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23/10/2020

Préservation des espèces...

Une bien maigre consolation. Ce jeudi 10 septembre, un nouveau rapport publié par le Fonds mondial pour la nature (WWF) montrait qu'entre 1970 et 2016, 68 % de la faune sauvage a disparu. Néanmoins, tout n'est pas perdu. D'après une étude de l'université de Newcastle et de l'ONG BirdLife international, publiée dansConservation Letters, reprise par The Guardian et Le Courrier international, les efforts mondiaux pour préserver la biodiversité depuis 1993 ont permis de sauver 48 oiseaux et mammifères parmi lesquelles le condor de Californie, le cochon pygmée et le lynx pardelle.
En 1993, la convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations unies entrait en vigueur afin d'encourager les États à agir pour préserver toutes formes de vie sur terre. D'après l'étude en question, le taux d'extinction des oiseaux et mammifères aurait été trois à quatre fois supérieur en cas de non-action à l'échelle planétaire. « La disparition complète de certaines espèces peut être stoppée si nous en avons la volonté suffisante », s'enthousiasme Phil McGowan, coauteur de l'étude, dans The Guardian. Phil McGowan, qui est chef du groupe de travail de la commission de sauvegarde des espèces de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), et ses coauteurs préviennent néanmoins que bon nombre d'espèces sont encore en danger.

Pour survivre, les oiseaux ont changé de corpulence. Marco Lambertini, le directeur mondial du WWF, attend d'ailleurs beaucoup de ces prochains mois. En effet, plusieurs grandes réunions internationales sur la biodiversité, reportées cette année en raison de la crise sanitaire, devraient être organisées en 2021. « Nous avons un devoir moral de coexistence avec la planète, mais maintenant il y a aussi cet élément nouveau, l'impact sur nos sociétés, notre économie et, bien sûr, notre santé », fait savoir Marco Lambertini. Tout reste encore à faire?

Selon Le Point-vendredi 11 septembre 2020

16/10/2020

Pas de forage pétrolier en Alaska pour préserver les caribous

Les Etats-Unis ont déjà signé des accords internationaux avec le Canada pour préserver cette réserve naturelle, sanctuaire de nombreuses espèces animales.

Le Canada a apporté ce jeudi son soutien aux groupes qui contestent les futurs forages pétroliers en Alaska. Le programme industriel menace, selon les défenseurs de l’environnement, la population de caribous dans la région.

En août dernier, le gouvernement américain a approuvé des forages pétroliers et gaziers dans la réserve naturelle de l’Arctique. La vente de concessions pétrolières dans cette zone pourrait commencer dès fin 2020, selon le ministre de l’Intérieur américain.

— Jonathan Wilkinson (@JonathanWNV) September 3, 2020

Une harde d’une « importance inestimable »

Des associations ont engagé fin août aux Etats-Unis deux actions en justice pour tenter de bloquer l’exploitation industrielle de la réserve. Le Canada s’oppose depuis longtemps à cette exploitation, qui pourrait avoir de graves répercussions sur la harde de caribous de Porcupine, une des rares encore en bonne santé, ainsi que les populations d’ours polaires et d’oiseaux migrateurs.

Ottawa et Washington ont déjà conclu des accords internationaux pour la préservation de cette harde. Le Canada a créé deux vastes parcs nationaux dans la plaine du Yukon, près de la réserve, pour protéger les caribous. Cette harde « est d’une importance inestimable pour la culture et la subsistance des Gwich’in et des Inuvialuits », a indiqué le ministre canadien de l’Environnement.

Le gouvernement canadien fait « front commun » avec le gouvernement du Yukon et les représentants autochtones « dans leur engagement pour la préservation de cette harde et de son habitat », a-t-il ajouté. « Le Canada va continuer d’exprimer ses inquiétudes aux Etats-Unis concernant une exploitation pouvant affecter » la harde, a-t-il conclu.
Selon 20 Minutes - vendredi 4 septembre 2020

 

15/10/2020

Que pouvons nous faire pour sauver les mers et les océans?

Chaque pays est responsable d’une partie de la mer qui est proche de lui, au moins sur les 200 premiers milles marins (370 kilomètres). Plus on s’éloigne des côtes, plus la mer devient une zone «très difficile à contrôler parce qu’elle appartient à tout le monde et donc à personne. Il n’y a pas de force internationale pour faire la police des mers donc il y a des activités illégales», explique Cristina Barreau, juriste maritimiste de l’association de protection des océans Surfrider. ors comment nettoyer les océans ? «On ne peut pas récupérer le plastique parce qu’il y en a trop, que c’est très dur de nettoyer les microplastiques et qu’il en arrive toujours plus, tranche Jean-François Ghiglione, directeur de recherche pour le CNRS à l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer. On fait quoi quand on a de l’eau du robinet qui coule au sol ? On éponge pendant toute sa vie ou on coupe le robinet ? La solution est de produire moins de déchets.» Il existe des matières qui peuvent remplacer le plastique, mais elles coûtent bien plus cher.

Si rien n’est fait d’ici à 2050, il y aura plus de déchets plastiques que de poissons dans les océans. Alors il faut agir. «Au départ, le plastique est fait pour durer. Il y a une grande différence entre un jouet en plastique et l’emballage plastique d’un paquet de gâteaux qui est tout de suite jeté», remarque Jean-François Ghiglione. En 2021, une dizaine de produits plastiques à usage unique, comme les pailles, les couverts jetables ou les tiges des ballons gonflables seront interdits dans l’Union européenne. C’est déjà le cas depuis janvier en France pour les assiettes, gobelets et cotons-tiges. Mais ce n’est pas suffisant, disent les associations de protection de l’environnement.

On peut agir !«Les premiers responsables ne sont pas les consommateurs mais l’agriculture industrielle et les industries. On a tout de même un certain pouvoir : si on arrête d’acheter du plastique à usage unique, les entreprises vont être obligées de changer leur production», conseille Cristina Barreau.

Selon Libération- jeudi 3 septembre 2020

13/10/2020

Pollution des mers et des océans...

Produits chimiques, déchets : tout ça fait forcément du mal aux poissons, aux crustacés et à tous les organismes vivants dans la mer. Beaucoup se retrouvent piégés dans des filets de pêche abandonnés par exemple. Ils peuvent alors se blesser, ne plus parvenir à se nourrir et mourir. Les tortues prennent les sacs plastiques pour des méduses et peuvent s’étouffer en les avalant. Les pailles en plastique terminent aussi dans leurs narines ou leur estomac. Photo Sergi Garcia Fernandez. Biosphoto

Le plastique, un produit toxique
Les animaux marins ingèrent les morceaux de plastique, qu’ils prennent pour de la nourriture. Au bout d’un moment, ils n’ont alors plus de place dans l’estomac pour manger et meurent de faim. En 2019, une baleine a par exemple été retrouvée morte avec 40 kilos de déchets en plastique dans l’estomac… 14 000 mammifères sont chaque année retrouvés morts sur les plages à cause de ça. Mais ils sont en réalité bien plus, puisque la grande majorité meurent en mer. L’ONG Greenpeace estime que c’est quasiment 10 fois plus.

Et ça ne concerne pas que les océans. Dans la mer Méditerranée, il y a autant de minuscules bouts de plastiques que de zooplanctons, qui sont la base de la chaîne alimentaire. Pas très appétissant pour les poissons… «Imaginez qu’à la cantine à midi on vous mette une moitié de crevettes et une moitié de plastique dans votre assiette !» lance Jean-François Ghiglione, directeur de recherche pour le CNRS à l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer.

Suite de relations alimentaires entre les êtres vivants : chacun mange celui qui le précède.Les humains mangent ensuite des poissons qui ont eux-mêmes avalé des morceaux de plastique. On ne peut pas en mourir mais ce n’est bon pour l’organisme. Le plastique est propre et brillant mais il contient tout un tas de produits toxiques. «Quand on absorbe du plastique, les polluants qui sont à l’intérieur se libèrent dans l’organisme, explique Jean-François Ghiglione. Or ce sont des perturbateurs endocriniens : ça veut dire qu’ils perturbent nos hormones et peuvent entraîner une puberté précoce, par exemple.»

Transformation physique du corps qui survient quand on grandit, comme l’arrivée des règles chez les filles. Si elle est précoce, ça veut dire qu’elle arrive plus tôt que d’habitude.

Enfin, les déchets plastiques qui bougent dans l’eau au fil des courants transportent avec eux, sur des milliers de kilomètres, des espèces invasives : ce sont le plus souvent des mollusques, des algues ou des microbes qui viennent perturber les écosystèmes.
Espèces animales ou végétales qui s’implantent dans un nouveau milieu naturel et le perturbent.
Systèmes formés par des espèces vivantes regroupées dans un même endroit qui s’organisent entre elles.

Selon Libération-jeudi 3 septembre 2020

09/10/2020

L'amer bilan politique de Mr Nicolas Hulot...

Deux ans après sa démission du gouvernement d’Emmanuel Macron, Nicolas Hulot n’a toujours pas digéré son expérience en politique. L’écologiste affiche sa déception dans un article publié par le magazine Paris-Match.

L’écologiste Nicolas Hulot tire, dans une interview jeudi à Paris-Match, un bilan amer de son bref passage au pouvoir en tant que ministre de la Transition écologique d’Emmanuel Macron (2017-2018), une année pendant laquelle il juge n’avoir été « qu’un exécutant, submergé ».
« À Matignon, les énarques autour (du Premier ministre Édouard Philippe) me regardaient comme l’écolo de service. Pour eux, les éoliennes, c’étaient des moulins à vent pour les bobos », rapporte-t-il à l’hebdomadaire, dans un long article accompagné de photos de l’ancien homme de télévision, 65 ans, dans sa propriété bretonne.
L’ex-ministre pointe un conservatisme et une sensibilité aux lobbies des conseillers du pouvoir : « Tous ces gens étaient bien plus jeunes que moi, mais leurs logiciels étaient parfois obsolètes. […] J’ai vu des conseillers à l’Agriculture plus rigides que la patronne de la FNSEA ».
Son passage au gouvernement, après avoir dit non successivement à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, s’est résumé selon lui à une succession d’arbitrages perdus : « Il faut le reconnaître, tout se joue à Matignon. Par contre, je suis responsable des non-décisions ou des mauvaises. Je n’étais qu’un exécutant, submergé. Au début, j’ai cru que je n’étais pas au niveau ou mal organisé, avant de réaliser qu’on était structurellement sous l’eau. »
Et de conclure : « Quand je parlais d’une mutation sociétale, eux pensaient adaptation, moi transformation du système. C’est là l’immense malentendu : ils voulaient soigner une bronchite, moi un cancer généralisé. »

Selon l' AFP - Ouest-France - jeudi 3 septembre 2020

04/10/2020

Parrainer des ruches pour sauver les abailles...

A Paris, un passionné fabrique du miel sans pesticides tout en sensibilisant ses concitoyens aux enjeux liés à la biodiversité et à la pollinisation. oilà quatre ans que cet ancien réparateur de moteurs dans l’aéronautique est devenu apiculteur. Son intérêt pour les abeilles date de son enfance, passée en Loir-et-Cher, au sein d’une famille propriétaire de ruches depuis des générations. Lionel Potron a fait le choix d’une apiculture urbaine. Il a installé une majorité de ses 400 ruches sur les toits de la capitale, pour éviter les vols et les dégradations. Il récolte 6 tonnes par an d’un miel labellisé Fabriqué à Paris, issu principalement des tilleuls, marronniers ou acacias parisiens, et garanti sans pesticides. «Depuis l’introduction des néonicotinoïdes, dans les années 1990, la mortalité annuelle des abeilles est passée de 5% à plus de 30%, constate Zakia Abarou, porte-parole du réseau Un toit pour les abeilles. Mais ces pesticides ne sont pas seuls en cause. La monoculture ne permet plus aux abeilles d’avoir une subsistance tout au long de l’année. Et elles doivent faire face aux attaques du frelon asiatique et du varroa, un parasite.»
Pour aider les apiculteurs à faire face à ces aléas, Régis Lippinois, installé en Charente-Maritime, a créé il y a dix ans Un toit pour les abeilles, qui emploie 10 personnes. «Un particulier peut parrainer une partie d’une ruche à partir de 4,50 euros par mois; c’est 90 euros pour une entreprise, détaille Zakia. En échange, l’apiculteur leur réserve des pots de miel. Le prix –entre 25 et 30 euros le kilo– est plus élevé que celui du marché afin de les aider à financer de nouvelles ruches et à faire face aux difficultés.» Depuis sa création, près de 68 000 particuliers et 2400 entreprises ont subventionné plus de 10 000 ruches.
N’étant pas dans une zone exposée aux pesticides, Lionel constate une mortalité de ses essaims inférieure à 10%. S’il a adhéré à Un toit pour des abeilles, c’est moins pour l’aide financière –en 2019, il a dégagé un bénéfice net de 10% de son chiffre d’affaires – que pour sensibiliser ses concitoyens à la cause de ces apidés. «Les parrains sont invités à visiter les ruches. On leur explique notre travail, le rôle de la pollinisation dans la protection de la biodiversité, l’importance de planter des fleurs mellifères, même dans un bac accroché à une fenêtre.»
La pollinisation, essentielle pour notre alimentation
Avec l’association Happyculteur, il s’occupe d’ailleurs d’un
e école qui forme chaque année une trentaine de personnes à l’apiculture. Dans l’espoir que ces apprentis augmentent le nombre de ruches pour pallier la surmortalité des abeilles. L’annonce de la réintroduction des néonicotinoïdes rend ce travail encore plus essentiel. En France, 35% de la quantité de notre alimentation et 65% de sa diversité dépendent de la pollinisation. Et donc des abeilles.
La protection des abeilles dans la loi:Le 31 juillet 2018, la France interdisait l’utilisation des néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles. «La France se positionne plus que jamais en pointe sur l’interdiction des produits phytopharmaceutiques dangereux pour les pollinisateurs», se félicitait le ministère de l’Agriculture. Mais, face à la jaunisse de la betterave, le gouvernement vient d’annoncer la réautorisation pour cette filière des néonicotinoïdes pour 2021, entraînant une levée de boucliers des apiculteurs.

Selon Mme Caroline Fontaine - Paris Match - dimanche 30 août 2020

 

 

27/09/2020

Agriculture: il faut changer de modèle agricole...

Plusieurs associations et collectifs lancent un mouvement citoyen le samedi 17 octobre pour changer de modèle agricole. Pour garantir à tous une alimentation saine, ils appellent notamment à revoir la politique agricole commune pour qu'elle soutienne des exploitations à taille humaine.
Tribune. Manger est un besoin quotidien vital si essentiel qu’on oublie parfois combien le satisfaire peut devenir difficile au moindre grain de sable dans les rouages. Un grain aussi petit qu’un virus, par exemple.

La crise sanitaire a mis en exergue la vulnérabilité de notre système agricole et alimentaire. Le nombre de demandeur·euse·s de l’aide alimentaire, au nombre de 5,5 millions avant la crise, est passé à environ 8 millions de personnes : l’accès à une alimentation de qualité pour tou·te·s est encore loin d’être garanti. Les agriculteur·rice·s et éleveur·ses qui ont continué à travailler pour nous nourrir, souffrent souvent d’une grande précarité, près d’un quart d’entre eux vivant sous le seuil de pauvreté. En 2019, on comptait plus d’un suicide d’agriculteur·rice par jour, soit 20 % de plus que dans le reste de la population.
L’impact du changement climatique:

Parallèlement, alors que l’agriculture mondiale est à l’origine de 24 % des émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique touche déjà durement celle-ci, et va marquer encore plus fortement les pratiques et rendements agricoles. Pourtant, les politiques actuelles ne prennent pas en compte ces bouleversements qui sont appelés à s’intensifier, comme peut en témoigner la récente décision du gouvernement de réintroduire pour les cultures betteravières des pesticides dangereux (néonicotinoïdes), interdits en 2018.
Nous devons changer de paradigme, à tous les échelons possibles : européens, nationaux, mais aussi territoriaux. D’ici fin 2021, la Politique agricole commune (PAC) sera renégociée à la fois au niveau européen et au niveau national. C’est l’occasion ou jamais d’exiger qu’une autre agriculture soit mise en place. Le samedi 17 octobre, lendemain de la journée mondiale de l’Alimentation, est le moment idéal pour lancer un vaste mouvement citoyen exigeant un changement du modèle agricole.

L’agriculture que nous appelons de nos vœux est au service d’une alimentation de qualité, saine et accessible à toutes et tous. Elle rémunère correctement les travailleur·ses et revalorise ses métiers. Cette agriculture paysanne écologique, dont fait partie l’agriculture biologique, répond aux enjeux de santé, d’environnement et de biodiversité. Elle permet à chacun·e de consommer local, de saison, et construit notre résilience alimentaire face aux crises.
Notre organisation sociale doit également changer fondamentalement pour recréer un équilibre territorial propice à une société plus juste, durable et humaine. L’agriculture telle que nous la promouvons pourra créer plus d’un million d’emplois pérennes, non délocalisables, désengorger le 
milieu urbain et dynamiser des zones rurales à ce jour abandonnées par l’État.
Des revendications pour une transition agricole et alimentaire

Pour cela, nous appelons les pouvoirs publics, à tous les échelons, à suivre nos propositions comme un ensemble cohérent pour la transition agricole et alimentaire. Des revendications déjà portées par de nombreux collectifs et associations, comme la plateforme Pour une autre PAC, ou encore la Convention citoyenne pour le climat. Ainsi, nous demandons :

- l’abandon des accords internationaux de libre-échange tels que le Ceta et le Mercosur ;
- la revalorisation du travail des agriculteur·rice·s afin qu’il·elles puissent privilégier la qualité à la quantité, tout en vivant dignement de leur activité, par une régulation des marchés (quotas laitiers par exemple) et des relations commerciales assurant des prix agricoles stables et rémunérateurs couvrant les coûts de production ;
- la priorisation d’une agriculture paysanne avec des parcelles à taille humaine, notamment par le remplacement, dans le cadre de la PAC, des aides à l’hectare par des aides à l’actif plafonnées par exploitation, pour soutenir l’emploi et l’installation, et non encourager l’agrandissement et l’industrialisation des structures agricoles ;
- l’accompagnement immédiat par l’Etat des agriculteur·rice·s vers des pratiques relevant de l’agroécologie paysanne dont l’agriculture biologique, via des enseignements et formations rénovées et un soutien financier, y compris pour la labellisation en bio des structures agricoles ;- la relocalisation de l’alimentation des animaux d’élevage (application réelle du plan protéines végétales, zéro déforestation importée, lien au sol obligatoire) ;
- la création d’une sécurité sociale de l’alimentation permettant à tous les citoyen·ne·s d’accéder à une alimentation de qualité, diminuant les risques de maladies induites par une alimentation industrielle, ultra-transformée et déséquilibrée et part la dégradation de l’environnement liée à l’agriculture intensive ;
- la reprise par les communes des terres agricoles abandonnées pour une conversion à l’agriculture biologique et un moratoire sur les projets imposés et polluants entraînant l’artificialisation des terres agricoles et forestières sur les territoires ;
- la réévaluation des critères des commandes publiques afin de favoriser les circuits courts, les produits saisonniers et bio et une alimentation équilibrée donnant plus de place aux protéines végétales, notamment dans la restauration collective ;
- l’interdiction effective de production et importation de produits issus du brevetage du vivant (OGM) ;
- l’interdiction immédiate des pesticides les plus dangereux pour la santé (CMR et perturbateurs endocriniens) et pour les pollinisateurs, un soutien massif aux paysan·ne·s pour les accompagner dans la transition et l’affranchissement des pesticides de synthèse à courte échéance, avec notamment le développement d’alternatives naturelles à ces produits ;
- la reconnaissance et la prise en charge des victimes des pesticides de synthèse et autres produits toxiques utilisés dans le milieu agricole ;
- l’introduction de règles ambitieuses améliorant la bientraitance animale en  concertation entre monde paysan, consommateur·rice·s et associations de bien-être animal (abattage de proximité, accès à l’extérieur, etc.).

Ces propositions vont dans le sens du changement de modèle agricole voulu par une très grande majorité des Français·es. Pour appuyer les revendications de cette tribune, une pétition a été lancée en parallèle. C’est le soutien massif des citoyen·ne·s qui permettra de peser sur les négociations de la PAC et pour la mise en place de ces mesures à différents niveaux par tous les acteurs. Rendez-vous samedi 17 octobre partout en France.
Parmi les signataires : José Bové, Cyril Dion, Marie-Monique Robin, Olivier de Schutter, Jean Ziegler, Alerte Médecins Pesticides, Alternatiba / ANV-COP21, ATTAC, Confédération Paysanne, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, Foodwatch, France Nature Environnement, Générations Futures, Greenpeace France, Les Amis de la Terre, Mouvement Inter-Régional des AMAP, Nature & Progrès, Notre Affaire à Tous, SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires, Terre de Liens… La liste de l’ensemble des organisations (58) et des personnalités (8) et la pétition.

Selon Libération

 

05/09/2020

Sauvons les Koalas avec le WWF...

Il y a deux siècles, les koalas étaient 10 millions. Il en reste moins de 100 000 car l’homme dévaste le royaume de cet inoffensif petit prince des forêts. Au sud de l’Australie et au large d’Adélaïde, Kailas Wild, un arboriste de 35 ans, tente de sauver l’animal fétiche du pays.

Récit de Kai: Kai a beau être rentré depuis des semaines, il ne voit qu’eux quand il ferme les yeux. D’abord, le premier qu’il a sauvé. Un bébé perdu, tout seul, au sommet d’un arbre mort grignoté par les flammes. Viennent ensuite les images de son face-à-face, à 15 mètres du sol, avec cette femelle prostrée sur une branche, exsangue, privée de toute nourriture, dont seuls les gémissements laissaient à penser qu’elle gardait un souffle de vie. Pour lui donner sa chance, il devait coûte que coûte la faire descendre. Dans la mémoire de Kai, des dizaines d’autres images se bousculent : des regards étonnés entre de grandes oreilles poilues, et puis toutes ces plaies à vif qui ne cessent de hanter ses nuits.

L'Australie en larmes devant ses koalas tués dans les flammes:
Kai, 35 ans, a grandi à Sydney. Puis il est devenu élagueur et bénévole dans une association de protection de la vie sauvage. C’était il y a une dizaine d’années. Tout, pour lui, a basculé ce dernier jour de janvier : « J’ai reçu un coup de fil d’un contact, à l’autre bout du pays. Sur l’île Kangaroo, ils avaient besoin d’un arboriste pour grimper dans les arbres au secours des koalas qui n’avaient pas péri dans les incendies. J’ai sauté dans mon “ute” [pick-up] et, après dix-neuf heures de route et une traversée en ferry depuis Adélaïde, j’étais à mon poste. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais vivre. » Depuis plus d’un mois déjà, la moitié de Kangaroo est ravagée par les méga-feux de brousse de l’été austral. L’île, qui compte désormais la plus grande population de koalas d’Australie, est en alerte maximale. Au plus fort des incendies, plusieurs centaines d’entre eux, brûlés ou désorientés, ont déjà été ramassés sur les routes. Avec d’autres animaux, ils ont été amenés à l’hôpital improvisé de Sam et Dana Mitchell, au Wildlife Park, véritable « hub » de vétérinaires, où bénévoles et vacanciers se sont vite transformés en infirmiers. Kai arrive au moment où il est possible de retourner dans certaines zones. Là où le brasier n’a laissé que dévastation et silence, on peut commencer à évaluer les dégâts, et même porter secours aux survivants.
Bienvenue au Koala Hospital, le centre qui sauve les koalas des flammes en Australie
« Dans ces immensités noircies, tout se confond. Lorsqu’on marche, il faut conditionner son cerveau à repérer sur les branches ces formes indistinctes qui, en fait, sont des koalas. Avec l’habitude, ils sont assez facilement repérables d’en bas. Certains font appel à un drone ; moi, je les vois. Si je pense que l’animal a besoin d’aide et que les arbres alentour semblent assez solides, je choisis le plus proche pour y grimper. La meilleure méthode consiste à aller le plus haut possible, puis à se balancer jusqu’à la cime de l’arbre où s’accroche le koala. Il faut se poser au-dessus de lui pour qu’il n’ait pas envie de se réfugier plus haut. Alors, avec une perche, je le pousse à descendre et on le récupère en bas. J’ai trouvé comme ça pas mal de “joeys”, des bébés, onze en tout. Eux se tiennent assez bas et il est facile de les attraper.
Australie : reportage sur l'île-refuge des koalas
Il n’y a plus qu’à les glisser dans un sac pour redescendre avec eux. Dans d’autres cas, c’est plus sportif : on est obligé de les surprendre, en les empoignant par-derrière. Sachant qu’on a déjà affaire à un animal en souffrance, il faut éviter que la descente dure trop longtemps, car le stress les épuise encore plus. Et puis il faut faire attention : sous ses airs endormis, le koala peut vite vous mordre. Il ne faut surtout pas mettre la main devant son visage, sinon il peut vous envoyer à l’hosto. J’ai eu pas mal de morsures, heureusement pas trop graves. » Lui, l’amoureux des arbres, a été frappé par l’agilité des koalas mais aussi par leur vulnérabilité une fois au sol, où leurs griffes et leurs longs doigts sont inadaptés au déplacement à quatre pattes.

A la fin de sa mission de quelques semaines, Kai avait secouru plus de cent koalas. Il n’y a pas que dans les arbres qu’il est passé par des hauts et par des bas… Moralement aussi. Dans son journal de bord, il écrit un soir de la première semaine : « Aujourd’hui, ça a été foutrement intense et j’ai pleuré deux fois. » Puis, quelques jours plus tard : « La journée a été lourde en émotions. Parler et pleurer est la seule manière de récupérer. » Bien sûr, il y a des moments de joie, comme celui où il apprend qu’une petite orpheline, la première qu’il a trouvée, celle à qui il a donné son prénom, et qui était si salement brûlée au nez, aux oreilles et aux joues, allait s’en tirer. Mais, pour Kai et pour ceux qui sont spontanément venus à la rescousse des animaux, il n’y a pas que de belles histoires. On n’échappe pas à la détresse. Ainsi pour cette femelle dont les coussinets sont brûlés et les griffes arrachées, infectées ; quelques jours après son sauvetage, les vétérinaires devront se résoudre à l’euthanasier.
Les images d’animaux pris au piège des incendies en Australie ont bouleversé le monde entier. Difficile d’oublier la vidéo d’un koala déshydraté qui, agrippé au cadre d’un vélo, se désaltère à la gourde que lui tend une cycliste. Effarant, quand on sait que ces marsupiaux ne boivent que très rarement de l’eau et qu’ils s’hydratent avec les feuilles d’eucalyptus ! Le 1er février dernier, des photos difficilement supportables de dizaines de koalas morts, broyés par des bulldozers dans une plantation de gommiers, ont provoqué l’ouverture d’une enquête des autorités de l’Etat de Victoria. Pour les militants de la cause animale, ces images ne sont que le reflet de la tragédie, prévisible, écrite par l’homme et infligée à la faune australienne. Le koala en est la partie la plus visible, une icône aux allures de peluche.
Il y a un an, déjà, avant même les terribles feux de brousse, la branche australienne du WWF lançait un cri d’alarme et lâchait une échéance butoir : 2050. A cette date, si la destruction de leur habitat se poursuit, les koalas seront en voie d’extinction. Cinquante ans plus tard, ils auront disparu… Début avril, dans un communiqué, plusieurs associations de protection animale ont demandé que, inscrit depuis 2012 sur la liste des animaux vulnérables, il passe au statut d’espèce en danger. Un premier pas mais qui, selon le conservationniste de la WWF Stuart Blanch, ne suffira pas : « Remonter le statut de protection du koala n’a de sens que si une politique stricte de protection de son habitat est appliquée parallèlement. Si on continue de détruire son domaine vital en rasant des arbres au bulldozer, sans lui assurer le moindre sanctuaire, il disparaîtra. L’Australie doit prendre le lead des pays du monde qui mettent en place une transition vers les énergies renouvelables, afin de créer un climat stable et sûr pour ces marsupiaux et leurs forêts. »
Chaque Etat disposant de sa propre législation, l’Australia Koala Foundation estime qu’aucune loi fédérale ne pourra, sur le territoire australien, le protéger de façon efficace
Jointe début avril dans sa maison du bush, près de Brisbane, Deborah Tabart, ex-reine de beauté devenue l’égérie des koalas, ne décolère pas. Présidente de l’ONG Australian Koala Foundation (AKF) depuis 1988, elle en est à son quatorzième ministre de l’Environnement. C’est dire si les éditos de son journal de bord sont virulents envers Canberra et sa politique de protection de l’environnement. Déjà, en 2015, son ONG avait publié un passionnant rapport intitulé « Imaginez une Australie sans koalas » : « Les choses sont assez simples. Si notre pays n’arrive pas à protéger cet adorable animal, aimé de tous, qui ne tue personne et fait venir des millions de touristes – c’est-à-dire entrer des milliards de dollars dans les caisses de l’Etat –, alors on n’arrivera à rien. Sauver cet animal craquant, totalement inoffensif, permettrait de protéger tous les autres qui vivent dans son environnement et sont moins aimés. » En 2000, partant du slogan très efficace du « No Tree, No Me » (« Pas d’arbres, pas de moi »), l’ONG a proposé de faire passer un Koala Protection Act inspiré de la loi adoptée par les Etats-Unis pour défendre leur emblème : l’aigle à tête blanche.
Chaque Etat disposant de sa propre législation, l’Australia Koala Foundation estime qu’aucune loi fédérale ne pourra, sur le territoire australien, le protéger de façon efficace. L’idée serait donc de ne pas se focaliser sur la protection de l’animal lui-même, mais d’empêcher la destruction de son habitat. L’AKF a ainsi cartographié et listé à travers le pays les arbres qui forment son « home range », son domaine vital ; aussi bien pour se nourrir (environ 40 sortes d’eucalyptus sur les 700 espèces existantes) que pour s’abriter du froid ou de la chaleur. La loi de protection des koalas (KPA) interdirait, entre autres, que l’on puisse toucher à un arbre de cette liste sans avoir d’abord prouvé que ni le marsupial ni son habitat ne seront impactés.
Depuis son retour chez lui, à Sydney, Kai, l’arboriste-sauveteur, est devenu une petite célébrité des réseaux sociaux. Chaque jour, confinement oblige, il partage sur Instagram et Twitter des photos de ceux qu’il a secourus, et donne de leurs nouvelles. On apprend ainsi que certains ont pu regagner le bush. Pour le reste, Kai en est sûr, pas besoin de leur enseigner les gestes barrière… Il écrit : « Juste pour vous rappeler que les koalas sont des animaux solitaires qui pratiquent naturellement la distanciation sociale… »

Selon notre envoyée spéciale sur l’île de Kangaroo Marion Mertens - Paris Match - samedi 15 août 2020

04/09/2020

Nouvelle Guinée: réservoir de biodiversité...

Un réservoir sans fin. C'est un classement tout particulier dont la Nouvelle-Guinée vient de prendre la tête. Selon une étude publiée dans la revue Nature, détaillée par The Guardian, cette île située dans le Pacifique est désormais considérée comme l'archipel avec la plus grande diversité végétale. En Nouvelle-Guinée, on trouve plus de 13 500 espèces de plantes différentes. Elle devance de loin Madagascar, qui détenait le précédent record, avec plus de 19 % d'espèces en plus.
L'étude aura mobilisé 99 botanistes membres de 56 institutions différentes réparties dans 19 pays. Ils ont analysé des milliers d'échantillons, dont les plus anciens ont été récoltés dès le XVIIe siècle. Mais la Nouvelle-Guinée devrait encore donner du fil à retordre aux spécialistes du monde végétal. Selon les auteurs de l'étude, plus de 4 000 nouvelles espèces de plantes pourraient être découvertes dans les 50 prochaines années sur l'île. « C'est un paradis qui pullule de vie », se réjouit auprès du Guardian le biologiste Rodrigo Cámara-Leret de l'université de Zurich, l'un des principaux auteurs du papier.
Lire aussi Le tour du monde des dernières tribus : les Ankavé de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Un environnement propice à la biodiversité
L'environnement de Nouvelle-Guinée est propice au développement de la biodiversité. C'est aussi la troisième plus grande île du monde en termes de superficie. Elle est divisée entre les provinces indonésiennes de Papouasie et de Papouasie occidentale, ainsi que l'État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. « Cela permet le développement de plusieurs types d'habitats, comme les mangroves, les forêts marécageuses, les forêts tropicales mais aussi les forêts de montagne, qui ont des niveaux élevés d'endémisme », souligne Rodrigo Cámara-Leret. Des montagnes, dont l'altitude monte jusqu'à 5 000 mètres, parsèment également tout le territoire.
Lire aussi Le grand voyage des plantes
« Et puis tout au sommet, juste en dessous de la limite de croissance des plantes, on trouve ces prairies alpines. Cet habitat est tout simplement unique en Asie du Sud-Est et caractéristique de la Nouvelle-Guinée », poursuit le chercheur. La Nouvelle-Guinée est le terrain de jeu rêvé pour les botanistes du monde entier : un grand nombre d'espèces ne peuvent être observées que sur cette île. Cependant, les expéditions sur place sont trop sporadiques et il est presque impossible aujourd'hui d'évaluer annuellement le nombre de plantes qui poussent sur place. Avant l'étude publiée dans Nature, leur nombre était estimé entre 9 000 et 25 000.

Selon lepoint.fr- Le Point - mercredi 5 août 2020

02/09/2020

Au Cameroun, les ONG de protection de l'environnement ont eu gain de cause...

Les ONG de protection de l’environnement ont eu gain de cause : cette forêt, qui abrite des primates menacés d’extinction, ne sera pas exploitée, a annoncé le gouvernement camerounais mercredi 12 août.

Le gouvernement camerounais a annulé sa récente décision autorisant l’exploitation d’une forêt vierge, a annoncé mardi 11 août le Premier ministre Joseph Dion Ngute, un revirement souhaité par des ONG qui avaient notamment souligné la présence de primates menacés d’extinction dans cette zone.
Mi-juillet, le gouvernement camerounais avait décidé d’affecter à la production du bois d’œuvre plus de 68 000 hectares de la forêt d’Ebo, située au nord de Douala (sud), la capitale économique.
Les communautés locales et Greenpeace avaient dénoncé cette décision, des riverains promettant de tout mettre en œuvre pour obtenir l’annulation de cette mesure.
Joseph Dion Ngute a indiqué avoir procédé le 6 août au retrait du décret par lequel il avait autorisé le projet d’exploitation de cette forêt.
Le Premier ministre explique être revenu sur sa décision sur très hautes instructions du président de la République, Paul Biya.


Des primates menacés d’extinction dans cette forêt
La forêt d’Ebo accueille notamment des primates menacés d’extinction. Le gouvernement camerounais avait par le passé décidé de faire de cette forêt un parc national.
La forêt d’Ebo abrite des primates en danger critique d’extinction dont la condamnation à mort a été signée par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, avec l’approbation de la présidence de la République du Cameroun, avait déploré Sylvie Djacbou, chargée de la forêt chez Greenpeace Afrique.
Alors que le Brésil a été pointé du doigt pour avoir atteint un niveau de déforestation record de l’Amazonie au premier semestre, la déforestation s’accélère également en Afrique, avait prévenu l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en mai.
La forêt tropicale du bassin du Congo couvre 200 millions d’hectares, et est la deuxième plus grande forêt tropicale au monde après l’Amazonie.

Selon AFP. - Ouest-France - mercredi 12 août 2020

30/08/2020

Protéger Venise et sa lagune...

Venise, connue dans le monde entier pour la place Saint-Marc ou le pont des Soupirs, dispose d'une autre richesse souvent ignorée: sa lagune. Menacée par la hausse de sa salinité, elle fait l'objet d'un projet visant à accroître la présence de roseaux et attirer oiseaux et poissons.
"L'idée est de recréer un environnement perdu au fil du temps à cause des interventions humaines qui ont dérouté les cours d'eau hors de la lagune", explique à l'AFP Rossella Boscolo Brusà, chercheuse à l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale (Ispra) et responsable du projet.
Ces opérations, qui visaient à assainir certaines zones marécageuses et lutter contre la malaria, ont "conduit à une eau toujours plus salée et à la réduction de la cannaie (étendue de roseaux, ndlr), un habitat très précieux pour des espèces protégées ou d'intérêt commercial", souligne la chercheuse en regardant défiler, à bord d'une barque, cette végétation typique de 2-3 mètres de hauteur.

L'endroit est paisible, seulement perturbé de temps en temps par une embarcation de touristes. Avec un peu de chance, on peut y observer un vanneau huppé, un chevalier guignette ou une aigrette garzette.
Aujourd'hui "il ne reste plus que 34 hectares de cannaies, alors que par le passé au moins la moitié de la lagune était recouverte de cannaies et de lais (soit quelque 17.000 hectares, NDLR). A Venise, un quartier s'appelle Cannaregio parce que justement elle arrivait jusque-là", rappelle Adriano Sfriso, professeur à l'université Ca' Foscari de Venise.

Pour contenir l'eau douce dans la zone cible et servir de support à la cannaie, des "cordons" constitués de poteaux et coussinets biodégradables en fibre de coco ont été installés.
Si la végétation va se reconstituer naturellement, des opérations de re-plantage doivent accélérer le processus, afin de restaurer au total une vingtaine d'hectares de cannaie, résume le Pr Sfriso.
Régulièrement, Carlo Marchesi et son employé Adriano Croitoru extraient ainsi minutieusement de petites mottes qu'ils vont ensuite replanter, en barque, quelques kilomètres plus loin.
"Nous allons reconstruire la lagune que nos arrières-grands-pères ont connue, beaucoup plus riche en poissons et volatiles", se félicite M. Marchesi, 56 ans.
Des interventions similaires ont lieu avec des plantes aquatiques grâce à la participation de pêcheurs et chasseurs.
- "Notre monde" -
Pendant un an et demi, des discussions, parfois tendues, ont eu lieu entre toutes les parties prenantes pour parvenir à un accord, essentiel à la réussite du projet.
"Pour nous pêcheurs et chasseurs de Venise, la lagune représente la vie, notre monde. Si nous la préservons, nous pourrons en profiter le plus possible et la léguer à nos enfants", souligne Massimo Parravicini, président de la principale association locale de pêcheurs amateurs et chasseurs.
Ce passionné de 58 ans participe à des opérations de replantage de phanérogames, des "plantes fondamentales pour l'écosystème car elles apportent de l'oxygène aux bas-fonds et limitent l'impact des vagues créées par les embarcations". Une surveillance continue permet de mesurer les progrès, en termes de salinité, végétation ou faune, notamment via une "pêche à la senne", un grand filet tendu de part en part des canaux.
Les spécialistes vérifient ainsi l'évolution des espèces de poissons, à la fois celles spécifiques de l'habitat et protégées comme la gobie-lote, mais aussi des espèces importantes pour la pêche artisanale, comme la daurade, les mulets, le flet ou le loup, explique Luca Scapin, chercheur à l'Université de Venise.
Le projet, soutenu par la région Vénétie et la Commission européenne, vise aussi à favoriser la présence d'oiseaux comme le héron pourpré.
Cette expérience doit être partagée avec des sites aux problématiques similaires, comme Hyères en France, Albufera en Espagne et le delta du Nestos et Porto Lagos en Grèce.
Selon cco/glr/mp-AFP - AFP - mercredi 12 août 2020

29/08/2020

Réintroduction de 2 bélugas en Islande...

Deux bélugas provenant de l'aquarium chinois Changfeng Ocean World ont retrouvé l'eau de mer ce week-end dans un sanctuaire marin en Islande, a annoncé ce lundi l'association qui mène ce projet visant à accueillir des centaines de cétacés actuellement en captivité. C'est la première fois qu'elles retrouvent la mer depuis leur capture par un centre de recherche russe en 2011, a souligné Sea Life Trust.
"Petite Blanche" et "Petite Grise", deux femelles de 900 kilos chacune et quatre mètres de long, sont bien arrivées vendredi dans des piscines du sanctuaire marin de Klettsvik, au large de la côte sud de l'Islande, indique l'association de protection des animaux Sea Life Trust dans un communiqué, vidéos à l'appui. Les deux baleines, âgées de 13 ans, doivent y séjourner "quelques semaines" avant d'être relâchées en semi-liberté dans une réserve naturelle de 32.000 mètres carrés bordant les îles Vestmann.
Après avoir si longtemps été prises en charge par des êtres humains, il est peu probable que les bélugas survivent dans leur habitat naturel en pleine liberté. Par conséquent, des filets cernent le sanctuaire où les animaux seront relâchés.
En captivité depuis 2011
Originaires des eaux arctiques russes, les deux bélugas avaient été capturés vers l'âge de deux ou trois ans. En 2011, les baleines avaient été transférées depuis un centre de recherche russe vers l'aquarium chinois Changfeng Ocean World. L'idée de les relâcher est née l'année suivante, après le rachat de l'aquarium par Merlin Entertainments, une société hostile à la captivité des dauphins et des cétacés, rapporte CNN.
En juin 2019, elles avaient définitivement quitté leur ancienne vie, consistant à divertir les visiteurs de l'aquarium et avaient traversé les terres et les airs dans des conteneurs pour finalement arriver par avion en Islande, où leur immersion a pris du retard.
300 bélugas encore en captivité
La libération deux femelles bélugas, qui ont été entraînées en vue de leur remise à la mer, s'est faite de manière "aussi limpide que nous l'avions espéré et planifié", a déclaré Andy Bool, responsable de l'association Sea Life Trust. Celle-ci qualifie les deux cétacés d'"ambassadrices des 300 autres bélugas sous contrôle humain à travers le monde", a-t-il dit.
"Nous espérons montrer que Petite Blanche et Petite Grise vont s'épanouir dans cette baie", a expliqué le responsable.
Selon Sea Life Trust, la baie de Klettsvik est le premier sanctuaire marin en "pleine mer" au monde. C'est là-bas qu'avait également été transférée, en 1998, l'orque Keiko du film "Sauvez Willy" (1993). L'orque avait été complètement relâchée en 2002 mais n'avait pas su s'accommoder à la vie sauvage. Elle était morte 18 mois plus tard des suites d'une pneumonie dans un fjord norvégien.

Selon BFM TV-mardi 11 août 2020

21/08/2020

Greenpeace une ONG qui agit partout dans le monde...

L'association Greenpeace puise la richesse et la diversité de ses formes d'engagement dans ses multiples soutiens: bénévoles, militants, donateurs, actifs, experts, lanceurs d'alerte...Des campagnes se succèdent pour lutter contre le changement climatiqu, pour une justice sociale et environnementale, pour protéger notre planète en mobilisant les citoyens et pour s'imposer comme contre-pouvoir face aux institutions qui détruisent malheureusement notre écosystème. Les valeurs portées par l'ONG touchent autant à l'information du public, qu'à la diffusion de ses expertises et à la façon de montrer les alternatives possibles à la société de consommation.

Ses victoires sont nombreuses, grâce notamment aux 50 000 militants/bénévoles dans le monde dont 1 500 en France et à ses adhérents au nombre de 3 millions à l'échelle  mondiale. Ses navires, dont le célèbre Rainbow Warrior, sillonnent les mers du globe. L'action "La République des pollueurs" en avril 2019 à Paris a été très suivie. De même, le travail contre le tout nucléaire en France et pour une vraie démocratie citoyenne a motivé beaucoup de monde. Les actions contre le groupe Total qui fore dans les mers du globe, parfois au mépris de l'écologie (corail, algues, poissons, tortues...), a eu le mérite d'alerter l'opinion, tout comme les scandales de la déforestation en Indonésie et au Brésil.

Pour tout renseignement ou pour un don concernant Greenpeace, joindre sur Internet: www.greenpeace.org.

Lyliane

01/08/2020

Pour une cohabitation homme/animal...

Le WWF nous fait comprendre que" lorsqu'ils n'ont plus d'autres solutions, des animaux sauvages et des hommes entrent en conflit". En effet, la population mondiale ne cessant de croître, l'humain empiète chaque jour un peu plus sur la nature, privant les animaux sauvages de proies naturelles et d'habitat. Etres humains et animaux sauvages sont aujourd'hui contraints de partager leurs espaces vitaux, sous la pression de l'urbanisation, du dérèglement climatique et de la surconsommation.

Aidons le WWF à agir partout dans le monde pour un juste partage des territoires et des ressources. Il y a des solutions comme celle de protéger l'ours et d'accroître l'acceptation des plantigrades par les habitants, les élus et les bergers. En mer, on peut réglementer le trafic des bateaux de pêche en s'adaptant aux déplacements des cétacés pour limiter le risque d'incidents. De même, en créant des aires protégées pour les éléphants et en protégeant l'habitat de la panthère, il est possible de freiner l'extinction des espèces sauvages menacées.

Il faut savoir, en effet, que dans toute l'Asie, il reste 40 000 éléphants environ et que l'espèce a diminué d'au moins 50% sur les 3 dernières générations. En France il subsiste moins de 40 ours bruns dans les Pyrénées et moins de 200 lynx dans nos montagnes (Vosges, Alpes, Jura). Quant à la panthère des neiges, l'espèce a reculé de 20% en seulement 16 ans. Enfin, si nous n'y prenons pas garde, plusieurs espèces de dauphins par exemple pourraient disparaitre prochainement.

Pour tout renseignement sur le WWF ou pour effectuer des dons, contactez le site: www.wwf.fr.

Lyliane

20/07/2020

Ecologie pour le monde d'après...

C’est promis, le monde d’après sera différent, plus soucieux de l’environnement. Si la France excelle dans les grand-messes, à l'instar de la Convention citoyenne pour le climat qui doit remettre ses conclusions dimanche à Emmanuel Macron, elle est en retard dans nombre de domaines. Or, des solutions existent -et marchent- ailleurs. Tous écolos! La crise du covid-19 les a tous contaminés. Partis politiques, syndicats, entreprises… ne jurent plus que par la transition énergétique et les vertus du développement durable. Un monde d’après axé sur "la sobriété carbone","la "résilience", "l’indépendance agricole", pour reprendre les mots d’Emmanuel Macron. Conversions sincères ou effets d’annonce opportunistes? Les partisans de l’écologie espèrent voir le climat au cœur de la relance économique. Mais ils redoutent en même temps le traditionnel discours du business as usual. Un dilemme qu’EDF résume en deux phrases chocs dans une pub publiée dans tous les journaux: "On a tous envie de voir redémarrer les entreprises. Mais on a tous aimé voir baisser les émissions de CO." Impossible d’ignorer les conséquences du coronavirus. Dans les agglomérations, l’air est devenu plus respirable. Le confinement a eu pour effet de généraliser le télétravail. Et, surprise, ça fonctionne. Plus rien ne sera jamais comme avant?

Des initiatives à foison
La conscience écologique n’est pas née avec la crise sanitaire. Les récents incendies en Amazonie et en Australie ont éveillé les esprits. En octobre dernier, Emmanuel Macron initiait la Convention citoyenne pour le climat. Composée de 150 Français tirés au sort, l’instance a planché sur les moyens de lutter contre le réchauffement climatique. Ce dimanche 21 juin, elle remettra sa copie à l’exécutif. Rénovation de 20 millions de logements, développement des transports en commun et du vélo, déploiement de circuits courts pour l’alimentation, frein à la surconsommation… il y aurait une centaine de propositions (lire l'encadré ci-dessous). Emmanuel Macron a laissé entendre qu’il pourrait organiser un référendum sur la question.
Tout cela est bel et bon. Mais il faut aller plus loin. "La crise sanitaire a révélé la triste vérité, les dirigeants ne sont pas préparés au monde d’après, le modèle dominant ne fonctionne plus", note Anne-Catherine Husson, directrice générale de Novethic, entreprise spécialisée dans la finance durable. Ces dernières semaines, les initiatives écolos ont foisonné. Dans son Green Deal, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen promet un "futur vert, numérique et résilient". En mai, Nicolas Hulot lançait son manifeste Le temps est venu. Un mois plus tôt, l’ancien ministre Pascal Canfin, aujourd’hui président de la commission de l’Environnement au Parlement européen, proposait une alliance pour une relance verte. Ce mouvement qui regroupe 79 députés de tous bords, des think tanks, des ONG, a été rejoint par une trentaine de PDG (Ikea, Unilever, Danone, Saint-Gobain, H&M…).De l’incantation aux actes

La pression est montée d’un cran. Les entreprises ne peuvent plus faire l’autruche. Surtout les plus polluantes. En janvier, le PDG de Total Patrick Pouyanné affirmait que la transition écologique allait prendre du temps et qu’il ne verrait pas de son vivant un système énergétique basé sur les renouvelables. Deux mois plus tard, changement de cap. Pour les émissions de CO issues de ses installations, le pétrolier reprend désormais à son compte l’objectif de Bruxelles de parvenir à la neutralité carbone en 2050. Même un dirigeant productiviste comme Geoffroy Roux de Bézieux n’est pas insensible au vent nouveau. Au début du coronavirus, le patron du Medef appelait à un moratoire sur certaines règles environnementales pour mieux relancer la machine. Aujourd’hui, il évoque la nécessité d’aller vers une économie décarbonée et plaide pour "un bouclier écologique aux frontières de l’Europe".

Reste maintenant à passer de la parole aux actes. C’est là où le bât blesse. "Les objectifs écologiques sont régulièrement répétés mais pas mis en œuvre, déplore l’ancien ministre Brice Lalonde. On reste dans l’incantation." A l’occasion du plan de 7 milliards d’euros pour sauver Air France, Bruno Le Maire enjoignait à la compagnie aérienne de devenir la plus respectueuse de l’environnement de la planète sans préciser les pistes pour y arriver. Les entreprises peinent à se réinventer. "Dans l’automobile, on marche sur la tête, dit Anne-Catherine Husson. Alors qu’il y a 400.000 voitures invendues dans les concessions, le plan de relance de Renault se concentre sur la production de nouveaux modèles et n’évoque à aucun moment la mobilité, la durabilité, le car sharing."

Des signes positifs
Après la crise financière de 2008, les émissions de CO étaient reparties à la hausse. "L’environnement, ça commence à bien faire", avait dit Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, Donald Trump et le Brésilien Jair Bolsonaro mis à part, aucun dirigeant ne pourrait prononcer une telle phrase. Entre 2015 et 2018, les rejets de CO ont diminué de 1,1% par an alors qu’il faudrait qu’ils baissent de 1,9% pour être dans la trajectoire de l’Accord de Paris. Le tableau est sombre, mais quelques signes positifs émergent. Bruxelles travaille sur un projet appelé taxonomie afin de flécher les investissements verts et éviter le greenwashing. H&M vient de nommer à sa direction générale son ancienne responsable du développement durable. H&M est une des marques emblématiques de la Suède, pays en pointe en matière écologique. Mais la Suède n’est pas seule. La planète est mal en point. La voie est étroite, mais on peut encore la sauver.

Top départ pour les propositions citoyennes
Dimanche 21 juin, les 150 Français tirés au sort dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) rendront leurs conclusions à l’exécutif. Près d’une centaine de propositions devraient être présentées autour de cinq axes relatifs à la lutte contre le réchauffement climatique: produire et travailler, se loger, se nourrir, se déplacer, consommer.
Parmi les pistes privilégiées par le rapport, figure le logement avec l’éternel casse-tête des 5 millions de passoires thermiques. La CCC propose de rendre obligatoire d’ici à 2040 la rénovation énergétique des bâtiments afin de diviser par deux les émissions de CO. Sur les transports, le bonus pour les automobiles hybrides et électriques devrait être accru de 25%. Les acheteurs de véhicules propres pourraient bénéficier de prêts à taux zéro. Concernant les modèles les plus polluants, la CCC propose de renforcer très fortement le malus en prenant en compte un nouveau critère, le poids du véhicule. Elle suggère aussi de recourir massivement au transport ferroviaire via une réduction de la TVA sur les billets de train, qui pourrait passer de 10% à 5,5%.

La CCC mise également sur les deux-roues. Elle envisage de quadrupler le montant du fonds vélo à 200 millions d’euros par an, ce qui permettrait de financer des pistes cyclables. Reste la sobriété énergétique. La CCC évoque des pistes qui ne plairont pas aux productivistes: freiner la surconsommation, prohiber les panneaux publicitaires dans les espaces publics extérieurs, assortir les messages publicitaires d’une mention "En avez-vous vraiment besoin?" ou bien "La surconsommation nuit à la planète", etc. Une fois le rapport remis, ce sera à Emmanuel Macron de jouer. Le président, qui s’est rendu à deux reprises aux travaux de la Convention, s’est engagé à reprendre sans filtre ses propositions sous forme de référendum, de projet de loi ou de règlement.

Selon Mme Ghislaine Ottenheimer et Mr Nicolas Stiel - Challenges - samedi 20 juin 2020

18/07/2020

A la Martinique, beaucoup d'espèces sont menacées...

Tous les jours, retrouvez le Fil vert, le rendez-vous environnement de Libération.
Oiseaux, tortues marines, iguanes, mammifères marins, papillons… la faune de l’île de la Martinique, «point chaud de la biodiversité», a de quoi faire rêver. Et son état de santé de quoi faire pleurer. Car de nombreuses espèces sont aujourd’hui menacées par les activités humaines, constate l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Dans un état des lieux réalisé pour la Liste rouge des espèces menacées en France et rendu public le 22 avril, l’état de conservation de 427 espèces (excepté les poissons marins) a été passé au crible.
Résultat ? près de 15 % sont menacées et près de 4 % ont disparu à l’état sauvage. «15 espèces ont déjà disparu, 62 sont menacées et 56 autres sont quasi menacées», énumère précisément le Comité français de l’UICN, qui a travaillé main dans la main avec l’Office français de la biodiversité (OFB), le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), ainsi que des spécialistes de la faune martiniquaise. La liste rouge de l’UICN mesure le risque d’effondrement des espèces et des écosystèmes et fait référence mondialement.

Les espèces évaluées pour la première fois
Mammifères, reptiles, oiseaux, amphibiens, mollusques, poissons d’eau douce, libellules, papillons, phasmes, coléoptères… Les espèces observées sont soit endémiques – et n’existent spontanément que dans cette zone – soit régulièrement présentes en Martinique. Elles ont été classées par grandes familles, à l’exception des poissons marins. Par exemple, sur les 232 espèces d’oiseaux présentes sur l’île, un peu plus de la moitié a été évaluée, dont 6 sont éteintes, 4 en danger critique, 11 en danger, 11 vulnérables et 9 quasi-menacées. Pour 16 espèces d’oiseaux, les données ont été considérées comme insuffisantes. Une espèce animale sur cinq est considérée comme mal connue et n’a pas pu être évaluée faute d’informations et en dépit «des enjeux de conservation importants» qu’elles peuvent représenter. Certaines espèces sont quant à elles évaluées pour la première fois sur un territoire français, comme les coléoptères longicornes et scarabéoïdes, la mante ou les mollusques continentaux, précise sur son site l’Inventaire national du patrimoine naturel.
En cause : les activités humaines
Au premier rang des facteurs de fragilisation, on retrouve la destruction des habitats. Les menaces qui pèsent sur les milieux forestiers impactent par exemple le pleurodonte déprimé. Cet escargot, qui porte un peu trop bien son nom, est classé «en danger critique». «Toute perturbation du milieu pourrait être fatale à cette espèce à coquille extrêmement fragile», mettent en garde les auteurs de la liste rouge qui précisent qu’aucun outil de protection n’existe à ce jour.
La fragilité des zones humides, parfois polluées par les eaux usées ou les pesticides, et le comblement des mares font de Protoneura ailsa, une minuscule libellule endémique des îles de la Dominique, de la Martinique et de Sainte-Lucie, une espèce «quasi menacée». Ce statut signifie que la demoiselle est proche du seuil des espèces menacées ou qu’elle sera menacée sans mesures de conservation spécifiques.
«La chlordécone, une molécule insecticide persistante utilisée autrefois dans les bananeraies, a encore un impact sur la faune et affecte potentiellement de nombreuses espèces telles que la crevette transparente, classée "vulnérable", ou le martin-pêcheur à ventre roux, classé "en danger critique"», précise encore l’UICN. Autre danger pour la faune : la pollution lumineuse, liée à l’étalement urbain, qui nuit aux chauves-souris et aux coléoptères, de même qu’aux tortues marines venues pondre sur les plages.
La chasse (et le braconnage) est elle aussi repérée comme une pression supplémentaire sur les espèces d’oiseaux et «a probablement été l’une des causes de la disparition du rat musqué de la Martinique, autrefois endémique et désormais éteint», ajoutent les auteurs.
Des réponses à prendre en urgence: De côté de la faune marine, les cachalots sont classés «en danger» car leur taux de survie et leur taux de reproduction ont fortement baissé. A l’instar d’autres espèces marines, ces derniers peuvent notamment se retrouver empêtrés dans les filets de pêche. «En danger critique», la tortue verte subit quant à elle les conséquences des ancres de bateaux qui détruisent les herbiers où elle s’alimente. Le tourisme, en général, est néfaste au bon équilibre des milieux, perturbant par exemple la nidification de certains oiseaux tels que le pluvier de Wilson et l’huîtrier d’Amérique, tous deux «en danger critique». Sans parler des pollutions sonores et plastiques liées à l’activité humaine.
Une autre menace moins connu est liée à l’introduction sur l’île d’espèces exotiques. «Par leur prédation, le rat noir et la petite mangouste indienne sont devenus une menace majeure pour de nombreuses espèces indigènes, à l’exemple du moqueur gorge-blanche et de la couleuvre couresse, tous deux classés "en danger critique"», illustre la liste rouge.
Vertébrés ou non, à plumes ou à écailles, les exemples pourraient s’enchaîner sur des pages. Programmes de conservation, aires protégées, protections réglementaires… Les actions pour limiter les destructions d’espèces doivent être renforcées rapidement. «Cela est d’autant plus important qu’avec un taux d’endémisme de 13 %, de nombre uses espèces animales sont uniques et contribuent à la richesse biologique particulière de la Martinique», met en garde l’UICN. Car en s’appuyant sur des données scientifiques, les outils tels que les listes «rouges» permettent d’une part de sensibiliser le public mais également de soutenir des politiques publiques en faveur de la biodiversité et des ressources naturelles.

Selon Mme Aurélie Delmas, Christelle Perrin - Liberation - lundi 4 mai 2020

08/07/2020

Qui se cache derrière Mr Peter Wohlleben?

Mr Peter Wohlleben, 56 ans, d'après Mme Josselin qui écrit à son sujet un bref article dans Fémina Magazine, "serait devenu le garde-forestier le plus célèbre du monde". Pourtant, au départ, ce simple employé forestier de Rhénanie-Palatinat (Allemagne) voyait la forêt comme un gagne-pain. Peu à peu, grâce à des rencontres, il apprend à regarder les arbres de la forêt de Hümmel, près de la frontière belge et il remet en question sa façon de travailler. En septembre 2006, il démissionne et envisage de partir en Suède. Finalement, la municipalité de sa ville met fin au contrat de gestion avec l'Office régional forestier et l'embauche comme "forestier alternatif". Depuis, il a remplacé les bulldozers par des chevaux, limite les coupes, élimine les insecticides et les tronçonneuses.

Son modèle fait école! En 2016, une maladie cardiaque l'oblige à renoncer au terrain. Avec l'argent gagné grâce à ses livres, il fonde en 2017 une Académie de la forêt. Il organise alors des actions pour protéger la forêt primitive, des randonnées, la construction de cabanes, des stages de survie, des formations pour la jeunesse. C'est un conteur né: il installe du merveilleux et du sensible dans un monde désincarné, matérialiste, ultra-rationnel,  tout en s'appuyant sur des données objectives. Sa gestion de la forêt correspond à la demande d'un nombre croissant de citoyens. N'a-t-il pas été au fond un "lanceur d'alerte"? Ses ouvrages, tous des best-sellers, ont été en 2017: La vie secrète des arbres, en 2018: La vie secrète des animaux et en 2019: le Réseau secret de la nature, tous édités aux éditions Arènes. Le dernier qui va sortir en juin 2020 s'intitule: L'Homme et la Nature.

Lyliane

04/07/2020

La crise pourrait aider à stopper le déclin de la biodiversité...

À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement sur le thème de la biodiversité, RFI revient sur les conséquences de l'érosion de la biodiversité et sur le cadre mondial post-2020. Repoussé à cause de la pandémie de Covid-19, cet accord des pays onusiens vise à renforcer les efforts mondiaux en termes de protection de la biodiversité pour les années à venir.
Jean-François Silvain est ancien directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). La FRB anime notamment le comité français pour l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), un groupe international d'experts sur la biodiversité chargé de conseiller les gouvernements. La FRB contribue aussi, au travers de sa participation à la task force mise en place par le gouvernement français pour la préparation de la COP 15 de la convention sur la diversité biologique (CDB), à l’élaboration du cadre mondial post-2020 pour la protection de la biodiversité. Il est également co-auteur du livre Sauvons la biodiversité ! Les 10 actions pour (ré)agir !.
RFI: Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’année 2020 est une « année décisive pour stopper le déclin de la biodiversité ». Pourquoi ?
Jean-François Silvain : L’année 2020 fait suite au premier rapport mondial de l’IPBES (surnommé le GIEC de la biodiversité) qui a rappelé de façon très synthétique, puis ante et forte ce que la communauté scientifique disait déjà depuis longtemps : nous sommes face à une érosion accélérée de la biodiversité. On voit que des écosystèmes sont de plus en plus impactés par les activités humaines, et comme l’a dit l’IPBES, c’est lié à des aspects démographiques, humains et à des pratiques socioéconomiques non durables.
C’est vrai que 2020 devait être une grande année à la fois grâce à la réunion du congrès mondial de l’UICN à Marseille et l’épisode 15 de la Convention sur la diversité biologique qui devait préparer son plan d’action post-2020. Les deux évènements sont décalés sur 2021 à cause de la pandémie, mais il n’empêche que cette année 2020 apparaissait déjà avant la crise actuelle comme une année clé pour la mise en place des décisions politiques et pour enfin faire monter les enjeux de biodiversité au plus haut niveau des préoccupations des gouvernants.
Le fait que le Covid-19 soit une zoonose, une maladie transmise à l’être humain par les animaux, et que le lien entre la pandémie et l’érosion de la biodiversité est fortement soupçonné ont-il eu un impact sur les ambitions des gouvernements ?
Pour nous, il est assez clair que l’anthropisation de la planète, la transformation de plus en plus grande de la Terre par les humains est à l’origine de la plupart des zoonoses qui ont provoqué des épidémies ces dernières années.
Les scientifiques et écologues essayent donc de rappeler que la crise actuelle doit être un moteur pour la protection de la biodiversité et pour une prise en compte réelle des enjeux de biodiversité. Nous avons travaillé à la demande d’un certain nombre de ministères qui souhaiteraient que ces enjeux environnementaux soient vraiment pris en compte dans les stratégies de sortie de crise de manière à ce que l’on essaye réellement de modifier les tendances futures qui sont aujourd’hui à l’accroissement de l’érosion de la biodiversité.
Ce qu’on constate pour l’instant, c’est qu’au moins une partie des décideurs nous a écouté et souhaite que cette dimension environnementale soit prise en compte. Après tout le monde ne met pas la même priorité sur ces questions-là.
On espère donc que nos travaux seront utilisés par un certain nombre de décideurs afin de modifier leurs orientations. Je pense qu’il faut être positif là-dessus, nous ce qu’on voit c’est qu’on est écouté par certains acteurs politiques et on a beaucoup été sollicité sur la question de la biodiversité. On voit également que des acteurs économiques aussi se préoccupent de ces questions de manières croissantes. Évidemment, ça ne va pas se faire en deux jours mais le système est enclenché. Il faut beaucoup de pédagogie.
Dans le cadre mondial post-2020 pour la protection de la biodiversité, l’objectif principal est d’arrivé à 30% d’aires protégées dans le monde. Dans quel but ?
Les aires protégées, ce sont des surfaces où l'on va donner la priorité au devenir de la vie sauvage au sens large. On va donc y permettre une libre évolution des non-humains. Il y a différents types d’aires protégées qui vont de la protection relativement faible à extrêmement forte, et même à l’exclusion complète des activités humaines. Aujourd’hui, ces aires protégées représentent un peu plus de 15% de la surface de la Terre mais on plaide pour une augmentation conséquente. L’objectif serait de 30%, donc de doubler la surface d’aires protégées.
Dans ces zones protégées, on va limiter en partie les activités humaines comme la déforestation, la construction de routes, d’infrastructures, etc. On redonne à la vie sauvage des espaces de liberté. C’est vrai autant au niveau terrestre qu’au niveau marin, car à ce niveau-là également il y a une forte pression pour que les aires protégées soient multipliées. Nos collègues qui travaillent sur les aires marines ont d'ailleurs clairement montré que plus une aire était protégée, plus elle jouait son rôle écologique. Ils ont montré qu’une aire protégée pouvait même réalimenter les zones environnantes en poisson, flore, etc.
Après, toute la difficulté c’est de combattre la dégradation ou la réduction de surface des aires protégées qui est une tendance assez forte au niveau mondial. Car bien entendu une aire protégée, à partir du moment où l’on y réduit les activités humaines, on y réduit aussi l’accès à certaines ressources. On sait que c’est difficile, car la tendance forte est aujourd’hui au développement systématique des activités humaines, mais on doit faire beaucoup de pédagogie pour expliquer et promouvoir l’objectif de 30%.
De nombreux pays font face à une crise économique provoquée par la lutte contre le coronavirus et tentent aujourd’hui de relancer leur économie. La relance économique est-elle un risque supplémentaire pour la protection de la biodiversité ?
C’est assez largement le message qu’on a transmis. On sait qu’il y a des activités humaines qui contribuent fortement à la dégradation de la biodiversité. C’est ce que l’IPBES appelle les pressions : changement d’usage des terres, exploitation et surexploitation des ressources, pollutions multiples (chimiques, plastiques, etc.) et puis les espèces exotiques envahissantes que les hommes transportent via le commerce mondial.
Et l’idée en sortie de crise c’est de dire, oui il faut relancer l’économie mais la relance économique doit être le moins dommageable possible pour la biodiversité et l’environnement. Et donc il faut prendre en compte ce que disent les scientifiques : réduire la déforestation importée par exemple. Il faut faire en sorte que nos activités impactent moins l’état de la biodiversité dans les pays du sud.
Maintenant, il faut aussi que les acteurs se posent la question : s’il faut redévelopper tel secteur économique quelles vont être les conséquences environnementales sur la biodiversité et comment peut-on les limiter ? Ça fait un peu fantasme mais c’est comme cela que nous portons notre message. En tout cas, il faut absolument prendre en compte ces dimensions là si l’on veut partir sur des activités économiques plus pérennes.
La dégradation de la biodiversité est un phénomène mondial, mais certaines zones géographiques sont davantage impactées que d’autres. Quelles sont aujourd’hui les régions qui requièrent le plus votre attention ?
Dans un certain nombre de pays du sud-est asiatique par exemple, où l’aspiration au développement économique et en même temps les demandes nationales et internationales ont conduit à une déforestation massive. Le résultat économique a été en général positif mais a été obtenu au travers d’une destruction massive de la biodiversité.
D’un autre côté, l’ensemble de l’Amérique du Sud, et pas seulement le Brésil, subit une colonisation de la zone forestière qui s’accroît. Donc, ils ont des pressions fortes sur la grande forêt amazonienne par exemple. Et puis en Afrique subsaharienne, les pressions démographiques très fortes et les tendances au développement économique font que même des pratiques traditionnelles comme des cultures sur brûlis vont avoir des effets considérables sur certaines zones comme la forêt du bassin du Congo.
Le dernier point, c’est l’urbanisation. Les plus grandes villes ne sont pas en Afrique mais c’est là qu’on a le plus fort taux d’urbanisation au monde. Donc il y a des tendances très fortes qui vont engendrer une augmentation des besoins considérables en alimentation avec un risque de faire disparaître des pans entiers de la faune, par exemple. Après, il faut aussi savoir faire le ménage chez nous. En Europe, nous ne sommes pas non plus des modèles en termes de préservation de la biodiversité.

Selon Mr Romain Philips - RFI - vendredi 5 juin 2020

01/07/2020

Programme de reboisement en Australie grâce au WWF...

Après l'Amazonie en 2019, c'est l'Australie  qui s'est mise à brûler dès l'automne dernier. Plus d'un cinquième des forêts australiennes c'est à dire quelques 10 millions d'hectares sont en effet parti en fumée. De plus, 33 personnes ont perdu la vie et plus d'un milliard d'animaux ont péri (koalas, cacatoès noirs, souris marsupiales...) sans oublier de nombreux animaux blessés pris en charge au sein des zoos de l'Etat de Victoria. Or, sur cette île-continent, 95% des koalas ont déjà disparu.

Un élan de générosité aux quatre coins de la planète, écrit un journaliste du WWF  dans la lettre "Sur les traces du Panda" a permis de récolter 1 million de dollars en dons. Aussi, le WWF a lancé un programme de reboisement ambitieux en finançant des actions urgentes sur le terrain. En fait, les experts se sont aperçus que le changement climatique et des cycles météorologiques défavorables avaient généré une sécheresse exceptionnelle, un faible taux d'humidité et des vents forts, propices aux feux de brousse.

Un plan de restauration ambitieux intitulé:"deux milliards d'arbres d'ici 2030" a été mis sur pied. Il s'agit non seulement de protéger les arbres existants, d'en planter des nouveaux, mais aussi de laisser les forêts défrichées se régénérer naturellement. L'objectif final est de parvenir à 2,42 milliards d'arbres en 10 ans. Grâce à ce programme ambitieux, l'Australie pourrait sauver 750 milliards d'animaux et réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays d'environ 9%.

Lyliane

28/06/2020

Risques sanitaires, recul de la biodiversité et maladies zoonotiques émergentes...

La pandémie de Covid-19 a ouvert une nouvelle ère dans la compréhension des maladies infectieuses et leur gestion à l’échelle mondiale. Une crise à laquelle nombre de pays ne s’étaient pas correctement préparés, se reposant sans doute sur les succès de l’antibiothérapie, de la vaccination de masse, de l’augmentation du niveau de vie et des systèmes de santé pour assurer la sécurité sanitaire de leurs concitoyens. Rappelons-nous qu’au début du XXe siècle, les maladies infectieuses représentaient encore la principale cause de mortalité dans le monde. Aux États-Unis, l’espérance de vie était alors de 47 ans, avec une très forte mortalité infantile due aux maladies infectieuses. Quelques décennies plus tard, ce fut au tour des maladies chroniques – comme le cancer ou les maladies cardiaques – de devenir les principales causes de mortalité dans les pays aux ressources économiques élevées, avec une espérance de vie de nos jours proche des 80 ans.
Mais, en ce début du XXIe siècle siècle, dérèglements climatiques et recul de la biodiversité redistribuent les cartes d’une santé mondialisée.
Des barrières qui se franchissent: La recherche sur les maladies infectieuses a changé de paradigme, prenant de mieux en mieux en compte les éléments pathogènes présents dans les écosystèmes. Les barrières entre santé animale et humaine s’atténuent face au constat que deux tiers des pathogènes humains sont aujourd’hui issus d’un transfert horizontal de l’animal (sauvage ou domestique) vers l’homme.
Ces maladies infectieuses, dites "zoonotiques", constituent un véritable fardeau pour plus de 1 milliard d’individus dans le monde ; elles se concentrent principalement dans les zones tropicales, notamment en Afrique et dans le Sud-Est asiatique.
Dans un monde de plus en plus connecté, physiquement et virtuellement, les maladies infectieuses zoonotiques ont pris une nouvelle dimension. La crise sanitaire du Covid-19, en modifiant profondément la perception du risque infectieux issu de l’animal, en constitue un exemple frappant.
D’une espèce à l’autre: Pour certaines de ces affections zoonotiques, les hommes représentent ce qu’on appelle un « cul-de-sac » épidémiologique. C’est le cas de la rage, dont le virus ne peut pas se transmettre d’humain à humain. Pour d’autres maladies, ils constituent des hôtes accidentels, pas assez compétents pour amplifier, transmettre le pathogène et créer une épidémie, comme dans le cas de l’encéphalite spongiforme bovine. Mais, dans de rares cas, les êtres humains constituent des hôtes offrant les conditions favorables à l’installation du pathogène. C’est vrai pour le virus Ebola et, ces derniers mois, le SARS-CoV 2.
Les maladies nouvellement apparues (dites "émergentes") – dont 75% sont zoonotiques – pouvaient jusqu’à présent faire relativement peu de victimes. Que ce soit le SRAS, la grippe influenza H5N1, le virus Nipah, la fièvre de la vallée du Rift ou le MERS-CoV, ces affections ont cumulé, à elles cinq, moins de 4.000 morts par an. Elles auront toutefois fortement déstabilisé les pays touchés et inquiété les autres.
Par son adaptation et sa diffusion rapide, la Covid-19 est en train d’écrire une nouvelle page de la gestion des maladies infectieuses émergentes, la quasi-totalité des pays du globe ayant été touchés, en une rapidité record. Selon un dernier bilan, consulté le 2 juin 2020, plus de 376.000 personnes sont mortes de ce coronavirus.
En opposition aux maladies zoonotiques émergentes, d’autres maladies infectieuses zoonotiques (comprendre celles impliquant l’animal dans sa chaîne de transmission) sont endémiques dans de nombreuses régions du monde.
Ces affections sont souvent négligées, malgré un nombre important de victimes (59.000 morts par an pour la rage et 30.000 pour la leishmaniose, par exemple) et intensifient souvent les cycles de pauvreté pour des populations déjà vulnérables.
Citons enfin ces maladies infectieuses, non zoonotiques (qui n’affectent pas l’homme), mais impliquant toutefois l’animal dans leur transmission ; celles-ci peuvent engendrer des pertes animales et économiques importantes. Ce fut le cas en Chine, début 2019, avec le virus de peste porcine africaine. Transmis par des suidés sauvages aux élevages de cochons, il a entraîné la mort de centaines de millions d’animaux.
Caractériser le "saut d’espèces": Face à toutes ces situations de saut de pathogène d’une espèce à l’autre, il est important de détailler les facteurs qui favorisent ces phénomènes et d’identifier les éléments inconnus à étudier. Le saut d’espèce, voilà un concept difficile à appréhender tant il désigne une multiplicité de situations. On peut toutefois distinguer deux grands types de sauts.
Il y a d’abord un saut d’espèces que l’on qualifiera d’"évolutif" : il correspond à l’émergence et à l’installation d’un pathogène au sein d’une nouvelle espèce (appelée
dans ce cas "réceptrice") à partir d’une espèce "émettrice" et après adaptation du pathogène à son nouvel hôte.Les exemples récents, et les plus dévastateurs, de ce  type de saut concernent, pour les hommes, la pandémie de sida ; et chez les non-humains, citons la décimation, au XXe siècle, de la population de lapins européens par la myxomatose ; et pour le XIXe, l’impact catastrophique de la peste bovine chez les ruminants africains. Si l’on remonte plus loin dans le temps, nombre de travaux indiquent que les maladies humaines majeures – rougeole, tuberculose ou variole notamment – sont issues d’un saut d’espèces (à partir d’animaux domestiques), il y de cela plus de 10.000 ans. De nombreuses questions entourent ce phénomène: En premier lieu, comment et pourquoi certains pathogènes sont capables d’infecter une nouvelle espèce et de s’y maintenir ? Pour le virologue Thijs Kuiken (Centre médical Erasme de Rotterdam), la probabilité qu’un virus devienne endémique dans une nouvelle population dépend de trois processus : les interactions interspécifiques entre hôtes émetteurs et récepteurs ; les interactions entre l’hôte et le virus chez l’espèce réceptrice ; les interactions entre individus chez l’espèce réceptrice. Si la transmission est possible, la connaissance du réseau de contacts est alors indispensable pour savoir si le virus va persister dans la population ou s’éteindre. Ce type de saut s’oppose à celui, plus "écologique", où le pathogène franchit fréquemment la barrière des espèces, mais sans endémisation dans la population réceptrice. Ou, autrement dit, sans que l’espèce réceptrice puisse maintenir le pathogène sans contamination extérieure ; c’est notamment le cas pour le virus de la rage, qui affecte régulièrement de nombreuses espèces animales.
Des stratégies d’infection variées: Les pathogènes adoptent différentes stratégies pour infecter leurs hôtes. Ils peuvent être spécialistes et n’infecter qu’une seule espèce, comme le Plasmodium falciparum (l’un des cinq parasites responsables du paludisme) chez l’homme, ou généralistes et infecter un large spectre d’hôtes de différents ordres taxonomiques – comme la rage ou le protozoaire Blastocystis hominis. Les raisons de cette variabilité sont encore largement méconnues, mais certains facteurs, telles les routes de transmission indirectes, sont identifiés comme étant associés à une grande variété d’hôtes sensibles.
Même s’ils peuvent infecter différents hôtes, les pathogènes dits "généralistes" sont habituellement, mais pas toujours, moins bien adaptés aux espèces colonisées le plus récemment. Par exemple, la dose requise pour le virus de la rage issu du renard pour infecter les chiens sera un million de fois supérieure à celle nécessaire pour infecter d’autres renards. Le saut d’espèces, qu’il soit plus "évolutif" ou "écologique", est encore un phénomène mal compris. En percevoir les mécanismes constitue une étape clé dans l’étude des maladies infectieuses humaines et animales.
Les facteurs aggravants: Depuis une cinquantaine d’années, on souligne le rôle des "écotones" – ces zones de transitions entre deux types d’habitats – dans l’émergence de maladies infectieuses et la transmission interspécifique. La multiplication d’activités d’élevage à la périphérie d’espaces dédiés à la protection de la nature augmenterait ainsi considérablement le contact entre animaux sauvages et domestiques. Parallèlement, la démographie humaine croissante génère une forte pression sur les milieux naturels. En Australie, l’émergence des virus Hendras et Menangle accompagne, par exemple, une déforestation massive et une agriculture en expansion modifiant l’habitat des chauves-souris, porteuses des virus, en les poussant à exploiter des arbres fruitiers en zones périurbaines.
L’intensification de l’élevage à proximité des zones urbaines a également considérablement réduit les obstacles à la transmission interspécifiques. Près de 50% de la population humaine vit désormais dans un environnement urbain, induisant une connectivité de plus en forte entre espaces ruraux dédiés à l’agriculture et zones citadines. Un cas d’école décrit ainsi l’expansion géographique du virus de l’encéphalite japonaise en Asie du Sud-Est en lien avec l’augmentation de l’irrigation des rizières, de l’élevage porcin et de la démographie humaine.
Le rôle de la biodiversité et de l’homme
Nombre de travaux scientifiques soulignent que l’altération de la biodiversité peut être responsable des évènements d’émergence des maladies.
Hormis le fait que la fragmentation de l’habitation, la déforestation, l’augmentation de l’agriculture et de l’élevage redistribuent totalement les contacts entre espèces, des mécanismes liés à l’épidémiologie du virus sont également en jeu.
En effet, la disparition d’espèces sauvages enlève du système des individus et des espèces qui pourraient jouer le rôle de "cul-de-sac" épidémiologique, car moins adapté et moins capable d’amplifier et de transmettre le pathogène.
Par leur présence, ces individus et ces espèces sauvages permettraient ainsi de "diluer" la transmission des pathogènes. Cette théorie de "l’effet dilution" suggère ainsi fortement que des stratégies de conservation pourraient avoir des effets bénéfiques sur la santé humaine et animale. Malgré l’intérêt d’aligner stratégies de santé publique, vétérinaire et environnementale, cette théorie reste fortement débattue, car extrêmement dépendante du contexte… davantage d’espèces entraînant également un plus large panel de pathogènes. En d’autres mots, la biodiversité des hôtes peut diminuer le risque comme augmenter la transmission de chaque pathogène. La compréhension des mécanismes de diffusion d’un pathogène nécessite souvent de se placer à l’échelle de la communauté d’hôtes. La notion de réservoir se complexifie pour les pathogènes généralistes, et souvent zoonotiques, nécessitant l’adoption d’un paradigme multispécifique. Les conditions du maintien de tels pathogènes dans un système dépendent de la présence ou de l’absence d’une ou de plusieurs espèces hôtes, de la densité de ces espèces et de la fréquence des interactions au sein et entre ces espèces.
Cependant peu d’études montrent à ce jour la part relative de chaque espèce dans les dynamiques spatio-temporelles des maladies infectieuses. De même, les comportements humains et les pratiques culturelles, favorisant l’exposition d’une population à un nouveau pathogène, sont rarement intégrés dans les modèles de diffusion malgré leur importance dans les dynamiques épidémiologiques. Par exemple, la consommation de viande de poulet crue a entraîné des cas mortels d’infection au H5N1 chez l’homme.
Il est temps désormais que la recherche traite sérieusement le rôle de la biodiversité et l’impact de sa détérioration sur nos sociétés, en lien notamment avec le risque infectieux dans le contexte de changement climatique. L’intégration des comportements humains (et de leur hétérogénéité) dans les modèles épidémiologiques est également un défi de recherche pour les années à venir. Pour tout cela, il s’avère capital d’investir dans la formation d’experts internationaux, de mettre en place des approches holistiques et pluridisciplinaires pour comprendre les dynamiques qui animent les hommes, les animaux d’élevage et les animaux sauvages au sein de leurs environnements respectifs.
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

Selon Mme Eve Miguel et Mr Franck Prugnolle - leJDD - mercredi 3 juin 2020

15/06/2020

Lien entre recul de la biodiversité et hausse des pandémies selon des scientifiques...

Un panel d’experts a fait la synthèse des connaissances sur les corrélations entre le recul de la biodiversité et la hausse du nombre d'épidémies comme celle du Covid-19.
C’est un document précieux, qui fait le point sur les liens entre la pandémie du Covid-19 et la crise de la biodiversité. Rédigé par un large panel d’experts de l’environnement et de la santé (du Museum d’Histoire naturelle, du CNRS, de l’INRAE, de l’Institut Pasteur, de l’Anses, de l’OFB, etc.) à la demande de l’ambassadeur à l’environnement, Yann Wehrling, il permet aux pouvoirs publics français de disposer d’un avis scientifique sur le sujet. Mis en ligne le 15 mai sur le site de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), il se présente sous la forme de 22 fiches répondant chacune à des questions précises, cherchant à expliquer les phénomènes de zoonoses (les maladies et infections dont les agents pathogènes se transmettent naturellement des animaux vertébrés à l’homme) et à établir des recommandations face aux risques de celles-ci. Chacune des fiches, dont le contenu se base sur les travaux publiés dans des revues internationales à comité de lecture, expose quels sont les éléments de consensus et de dissensus scientifique sur la question, quels sont le s manques de connaissances ou les biais analytiques, les besoins de recherche et explore le cas particulier du Covid-19.

Plus d’épidémies: Le rapport permet ainsi d’établir qu’on observe une augmentation du nombre d’épidémies chez l’humain depuis cinquante ans, en particulier d’origine animale, «avec une mortalité très variable entre elles (quelques dizaines de cas pour SRAS-CoV-1 et de 12 000 à 20 000 morts pour les maladies à virus Ebola)». Cette hausse du nombre d’épidémies d’origine zoonotique «peut, pour partie, s’expliquer par la multiplication des contacts entre les humains et la faune sauvage». Certains groupes d’animaux sont plus fréquemment que d’autres à l’origine de zoonoses : ceux présentant une forte proximité génétique et physiologique avec l’espèce humaine (mammifères – primates tout particulièrement –, mais aussi d’autres vertébrés comme les oiseaux) et les espèces à longue cohabitation avec l’espèce humaine : animaux domestiques (suidés notamment), commensaux (ceux qui vivent proches des humains, comme les rats ou certains insectes) et gibier. La présence d’un hôte intermédiaire permettant à l’agent infectieux de devenir pathogène pour l’espèce humaine est possible mais pas obligatoire. Certaines maladies zoonotiques peuvent en effet se transmettre directement de l’animal «réservoir» aux humains (rage, brucellose, tuberculose, Ebola, fièvres à hantavirus, leptospirose).

Lien avec la déforestation:La science «met en évidence de façon croissante des corrélations entre changements environnementaux globaux, perte de biodiversité et des services de régulation associés et émergence ou augmentation de la prévalence de maladies infectieuses», établit le rapport. «Il existe ainsi un fort consensus en faveur d’un lien entre déforestation, dans ses différentes dimensions, et multiplication des zoonoses, en Asie, Afrique et Amérique du Sud», indiquent les scientifiques.
Le développement des infrastructures humaines, et notamment des voies de communication, agit aussi comme un «facilitateur de zoonoses et contribue à les transformer en épidémies et pandémies». Idem pour le développement urbain, qui accroît les risques sanitaires en favorisant les contacts avec certains éléments de la faune sauvage, notamment dans les zones périurbaines. Le lien entre consommation de viande de brousse et maladies infectieuses émergentes «a été établi dans plusieurs cas», constate le rapport. Les risques d’infection sont amplifiés par une méconnaissance des risques sanitaires par les populations, et la demande croissante, en volume et en espèces, pour nourrir un marché de faune sauvage devenu urbain et global. Certes, «les élevages industriels permettent la mise en place de mesures de biosécurité, les risques d’émergence de maladies y sont donc moins fréquents, mais quand l’émergence se produit, une maladie peut s’y propager rapidement et gagner, via les échanges commerciaux, toute une filière de production, comme l’ont montré les épidémies de grippe aviaire».

Aires protégées: ôté solutions, les experts évoquent la tentation que pourraient avoir certains d’éliminer purement et simplement les espèces susceptibles d’être à l’origine de zoonoses. Mais «au-delà des problèmes éthiques qu’elle soulève», cette tentation apparaît «comme une gageure et surtout peut se révéler totalement contre-productive au regard de l’objectif sanitaire recherché et extrêmement coûteuse». Plutôt que d’envisager des éradications, populations humaines, animaux d’élevage et animaux de compagnie «doivent se tenir à distance des hôtes potentiels de pathogènes pouvant être à l’origine de zoonoses». Et quand c’est possible, la vaccination des humains, animaux domestiques ou d’élevage et des hôtes sauvages «constitue une solution éprouvée». Il est aussi nécessaire de «mieux comprendre les relations complexes et très diversifiées que les humains entretiennent avec la faune sauvage» et d’investir «dans la sensibilisation, dans l’éducation», notamment des enfants, afin de réduire les risques d’interactions directes avec la faune sauvage. Les scientifiques estiment par ailleurs qu’il faut développer les aires protégées pour préserver les habitats de la faune sauvage et réduire ses contacts avec les humains. Cette stratégie de développement des aires protégées devrait favoriser le dialogue avec les populations locales, «qui peuvent être des acteurs de la protection de la biodiversité».

Le document identifie un certain nombre de lacunes et de manques de connaissances, et les experts comptent donc poursuivre leurs travaux et enrichir ceux-ci au fur et à mesure des apports de la communauté scientifique. Mais il constitue déjà un état des lieux complet des recherches actuelles, permettant d’aider à analyser les causes de la pandémie de Covid-19, d’en tirer les enseignements et de prendre des mesures préventives pour réduire les risques de survenue d’une nouvelle pandémie. «Référence»: Le but étant, in fine, que ce document «serve de référence pour des travaux qui se poursuivront à l’échelle internationale», avance Yann Wehrling. La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, un groupe international d’experts sur la biodiversité équivalent à celui du Giec pour le climat), planche en ce moment sur le même sujet «pandémies et biodiversité», dans le but de rendre une copie aux Etats en septembre, date à laquelle doit avoir lieu à New York un sommet de l’ONU sur la biodiversité. Dans cette optique, et à la lumière du rapport des experts français, Yann Wehrling a transmis ce vendredi une série de recommandations aux sept ministères concernés (Environnement, Affaires étrangères, Agriculture, Santé, Recherche, Outre-Mer, et Economie), qu’il espère voir portées à l’échelle internationale. Parmi les chantiers qu’il souhaite voir ouvrir, figurent le renforcement de la recherche en santé-environnement, une «régulation voire une interdiction des marchés, commerces, et consommations d’animaux sauvages vivants, ou du moins des espèces les plus probablement vectrices de maladies infectieuses», le renforcement de la protection des habitats naturels notamment en zone intertropicale afin de réduire au maximum les brassages homme-faune sauvage et une prudence sur les élevages et les transports d’animaux. Dans tous les cas, si la France venait à adopter et défendre ce type de mesures, elle devrait peser de tout son poids face aux administrations de Donald Trump aux Etats-Unis et de Jair Bolsonaro au Brésil, hostiles à la protection de la biodiversité.
Selon Mme Coralie Schaub - Liberation - dimanche 24 mai 2020

09/06/2020

Journée mondiale des abeilles, il est urgent d'agir ...

       
 
 
Une action concrète
Zone de BZZZ logo
 
A l'occasion de
la journée mondiale des abeilles
 
semons des graines mellifères
 
 
Chères amies, chers amis.
Plus de 7 500 personnes ont déjà créé une Zone de BZZZ en semant des graines spécialement sélectionnées par un semencier bio pour nourrir les insectes pollinisateurs.
Sans les insectes pollinisateurs, la plupart de nos fruits et légumes ne pourraient pas être cultivés. 80% des espèces végétales et 84 % des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation.
En dix ans, les ventes d’insecticides ont augmenté de 350% en France ! Triste record qui place la France dans le peloton de tête des plus gros utilisateurs de pesticides !!! En 2018, ce sont 76 701 tonnes de substances actives qui ont été achetées. Or, chacun sait désormais que ces produits toxiques ont un impact significatif sur les habitats naturels, les populations d’abeilles et insectes pollinisateurs.
IL Y A URGENCE

Les Nations Unies ont créé cette journée mondiale des abeilles pour attirer l’attention sur l’effondrement des populations d’abeilles ! Nous pouvons agir concrètement en offrant aux pollinisateurs des espaces de fleurs source de biodiversité.
 
Créez une Zone de BZZZ
Ou cliquez sur le lien : https://fr.ulule.

08/06/2020

Journée mondiale de l'océan selon Greenpeace...

 

Nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de l’océan. À cette occasion, nous voudrions partager une bonne nouvelle avec vous : le nombre de baleines à bosse augmente ! L’une des populations de l'Atlantique Sud a, par exemple, retrouvé 93 % de ses effectifs recensés au 19e siècle. C’est ce que révèle l’étude que décrypte le Dr Kirsten Thompson, scientifique spécialiste de la faune marine de l'université d'Exeter au Royaume-Uni, dans un article publié dans le Time Magazine. Le Dr Thompson faisait partie des scientifiques qui étaient à bord de nos bateaux l’année passée, pour notre expédition de l’Arctique à l’Antarctique.

Avant l’interdiction de la chasse à la baleine en 1986, de nombreuses populations de baleines avaient été pratiquement décimées. Ces découvertes réjouissantes nous montrent à quel point la mise en place de mesures de protection est vitale pour permettre à une espèce de se rétablir. La partie n’est pas encore totalement gagnée cependant, car de nombreuses menaces pèsent encore sur les océans : surpêche, forages en eaux profondes, pollution plastique mais aussi dérèglements climatiques, qui mettent en danger toute la biodiversité qu’ils abritent.

C’est pourquoi, comme vous le savez sans doute déjà, Greenpeace demande l’adoption par les Nations unies d’un traité ambitieux pour les océans, qui permettra la création d’aires marines protégées dans les eaux internationales. D’après les scientifiques, il est indispensable de protéger ainsi au moins 30 % des océans d’ici à 2030 pour garantir leur bonne santé globale sur le long terme.

Je soutiens Greenpeace
pour protéger les océans



est la preuve. Aussi, nous espérons pouvoir compter sur votre engagement .

Merci infiniment,

L’équipe Greenpeace

03/06/2020

Dresser des chiens à détecter le virus Covid 19...

Pour Mashable, le journaliste Emmet Smith a contacté un centre londonien consacré à des formations en hygiène et médecine tropicale. Il a interrogé le professeur James Logan, qui dirige le département de contrôle des maladies. L'équipe du professeur Logan entraîne actuellement un groupe de chiens à utiliser leur odorat dans le but de détecter les personnes positives au Covid-19.

Depuis des années, Logan et ses partenaires travaillent notamment sur la façon dont certaines infections modifient notre odeur corporelle, de manière à utiliser ce facteur pour diagnostiquer des maladies. Parmi leurs travaux précédents, on peut citer une découverte importante au sujet du changement d'odeur lié à la malaria, qui a pour effet de rendre les sujets plus attrayants pour les moustiques, mais qui présente également l'avantage de pouvoir être détectée par des chiens suffisamment entraînés.

«Ayant toutes les raisons de croire que le Covid-19 change lui aussi l'odeur corporelle, nous avons décidé de travailler là-dessus», affirme James Logan dans une vidéo publiée par Mashable. C'est ainsi que six chiens détecteurs de malaria sont actuellement formés à repérer les sujets porteurs du coronavirus. Une fois les tests suffisamment concluants, l'objectif est de commencer à entraîner d'autres animaux.

Selon le professeur Logan, un chien peut actuellement scanner jusqu'à 250 personnes par heure. L'idée est de les utiliser notamment dans des lieux-clés tels que les ports ou les aéroports.

James Logan tient à se montrer rassurant: non, ces chiens ne peuvent pas être contaminés par le Covid-19, contrairement aux chats; non, ils ne peuvent pas non plus être des porteurs sains. En revanche, puisque le virus peut se fixer sur eux «comme sur n'importe quelle surface», Logan certifie que des protocoles très stricts ont été mis en place afin d'éviter qu'ils ne contaminent les personnes suivantes après avoir été en présence d'un cas positif... et afin de «garantir le bien-être» des animaux, dont il affirme avec insistance que c'est l'une de ses priorités.

Selon Slate.fr - Slate - samedi 16 mai 2020

30/05/2020

Une décroissance bénéfique pour la planète?

Instauré le 17 mars, le confinement a mis sous cloche l'économie française, provoquant dans le pays une décroissance subie, avec ses bons et ses mauvais côtés. De quoi permettre aux adversaires de la croissance infinie de devenir audibles.
Ils étaient jusqu'ici considérés comme des marginaux. Aux yeux des politiques, ils étaient au mieux des idéalistes aux idées utopiques, au pire des illuminés ignorants du fonctionnement de l'économie. Mais à la lumière des conséquences du confinement imposé depuis le 17 mars pour lutter contre la pandémie de Covid-19, les théoriciens de la décroissance deviennent audibles et leurs idées s'immiscent petit à petit dans le débat.
Dans une tribune publiée mardi 28 avril dans Libération et intitulée "Confinement : en demi-résonance avec notre décroissance", un collectif d'intellectuels dresse notamment la liste des conséquences sur nos vies de la situation actuelle subie.
"Moins de production, moins de consommation, et par conséquent moins d'extractions, moins de déchets, moins de pollutions, moins de déplacements, moins de bruit (…). Nous entendons parler relocalisation, circuits courts, ralentissement, renoncement. Nous participons ou assistons à des manifestations de solidarité, de créativité, nous contemplons l'éveil du printemps", écrivent ces tenants de la décroissance.
Pour autant, ceux-ci relèvent également que l'arrêt net de l'économie a également eu un impact négatif sur de nombreux citoyens, en particulier les plus pauvres et les plus précaires. "La décroissance que nous vivons actuellement est en réalité non souhaitable et non souhaitée car on subit quelque chose d'extrêmement violent", explique l'un des signataires, Vincent Liegey, porte-parole du Parti pour la décroissance, contacté par France 24. "Or, nous alertons depuis deux décennies déjà : nous avons le choix pour l'avenir entre une décroissance choisie ou une récession subie. Nous vivons en ce moment un aperçu de ce qui nous attend en pire si nous n'abandonnons pas la religion de la croissance infinie."
"La politique peut reprendre la main sur l'économie"
Pour les théoriciens de la décroissance, la poursuite effrénée de la croissance conduit à la destruction de la planète, l'accroissement des inégalités, des dérives démocratiques et le délitement des liens sociaux, la perte de sens.
Ils ne prônent pas une décroissance du PIB en tant que tel, mais veulent repenser nos sociétés et nos modes de vie. Pour cela, ils proposent notamment de mettre fin à la surconsommation et à l'utilisation des énergies fossiles, de miser sur la relocalisation économique et sur l'économie circulaire, de mettre en place une dotation inconditionnelle d'autonomie ou encore un revenu maximum.
De nombreuses propositions qui se retrouvent aujourd'hui dans le débat public et même, pour certaines, jusque dans les discours du président de la République. Emmanuel Macron a ainsi évoqué la nécessité de relocaliser en France la production des produits de santé comme les médicaments ou les masques.
"Alors qu'on nous expliquait qu'il était impossible de transformer notre économie ou de ralentir des secteurs toxiques et polluants, un simple virus nous a montré que la politique peut reprendre la main sur l'économie, souligne Vincent Liegey. Nous allons désormais assister à un rapport de force entre ceux qui voudront continuer comme avant et ceux qui veulent imaginer un modèle économique indépendant de la croissance.
La partie promet toutefois d'être relevée tant le gouvernement et l'immense majorité de la classe politique, à droite comme à gauche, ne jure que par la croissance pour  améliorer la vie des citoyens. Car même les tenants de la transition écologique proposent une "croissance verte" pour remplacer la croissance existante.
La décroissance de plus en plus soutenue par les Français
Or, celle-ci repose sur le concept de "découplage", qui suppose de faire croître continuellement le PIB tout en réduisant de manière généralisée l'empreinte écologique liée aux activités économiques. "Mais toutes les études nous montrent que c'est impossible. Le seul moment où on a des progrès pour l'environnement, c'est quand l'économie ralentit", affirme Vincent Liegey.
Des propos également tenus par l'ancienne ministre de l'Écologie et actuelle députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, en novembre 2019, lors de l'examen de la loi antigaspillage en commission à l'Assemblée nationale. "Le découplage, ça n'existe pas. La croissance du PIB est fondée sur la consommation d'énergie et sur la consommation de matière. Et on explose les limites planétaires."
Si la présidente du parti Génération Écologie est esseulée parmi la classe politique, les études d'opinion montrent en revanche que la décroissance gagne du terrain au sein de la population.
Un sondage Odoxa, publié dans Challenges le 3 octobre 2019, montre en effet que 54 % des Français pensent que le moyen le plus efficace pour résoudre les problèmes écologiques et climatiques actuels et futurs est de "changer fondamentalement notre mode de vie, nos déplacements et réduire drastiquement notre consommation". À l'inverse, ils ne sont que 45 % à estimer qu'il faut "investir massivement pour développer des technologies plus propres et plus respectueuses de l'environnement".
"Une transformation silencieuse de la société opère depuis quelques années avec un soutien grandissant pour les idées de la décroissance, observe Vincent Liegey. L'enjeu désormais est de transformer le choc que nous vivons en projet politique."

Selon Mr Romain BRUNET - France 24 - mercredi 29 avril 2020

20/05/2020

Pourquoi préserver la biodiversité est bon pour notre santé?

Les scientifiques sont formels : si l’humanité veut se prémunir au maximum de l’apparition de nouvelles épidémies telles que le Covid-19, il lui faut absolument et de toute urgence préserver la biodiversité, c’est-à-dire la diversité du vivant sur Terre, la diversité au sein des espèces et entre espèces, ainsi que celle des écosystèmes.
Autrement dit, il lui faut bichonner, par exemple, les forêts et leurs habitants. Parce qu’en déforestant massivement, les animaux sauvages perdent leur habitat, ce qui favorise leurs contacts avec les animaux domestiques et les humains, augmentant les risques d’apparition de zoonoses comme le Covid-19, qui trouve son origine dans un coronavirus de chauve-souris.
A l’inverse, les milieux riches en biodiversité contribuent à «diluer» parmi de nombreuses espèces les agents infectieux de ces maladies transmises de l’animal à l’humain. Contre les maladies infectieuses, la biodiversité est donc un sacré antidote. Mais derrière ce mot apparemment abstrait, voire abscons, se cachent d’autres bienfaits très concrets pour notre santé et notre bien-être. Car la diversité du vivant, dont nous faisons partie, nous l’oublions trop souvent, permet aussi d’éviter les maladies chroniques et mentales ou de nous fournir des médicaments.C’est aussi tout simplement ce qui nous permet de vivre. La nature, dans toute sa richesse, purifie l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons, elle nous assure une alimentation saine et diversifiée, un climat stable… Petit tour d’horizon de tous ces bénéfices et services que la nature nous offre gracieusement. De quoi comprendre, en creux, que nous paierons très cher, au propre comme au figuré, si nous continuons à la saccager.

La biodiversité, c’est l’eau potable: Sans eau, pas de vie, pas de santé. Une évidence. Et sans biodiversité, pas d’eau douce en quantité et qualité suffisantes. Un peu moins évident, a priori. Et pourtant, la biodiversité offre moult services liés à l’eau. Les écosystèmes de forêts, zones humides ou de montagne permettent de nous approvisionner en eau douce (réserves d’eau souterraine, d’eau pluviale et d’eau de surface, soutien au cycle de l’eau…) mais aussi de purifier l’eau (grâce notamment à la filtration et la décomposition des déchets organiques et des polluants dans l’eau, par des plantes ou des animaux comme les mollusques bivalves).

«La végétation capture l’eau, la retient, elle est récupérée par les sols, qui sont eux-mêmes entretenus par la végétation, et quand il y a évaporation à travers la respiration des plantes, cela crée de la pluviosité locale», explique Philippe Grandcolas, spécialiste de l’état de la biodiversité et directeur de recherche CNRS au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Qui poursuit : «Les plantes et tous les composants biologiques du sol absorbent aussi certains éléments de l’eau et la filtrent. C’est un système d’une complexité incroyable qu’on a du mal à reproduire. Quand on fait des centrales d’épuration des eaux, on essaie de faire des bassins avec des micro-organismes qui digèrent certains types de substances, on récolte des boues dans lesquelles certains polluants se sont fixés, mais on a du mal à atteindre l’efficacité des écosystèmes.» Et cette imitation imparfaite de la nature a un coût astronomique. En France, dépolluer l’eau des pesticides et nitrates déversés par l’agriculture intensive pour la rendre potable coûte environ 1,7 milliard d’euros par an. Et «le coût complet du traitement annuel de ces excédents d’agriculture et d’élevage dissous dans l’eau serait supérieur à 54 milliards d’euros par an».

Les milieux naturels tels que les forêts fournissent de l’air de bonne qualité, indispensable à notre santé. La végétation permet aussi de lutter contre la pollution atmosphérique. Ce qui est tout sauf anecdotique : selon une étude parue en 2019 dans l’European Heart Journal, celle-ci tue plus que le tabac, en étant responsable de 8,8 millions de morts prématurées par an dans le monde, dont 67 000 en France, en grande partie à cause de maladies cardiovasculaires. Pour échapper à ce sort funeste, mieux vaut bien sûr avant tout éviter de polluer. Mais en attendant, la biodiversité peut venir à notre rescousse en aidant à purifier l’air.

Les plantes, surtout les arbres à feuilles rugueuses, sont capables d’absorber certains gaz polluants, via leurs stomates et leurs feuilles. Les particules, elles, se déposent temporairement à la surface des feuilles. Au Royaume-Uni, les forêts permettent d’éviter de 5 à 7 morts prématurées et de 4 à 6 hospitalisations par an en réduisant la pollution au dioxyde de soufre (SO2) et aux particules fines inférieures à 10 microns (PM10), selon une étude de 2004. Une autre étude de 2011 estime que la canopée du grand Londres permet d’éliminer 0,7% à 1,4% de particules fines PM10 dans la ville. Ce qui peut paraître peu à l’échelle de l’agglomération mais est bien plus important proportionnellement dans les zones les plus polluées.
La quantité totale de particules fines inférieures à 2,5 microns (PM2,5, encore plus dangereuses pour la santé que les PM10) «nettoyées» chaque année par les arbres varie aux Etats-Unis selon les villes, allant de 4,7 tonnes à Syracuse à 64,5 tonnes à Atlanta, d’après une étude de 2013. Avec, à la clé, dans les dix villes étudiées, une mortalité évitée d’une personne par an et par ville en moyenne… mais de 7,6 personnes par an à New York.
 Selon  Libération le 30/4/2020.

12/05/2020

Un chien est-il capable de détecter le Covid 19?

Les chiens sont capables de prouesses inouïes. Capables de détecter des fuites de gaz, des traces d'explosifs, des victimes enfouies sous la neige, la présence de molécules propres à une maladie (cancers, diabète...)... C'est cette dernière capacité qui interroge les chercheurs.

"On a détecté le Covid-19 en moins de 25 minutes"
Pour appuyer cette théorie, voici le témoignage de Sidi Drici, un plombier à Melun interrogé par Europe 1. Le trentenaire explique avoir été contacté par une association britannique intéressée par son chien, un berger malinois capable de repérer des fuites de gaz. Il se rend alors à Londres pour des tests. Il y avait douze bocaux. Ils ont mis la molécule dans un des bocaux et la chienne l'a trouvé ! Il faut imaginer que c'est un laboratoire, mais au lieu d'avoir le résultat en trois semaines, vous l'avez en quelques secondes."Un exemple qui appuie un peu plus cette théorie. Nous le savons, un chien possède près de 300 millions de récepteurs olfactifs, soit près de soixante fois plus que l'homme. Ce qui lui permet d'avoir un "super-odorat".
Un essai en France avec des chiens de pompiers
Grâce à nos connaissances sur nos amis à quatre pattes et à ces différents exemples, Dominique Grandjean, professeur à l’École Vétérinaire de Maison Alfort et chef du service vétérinaire des Pompiers de Paris, a lancé un essai à Paris qui doit débuter la semaine prochaine.
Dans cet essai, quatre chiens de pompiers à Paris et quatre autres chiens de pompiers et de gendarmes en Corse vont être testés pour dépister la présence du Covid-19. Habitués à renifler des molécules bien précises, parfois plusieurs dizaines, leur apprentissage devrait être très rapide. Le professeur Grandjean explique le processus dans des propos relatés par France Inter.
"Un chien qui fait de la recherche d'explosifs est déjà initié à une quarantaine de molécules, si on rajoute le Covid, ça n'en fera finalement pour lui qu'une 41e à assimiler, c'est dans ses cordes, on n'a pas besoin de reprendre tout le travail de mémorisation depuis le début, sa formation Covid peut par conséquent être très rapide. Avec ces chiens, on gagne du temps."
Il faut être prudent car on ne sait pas encore officiellement si le coronavirus produit des molécules spécifiques et si les chiens sauront les détecter, même si cela paraît très probable. "On est vraiment dans le domaine de l’expérimental, mais je suis convaincu que ça va marcher" assure Dominique Grandjean.

Selon Mr Anthony Detrier - Gentside - jeudi 23 avril 2020

05/05/2020

Observations des oiseaux, papillons et insectes en hausse pendant le confinement...

Les observations réalisées par des naturalistes amateurs sont en forte hausse depuis le début du confinement.
Des merles, des moineaux, des mésanges bleues ou charbonnières, des pinsons des bois, des tourterelles… C’est un déluge de signalements qui s’abat cette année sur le site Oiseaux des jardins. Le programme de «science participative», créé en 2012 par le Muséum national d’histoire naturelle et la Ligue pour la protection des oiseaux, recueille tout au long de l’année les observations réalisées par des naturalistes amateurs depuis leur balcon, leur fenêtre ou leur jardin. Elles sont en forte hausse depuis le début du confinement - avec près de 14.000 nouveaux comptes créés sur la plateforme électronique. «Nous avons reçu 330.000 signalements depuis le 16 mars, un record! L’année se finira avec une masse de données exceptionnelle», se réjouit Frédéric Jiguet, chercheur au Muséum.
Ces observations, réalisées en ville ou à la campagne, vont rejoindre la base de données utilisée par les ornithologues pour mener à bien leurs recherches. De nombreuses études sur les oiseaux, les insectes pollinisateurs ou les papillons ont ainsi été menées grâce à la science participative. La dernière en date montre que les petits oiseaux agricoles comme le bruant ou le moineau friquet sont plus dépendants, en hiver, des mangeoires installées dans les jardins dans les régions où l’agriculture est intensive.
Une participation large du public est précieuse, précise Frédéric Jiguet: «Plus les données sont nombreuses, plus on pourra estimer avec précision la taille des populations d’oiseaux. Cela nous permettra par exemple de vérifier la présence du merle noir sur tout le territoire. Nous sommes inquiets de l’état de l’espèce dans certains départements où l’oiseau a été décimé il y a deux ans par un virus (non transmissible à l’homme).» Le décompte du grand public est d’autant plus attendu que les scientifiques sont confinés à domicile, et les campagnes de baguage des oisillons suspendues.
Aiguiser sa sensibilité
Nul besoin de connaître les oiseaux des jardins sur le bout des doigts pour participer au programme, il est accessible à tous. Sur le site internet, les espèces
à compter sont décrites et présentées sous forme de petites vignettes sur lesquelles il suffit de cliquer pour déclarer le nombre d’oiseaux repérés. Les signalements sont ensuite validés par des ornithologues expérimentés - submergés en ce printemps par la quantité de signalements reçus. Il n’est pas toujours facile de reconnaître le gobe-mouches gris ou de distinguer la mésange noire de sa cousine charbonnière, alors ils sont vigilants.
Au-delà de la hausse des signalements, cette pause forcée à nos balcons pourrait avoir d’autres vertus. «Prendre le temps d’observer la nature, même si ce n’est que quelques minutes par jour, est bon pour le moral, remarque Anne Dozières, directrice du programme de science participative du Muséum, Vigie-Nature. De nombreux participants nous disent que cela les aide à passer le cap du confinement.» Les défenseurs de la nature espèrent aussi que cette parenthèse permettra d’aiguiser la sensibilité écologique des nouveaux venus. C’est probable. Il a été observé que la participation à ces campagnes d’observation enrichit la connaissance des espèces, et conduit à l’adoption de comportements plus vertueux. Selon une étude, les participants à un programme d’observation des papillons ont ainsi tendance à changer leurs pratiques de jardinage au fil du temps, bannissant les pesticides et semant plus d’espèces riches en nectar.
Les données recueillies pendant le confinement devraient enfin aider à mieux appréhender les effets de cette période inédite sur la biodiversité. Quel sera l’impact à plus long terme de cette pause des activités humaines? Selon le président de la Ligue pour la protection des oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, certaines espèces animales auront profité d’un répit appréciable en pleine période de reproduction. «En l’absence de voitures, les hérissons, dont 1,8 million sont écrasés chaque année sur les routes, les reinettes, très sensibles à la pollution sonore, ou encore les crapauds, auront pu transhumer en sécurité, dit-il. Cette année aussi, les gravelots, ces petits oiseaux de bord de mer, pourront en Bretagne nidifier dans les cailloux sans être dérangés par la présence humaine.»

Il est possible d'approfondir le thème en se connectant sur  www.faune-france.org (Lyliane)

www.faune-france.org

Selon Mme Delphine Chayet - Le Figaro - jeudi 16 avril 2020

 

 

03/05/2020

Cantines scolaires avec moins de viande!

13 rue d'Enghien
75010 Paris

Agriculture

Je me mobilise pour des repas végétariens à la cantine

 EN SAVOIR PLUS
 
 

Moins de viande dans la restauration collective : à vous de jouer !

Agriculture

Déforestation, perte de biodiversité, changement climatique, pollution des eaux… Notre alimentation a un impact considérable sur l’état de notre planète. La surconsommation de certains produits, en particulier industriels, présente également de lourdes conséquences sur notre santé – adultes comme enfants.

Pourtant, la demande mondiale de viande et de produits laitiers continue de monter en flèche. Les Nations unies prévoient une augmentation de la consommation de viande de 76 % d’ici 2050. Rien qu’en 2018, 76 milliards d’animaux ont été abattus pour nourrir la population humaine (sans compter les poissons). Si on ne fait rien pour y remédier, l’agriculture pourrait ainsi être responsable de 52 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre dans les prochaines décennies, dont 70 % seront liées à la production de viande et de produits laitiers.

Ces perspectives ne sont guère réjouissantes, n’est-ce pas ? Cependant, tout n’est pas perdu ! Nous choisissons le contenu de nos assiettes ; nous pouvons donc participer grandement à la solution. Peut-être avez-vous déjà réduit votre consommation de viande (dans ce cas, bravo !), mais il est possible de faire plus. Depuis la promulgation de la loi Agriculture et Alimentation votée en octobre 2018, les cantines ont jusqu’à 2022 pour introduire au moins 50 % de produits dits “durables” (ce qui ne veut pas dire grand chose, soyons clairs), dont 20 % de produits bio. Elles ont également un an pour mettre en place des menus végétariens une fois par semaine. Ces menus peuvent être composés de protéines animales (fromage, œuf) ou végétales (légumineuses, céréales).

Nous avons besoin de votre aide pour que les collectivités et établissements scolaires concernés mettent en place ces mesures, sans attendre les délais proposés par la loi.

 

Surtout, nous avons besoin que ces mesures soient une véritable réussite. En effet, dans certains établissements, des menus végétariens industriels et peu goûteux ont été instaurés. Résultat, les parents ou les élèves se plaignent et militent pour un retour de la viande dans les assiettes…! Or, la mise en place de menus végétariens prévue par la loi est en fait une expérimentation de deux ans. A l’issue de ce délai, l’expérimentation sera évaluée (gaspillage alimentaire, taux de fréquentation, coût des repas...). Il est donc essentiel que les menus végétariens proposés soient de bonne qualité (cuisinés à partir de produits frais, bio et locaux, et en évitant les substituts ultra-transformés de type nuggets, remplis de sucre, de sel et d’additifs) et qu’ils soient véritablement savoureux.

Votre action s’inscrira ainsi dans le mouvement mondial des citoyen.ne.s engagé.e.s pour une alimentation plus saine et plus durable, dans toutes les villes et tous les pays du monde.

Selon Greenpeace

01/05/2020

Lundi vert: pourquoi ne pas prolonger l'expérience?

Le journal La Bannière de l'ONG Greenpeace fait le point concernant l'opération "lundi vert" qui était lancée il y a un an. Elle consiste à encourager le grand public à ne consommer ni viande ni poisson le lundi. Le bilan de cette année de test est encourageant: en effet, 87% des personnes interrogées ont déclaré vouloir poursuivre cette expérience. Gageons qu'elle portera des fruits à court terme et deviendra une habitude de vie!

C'est une bonne nouvelle certes car il s'agit de lutter contre la surproduction de soja pour nourrir les animaux et la surconsommation de viande par les habitants des pays développés. Ces excès ont une incidence catastrophique à la fois sur notre santé (obésité, cholestérol, maladies cardio-vasculaires) et sur l'environnement. Beaucoup de surfaces agricoles ont été, en effet, déforestées dans certains pays, afin de favoriser un élevage extensif. Quant à la surpêche, elle ne permet plus à la ressource de se régénérer; elle abîme les coraux et arrache les algues où vivent des colonies de petits poissons.

Pour s'informer à ce sujet, consulter le site Internet: www.greenpeace.bit.ly/lundi-vert.

Lyliane