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09/09/2018

Ecorcer les chênes-lièges et relancer l'économie locale bio dans le Var (83)...

La vie est-elle un perpétuel recommencement? On est en droit de se poser la question! En effet, autrefois, le département du Var était florissant grâce à ses produits issus de la nature: fleurs, vin, fruits, châtaignes, liège… Et puis, après la dernière guerre, des industriels ont tenté de nous persuader que tout cela était "vieux jeu", que l'on pouvait cultiver hors-sol, que les bouchons en plastique coûtaient moins cher que ceux en liège, que garder le vin dans des cuves en inox était mieux que dans des tonneaux de bois... 

Et alors, fabriques de tonneaux, de bouchons de liège, sites d'horticultures... ont commencé à péricliter. Les fleurs sous serre avec goutte à goutte distribuant force produits chimiques ont remplacé les si belles cultures de plein champ. Nos forêts de chêne-liège sont retombées dans l'oubli. Mais s'endetter auprès des banques, s'empoisonner en traitant vignes et fruitiers n'a eu qu'un temps! Des agriculteurs ont commencé à s'en rendre compte. C'est dans le Var, en effet, que le premier village entièrement bio nommé "Correns" a vu le jour grâce à son maire et à ses viticulteurs. Les premières A.M.A.P. (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) ont été crées dans le département 83 avant d'essaimer dans toute la France.

Car, certaines personnes avisées ont réalisé que produire de la qualité, c'est à dire sans produits nocifs pour la santé, pouvait redevenir à la fois rentable et bénéfique. En effet, ils se sont aperçus par exemple que leur terroir souffrait, que la concurrence de pays chauds où cultiver fleurs et fruits coûte moins cher en main d'œuvre ou en chauffage de serres avait commencé à freiner cette expansion promise. Ce fut un sursaut salutaire et durable!

Aujourd'hui, écrit Mme Y. Macé dans la revue "Nous", on recommence à écorcer les chênes - lièges dans les forêts privées du Var de la mi juin à la mi août, grâce notamment à la Société Prima-Liège et à son directeur Mr Romain Pons. Le potentiel est immense (150 tonnes d'écorce), mais pour le moment l'autorisation d'exploiter les forêts domaniales reste frileuse de la part de l'O.N.F. Des emplois de leveurs de liège ont été crées. Il y aurait l'opportunité de bâtir des usines, afin de fabriquer des bouchons de liège sur place au lieu d'envoyer la plupart des écorces au Portugal. Taillés dans la longueur de l'écorce, les bouchons du Var sont en effet d'excellente qualité et ferment des bouteilles de crus de qualité. Quant aux déchets de liège, ils servent d'isolant ou de revêtement de sol.

Le bilan carbone de tous ces retours aux sources est excellent et encourageant. Il mériterait d'être soutenu par les autorités locales, celles de PACA, du pays même et surtout par les consommateurs. Achetons donc de préférence fleurs et fruits locaux et de saison. Préférons le vin bio (au Domaine des Fouques à Hyères et à St André de Figuières à La Londe des Maures), les jus de fruits bio, les fruits et légumes sans produits pesticides ou OGM. Cela fera redémarrer l'économie de la région et pérennisera les fermes, les domaines, les entreprises ayant fait le choix de la qualité. Sans parler de l'exemple donné à toutes les communes du pourtour méditerranéen!

Pour aller plus loin sur ce sujet, consulter par exemple les sites Internet de www.prima-liege.com, www.fouques-bio.com ou de: 

https://www.la-provence-verte.net/decouvrir/correns.php
 

Lyliane

21/08/2018

Une belle expérience d'auto-construction...

Sur la 5ème chaîne, lors de l'émission Echologis, nous avons pu voir comment un jeune couple avec enfant, passionné d'écologie, s'est lancé dans l'auto-construction. Ils ont déniché une propriété dans l'Isère à flanc de montagne où subsistait une grange ancienne environnée de champs et d'arbres. Thierry et Céline se sont tout à coup découvert une âme de "gardiens du patrimoine". Grâce aux conseils éclairés d'un architecte à sensibilité écologiste, ils ont envisagé la surélévation et l'extension de cette grange de pierre. Leur souci principal a été de limiter l'impact des travaux sur leur écosystème environnant.

Le résultat au bout 8 ans: une construction de forme arrondie, dans laquelle on peut suivre la course du soleil. Cette maison passive de 200 m2 habitables se chauffe très facilement par un poêle à bois  (420 euros par an environ). Beaucoup d'anciennes portes et poutres ont été récupérées. Quant aux murs, ils ont été rejointoyés. Les bons gestes ont peu à peu été appris d'ouvriers du coin, notamment pour la technique des enduits à la terre. Le sol est en terre cuite damée;  l'escalier a été construit selon les conseils d'un menuisier. Et la peinture blanche des murs intérieurs est à base d'argile. Ce sont les moutons du voisin qui tondent l'herbe. Les légumes cuisinés donnent leurs déchets au compost. Quant à l'eau d'arrosage du jardin, elle est récupérée des 200 m2 de toiture dans une énorme cuve de 5000 litres.

Puis Thierry et Céline se sont impliqués dans la vie du village en créant une A.M.A.P. Cela a facilité l'installation et la pérennisation d'exploitations agricoles et même d'une scierie. Cet exemple réussi d'auto-construction a en effet boosté l'économie locale (planchers en châtaigniers…). Thierry a même récemment écrit un livre pour partager son expérience et montrer les avantages d'une telle forme de construction: prix des matériaux, artisans à contacter, conseils… Selon leur témoignage, on ne vit pas de la même façon dans une maison auto-construite que dans une maison prévue et réalisée par d'autres personnes! 

Pour voir leur témoignage, contacter l'émission Echologis sur M5 en replay ou en streaming:https://www.france.tv/france-o/echo-logis/

 Lyliane

 

20/09/2017

Initiative solidaire pour soutenir l'agriculture paysanne...

J'apprends avec un certain décalage dans le temps puisque l'article du Journal La Croix date de septembre 2016 qu'en Pays de Thau (Hérault) près de 80 familles se sont engagées à soutenir l'agriculture paysanne au sein d'une AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) nommée Cantagal. Cette association s'est formée autour de la ferme de Magali et Denis Dorques à Villeveyrac, gros bourg de 3700 habitants. Tous les amapiens (consommateurs en Amap) sont ouvertement pour le maintien d'une agriculture paysanne, locale et bio.

Ces consommateurs en AMAP "bénéficient ainsi de légumes sains et savoureux, mais ont surtout crée une communauté conviviale, où la solidarité n'est pas un vain mot". Pour eux, cet engagement associatif "est un choix de manger différemment et ça participe à la qualité de vie". C'est également une philosophie et une occasion à la fois de participer à la vie de l'exploitation et de tisser des liens avec des gens de milieux différents.

Un peu partout en France, comme ailleurs dans le monde, des Associations de ce type sont nés de la convergence des idéaux des uns et du désir de maintien ou de retour à la terre de paysans locaux pour les autres. Ce modèle, crée dans le Var en 2001 pour notre pays, a aujourd'hui fait ses preuves, car à ce jour il y a dans notre pays quelques 2500 AMAP. Structurées par une Charte actualisée en 2014 et coordonnées par le MIRAMAP(mouvement interrégional des AMAP), elles sont "résolument basées sur une conception de partage et visent à une transformation sociale et écologique de l'agriculture et de notre rapport à l'alimentation en générant de nouvelles solidarités".

Pour approfondir ce formidable enjeu, il est possible de consulter sur Internet les sites: www.avenir-bio.fr/fiche_amap,amap-cantagal,1797.html ou bien www.miramap.org.

Lyliane 

 

19/09/2017

L'agriculture bio, qu'est-ce que c'est?

L'agriculture biologique est un mode de production agricole respectueux des écosystèmes naturels en bannissant de ses cultures les OGM (organismes génétiquement modifiés) et les produits chimiques de synthèse tout en limitant les apports d'engrais à ceux d'origine naturelle. La bio dans notre pays est garantie par différents labels, fournis contre une somme assez conséquente qu'il faut renouveler chaque année, par des organismes de certification comme Nature et Progrès, AB, Demeter, Bio Cohérence ou Simples (pour les plantes) avec un Cahier des Charges très strict. Les transformateurs (pâtissiers, brasseurs...) sont eux aussi soumis à des contrôles.

Mais, en fait, la démarche va beaucoup plus loin et c'est tout un état d'esprit. En effet, les agriculteurs, les éleveurs, les apiculteurs, les viticulteurs comme les arboriculteurs préfèrent prévenir plutôt que guérir en cultivant ou en sélectionnant des espèces variées et adaptées aux conditions locales, qui nécessitent de ce fait peu de traitements. Ceux-ci en tout état de cause sont d'origine minérale ou végétale (cuivre, soufre,argile, purins de plantes, décoctions...) et ils sont appliqués préventivement contre les maladies ou les ravageurs. Certains maraîchers introduisent des auxiliaires (coccinelles...) contre les parasites dans leurs propriétés. La fertilité des sols est maintenue en majeure partie par la rotation des cultures et l'apport d'engrais organiques. L'agriculture biologique fait en quelque sorte la promotion de cultures et de races locales en fournissant à ses consommateurs des produits de saison et des variétés ayant fait leurs preuves sur le terroir local. La qualité des sols, de l'air, de l'eau et des paysages ne peut qu'en bénéficier.

Par exemple, l'élevage en plein air de volailles, d'ovins ou de bovins assure aux animaux une alimentation saine et leurs éleveurs font prodiguer des soins par des médecines alternatives, là où, dans l'élevage traditionnel, on entasse les animaux dans des hangars et on les traite avec des antibiotiques. Manger de tels produits (poulets de batterie, légumes traités, fruits importés de très loin) est de moins en moins recommandé par certains responsables de santé pour nous aider à vivre sainement. Sans compter qu'encourager la production de produits locaux favorise l'autonomie alimentaire du territoire.

Pour le consommateur averti, la qualité est au moins aussi importante que le prix. Aussi, peu à peu la plupart d'entre eux a compris que les produits dits biologiques que l'on trouve en supermarché viennent d'autres pays où les garanties et les contrôles ne sont pas nécessairement les mêmes. Aussi, le contrôle des étiquettes et la demande de l'origine des produits quand l'affichage n'est pas suffisant sont toujours nécessaires. Avec des légumes et fruits biologique par exemple la saveur est incomparable! Et que dire de poulets fermiers, de miels non chauffés, d'huiles d'olive vierges extra en première pression à froid ou de vin de pays sans additif, de poissons d'élevage élevés sans produits chimiques...

Dans les départements français, des Associations comme Agribio, réseau de professionnels locaux, rassemblent les producteurs bio et oeuvrent pour un développement de ce type d'agriculture. Grâce à elles, des formations, des conseils et la recherche d'aides auprès des institutions sont possibles pour les nouveaux agriculteurs en cours d'installation ou de conversion. Car, pour des jeunes notamment, il n'est pas facile dans certains départements de trouver du terrain agricole et de le travailler en arrivant à en vivre avec les siens.

Leur assurer un revenu régulier et décent est le but que se sont fixé les AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne). Des organismes comme la NEF, nouvelle banque éthique, et TERRE DE LIENS, réseau de défense du patrimoine agricole, tissent avec les producteurs et éleveurs des partenariats, afin que puissent s'installer (comme exploitantes et non possédantes) des personnes motivées, la plupart du temps non issues du monde agricole mais porteuses de projets viables. Pour en savoir davantage, consulter notamment: www.terredeliens.org, www.lesamapdeprovence.org ou www.fnab.org.

Lyliane

21/07/2017

Etats Généraux de l’Alimentation ...


Les organisations de la société civile interpellent le président de la République sur les conditions et enjeux des débats

Paris-le 19/07/17 : À la veille de l’ouverture des États Généraux de l’Alimentation, 39 organisations de la société civile saluent l'initiative d'Emmanuel Macron d'ouvrir le débat sur les questions de l'alimentation et de l'agriculture. Elles rappellent néanmoins que certaines priorités essentielles manquent pour l’instant à l’appel afin d’assurer le succès de cette initiative. Le président de la République doit les prendre en compte et les annoncer dès le lancement des États Généraux ce jeudi 20 juillet. 

Engager une phase de négociations politiques
Tout d'abord, il faut clarifier la finalité de ces États Généraux. Au-delà des deux phases d'ateliers thématiques, il convient de prévoir et d'annoncer dès le lancement la tenue d'une phase 3 de négociations politiques. Cette phase permettra d'arbitrer sur les sujets transversaux et les dissensus issus des différents ateliers. Cette troisième phase doit également viser à donner une cohérence aux politiques publiques aussi bien entre politiques sectorielles qu’entre les différentes échelles (nationale – européenne – internationale). Nous ne pouvons en effet pas réorienter la politique alimentaire en France sans prendre en compte ses impacts sur les autres pays (du sud en particulier) et sans une refondation de la Politique agricole commune.

Intégrer des enjeux cruciaux, absents des débats
De plus, certains sujets sont pour l’instant absents des ateliers. Il est urgent d’y intégrer : 
-         La santé environnementale. Le lien entre alimentation et santé n'est plus à démontrer. La question de la santé des travailleurs agricoles, des riverains et des consommateurs finaux ne doit plus être un sujet tabou.
-         L'adaptation aux changements climatiques, phénomène majeur auquel fait déjà face la profession agricole, et qui devrait être un enjeu structurant de ces États Généraux s'il s'agit bien de préparer l'avenir.
-         La fiscalité agricole et les droits sociaux des paysans. La politique fiscale oriente fortement le mode de développement des fermes. De plus, le droit au revenu paysan est une priorité.
-         La préservation et la répartition équilibrée du foncier qui est pourtant une thématique incontournable, étant à la base du processus de production agricole et garantissant le renouvellement des générations. 
-         La préservation de l’environnement marin, de ses ressources halieutiques et le développement d’une pêche durable. 
-         La démocratie agricole et alimentaire. L'ouverture des décisions agricoles, alimentaires et territoriales aux citoyens et à la société civile organisée permettra de jeter les bases d'un modèle agricole réellement soutenu par la société.

Assurer la mobilisation citoyenne
Enfin, nos organisations rappellent que la consultation publique, organisée dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation, doit permettre une participation large du public. Or, pour l’instant, ces consultations sont prévues en plein été et à la rentrée, un phasage qui rend difficile leur organisation et la participation du grand public. En particulier, les objectifs et le traitement de cette consultation, encore inconnus, devraient être précisés demain.
 
 
L’ensemble de ces éléments doit être pris en compte dans les derniers arbitrages concernant l'organisation des États Généraux de l'alimentation afin de garantir leur ambition, leur succès et la mobilisation des citoyens.

Organisations signataires

ActionAid France, Action contre la faim, Agir pour l’Environnement, Association française des diététiciens et des nutritionnistes, Amis de la Terre, ATTAC, BLOOM, CCFD Terre solidaire, CIWF France, Club Experts Nutrition et Alimentation, Coordination SUD, Crid, FADEAR – Réseau de l’agriculture paysanne, Fermes d’avenir, Filière paysanne, Fédération artisans du monde, Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural, Foodwatch France, FNAB, France Nature Environnement, Fondation pour la Nature et l’Homme, Générations Futures, Greenpeace France, Miramap, Mouvement de l’agriculture bio-dynamique, Plateforme de la Petite Pêche Artisanale Française, Plate-forme pour le commerce équitable, Oxfam France, Réseau Action climat, Réseau CIVAM, Réseau Cocagne, Réseau environnement santé, SOL alternatives agroécologiques et solidaires, Terre de Liens, Terre et Humanisme, TFT France, Union nationale de l’apiculture française, WECF France, WWF France


Contacts presse : 
Greenpeace : Cécile Cailliez, 06 13 07 04 29
Réseau Action Climat : Cyrielle Denhartigh, 06 10 81 59 59  
CCFD-Terre Solidaire : Sophie Rebours, 01 44 82 80 64 / 07 61 37 38 65
WWF Marielle Chaumien 06 15 39 24 95
France Nature Environnement, Camille DORIOZ; 01 44 08 64 14 
Agir Pour l'Environnement : Mathias Chaplain, 06 82 33 81 26
CIWF France : Claire Hincelin. 06 26 07 55 43

-- 

Magali Jacques

Animatrice de projets

Mouvement interrégional des AMAP

58 rue Raulin, 69007 Lyon

04 81 91 60 51 / 06 18 99 77 80

www.miramap.org

 

signature campagne


 

 




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11/04/2017

Valoriser les déchets ménagers grâce au bokashi...

Bokashi vient du mot japonais bokasa qui veut dire transformer graduellement, nuancer par étapes. Le pionnier de l'utilisation des bokashi et du "natural farming" est d'origine japonaise (Mr Mokichi Okada) et ses expérimentations datent des années 1930. Actuellement c'est un chercheur japonais, Mr Teruo Higa, qui met en oeuvre cette technique à Okinawa. Personnellement, je viens d'en entendre parler par notre maraîcher de Cagnes sur Mer, qui pratique déjà la technique dans son exploitation. Il propose notamment que, dans notre Amap, ceux qui le désirent s'équipent d'un seau hermétique nommé bokashi. Lui nous fournirait les E.M. ou micro organismes efficaces. Après quelque temps, il récupérerait nos seaux pleins et s'en servirait dans ses cultures. Ceux qui ont des plantes ou un jardin pourraient auparavant en extraire du jus grâce au robinet et s'en servir comme engrais.

Concrètement, le bokashi est en effet un seau de cuisine à double fond, équipé d'un robinet et avec un couvercle fermant tout à fait hermétiquement. On y entasse des déchets organiques, des céréales, des graminées, des épluchures de fruits et légumes, puis on leur ajoute des micro organismes efficaces appelés E.M. en les mélangeant avec du son. On est censé bien tasser le contenu du seau avec du sable et attendre plusieurs semaines avant qu'un jus nourricier pour les plantes puisse s'écouler par le robinet. Il n'est pas conseillé de le répandre directement sur les plantes, car il est trop acide.

Ces E.M. sont blancs, souvent fibreux Ils sont le plus souvent issus de poudres de céramiques EM. Cette préparation à base d'EM semble très utile en agriculture. C'est en effet un booster de croissance pour plantes potagères et fruitières, qui respecte la vie du sol et met en valeur le rôle des micro organismes. Elle est, si l'on en croit des biologistes des sols comme Mr et Mme Bourguignon, réputée augmenter la diversité microbienne. La technique du bokashi est différente de celle bien connue du compost, car les déchets ne pourrissent pas. Ils développent en effet quelque chose qui fait penser à une lacto fermentation.

 Voici, pris sur Internet, un mode d'emploi complet et une présentation un peu différente du Bokashi:

Le seau Bokashi est un seau étanche à l’air dans lequel vous mettrez vos épluchures de légumes, vos déchets ou restes de viandes, de poissons, de produits laitier, et même de nourriture cuite.

A chaque dépôt, vous devez simplement saupoudrer la matière apportée d’une légère poignée de son ensemencé d’EM-Actifs (mélange d’une vingtaine de micro-organismes anaérobies).
De façon rapide, en quelques semaines vous obtenez un riche substrat biologique pour votre terre de jardin ou celle de vos amis.

Composteur Bokashi : principe de fonctionnement

Contrairement au compostage habituel de décomposition, les micro-organismes anaérobies assurent une fermentation sans pourriture, sans odeur et sans attirer de moucherons, tout en générant une substance précieuse, notre fameux substrat Bokashi dont le pouvoir de fertilité est supérieur au compost traditionnel.
Ce compost Bokashi va augmenter la diversité microbienne du sol en apportant aux végétaux les substances nutritives et les matières bioactives nécessaires à leur développement, telles que des hormones de croissance, des antibiotiques naturels, des vitamines, des enzymes et des antioxydants.

L’amélioration de la structure du sol, celle de la circulation de l’air et de l’eau ainsi que l’effet désintoxiquant obtenu permettent de prévenir les maladies des végétaux et vous fera faire de sérieuses économies sur le poste engrais et phytosanitaires dans la gestion de votre jardin.

La fantastique activité microbienne générée par le substrat Bokashi vous apportera un sol équilibré bénéfique pour les plantes, la nature, le travail du jardinier et  la santé du consomActeur.

Bokashi-starter ou activateur de Bokashi

Le Bokashi-starter est le produit de base qui permet de fermenter toutes sortes de matières organiques. Il est composé de son de blé ensemencé d’EM-Actifs. C’est un produit sec à l’odeur aigre-douce, prêt à l’emploi.                     


Mode d’emploi du composteur Bokashi

  •  Découper les déchets en petits morceaux (méme la viande ainsi que les os)
  •  Saupoudrer une petite quantité de Son Bokashi au fond du seau
  •  Mettre une couche de déchets frais découpés dans le seau
  •  Saupoudrer de nouveau une petite quantité d’activateur Bokashi (10 à 20 g) sur les déchets
  •  Bien fermer le seau avec son couvercle
  •  Répéter ce processus jusqu’à ce que le seau soit plein
  •  Presser les déchets régulièrement avec le pilon fourni
  •  Evacuer de temps en temps le jus du fond du seau avec le robinet
  •  Ce jus, très riche, peut servir d’engrais végétal liquide pour les plantes et toutes sortes de végétaux (dosage entre 1 et 2/100)

Astuce ; vous pouvez verser le substrat (le jus) sur un compost existant afin d'améliorer sa qualité.

Autre avantage, sa taille très compacte; vu que la majorité des matières organiques sont composés d'eau (comme notre corps), et que vous évacuez cette matière liquide (le substrat), votre seau vous permettra de composter une quantité de matière assez importante dans un minimum d'espace.

Si vous enterrez le contenu de votre Bokashi, il faut attendre au moins quinze jours avant de semer ou de planter, à cause de son acidité (pH 3 à 4).

Une famille de 4 personnes remplit en moyenne son seau en 2 mois environ et 1 paquet de son dure environ 4 mois si vous mettez du déchet tous les jours.

NB. le seau doit être placé à l'abri du soleil et dans un endroit dont la température est supérieure à 8°.

Où le trouver

Le concept est Japonais, mais notre seau est fabriqué en Europe (Slovenie) et le starter en Belgique.
Dimensions extérieures du bokashi: 39cm de haut sur 32cm de long et 29cm de large.

Repères consomActeur

"Pour nous c’est le procédé le plus génial du marché pour gérer ses déchets de cuisine même en appartement mais il faut impérativement disposer d’une terre d’accueil. Dans le cas contraire, pensez aux jardins partagés de votre ville.

Prix du seau Bokashi à titre informatif selon le site: 

consomacteurs.com/cuisine-ecologique/21955-composteur-seau-bokashi.html
 

Lot de 2 seaux +  un sac d’activateur : 86 €   (Formule idéale pour une utilisation type Amap).

Pack complet : Seau Bokashi  + Activateur : 47 € 90.

Seau Bokashi seul : 39 €

Activateur (sac 2 kg de son aux EM) : 9.€ Economique à l'usage, le sac de 2 kgs dure 4 à 6 mois.  "  

 

Voilà, vous savez tout sur le Bokashi! Pourquoi ne pas essayer? C'est ce que je vais faire! Vous pourriez aussi fabriquer vous-même votre seau à double fond! Alors, au travail!

Lyliane

 

 

31/03/2017

Moi Président(e), j'adhère à une forme d'agriculture bio et citoyenne...

 Une campagne lancée par l'organisme Agir pour L'Environnement, en partenariat avec la FNAB, Terre de liens, Filière paysanne, l'UNAF, le mouvement inter-régional des Amap et CIWF France, propose aux candidats à l'élection présidentielle pour 2017 de s'engager à mettre en œuvre une transition agricole et alimentaire, à laquelle une grande partie de la société française aspire.

 

C'est en effet l'affaire de tous, car l'agriculture et l'élevage sont en crise dans notre pays. En effet, l'agriculture conventionnelle est dans une impasse: perte de biodiversité, pollution de l'air, de l'eau et des sols, alimentation qui ne garantit plus la santé.... De plus, l'accaparement des terres et des semences par de gros industriels bloque l'installation des fermes et le modèle actuel d'agriculture écrase autant les humains que les animaux.

 

Nous savons, par contre, que d'autres types d'agriculture sont possibles. Des alternatives existent déjà (agriculture biologique, permaculture, agroforesterie, élevage à taille humaine et en plein air...) réduisant notre dépendance énergétique, créant et maintenant des emplois ruraux, permettant aux populations de disposer localement de ressources alimentaires tout en interdisant les OGM et les pesticides de synthèse, c'est à dire en préservant la nature, notre santé, tout en respectant les animaux.

 

Une lettre-pétition proposant 10 mesures-phares aux candidats a été élaborée par l'organisme Agir Pour l'Environnement, dont la date limite d'envoi a été fixée au 15 avril 2017. On peut se la procurer sur leur site Internet ou à leur adresse postale: www.agirpourlenvironnement.org ou Agir pour l'Environnement, 2, rue du Nord-75018 PARIS.

 

Cette campagne est à diffuser largement autour de nous (parents, voisins, amis, associations, magasins bio...). Commander des dépliants de la campagne avec la lettre-pétition et faire un don sont également possibles sur le site. Plus nous serons nombreux à participer, plus nous pourrons obliger les candidats à se positionner clairement sur ces 10 mesures-phares. L'organisme Agir Pour l'Environnement collectera l'ensemble des signatures et les transmettra aux différents candidats. Sur Internet, nous pourrons suivre le déroulé de cette campagne et ses résultats.

 

Voici le lien: 
http://prele.hautetfort.com/archive/2017/03/31/moi-president-e-j-adhere-a-une-forme-d-agriculture-bio-et-ci-5927916.html

 

Lyliane

 

28/03/2017

Consultation à propos de la PAC (politique agricole commune) à Bruxelles...

 
 

>
> "La Commission européenne a lancé le 2 février dernier une consultation
> publique intitulée « Modernising and simplifying the CAP », visant à
> recueillir une première salve d’avis sur le bilan de la précédente
> réforme comme sur les attentes et besoins pour la prochaine. Elle est
> ouverte pendant trois mois, soit jusqu'au 2 mai, et accessible sur
> http://ec.europa.eu/agriculture/consultations/cap-modernising/2017_fr.
>
> Ces éléments vous sont donnés à titre informatif et incitatif, et non
> dans la perspective de susciter un débat sur le contenu des
> réponses à apporter à la consultation. En effet, il n’y aura pas de
> réponse commune en vue d'une autre PAC. En revanche, nous invitons les
> organisations membres à participer en leur nom, l’idée étant que nos
> positions d'amapiens soient représentées en masse et pèsent dans la balance dans
> les premières réflexions de la Commission sur la réforme post 2020,
> attendues pour cet été.
>
> Du côté des Amap, il va être réalisé un travail d’identification et de
> synthèse des différentes recommandations de réponses ayant été
> rédigées par d’autres structures, afin d'aider éventuellement
> dans la formulation des attentes. Elles vous seront transmises à temps.
>
> En parallèle, n’hésitez pas à partager sur cette mailing list les
> réponses-types que vos groupes et structures respectives prépareront,
   ainsi que toute initiative ou campagne de sensibilisation  en faveur de la
   consultation qui sera lancée. Enfin, ça bouge de ce côté là aussi!
>           Les résultats de la consultation seront publiées sur le site de la DG
             AGRI et présentées lors d'une conférence publique en juillet 2017.
             Ils alimenteront également l’analyse d’impact préalable au projet de
             réforme que proposera la Commission."
 
              Texte transmis par Lyliane pour réflexion collective éventuelle.

08/01/2017

Vintimille, le Calais italien?

 Je prends un exemple pour illustrer mon article concernant les migrants coincés à la frontière franco-italienne entre Vintimille et Menton. Il est important de réaliser qu'ils ne ressemblent en rien aux terroristes, avec lesquels certains font des amalgames dans notre région particulièrement traumatisée par les attentats de la Promenade des Anglais à Nice. D'où la tentation pour certains de céder à la peur de l'étranger distillée par des partis d'extrême-droite ou même d'une droite chrétienne et traditionaliste...

 

Connaissez-vous l'Erythrée, cet Etat arabe de la Corne de l'Afrique, ancienne colonie italienne devenue indépendante depuis 1993 après une guerre fratricide avec l'Ethiopie? Dans ce pays, le service militaire dure au minimum 18 mois et concerne hommes et femmes de 17 à 40 ans. Selon certains témoignages, ce service serait souvent prolongé indéfiniment et effectué dans des conditions difficiles (viols, travaux forcés). Le parti au pouvoir l'EPLF est un parti unique et autoritaire, à la tête duquel se trouve Mr Issayas Afeworki depuis 1993. Il faut savoir du reste que les fonds d'Erythréens émigrés sont la principale source de revenu du pays...

 

En effet, beaucoup de jeunes hommes et jeunes femmes choisissent l'exil ou désertent en pleine nuit au péril de leur vie. La plupart qui ont réussi à passer la Méditerranée se retrouvent en Italie et essayent de rejoindre des proches en Europe. Mais la frontière française, gardée de jour comme de nuit, ne le leur permet pas. Ils se retrouvent avec des Soudanais, des Libyens, des Afghans et des Tchadiens en tee shirt et en tongs, épuisés, à coucher sous des ponts ou sur des places à Vintimille. Beaucoup sont des mineurs, certains portent des blessures visibles ou invisibles. Sans l'aide de prêtres français et italiens, d 'ONG et d'associations (La Cimade, Médecins sans Frontière, Réseau Education sans frontière, la Croix Rouge, Caritas, le Secours Catholique, le MRAP...), ils seraient déjà décimés par la faim, le froid ou la maladie. Il y a même des cours de français organisés une fois par semaine par des bénévoles.

 

Dans ce contexte, en 2016, des habitants d'une vallée coincée entre la France et l'Italie, la Vallée de la Roya, touchés par la misère et le dénuement de ces migrants, ont décidé de s'organiser et de leur porter secours: transport, hébergement, nourriture, vêtements, quitte à se mettre dans l'illégalité. L'Association Roya Citoyenne, comportant 50 personnes au moins, structure ce mouvement de solidarité et de résistance (roya06.anblog.fr). Deux personnes, Cédric Herrou, agriculteur et P.A. Mannoni, chercheur au CNRS, ont été arrêtés et poursuivis en justice pour leur aide concrète aux migrants. Mr Mannoni vient d'être relaxé. Mr Herrou, toujours sous contrôle judiciaire, risque de l'emprisonnement et une forte amende. Délibéré au 10/2/2017 !

 

Mme F. Cotta, avocate de Cédric Herrou, a fait remarquer aux autorités que «les Alpes Maritimes sont une zone de non droit où les mineurs réfugiés ne sont pas pris en charge». Une main courante a été déposée par Me Cotta contre l'Etat pour non assistance à personne en danger et un courrier envoyé aux autorités de l'Etat français. Elu azuréen de l'année par les lecteurs de Nice-Matin, par 4257 voix sur 7677, Mr Herrou a involontairement déclenché une polémique du Président du Conseil Général du 06, Mr E. Ciotti. Ainsi, au mépris des appels du Pape François, une personne élue, se disant bonne catholique, se sentant peut-être concernée par les prochaines élections, a condamné dans un article percutant les gestes d'humanité de ces personnes de bonne volonté, qui nourrissent et hébergent chez eux quantité de migrants. Une réponse dans la presse d'un des avocats de Mr Herrou a heureusement rétabli la situation et démontré les amalgames aux lecteurs du journal...

 

Devant le palais de justice de Nice le 4/1/2017, quelques 500 personnes étaient rassemblées pour soutenir Mr Herrou et demander sa relaxe. Des journalistes étaient présents. Tout cela va-t-il enfin réveiller la population française et même au-delà? Je l'espère! La solidarité serait-elle devenue un délit? Mon propre père a combattu le fascisme lors de la deuxième guerre mondiale et effectué 2 années de camp, avec l'espoir que les générations suivantes sauraient tirer des leçons de notre histoire. Toute ségrégation en effet, tout racisme anti-noir, arabe, juif, homosexuel ou tzigane était déjà dans la doctrine des partisans d'A. Hitler. Des Français, lors de la débâcle, ont trouvé refuge en Suisse ou aux Etats-Unis. Des «justes» ont sauvé des personnes pourchassées pour leurs origines ethniques. Tout cela est-il oublié? Je ne peux le croire, même si je reconnais que les préjugés d'un racisme ordinaire sont toujours bien vivants de nos jours !

 

Il me semble qu'avant d'être membre d'un parti d'extrême-droite ou d'extrême-gauche, de droite, de gauche ou du centre, né français ou pas, nous devrions tous nous retrouver au sein du grand et beau parti de l'Humain et de l'Ouverture du Cœur!

 

Pour ceux qui voudraient aider concrètement l'Association Roya Citoyenne, contacter sur Internet la collecte organisée en joignant le RIB Roya Citoyenne    RIB de l’association en téléchargement :   RIB Roya Citoyenne. Vous pouvez aussi faire un don via HelloAsso ou par chèque à l'ordre de : LDH section de Nice (Préciser au dos : pour les bénévoles réfugiés). Adresse : LDH section de Nice, Maison des associations 12ter Pl Garibaldi, 06300 Nice

 

Lyliane

 

16/12/2016

Pouvons-nous nous passer des super-marchés?

 

L'émission «Tout Compte Fait» sur la deuxième chaîne le 10 décembre 2016 posait cette question. Un reportage effectué aux Etats-Unis montrait que 40 % de la nourriture finit dans les poubelles des super-marchés. Des millions de dollars sont gaspillés de la sorte. Les produits, la plupart du temps encore emballés, sont jetés car ils auraient de minuscules défauts.

Certes, les poubelles des super-marchés sont propriété privée dans ce pays et des vigiles peuvent donner des amendes à ceux qui auraient des vélleités de fouiller dans leurs poubelles. Pour Rob, le héros du reportage, ce n'est pas un obstacle: il fait régulièrement le tour des super-marché de sa ville et il revient le plus souvent le coffre plein de nourriture (250 kg pour un équivalent de 1000 euros environ). Le reportage le montrait ensuite sur le campus de l'Université de Raleigh, à 200 km de chez lui, où il distribuait gratuitement aux étudiants les marchandises récoltées. Il appelle ces tournées: le grand fiasco du gaspillage!

Il aurait déjà 15 opérations choc à son actif, ce qui l'a rendu célèbre dans tout le pays. A 30 ans, avec sa compagne Chéryl, ils sont devenus des vedettes de l'écologie, cherchant à faire faire des prises de conscience à leurs concitoyens. Ils leur proposent de changer leurs habitudes, pour sauver la planète, par exemple en économisant l'eau potable, en roulant en transports collectifs ou à vélo... L'émission les montrait ensuite achetant leur nourriture en vrac dans une boutique où l'on peut remplir bocaux et flacons soi-même, ce qui coûte 30% moins cher qu'en super-marché. Ils militent en effet pour que les américains achètent le moins possible de plats préparés et de nourriture industrielle.

Depuis peu, Rob et Chéryl ont franchi un pas de plus: ils parcourent le pays à pied sac au dos, dorment à la belle étoile ou bien sous tente, car ils ont vendu leurs logements. Un ordinateur fonctionnant à l'énergie solaire, quelques vêtements, des allumettes et un briquet ainsi que du matériel de toilette sont leur seul bagage. Ils vivent de petits boulots et payent tout en cash. A Atlanta, dans un quartier pauvre, ils ont avec quelques bénévoles construit, grâce à des matériaux de récupération, des mini jardins pour les habitants. Ils leur apprennent à semer et à récolter à plusieurs dans ces bacs de la nourriture gratuite, au lieu d'aller à la supérette du coin. Là, il n'y a que des sodas, des chips et des plats industriels, nourriture chère qui à la longue nuit à leur santé.

En agissant localement et en donnant l'exemple d'une vie sans déchets, ils montrent qu'il est possible et même souhaitable de nous passer des produits de la grande distribution. Dans notre pays, il y aurait sans doute des enseignements à retirer de ce mode de vie. Les petits commerçants auraient déjà une carte à jouer en proposant des produits de qualité et en étant sensibilisés au non gaspillage. Les éleveurs commencent à éviter les intermédiaires et à vendre en circuits courts leur lait et leur bétail. Quant aux citoyens que nous sommes, nous serions bien inspirés de veiller à nos transports, à l'eau que nous utilisons, à nos déchets et à notre nourriture, que nous pouvons produire nous-même. En ville, le système AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) permet par exemple de passer contrat avec des agriculteurs, pour pérenniser leurs exploitations et pour se nourrir de produits poussés sans engrais chimiques... Bref, les pistes de changement sont chez nous également nombreuses! Lutter contre la pollution, la malbouffe, le gaspillage à tous les niveaux, par quoi allons nous commencer?

Lyliane

 

31/10/2016

La face cachée du bio low cost...

 

Une enquête de 50 minutes sur les dérives et les dessous du bio bon marché lancé par les grandes enseignes (Carrefour, Casino pour la chaîne Naturalia...) a été diffusée dimanche 23 octobre 2016 sur la 5ème chaîne. Elle a été réalisée par Mr Eric Wastiaux et la Société de production Pernel Média. Ce fut un grand moment d'information et de prise de conscience pour le public français!

De plus en plus de consommateurs, dans nos pays européens, recherchant des produits sains et bons aussi bien pour leur santé que pour la planète, des professionnels de l'agroalimentaire, des grossistes et des courtiers se sont engouffrés dans la fourniture à bas prix d'une production bio de masse. Officiellement, leur but était de démocratiser les produits bio réputés plus chers car nécessitant plus de travail à la main. Par conteneurs entiers, ils font acheminer vers leurs enseignes des produits sous label AB depuis le sud de l'Espagne (Andalousie) ou d'autres pays plus lointains, qui sont impossibles à bien contrôler. Nous les retrouvons ensuite dans les supermarchés ou certains magasins bio à des prix très attractifs. Ainsi s'est crée en moins de 10 ans une bio à deux vitesses!

Car, nos agriculteurs, nos arboriculteurs, nos éleveurs locaux continuent à essayer de vivre sur leurs terres du produit de leur travail. Ils font leurs plants, désherbent à la main, travaillent par tous les temps en respectant le rythme des saisons. Les consommateurs en Amap, les clients du marché les connaissent et leur paient un juste prix. Les éleveurs quant à eux aiment leurs animaux et ils veillent à les traiter humainement. Comme le dit le pionnier de la bio, Mr Philippe Desbrosses, tous ont une démarche éthique et un esprit bio!

Car nous avons vu dans le reportage tourné en Andalousie des bidonvilles de travailleurs précaires, relativement sous-payés, des kilomètres de serres, des producteurs devenus des industriels soumis à la guerre des prix avec leurs gros acheteurs européens. Certes, leurs produits ont le label AB, car ils ne contiennent pas de pesticides, mais la démarche est bien différente de celle des paysans locaux. Le label Biocohérence et celui de Nature et Progrès par contre semblent garantir davantage de paramètres et être plus justes à l'égard des paysans. Sans oublier les éleveurs dans de grosses porcheries qui continuent pour la plupart à mettre du nitrite de sodium dans leurs jambons bio, alors que ce produit est réputé cancérigène. Enfin, l'abattage des animaux, tel que l'association L 214 l'a dévoilé, frise la maltraitance pour les porcs bio comme non bio. On est loin du commerce équitable et de l'économie sociale et solidaire!

Seule peut-être la coopérative Biocoop, qui existe depuis une trentaine d'années, se fournit en bio chez des petits producteurs locaux, lutte contre le gaspillage des emballages et pratique des prix négociés où toutes les parties trouvent leur compte. Des initiatives intéressantes nous étaient aussi présentées, comme une société des Hautes-Alpes qui a trouvé pour son jambon bio une formule sans nitrite ou un chevrier et sa compagne bichonnant leur troupeau de chèvres.

Quant aux règles européennes concernant la bio, selon ce qui nous a été indiqué, elles admettent une mixité possible avec sur une même parcelle des cultures bio et des non bio! Bref, à tous les niveaux, les consommateurs attirés par le bio sont invités à être vigilants, à réfléchir à l'empreinte carbone des produits qu'ils achètent et à choisir des aliments sains, de saison, produits à proximité de chez eux, en ne regardant pas uniquement le prix de vente. Sinon quelle différence y aurait-il avec la société de consommation? Ne serait-ce pas cela au fond être un citoyen cohérent et responsable?

Lyliane

 

 

 

 

 

29/10/2016

A propos des semences et graines de nos fruits et légumes...


Un long article de Mr Julien Venesson dans le Journal Alternatif Bien-être de novembre 2016 fait le point sur la situation ubuesque que nous vivons depuis 40 ans en France à propos des graines. Il s'appuie sur l'interview de Mme Eliane Dapoigny, agricultrice et membre de l'Association Kokopelli depuis plus de 10 ans. Celle-ci précise en effet que les professionnels dans notre pays sont obligés depuis 40 ans de choisir leurs graines dans le Catalogue Officiel des Espèces et Variétés, au lieu de pouvoir reproduire leurs propres semences. Cette loi était censée garantir que différentes variétés ne soient pas vendues sous le même nom.

Les gros semenciers, qui ont les moyens de payer cher pour inscrire leurs graines au Catalogue, ont de ce fait la haute main sur toutes les semences, la plupart du temps hybrides et stériles. Ce sont eux, en plus, qui fournissent tous les engrais et produits de l'agriculture conventionnelle. La pérennité du patrimoine légué par la nature n'est donc plus assurée. Se procurer de véritables semences anciennes, naturellement reproductibles, est difficile, sinon grâce à des associations de sauvegarde de la biodiversité comme Kokopelli ou le Biau Germe. Certains maraîchers bio se sont mis volontairement dans l'illégalité et ils cultivent d'année en année leurs propres semences.

Les industriels ont ainsi mis la main sur notre agriculture! Heureusement, pour manger sainement fruits et légumes, certains se sont mis à cultiver leurs potagers et leurs fruitiers. La permaculture, la culture en buttes ou en lasagnes a de plus en plus d'adeptes. Elle permet sur de petits espaces, où le sol est paillé, de cultiver avec moins d'arrosages et sans produits chimiques. En outre, de plus en plus d'agriculteurs se rendent compte du caractère insoutenable des méthodes industrielles et ils se convertissent à l'agriculture biologique. C'est un mouvement de fond qui nous fait collaborer à nouveau avec la nature, consommer autrement et revenir à plus de bon sens. Mme Dapoigny néanmoins souligne que les grandes chaînes de produits bio appartiennent souvent à des grandes chaînes de supermarchés comme Naturalia qui appartient à Monoprix et donc à Casino. Les consommateurs sont invités à être vigilants. Les Amap et Biocoop paraissent à l'opposé de bonnes alternatives.

Dans sa région, Mme Dapoigny crée des bourses aux graines pour favoriser les échanges de semences anciennes naturellement reproductibles. Elle a même imaginé des granothèques en Bourgogne sur le modèle des bibliothèques. Pour plus d'information sur le sujet, contacter: https://kokopelli-semences.fr ou www.biaugerme.com.

Lyliane

 

10/10/2016

Le développement des circuits courts alimentaires en France...

 

 

De plus en plus, des consommateurs achètent des produits du terroir directement auprès de producteurs locaux à la périphérie des villes ou en campagne (bord de route, à la ferme). Ce mode de commercialisation des produits agricoles, animaux ou de la mer est en hausse. Il écarte du circuit les intermédiaires, ce qui permet de rémunérer le paysan ou l'éleveur avec un juste prix. On considère qu'aujourd'hui 1 producteur sur 5 vend en circuit court ce qui correspond à 21% des exploitations.

 Ce mouvement avait commencé aux Etats-Unis avec les "locavores". Ses adeptes considéraient que les denrées alimentaires achetées, pour être fraîches et garder toutes leurs qualités gustatives, devaient pas être produites dans un rayon de 50 à 80 km maximum. Cela écartait les importations de produits exotiques et les denrées ayant voyagé sur de longues distances. On a commencé à ce moment là à privilégier les produits de saison.

 Cette mutation sociétale, qui se veut fort différente des actes habituels de commerce, concerne très souvent l'agriculture biologique. Le système AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne) par exemple conclue un nouveau pacte entre producteur et consommateur. C'est une opportunité pour créer des liens et rapprocher les citoyens des personnes qui les nourrissent. Plus qu'une mode, c'est un défi au changement de nos façons de consommer. En faisant un jeu de mot facile, je dirai que les circuits courts court-circuitent les relations purement mercantiles entre les êtres humains!

Lyliane

 

10/08/2016

Agriculture écologique, des idées plein la terre...

 L'O.N.G Greenpeace France nous annonce la sortie imminente d'un livre-photos de 64 pages ayant pour titre: Agriculture écologique, des idées plein la terre. Son objectif est de mettre en valeur des collectifs d'agriculteurs, qui travaillent en symbiose avec 7 principes clés de l'agriculture écologique. Ces principes sont: reprendre les rênes du système alimentaire donner à la communauté rurale la place qu'elle mérite améliorer la production et les rendements alimentaires favoriser la biodiversité préserver l'eau et la santé des sols choisir des méthodes écologiques pour lutter contre les parasites développer des systèmes alimentaires susceptibles de s'adapter naturellement aux évolutions climatiques.

L'agriculture écologique dont parle Greenpeace est vue comme une solution d'avenir. Le livre-photos en question va montrer des projets innovants allant dans le sens d'une transition agricole efficace. En effet, l'agriculture industrielle est pour Greenpeace un modèle dépassé. En raison notamment de l'utilisation intensive de produits chimiques et de rendements à court terme, l'agriculture industrielle, aux mains d'une poignée de multinationales, nous mène apparemment droit au désastre. Aussi, avec le soutien de la F.N.C.I.V.A.M (fédération des groupes d'agriculteurs et de ruraux) et de la F.A.D.E.A.R (réseau de l'agriculture paysanne), Greenpeace veut faire entendre la voix des paysans et des consommateurs. Ceux ci, jusqu'ici, étaient pris en tenaille par des gros lobbies industriels.

Les citoyens que nous sommes peuvent commencer à changer leurs habitudes d'achats et de consommation, à choisir des produits locaux, de saison, issus de l'agriculture écologique (labellisés A.B par exemple). En cette saison, des fruits et légumes cultivés en plein champ et non sous serre contribuent par exemple à réduire l'impact de l'agriculture sur le climat... En privilégiant les circuits courts comme les AMAP, qui créent un lien direct entre paysans et consommateurs, nous pourrons contribuer à l'émergence d'un autre type d'agriculture dans notre pays. Pour en savoir plus sur le concept consultez: www.reseau-amap.org . Nombreux sont en effet les agriculteurs cherchant à sortir d'un système qui les étouffe. Ils souhaitent notamment être autonomes, préserver la biodiversité, pouvoir utiliser leurs propres graines, conserver une souveraineté alimentaire et garder un lien à la terre... Pour commander le livre-photos ou faire des dons, s'adresse à www.greenpeace-france.org .

Lyliane

26/05/2016

Qui sont les locavores?

 

Selon la définition prise dans le n°1 du Journal Vivre Nature, être locavore c'est suivre un mouvement qui prône la consommation de nourriture produite dans un rayon allant jusqu'à 200 km maximum autour de son domicile. Plus question donc de faire venir des produits alimentaires de l'autre côté de la terre et transportés sans tenir compte du bilan carbone, ni des saisons...

 

Des ouvrages existent sur le sujet comme «Le guide du locavore pour mieux consommer local» de Mme Novel paru aux éditions Eyrolles et celui de Mme C. Choffat «Devenez locavore» aux éditions Jouvence. Dans ces livres, on apprend que le concept est né en Californie vers 2005.

 

Les idées de base des locavores étaient de diminuer l'impact carbone de l'alimentation, d'augmenter la traçabilité des produits et de soutenir l'économie locale en rencontrant les producteurs. Leur mot d'ordre était:«On n'est plus dans le boycotte, mais dans le buycott!»

 

Le premier français à avoir suivi ce mouvement est Mr Stéphane Linou de Castelnaudary en 2008. Chez nous, l'adjectif locavore est entré dans le dictionnaire seulement en 2010. De nombreux mouvements ont ensuite développé ce concept comme les Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne). La plupart défendent l'agriculture biologique et passent des contrats de 6 mois avec des paysans locaux.

 

Il est bon de savoir qu'en cas de rupture de l'approvisionnement en pétrole, la France disposerait de 4 jours d'autonomie alimentaire seulement. Cette dépendance au transport lointain devrait déjà nous inciter à rechercher un approvisionnement de proximité. Si nous adoptons en outre une attitude plus responsable vis à vis de notre environnement, nous deviendrons peu à peu des consommateurs impliqués dans des relations directes avec les producteurs et nous seront davantage soucieux de la fraîcheur et de la qualité nutritive de tout ce que nous consommons.

Lyliane

 

24/11/2015

Appel de Mme Vandana Shiva via les Amap pour signer un engagement en faveur de la Terre...

Un engagement des citoyens à protéger la planète et ses peuples

Les gouvernements sous l’influence des multinationales peuvent échouer à Paris lors de la

COP21 - mais nous en tant que citoyens nous devons passer à l’action.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, notre futur commun en tant qu’espèce n’est plus

certain. En seulement 200 ans, nous avons fait assez de dégâts sur la Terre pour assurer notre propre

extinction. Notre unique option est de prendre nos responsabilités en tant que citoyens en protégeant

la planète activement et en agissant pour le « bien vivre » de ses peuples.

1) Nous nous engageons à protéger nos sols et notre biodiversité car c’est dans un sol vivant que se

trouve la prospérité et la sécurité de notre civilisation.

2) Nous défendons notre patrimoine commun que sont les semences, la biodiversité, les sols, l’eau,

l’air et le climat en nous engageant contre la privatisation de celui-ci.

3) Nous prêtons une attention particulière à la non appropriation des semences, piliers de notre

biodiversité, garantes de notre souveraineté alimentaire et de la résilience climatique.

4) Nous rejetons le modèle d’agriculture industrielle, basé sur l’utilisation massive de ressources non

renouvelables et largement responsable du changement climatique, ainsi que les fausses solutions

technologiques dont le seul objectif est de maintenir artificiellement un modèle productiviste à bout de

5) Nous nous engageons à soutenir et pratiquer une agriculture basée sur les principes et méthodes de

l’agro-écologie paysanne, à taille humaine, locale, socialement équitable, et économiquement viable

afin que les peuples puissent se nourrir et atténuer le changement climatique.

6) Nous luttons contre les traités de libre échange, les accords commerciaux favorisant les

multinationales et diminuant la liberté et la souveraineté des peuples. Nous exigeons des mesures

fortes contre la criminalité écologique, au-delà du principe « pollueur-payeur » qui devrait par ailleurs

7) Nous faisons la promotion des systèmes d’économie locale, circulaire et solidaire comme solutions

pour créer un tissu social stable, des emplois, du lien social et favoriser la protection de la planète.

8) Nous nous engageons à créer des systèmes de démocraties vivantes, participatives et non

violentes. La base de notre engagement est de redonner aux peuples le pouvoir de décider

démocratiquement de l’usage de la terre et de la façon de se nourrir.

9) Nous faisons le pacte de vivre consciemment en tant que Citoyens de la Terre, en prônant la

tolérance, le partage et la non-violence, en particulier envers la Terre et l’Humanité.

10) Nous plantons partout dans le monde des Jardins de l’Espoir comme symbole de notre pacte pour

la protection de la Terre. Nous remettons l’acte de se nourrir au cœur de nos préoccupations politiques.

Nous pratiquons l’agriculture paysanne et biologique dans tous les espaces disponibles afin de semer

ensemble les graines du changement pour la création d’une nouvelle citoyenneté planétaire.

Signez le pacte sur : www.seedfreedom.info/fr/campaign/pacte-pour-la-terre/

14/10/2015

Qu'est ce que la souveraineté alimentaire?

 

Selon Mme Vandana Shiva, interrogée par Mr Lionel Astruc, «la souveraineté alimentaire est le droit des peuples à définir leurs propres méthodes agricoles et leur système alimentaire». L'une des premières causes de la perte de souveraineté alimentaire serait la fin de l'autosuffisance semencière des fermiers. L'Association Kokopelli lutte depuis des années dans le monde entier contre les diktats des semenciers, "qui prétendent nous vendre une denrée gratuite (la graine) et pour la reconquête de notre pouvoir d'écocitoyens". Car la reproduction des graines un peu partout dans le monde a été rendue illégale ou impossible dans le cas des hybrides et des OGM. De plus l'agriculture intensive, la monoculture nuisent à la sécurité alimentaire des populations. Il suffit en effet d'une mauvaise récolte pour cause de sècheresse par exemple pour rendre vulnérable tout l'approvisionnement d'une région. Les cultures associées, traditionnellement pratiquées dans le monde, ont montré à plusieurs reprises leur intérêt pour nourrir les populations. L'Inde entre la Révolution Verte des années 1960 et la mainmise des multinationales actuellement en sait quelque chose! Monsanto a pénétré en Inde en effet dès 1998 et depuis la firme comme d'autres y est bien implantée...

 

Les paysans, ajoute Mme Vandana Shiva, cultivaient autrefois du coton à côté de plantes alimentaires comme le riz, le blé, les pommes de terre. Ainsi, ils pouvaient vendre une partie de leur production et nourrir leur famille. Aujourd'hui, à cause de brevets mis par les multinationales sur les graines, ces mêmes fermiers doivent régulièrement s'endetter ou emprunter pour se nourrir. Par exemple, la culture des pommes de terre, traditionnellement faite au Bengale et un peu partout dans le pays, se retrouve "sous la coupe de la firme PepsiCo, qui remplace peu à peu les variétés locales par d'autres jugées plus propices à la fabrication de chips pour l'exportation". La firme vend ses patates à planter à des paysans qui n'ont plus d'autre alternative qu'à leur revendre ensuite leur production. Ce faisant, ils ont non seulement perdu leurs variétés spécifiques nourricières, mais ils ont aussi accepté une culture à grande échelle basée sur des pesticides et des herbicides détruisant leur environnement.

 

En Europe, de nombreux citoyens commencent à s'émouvoir du fait qu'ils sont devenus dépendants d'une «pétrole-économie». En Grande Bretagne sont nés le mouvement des «Incroyables Comestibles», puis le Schumacher Collège et chez nous, à partir de 2006, le mouvement des "Villes en Transition" qui découle de cette prise de conscience. Aussi, la reconstruction d'une économie locale solide semble souhaitable: circuits courts, Amap, ventes à la ferme... De plus, la polyculture sur de petites surfaces a prouvé sa supériorité sur l'agriculture intensive qui épuise les sols. Dans l'élevage (porcs, bovins, poulets...) les exploitations qui s'en sortent le mieux sont des structures à taille humaine ayant misé sur les méthodes traditionnelles et sur la qualité des produits (biologique notamment) et non de grosses fermes concentrationnaires...

 

Malgré la crise, le prix des aliments ne semble plus la seule donnée considérée par les consommateurs d'aujourd'hui. Ils veulent notamment connaître l'empreinte écologique du transport des marchandises et ils tiennent à une alimentation de proximité respectueuse de l'environnement.

Ce réveil d'une partie de la population (Serbie, Amérique du Nord, Afrique...)mérite de s'étendre encore car il signale partout la volonté de reprise en main de notre souveraineté alimentaire. Les lobbys désormais ne pourront plus prendre les citoyens que nous sommes pour des "pigeons"! Et il était grand temps, car la situation demande le réveil de toutes les bonnes volontés...

Lyliane

01/07/2015

Le monde agricole entre impuissance et prises de conscience...

 
L'émission de lundi soir 29/6 sur France 3 avait pour titre: «Que mangeons­nous vraiment?». En
 
fait, outre la baisse flagrante de qualité des produits et la misère des éleveurs surendettés aussi bien
 
dans l'élevage de poulets ou de porcs en batterie que dans l'élevage des vaches laitières, ce fut
 
finalement un vaste état des lieux concernant les lobbies qui règnent en maître dans les filières
 
agricoles.
 
Notre pays autrefois pouvait se vanter d'être une grande puissance agricole. Aujourd'hui, les géants
 
de l'agroalimentaire ont remplacé en majeure partie nos petits paysans indépendants. Ce sont eux
 
qui fixent les prix, qui imposent leurs conditions. Un qualificatif choc a été prononcé au cours de
 
l'émission: nos paysans sont devenus des «techno­serfs»! Au delà du problème humain posé, qui
 
nous touche assurément car beaucoup sont au bord de la faillite ou du suicide, il nous faut tirer des
 
leçons de ce que nous avons appris à travers les images mises bout à bout au cours de cette
 
émission.
 
Les «bonnets rouges» bretons ont exprimé leur désespoir de ne pouvoir sortir de cet engrenage et
 
leur colère de constater qu'ils sont là pour «engraisser des profiteurs». Leur appel au monde
 
politique n'a rien donné, car nos élus, à de rares exceptions près, croient encore à l'agroalimentaire.
 
Par contre, et c'était à mon sens le plus essentiel, le documentaire montrait des exemples réussis ­
 
que ce soit en Bretagne, dans le Sud Ouest ou le Jura ­ de petits producteurs qui vivent
 
relativement bien de nos jours. Ils ont eu le bon sens de résister aux diktats de «l'agrobusiness» en
 
gardant une taille humaine, leur autonomie d'exploitation et de commercialisation. En plus, le fait
 
de maintenir des regroupements en coopératives locales ou en fruitières, leur permet d'être
 
solidaires et de mutualiser leurs investissements. Enfin, en restant maîtres de leurs filières, en ne
 
comptant plus sur des subventions ou sur des courtiers français ou étrangers, ils ont gardé leur
 
identité et la fierté de produire de la qualité (label rouge pour le poulet par exemple) et non de la
 
quantité bourrée d'OGM ou d'antibiotiques pour les consommateurs français.
 
Bref, j'ai eu l'impression que dans certaines régions de notre pays des «traders» exploitent à leur
 
seul profit le monde agricole, après lui avoir fait croire à des rêves démesurés. Car si 1/3 des
 
exploitations agricoles a disparu ces 50 dernières années, les fermes de 400 000 poulets ou de 2000
 
porcs licencient aujourd'hui leur personnel et vendent plus ou moins à perte, car le prix de vente du
 
lait comme des poulets ne couvre pas les prix de production. La mondialisation, la concurrence du
 
Brésil comme de la Pologne notamment, mettent aussi nos fermiers sur la paille...
 
En tant que consommateurs, nous pouvons aider à la pérennisation des exploitations agricoles de
 
notre pays et à la survie des éleveurs. Tout d'abord, en privilégiant les produits locaux, les contacts
 
directs et la transparence dans nos achats. Ensuite, en évitant de choisir systématiquement les prix
 
les plus bas, fruits de l'exploitation des paysans. Car la qualité a un prix et la loi de l'offre et de la
 
demande joue partout, même avec les tenants des plus gros monopoles!
 
Il existe heureusement un peu partout en France des coopératives, des magasins biologiques, des
 
ventes à la ferme, des groupements d'achat, des Amap... Créons en, s'il n'y en a pas assez et
 
délaissons «les usines à produire et à vendre» pour retrouver une paysannerie à taille humaine.
 
Des organismes comme Terre de liens, la Nef encouragent et soutiennent des projets économiques
 
durables. Leurs fonds prêtés viennent généralement de contributions volontaires, de financements
 
participatifs.
 
Il me semble que plus nous serons conscients et responsables, plus nous ferons chacun dans notre
 
région notre part de consommateurs avertis, plus l'ensemble pourrait aller mieux! On pourrait quoi
 
qu'il en soit au moins essayer et ne pas baisser les bras...
 
Lyliane

12/02/2015

Quel type d'agriculture désirons nous pour demain?

 

Dans la France de 2015, le nombre de paysans a considérablement diminué. En 1970, ils étaient encore 2,5 millions ; aujourd’hui ils sont à peine 600 000 !

 

Sur certains territoires, cette désertification du monde rural s’accompagne de la fermeture des commerces de proximité, le départ des médecins généralistes et de ce fait la nécessité de s’installer ailleurs afin de pouvoir se faire soigner.

 

Non seulement les pharmacies, les boulangeries et les écoles ferment, mais les petites exploitations disparaissent au profit d’une agriculture productiviste.

 

Ce sont ces gros industriels, utilisant à profusion engrais, pesticides et irriguant de façon intensive, qui finalement reçoivent les subventions européennes de la P. A. C. tandis que les aides ne soutiennent pas les exploitants en difficulté.

 

De grosses disparités se font jour entre l’écart des revenus des uns et des autres, que la répartition des subventions ne compense pas. Il faut savoir en effet que la moitié de la surface agricole utile est aujourd’hui exploitée par 10% des agriculteurs.

 

Comment préserver dans ces conditions les emplois agricoles, éviter l’épuisement des sols et la disparition des zones humides comme dans certains secteurs qui ont soulevé des réactions de la part des écologistes ?

 

La grande distribution ajoute encore souvent aux disparités existantes en fixant des prix qui ne couvrent pas les frais des producteurs. La course au profit semble bien installée et la spéculation boursière sur les cours envahit les marchés agricoles.

 

S’agit-il vraiment de produire toujours plus en intensifiant les grandes fermes quitte à mettre en danger les écosystèmes, car elles polluent généralement beaucoup plus (poulets en batterie, porcs par centaines, élevage hors sol…)?

 

Je pense pour ma part que des affaires comme celle des lasagnes à la viande de cheval pointent les emballements et les lacunes du système. Contrôler la chaîne alimentaire, garantir la traçabilité des produits agricoles, assurer à tous les paysans un revenu décent ne devrait il pas être notre priorité ?

 

Des organismes luttent pour préserver les terres fertiles comme Terre de Liens, la Confédération paysanne; d’autres comme les Amap essayent de payer un juste prix, de pérenniser les fermes ou encore certaines moins connues comme les Robins des Bio qui défendent notamment les liens entre producteurs et consommateurs.

 

Car consommer de nos jours est devenu un outil de citoyenneté. Par nos achats, en effet, nous nous engageons en faveur d’une agriculture durable ou productiviste, nous privilégions la qualité gustative des aliments ou simplement leur aspect, la quantité produite, nous insistons sur le respect de la terre, des animaux et des hommes ou sur le moindre coût d’achat et le profit des vendeurs…

 

Alors quel type d’agriculture désirons nous pour demain, pour nous, pour nos enfants et nos petits-enfants ? La question nous est posée. A nous d'y répondre concrètement!

 

Lyliane 

  

02/11/2014

Nouvelles Charte des AMAPs

7D1.jpgPrenez connaissance de la Charte des Amaps, fruit de plusieurs années de collaboration et de maturation des Amapiens de France !

Pour inspirer d'autres engagements...

 

Charte des AMAP mars 2014.pdf

 

Si vous souhaitez connaitre le cheminement qui les a conduits à rédiger cette charte, vous pouvez télécharger le document qui en témoigne. Vous comprendrez l'importance du choix des mots dans leur recherche pour aboutir à une charte définitive, rédigée en forum ouvert, en démocratie participative, la seule façon pour que tout le monde soit représenté dans ce travail collaboratif qui satisfait tout le monde. Une bel exemple de démocratie participative !

Le chemin vers la charte des AMAP.pdf

08/03/2009

Origine et objectifs de PRELE

P R E L E

Historique

 

Depuis juin 2008, un groupe de cinq personnes a travaillé sur une enquête de besoins qui concernait le projet Amel, sorte d'extension des Amaps (Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) que beaucoup connaissent. Leur souhait était d'élargir ce modèle vers d'autres activités que celles paysannes ou alimentaires. Les réponses ont montré que la diversité industrielle existante ne permettait pas que ce souhait puisse déboucher rapidement, d'autant plus qu'un grand nombre d'activités économiques et éthiques locales existent déjà. L’idée ne bénéficiant pas du soutien des structures Amapiennes sur lesquelles on pouvait légitimement compter (trois d'entre eux y sont très engagés), puisque toute l’énergie des dirigeants des Amaps est centrée sur "survivre". Il a donc été convenu qu'il n'était pas nécessaire de créer un besoin alors que tant d'initiatives existent déjà, si ce n'était qu'elles ne sont pas reconnues par l'ensemble.

 

Valeurs sur lesquelles s’accorder

 

Provoquée lors d’un forum ouvert des créatifs culturels en mai 2008 dans les Cévennes, la rencontre de ces personnes est à l’origine de PRELE. Pour travailler ensemble et aussi pour élargir cette collaboration à d'autres, il a été nécessaire de définir les valeurs sur lesquelles s’accorder en commun. Ainsi, les premières valeurs partagées par les protagonistes sont celles des Créatifs Culturels :

 

- l'écologie, le "bio" et les médecines douces

- la reconnaissance des valeurs féminines

- être plutôt que paraître

- la connaissance de soi, la vie intérieure

- l'implication sociale

- l'ouverture multiculturelle

 

Mais plus concrètement, le travail et la réflexion sur l’économie locale éthique nous semblent devoir naturellement s'inspirer des valeurs des Amaps, celles définies dans leur charte et qui reposent elles-mêmes sur les valeurs des Teïkeï*,  en ce qui concerne les échanges économiques.

 

Cela fait déjà beaucoup, mais la liste des valeurs partagées n’est pas exhaustive.

 

L’Amap donne l’exemple, qu’un état d’esprit différent, dans le domaine de l’activité économique, peut générer de la prospérité économique tout en étant respectueuse de la vie dans tous ses états. Ainsi, il a été porté témoignage d’un bel exemple de l'influence des qualités humaines transmises par les fondateurs dans leur entreprise économique : celui de la société Toyota qui doit sa réussite à l’état d’esprit insufflé par son patron Mr Toyoda. Au cœur de ses préoccupations : le bien être des employés…Sa devise est qu'aucune prospérité ne peut s'effectuer sans respect – Respect/Prospérité

Selon lui, seules ces qualités permettent la réussite. Monsieur Toyoda ainsi que les Amap Japonaises : les "Teïkeï" *, dont leur création était contemporaine, sont peut-être des enfants d'Hiroshima…

 

Rassembler les énergies

Des associations comme "Les Colibris" (inspiré par Pierre Rabhi et d'autres), oeuvrent déjà dans cet esprit. Nous vous recommandons, à titre individuel, de vous rapprocher de ces réseaux actifs pour travailler en formation (comme le font les oies...).

 

les amis de  PRELE

 

 *    L’origine de Teïkeï

C’est dans les années 60, lorsque le Japon connut un essor économique mondial, que le système Teïkeï a soutenu l’agriculture biologique. Alors que le niveau de vie global s’améliorait, des problèmes sociaux firent leur apparition. Dans les zones urbaines, l’augmentation de la population entraînait l’augmentation du trafic, de la pollution, de la délinquance et la dégradation des valeurs traditionnelles. De nombreuses personnes se retrouvèrent isolées et souffrirent de dépression. Le profit étant devenu une priorité. On introduisit toutes sortes d’additifs dans les aliments, ce qui provoqua la méfiance parmi les consommateurs. En 1975, l’opinion publique fut encore plus alertée par la parution d’un livre de Sawako Ariyoshi, intitulé « Fukugouosen » (un terme japonais qui signifie « pollution complexe »). Cet ouvrage révélait les dangers que représentait l’utilisation de pesticides, engrais chimiques, herbicides et antibiotiques. Au même moment, des agriculteurs contractaient des maladies après avoir utilisé des pesticides et herbicides. Aussi, des consommateurs sensibilisés par ces problèmes, décidèrent de modifier leurs mode d’alimentation et rencontrèrent des agriculteurs prêts à changer leurs méthodes de cultures pour donner la priorité à la santé plutôt qu’a l’apparence des produits. Ce fut le début du système Teïkeï. Le mot Teïkeï signifie " partenariat ". C’est dans cet esprit que l’Association Japonaise pour l’Agriculture Biologique fut fondée en 1970 avec des consommateurs fermiers, étudiants, fonctionnaires et des ouvriers des coopératives pour promouvoir le système Teïkeï. Dans le système Teïkeï, les relations entre consommateurs et producteurs sont directes. Il n’y a pas d’intermédiaire ni d’organismes de contrôle qui coûtent cher. Le prix des produits est donc très compétitif face à ceux pratiqués par les filières conventionnelles de distribution.

 

 

Annexes

 

Annexe 1 : Les dix principes de l’agriculture paysanne

Principe n° 1

Répartir les volumes de production afin de permettre au plus grand nombre d’agriculteurs d’accéder au métier et d’en vivre

Principe n° 2

Etre solidaire des paysans des autres régions d’Europe et du monde

Principe n° 3

Respecter la nature

Principe n° 4

Valoriser les ressources abondantes et économiser les ressources rares

Principe n° 5

Rechercher la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles

Principe n° 6

Assurer la bonne qualité gustative et sanitaire des produits

Principe n° 7

Viser le maximum d’autonomie dans le fonctionnement des exploitations

Principe n° 8

Rechercher les partenariats avec d’autres acteurs du monde rural

Principe n° 9

Maintenir la diversité des populations animales élevées et des variétés végétales cultivées

Principe n° 10

Raisonner toujours à long terme et de manière globale

 

Annexe 3 : Le système Teïkeï est basé sur 10 principes :

- Etablir des liens cordiaux et créatifs, pas seulement des relations économiques

- Produire selon une charte établie par les producteurs et les consommateurs

- Accepter les produits proposés par le producteur

- Etablir un prix qui conviennent aux deux parties

- Favoriser la communication afin d’assurer le respect et la confiance mutuels

- Organiser la distribution, soit par les consommateurs eux-mêmes ou par les producteurs

- Respecter la démocratie dans toutes les activités

- S’informer sur tous les sujets concernant l’agriculture biologique

- Maintenir un nombre d’adhérents suffisant dans chaque groupe

- Progresser, même lentement, vers l’objectif final qui est d’instaurer l’agriculture biologique et l’écologie.