand nous lui faisons remarquer que c’est quasi impossible pour un pays comme la Chine, qui construit une à deux centrales à charbon par mois, le scientifique hausse le ton pour la première fois. "Non! Un jour les choses doivent devenir possibles. Ce qui est impossible, c’est que la jeune génération ait en face d’elle une température de 5 degrés supplémentaires en 2080. Il faut que le monde économique se rende compte qu’il y aura des investissements engagés qui ne serviront à rien." Pour disqualifier les énergies fossiles, il appelle de ses vœux une taxe carbone mondiale. Et afin d’éviter que celle-ci ne relance la crise des "gilets jaunes", il estime qu’il faut l’accompagner de mécanismes de compensation. "La contribution climat-énergie proposée par Michel Rocard en 2009 était un bon outil. Malheureusement, elle a été retoquée par le Conseil constitutionnel." Autre nécessité, la transparence: "Bercy est une boîte noire. Les gens doivent savoir à quoi vont servir les recettes de la taxe carbone."

Ecouter les scientifiques: Cet amateur de théâtre et de football voit des signes d’espoir dans la convention citoyenne pour le climat, où 150 personnes tirées au sort et réunies pendant six week-ends doivent faire des propositions en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050: "Cette convention aura un impact. Les propositions ne seront pas remisées dans un tiroir. Même si à la fin, c’est le Parlement qui aura le dernier mot." Jouzel se félicite aussi des marches des jeunes pour le climat et de l’action de Greta Thunberg. Toutefois, il n’appelle pas les élèves à désobéir et à manquer l’école, même si cela le met en porte-à-faux avec plusieurs de ses sept petits-enfants.
Le risque climatique est-il aujourd’hui ancré dans les esprits? Le scientifique n’en est pas sûr. En disant cela, il ne pense pas à Donald Trump ou Jair Bolsonaro, mais aux 500 scientifiques qui ont signé à l’ONU un texte affirmant que le réchauffement climatique n’est pas un problème. Il a aussi une pensée pour son frère François, cultivateur, qui lui non plus n’est pas convaincu. "Les climatosceptiques ont tout fait pour retarder l’échéance de la prise de conscience et finalement ils y sont parvenus, constate-t-il. Il aurait fallu que le monde économique fasse confiance au diagnostic des scientifiques. Les décideurs politiques, eux, ont joué le jeu en ratifiant le protocole de Kyoto [en 1997]. Le problème, c’est que l’action n’a pas suivi. Les gens sont comme Saint Thomas: avant d’agir, ils veulent que le changement climatique soit perceptible. Aujourd’hui, ils commencent à comprendre."

Making of:  A l’Hôtel de l’Industrie à Paris où il participe à un colloque, Jean Jouzel nous reçoit avec simplicité. D’une exquise courtoisie, il fait preuve d’une grande bienveillance vis-à-vis de Rafael, le stagiaire de 14 ans qui nous accompagne. On est cependant un peu surpris par le décalage entre la gravité des sujets et le ton un brin monocorde du climatologue. Jouzel n’est pas Hulot et ne met aucun pathos dans son propos.

D'après Mr Nicolas Stiel - Challenges - samedi 7 décembre 2019