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11/12/2019

COP 25 et climat: initiative originale du WWF et du musée du Prado à Madrid...

Alors que la COP25 bat son plein à Madrid, le WWF et le musée du Prado se sont associés le temps d’une campagne engagée en faveur du climat. Ensemble, ils ont détourné quatre tableaux pour sensibiliser aux bouleversements climatiques.
Depuis le 2 décembre et jusqu’au 13 décembre 2019, les représentant.e.s des pays signataires de l’Accord de Paris sont réuni.e.s à Madrid dans le cadre de la COP25. Leur but : discuter des enjeux environnementaux et statuer sur les mesures à mettre en place rapidement. Mais il n’y a pas que les politiques qui se mobilisent pour la planète. Le WWF et le Prado se sont associés en marge de ce rassemblement pour créer une campagne au message fort. L’ONG dédiée à la protection de l’environnement et le musée ont donc revisité quatre chefs-d’œuvre de la collection du Prado pour mettre en lumière les conséquences dramatiques du réchauffement climatique.
Les femmes du tableau Le Parasol de Francisco de Goya se retrouvent donc dans un camp de réfugié.e.s climatiques, les bambins des Enfants à la plage de Joaquín Sorolla font face à l’extinction des poissons, Philippe IV à cheval de Diego Velázquez est surpris par la montée des eaux et le fleuve de la Traversée du Styx de Joachim Patinier disparaît. Des scénarios catastrophes qui pourraient rapidement toucher plusieurs régions du monde. Selon le WWF, 30% des espèces seraient en effet amenées à disparaître sous l’effet du réchauffement climatique et l’ONU prévoit un milliard de réfugié.e.s climatiques d’ici 2050.
Dans un communiqué, l’association a déclaré que cette action faisait "partie d’une série d’activités et d’initiatives (…) qui se tiendront pendant le Sommet pour le climat afin de demander aux gouvernements une meilleure ambition pour s’assurer que le réchauffement de la température n’excède pas une augmentation de 1.5°C". Elle a précisé espérer "que cette campagne atteindra chaque coin de la planète". 

D'après Mme Tess Annest - Glamour - dimanche 8 décembre 2019

Lire aussi SUR MSN: COP25, est-il encore possible d'arracher un consensus ?

10/12/2019

En Côte d'Ivoire, lutte contre la déforestation...

En Côte d'Ivoire, le footballeur vedette Didier Drogba, a lancé ce vendredi à Abidjan une grande opération de plantation d'arbres pour lutter contre la déforestation, baptisée "Un jour, un million d'arbres". L'opération veut alerter contre la déforestation qui a fait perdre au pays la quasi-totalité de ses forêts en une cinquantaine d'années.
LIRE AUSSI >> Brésil : la déforestation en Amazonie a augmenté de 93% en neuf mois
Elle "est une première étape, le début de la reconquête", a déclaré le ministre ivoirien des Eaux et forêts, Alain Richard Donwahi. Elle "vise à recouvrer au moins 30% du territoire national d'ici 2030". Dans le cadre de la cérémonie de lancement de l'opération, des arbres ont été plantés dans le quartier de Koumassi à Abidjan. D'autres ont été plantés simultanément dans le reste du pays.
"Les chiffres (de la destruction) sont effarants. Je suis fier de contribuer à la reforestation de la Côte d'Ivoire par la sensibilisation", s'est réjoui Didier Drogba, saluant une "initiative noble". "Mondialement on lutte contre la déforestation : c'est reboiser, garder la forêt intacte, sauver la planète" et le consommateur européen est plus désireux qu'auparavant d'acheter "des produits qui ne contribuent pas à la déforestation, contrairement à la culture du cacao", a rappelé l'ambassadeur de l'UE en Côte d'Ivoire, Jobst von Kirchmann.
Une table ronde à venir sur le sujet
La Côte d'Ivoire va organiser en janvier 2020 une table ronde avec pour objectif de freiner une déforestation qui menace la stabilité climatique de la région. L'objectif de cette table ronde est de mobiliser 616 milliards de FCFA (près d'un milliard d'euros) pour financer sur la période 2020-2030 la nouvelle stratégie forestière en Côte d'Ivoire, adoptée en février.
La nouvelle politique forestière ivoirienne destinée à recouvrer "six millions d'hectares en 2030 et huit en 2045" englobe la réhabilitation, le reboisement et l'agroforesterie pour utiliser moins de terre. Outre les bailleurs de fonds internationaux, les industries chocolatières seront parties prenantes de ce programme.
Premier producteur mondial de cacao
Premier producteur mondial de cacao avec 40% du marché, la Côte d'Ivoire, qui comptait 16 millions d'hectares de forêts dans les années 1960, a vu leur superficie fondre à deux millions d'hectares, selon les chiffres officiels, à cause principalement du développement des plantations de cacao.
La déforestation liée à la culture du cacao pour l'industrie du chocolat se poursuit "sans relâche" en Côte d'Ivoire et au Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux, avait dénoncé l'ONG Mighty Earth dans un rapport publié en 2018.

Selon lexpress.fr - L'Express - vendredi 15 novembre 2019

07/12/2019

Chamanisme: et si notre intuition était le langage des Esprits?

Une vidéo très bien faite sur YouTube.com avec l'école de l'intuition -IRIS- présentant une interview de Mme Corinne Sombrun, pianiste, écrivain et chamane formée en Mongolie, m'a beaucoup intéressée dans la mesure où elle m'a semblé pouvoir établir un trait d'union entre le chamanisme, les états modifiés de conscience (méditation ou psychotropes...) et la science moderne.

En fait, j'avais cherché sur Internet qui était cette femme, dont on parle à l'occasion de la sortie fin octobre 2019 du film "Un monde plus grand" avec Mme Cécile de France comme actrice principale. Tout à coup, je me suis retrouvée baignée dans un contexte passionnant expliquant notamment l'influence de l'esprit sur la matière et montrant que tout ce que nous émettons est d'origine vibratoire.

J'ai découvert que non seulement cette femme depuis 2003 s'est soumise à une initiation chamanique complète auprès de la chamane Enkhetuya, mais surtout qu'elle a cherché auprès de scientifiques (aux Etats-Unis et en France principalement) à faire analyser ce qui se produit dans son cerveau lors de ses transes provoquées ou pas par le son de son tambour chamanique.

A cette occasion, des chercheurs comme Mr Marc Henry, chimiste travaillant sur l'eau, ont mis en évidence que la transe est un outil cognitif perceptif qui modifie l'état habituel de son cerveau dans une "réalité augmentée". Il l'explique dans la mesure où il a mesuré en laboratoire la différence entre nos pensées habituelles, qui gèrent une bande passante analysant environ 16 bits par seconde, alors que notre cerveau est capable d'analyser 10 milliards de bits par seconde d'information et notre corps 10 millions environ de bits par seconde.

Il semblerait donc que, lors de la transe et au fur et à mesure de ses expériences chamaniques, Mme Sombrun capterait beaucoup plus d'informations que dans sa vie habituelle, où son cerveau spéculatif est essentiellement sollicité. Elle ressent même que notre cerveau est en position d'interface avec le monde des Esprits et de filtre par rapport à notre environnement. On pourrait de ce fait peu à peu élargir notre "bande passante" en sollicitant davantage notre cerveau perceptif et en écoutant davantage nos propres intuitions.

Si l'intuition est bien, comme elle le pense, un potentiel de notre cerveau, rien ne nous empêche de chercher des réponses en chacun de nous pour nos vies personnelles comme pour le devenir de la planète. Cela pourrait notamment induire des modifications de nos comportements à même de favoriser un changement profond des structures en place. Ainsi, je me prends à imaginer le saut quantique possible entre Saturne -lié actuellement au Noeud Sud ou queue du Dragon - et Uranus, planète du renouveau et maître du signe du Verseau...

Je trouve ces données réjouissantes, car nous pourrions alors reprendre le contrôle de nos vies, nous faire confiance, prendre en charge ce que nous désirons vraiment, au lieu de nous laisser dicter notre consommation, nos choix de vie et nos loisirs par la télévision ou la publicité. Internet contribue déjà beaucoup à nous rendre autonomes par rapport à l'information officielle...

Il ne s'agit pas, certes, de délirer, ni de sombrer dans des croyances qui appartiennent à une autre culture. Les ouvrages et le film de Mme Corinne Sombrun ne pourraient-ils pas toutefois sonner à nos oreilles comme "un rappel de conscience"? Je remarque en effet que tous les peuples premiers ont toujours mis en avant l'unité du Vivant et considéré la Terre avec respect. A nous peut-être de retrouver déjà en nous-même la trace de l'harmonie, de la joie du vivre ensemble près de la nature et de la solidarité, que nous semblons avoir perdu de vue notamment en Occident.

Lyliane

 

06/12/2019

Message d'un chef indien pour sauver la planète...

 

Sauvez la planète :
le combat d'un chef indien

Message d’un chef indien surui pour sauver la planète : Entre reforestation, gestion durable des ressources et réhabilitation des enseignement de la foret amazonienne. Entretien avec Almir Narayama Surui, et Corinne Sombrun.

Leader charismatique et visionnaire des indiens Surui, dont le nom ancestral est Paiter, « les hommes vrais, », Almir Narayamoga Surui est considéré comme l’un des plus grands activistes autochtones d’Amérique du Sud. Diplômé en biologie, il s’est engagé dans la défense de ses terres ancestrales. Déterminé à participer à la préservation de la planète, avec l’aide de l’ONG écologiste Aquaverde, il rencontre les dirigeants de Google pour leur présenter son projet : un plan de reforestation et de gestion durable des ressources de la forêt sur cinquante ans. Récompensé en 2008 à Genève par le prix des Droits de l’homme, Almir Narayamoga Surui fait partie des cent personnalités les plus importantes du Brésil. Avec Corinne Sombrun, co-auteur du livre « Sauver la planète », le chef indien nous livre à la fois l’urgence à préserver la forêt, les enseignements qu’elle recèle, son projet et les clés qui régissent la cohésion sociale de son peuple, dont nous gagnerions sans doute à nous inspirer.

Commençons par un état des lieux, si vous le voulez bien. Où en sommes-nous de la déforestation aujourd’hui ?
Almir Narayamoga Surui : En un demi-siècle, la population de l’Amazonie brésilienne est passée de six à vingt cinq millions d’habitants, ce qui a entrainé une réduction massive des surfaces forestières au profit de l’agriculture et de la production de bois. L’état du Rondonia est l’un des plus durement touchés par cette déforestation, accusant une perte de 40% de sa foret primaire.
La forêt amazonienne s’étend sur neuf pays, essentiellement au Brésil (près des deux tiers de sa superficie). Près d’un cinquième de cette forêt a disparu depuis 1970 et environ 17%, soit soixante millions d’hectares (la superficie de la France) ont été convertis à d’autres utilisations ces dernières années. A ce rythme-là, on annonce sa disparition totale avant la fin du XXIème siècle.


Quels sont les risques considérables qu’entraînerait sa disparition ?
A. N.S. : En plus d’être l’un des plus riches modèles de biodiversité, elle est la plus grande réserve d’eau douce du monde et un poumon vital nécessaire au maintien de l’équilibre climatique de la planète. En absorbant le CO2 de l’atmosphère, elle représente un facteur clé face au défi du réchauffement climatique La condamner, ce serait condamner des régions entières à endurer de graves inondations et des dégradations irréversibles. Sans parler des plantes aux vertus médicinales dont seulement 2% des principes actifs ont été référencés et étudiés en laboratoire. Les 98% restants représente un trésor inestimable dont il serait irresponsable de priver l’humanité.


Comment est né ce projet de reforestation pour lutter contre la catastrophe écologique que représente la déforestation en Amazonie ?
A. N.S. : Je souhaitais montrer que la préservation de la foret peut générer plus de revenus que sa destruction. En tant que chef, mon devoir était de trouver une solution. Au fond que voulaient les hommes de nos tribus en vendant le bois de notre territoire ? Ce que veut chacun de nous : nourrir sa famille. Ma responsabilité était donc de leur donner un autre moyen de le faire. Je me suis assis avec eux et leur ai posé cette question : existerait-il d’autres alternatives à la déforestation pour générer des revenus. Chacun des chefs de clan a été invité à trouver une idée. C’est ainsi qu’est né le projet de reforestation. Aujourd’hui, ce projet à long terme bénéficie du soutien de l’association suisse Aquaverde visant notamment à replanter un million d’arbres dans le cadre d’un programme de soutien aux peuples autochtones, s’y est ajouté le projet Carbone Surui (voir encadré). C’est une aventure collective !


D’un point de vue culturel d’après vos traditions, quels sont les enseignements que vous offre la forêt ?
A. N.S. : « En nous confrontant sans cesse à un problème nouveau, la forêt nous a toujours appris à nous adapter », me disait mon père. Il avait raison. C’est grâce à elle je crois que notre tribu a pu s’adapter en seulement 40 ans à un mode de vie qui nous a été imposé. La forêt nous apprend à rester en vie, en développant des qualités d’attention.
C.S.: Y survivre demande une qualité d’attention particulière, que l’on a perdu dans nos sociétés. Leur perception de l’environnement est large, ils entendent, ils voient, ils sont ouverts, tout simplement parce qu’ils ont une interaction avec lui.
A. N.S. : Tout comme avec la forêt, nous nous sommes attachés à étudier la société brésilienne, à en comprendre les lois et l’économie de marché. Et en a peine dix ans notre peuple a non seulement intégré tous ces paramètres, mais il a compris l’intérêt que pourrait lui apporter le déchiffrage des clés de ce nouveau monde.


La forêt est vivante dans votre culture. Dès l’enfance on vous apprend à lui parler ?
A. N.S. : Ce premier jour, où mon père m’a emmené dans notre grande forêt, reste l’un de mes plus beaux souvenirs. Il m’a dit : « Dans cette foret résident les esprits ancestraux, qui veillent sur nous, et doivent être respectés. » Apprendre à écouter les esprits de la forêt pour en faire des alliés, est au cœur de notre éducation. Ce sont des êtres vivants, c’est un art de savoir s’adresser et écouter les esprits de la forêt, il faut une préparation physique et spirituelle.
C. S. : En Amazonie, tout est vivant. Tout est habité par un esprit, chaque arbre, chaque fleur, chaque plante est susceptible de nous parler. Quand on prend la peine de les écouter et qu’on leur fait confiance, alors on peut entendre les messages du vent dans les arbres, de la mélodie d’une rivière, du chant des oiseaux. C’est très concret.


Vous dites que l’écosystème qui régit la foret pourrait être un modèle d’équilibre pour chacun de nous. C’est à dire ?
A. N.S. : Il faudrait qu’ensemble nous apprenions à nous comporter comme une forêt, au sein de laquelle chaque individu est nécessaire, chaque racine mérite d’être protégée pour l’harmonie et le bien de tous. Aujourd’hui, les gens font ce que leurs mains leur demandent, mais il faudra qu’ils comprennent qu’elles ne le font pas toutes seules. Il existe une sagesse derrière ces gestes ! Nous l’appelons soe same. Si la spécificité et les racines de chacun sont respectées, cette sagesse développera une conscience plus globale, et nous formerons alors une belle forêt.


Dans votre clan, vous insistez sur le besoin de réintroduire les rituels. Pourquoi ?
A. N.S. : L’un de mes premiers objectifs a été d’inciter les nôtres à renouer avec nos traditions, malmenées par les missionnaires. « Aucun arbre ne pousse sans racines », répétait mon père. Nous avons donc réintroduit les rituels, une manière de nouer des alliances, de poser des questions, d’aborder les problèmes, Par exemple, ces moments où chacun s’occupe de ritualiser le corps de l’autre par la peinture sont un excellent moyen de réguler les tensions. Il s’agit d’honorer une qualité de l’autre. Le jaguar, représenté par un ovale autour de la bouche et des tâches sur le torse, signale qu’on honore le guerrier en cette personne, elle donne à celui qui la porte le pouvoir de cet animal : force souplesse et rapidité… Il y a de nombreux rituels autour de la musique, également pour transmettre un message. Vous pouvez chanter, pour déclarer que vous êtes amoureux, ou que vous comptez partir en chasse, que vous êtes dans des dispositions guerrières. C’est un acte de communication. Il existe aussi des rituels plus initiatiques, de guérison, de passage…


Pour une bonne cohésion de la structure sociale, vous évoquez l’importance relever des défis. Un principe fondamental !
A. N.S. : Les défis nous obligent à constamment rester sur nos gardes quant au respect des traditions et à remplir notre rôle social en étant au meilleur niveau. Si on ne l’esp pas, on nous le fait comprendre et on doit trouver la solutions honorable. C’est ainsi que depuis la nuit des temps nous façonnons notre société.
C. S. : Le défi est une façon de bien vérifier que tu as acquis les règles de savoir « être » de la tribu. Par exemple, est ce que tu sais construire un arc, découper la viande après le retour de la chasse, ou encore remplir ton rôle de chef. On ne va pas te critiquer sur la façon dont tu construis ton arc, mais on te montre que tu peux faire mieux, si tel est le cas. Ce sont des réajustements.
A. N.S. : Les défis ont pour principal fonction que chacun trouve sa place dans la société, on attend pas plus d’une personne que ce qu’elle est capable de faire ou de donner, et on l’accepte tel qu’elle est ! Pour découvrir ses réelles capacités comme ses limites, elle doit s’éprouver dans un défi. Ils s’exercent dans la vie courante. Le défi n’est pas individuel, on engage la responsabilité de tout le groupe.


Justement parlons de cette notion de responsabilité. Dès l’enfance vous apprenez à considérer que vos actes n’engagent pas seulement notre responsabilité mais celle de tous. Qu’est ce que ça ’implique ?
A. N.S. : La responsabilité est une question d’engagement dans chaque acte qui est posé, pas simplement pour soi-même, mais pour les autres, pour l’humanité. Il s’agit de définir des actions qui sont bénéfiques à tous. La responsabilité exige un engagement personnel, qui mobilise toutes vos ressources, là ou l’on pourrait se sentir impuissant et laisser tomber. A partir du moment où on s’engage on fait tout notre possible pour trouver des appuis.
C. S. : Nous sommes tous responsables de chacun. Quand Almir développe cette conscience verte, il le fait pour tous, Il se sent autant responsable d’un point de vue de lui-même, de sa tribu et au niveau mondial.


On pourrait dire que votre spécificité réside dans l’alliance de votre culture et de la modernité : vous avez obtenu un partenariat avec Google Earth qui permet aujourd’hui une surveillance plus efficace du déboisement illégal. Une clé pour sauver la planète ?
A.N.S. : Chaque connaissance a sa valeur. L’une complète l’autre. Il ne s’agit pas de prendre en compte les seuls aspects négatifs de la technologie, mais de les rectifier. Comment améliorer les choses ? Le savoir traditionnel a ses propres valeurs, et les connaissances technologiques également, ou scientifique, et spirituelle, aussi. C’est avec ce « tout » que l’on peut espérer élaborer une stratégie viable, il est nécessaire de faire concourir tout cet ensemble. Changer les consciences passerait selon nous par une la création d’une université surui capable de réunir les connaissances traditionnelles et scientifiques sur la forêt.


Le Projet Carbone Surui :


D’abord conçu par le chef Almir Surui, avec le soutien d’institutions environnementales et d’institutions autochtones, le projet finance les activités de surveillance et de protection, de production durable et d’amélioration des conditions de vie du peuple Surui, tout en contribuant à la conservation de l’environnement et au renforcement culturel indigène.

Ce projet débuté en 2007 a commencé à porter ses fruits en 2011. Les revenus générés pour les services environnementaux, issus de la vente de crédits de carbone REDD+ proviennent de la deforestation évitée, donc du maintien sur pieds de 230’000 hectares de forêt originelle appartenant aux Surui, et sont une alternative prometteuse pour le peuple Surui.

Le Projet Carbone Surui est mené vers un processus inédit et détaillé de consentement préalable en connaissance de cause par le peuple tout entier, aboutissant à la signature d’un accord de coopération entre les quatre clans au sein du peuple Surui, afin d’assurer les garanties sociales et environnementales pour la communauté toute entière.
Cette nouvelle approche de gestion ethno-environnementale de territoires autochtones sert aujourd’hui de modèle pour les autre tribus d’Amazonie et fait jurisprudence auprès du gouvernement brésilien..


Le Projet de Reforestation :


“ L’unique manière de changer le monde est de donner l’exemple”
- Almir Surui

En 2005, Chef Almir se met à la recherche d’une institution pour le soutenir dans son projet de reforestation et c’est ainsi que lors d’une recherche sur internet, il tombe sur l’Association Aquaverde
Le projet PAMINE a été entièrement élaboré par les Surui eux-mêmes, selon leur propre philosophie de vie. Le but de ce projet est d’engager le plus grand nombre de membres de la tribu dans des activités de gestion forestière préservant la forêt amazonienne dans toute sa diversité biologique.
Il s’agit pour cela de rendre attractif et bénéfique la plantation d’arbres, afin de démontrer à l’ensemble de l’ethnie, aux autres peuples indigènes ainsi qu’au monde entier que l’exploitation du bois et les autres activités prédatrices ne sont pas les seules solutions qui s’offrent aux Indiens face aux pressions économiques qui s’exercent sur leur sociétés.
La restauration de la richesse de la forêt aux alentours des villages contribue à la fois à réduire leur dépendance alimentaire à l’égard de la ville et à leur fournir des revenus tirés d’une activité durable, tout en leur permettant de protéger l’intégrité de leur territoire forestier encore inviolé soit 93% des 250 000 hectares de la Terra indigena.

Le projet appelé “ PAMINE”, ce qui signifie “Rennaissance” dans leur langue, est aujourd’hui une inspiration pour toutes les tribus de l’amazonie. Dix ans plus tard, la tribu a planté plus de 150 000 arbres avec le soutien de l’association Aquaverde et ses donateurs.

 

19/11/2019

Assemblée nationale responsable!

 

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lun. 18 nov. 18:16 (il y a 14 heures)
 
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À moi
 
 
 
 
 
Première victoire : L'aide fiscale à l'huile de palme rejetée par les députés
 
 
(Huile de) palme... d'or remis à 58 députés !
 
 
Chères amies, chers amis,
 
Au terme d'une folle semaine, les députés ont eu l'occasion de revoter pour supprimer une aide fiscale à l'huile de palme dans les carburants.
 
Alors qu'un premier vote, effectué en catimini, avait conduit l'Assemblée Nationale à reporter de 6 ans la fin des aides à l'huile de palme dans les carburants, la mobilisation citoyenne a obligé les députés à programmer un second vote.
 
Ce deuxième vote, à scrutin public, s'est soldé par un score sans appel ! Cinquante-huit députés (contre 2) ont rejeté le principe d'un prolongement de l'aide à l'incorporation d'huile de palme dans les carburants.
 
Nous restons vigilants car ce vote positif est une première étape. Le projet de loi de finances doit encore passer au Sénat puis en seconde lecture à l'Assemblée Nationale. Or, le gouvernement n'a eu de cesse de soutenir l'amendement pro-huile de palme à l'occasion du premier et second vote par la voix du ministre du budget et par celle de la ministre de la transition écologique...
 
Nous sommes néanmoins heureux et satisfaits qu'une majorité parlementaire se soit dégagée pour refuser cette niche fiscale climaticide.
 

17/11/2019

Un nouveau parc naturel en France...

Après plus de dix ans de développement, un nouveau parc national s’apprête à voir le jour en France. Situé entre la Bourgogne et la Champagne, le plateau de Langres sera le onzième de l’Hexagone.
Entre la Bourgogne et la Champagne, le onzième parc national français s’apprête à voir le jour. Consacré aux forêts de feuillus de plaine et abritant de nombreux écosystèmes rares et anciens, le plateau de Langres est un parc "nouvelle génération" dont le développement a nécessité dix années de travail. "Ce territoire est à la fois très représentatif des campagnes et des forêts françaises, et il est exceptionnel car 80% des arbres étaient déjà là à la Révolution", a expliqué Hervé Parmentier, directeur du Groupement d’intérêt public (GIP) chargé de mettre en place ce parc. La réserve abrite des hêtres, des chênes parfois plusieurs fois centenaires et plusieurs autres espèces quasi disparues comme le chat sauvage et la cigogne noire. Des abbayes, d’anciennes forges et quelques vestiges archéologiques font également partie de ce patrimoine désormais protégé. 
Le projet a été lancé en 2009 par François Fillion, alors Premier Ministre. Mais son ouverture a fait débat et les négocations se sont souvent avérées mouvementées, certain.e.s chasseur.se.s et agriculteur.trice.s y étant fermement opposé.e.s. "On a cherché le point d’équilibre" entre protection environnementale et activités humaines, "qui continueront d’être pratiquées mais seront encadrées", explique le directeur du GIP, qui a accepté de réduire la superficie du centre du parc pour n’y conserver que les zones ayant "un intérêt fort en termes de protection et un intérêt patrimonial". Le plateau de Langres s’étend donc sur 250 000 hectares et recouvre 127 communes, qui pourront décider de ne pas y adhérer, se privant peut-être de ressources financières. Et pour cause, trente emplois directs devraient être créés, et un budget de 3 à 3,5 millions d’euros sera bientôt débloqué. Une telle opération pourrait donc répondre à de nombreux problèmes économiques rencontrés dans la région, notamment grâce au développement de (l’éco-)tourisme. Le plateau de Langres devenant le parc national le plus proche de la région parisienne, cette activité devrait s’y développer très rapidement. 

Selon Tess Annest - Glamour - dimanche 3 novembre 2019

Dans Nice-Matin, Mr Fabrice Pouliquen a recueilli à ce sujet les propos de Mr François Hallé, botaniste spécialiste des arbres, qui se félicite de ce 11 ème parc national français, huit ans après celui des Calanques. Dans les colonnes du Journal Le Monde en octobbre 2019, cet homme a fait connaître un ambitieux projet: recréer en Europe des forêts primaires en sanctuarisant 65 000 hectares. Selon lui, les forêts primaires "sont des sommets de biodiversité et d'esthétique". Pour le moment reste à identifier un site susceptible d'accueillir ce projet, qui pourrait se trouver à cheval sur plusieurs pays. Le président de la République Mr Emmanuel Macron  envisage de porter ce projet au niveau européen. Ce dernier avait promis, en effet, d'atteindre 30% d'aires protégées sur le territoire d'ici 2022. Espérons que ce projet verra le jour, afin d'endiguer notamment la disparition d'espèces végétales et animales.

Lyliane

04/11/2019

L'écologie, première préoccupation des français...

Selon le "Baromètre de l'économie positive et durable" de YouGov, les Français.es se préoccupent de plus en plus de l’environnement. Il est même devenu leur inquiétude principale.
Réduction des déchets, consommation de fruits et de légumes de saison et utilisation réfléchie d’eau et d’énergie, les Français.es sont de plus en plus nombreux.ses à adopter un mode de vie éco-responsable. Selon le "Baromètre de l'économie positive et durable" mené par le cabinet de sondages YouGov pour Business Insider sur un panel de 1 030 personnes, l’environnement serait même devenu leur préoccupation première devant le chômage et l’emploi (13%), l’insécurité (12%), l’éducation (10%) et la protection sociale (10%). Pas étonnant donc que 70% de l’ensemble des Français.es se considèrent écolos.
Sans grande surprise, YouGov révèle que les jeunes sont plus sensibles à cette cause que leurs aîné.e.s. 37% des 18-24 ans en ont fait leur inquiétude n°1, contre 21% des 45-54 ans. 42% d’entre eux/elles assurent d’ailleurs consommer du bio, contre 35% de l’ensemble de la population. Les gestes les plus fréquents pour limiter l’impact écologique restent classiques : le changement d’alimentation et la suppression, ou la réduction, de viande du régime alimentaire (56%) et l’utilisation des transports collectifs (33%).
Une contradiction majeure ressort tout de même de ce sondage : pour privilégier une marque à une autre, les Français.es regardent d’abord le prix (29%), la qualité (29%), puis seulement ensuite la provenance (18%) et l'engagement responsable et écologique (8%). Pourtant, ils/elles sont 23% à déclarer participer à des manifestations pour "des causes qui leurs tiennent à cœur", dont 4% "souvent" et 19% "parfois".

Tess Annest - Glamour - jeudi 17 octobre 2019

29/10/2019

Gabon: de l'exploitation du pétrole au travail de la terre...

"Le Gabon est le huitième producteur africain (de pétrole), les hydrocarbures représentent 80% de ses exportations, 45% de son PIB et 60% de ses recettes budgétaires", rapportait franceinfo Afrique en mars 2019 à l’occasion d’un colloque au Sénat français sur le thème de la diversification de l’économie du pays. Problème : la rente pétrolière a tendance à baisser. Dans ce contexte, les autorités gabonaises entendent faire passer le message d’une "transformation de l’économie". En l’occurrence la transformation d’une économie de rente, qui a abandonné l’agriculture et doit importer plus de la moitié de l’alimentation de ses habitants. Le secteur a été délaissé dès la période coloniale au profit du bois.
Résultat : cette situation a fait germer l'idée dans l'esprit de nombreux Gabonais que "le travail de la terre était un sous-métier", affirme à l’AFP Bollah Muslim, un maraîcher de 33 ans. "Ici, les agriculteurs sont vus comme des analphabètes, un métier pour les plus démunis qui ne savent faire que cela", se désole cet ancien technicien pétrolier reconverti dans... l’agriculture. Tout un symbole.
"Jetez une graine, le lendemain vous aurez un fruit"
Pourtant, les conditions climatiques sont très favorables au développement de l’activité agricole. Pour nombre d’experts cités par l’AFP, le climat chaud et humide où alternent saisons sèches et saisons des pluies (avec une pluviométrie annuelle de 1450 à 4000 mm) offre au Gabon un fort potentiel agricole. "Tout pousse", confirme Bollah Muslim. "Jetez une graine, le lendemain vous aurez un fruit", explique même un proverbe local...
"Avec une réserve importante de terres arables (5,2 millions d’hectares) (…), le Gabon présente d’importants atouts naturels pour le développement de la production agricole. Pour l’heure, celle-ci ne contribue que marginalement à la croissance (3,8% du PIB)", explique un document du ministère français de l’Economie. Alors qu’en 1960, au moment de l’indépendance, les agriculteurs représentaient 82,60% de la population, ceux-ci ne sont plus aujourd’hui que 11,02% (14% dixit d’autres sources), selon les données de la Banque mondiale. La découverte et l’exploitation des hydrocarbures sont passées par là. Aujourd’hui, neuf habitants sur dix vivent en ville.
Autres freins au développement de l’agriculture, selon le document de Bercy : "Un système foncier défavorable à un accès sécurisé à la terre, le coût de la main d’œuvre (et le manque d’attractivité des jeunes pour la profession), un manque d’infrastructures de commercialisation et de transformation, et de financements."
Des importations avant toute chose
Résultat : aujourd’hui, sur les étals des commerçants, les fruits et légumes sont pour la plupart importés de l'étranger. Ceux produits au Gabon sont l'exception. "Le manioc et la banane viennent d'ici, parfois les avocats, tout le reste arrive directement du Cameroun par camion", détaille une détaillante de Libreville. Plus de la moitié des aliments sont produits à l'étranger, explique à l'AFP Huguette Biloho Essono, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). "Cette dépendance vis-à-vis de l'extérieur est très préoccupante. Imaginez une seconde les conséquences pour ce pays si la frontière avec le Cameroun venait à fermer", observe-t-elle.
Le faible poids de l'agriculture est devenu encore plus inquiétant depuis la crise qui a poussé le gouvernement à y investir plus fortement ces dernières années. Mais cinq ans plus tard, les progrès sont encore peu visibles, selon la plupart des professionnels interrogés par l'AFP. En raison notamment du manque de main-d'œuvre agricole formée et disponible dans un pays très urbanisé.
"Convaincre (les) Gabonais urbanisés de retourner vivre dans les terres n'est pas chose simple", reconnaît le ministre de l'Agriculture Biendi Maganga-Moussavou. "Notre ambition est d'attirer de plus en plus d'étudiants vers les formations agricoles, notamment en suscitant des vocations chez les plus jeunes", ajoute-t-il. De son côté, Bollah Muslim n’a pas besoin d’être convaincu : "Au lycée, un professeur passionné m'a transmis l'amour du travail de la terre. Alors quand je me suis retrouvé au chômage, cela a été plus facile pour moi de me tourner vers l'agriculture", raconte-t-il.

Franceinfo - Franceinfo - mardi 17 septembre 2019

24/10/2019

La planète vue du ciel est plus verte qu'il y a 20 ans...

"Les scientifiques de la NASA viennent de faire un constat incroyable : nous avons gagné deux millions de km2 de forêt supplémentaire sur les vingt dernières années". Ce mercredi Fanny Agostini, s’intéresse aux forêts qui "poussent comme des champignons" dans sa chronique Rendez-vous à la ferme, sur Europe 1.
Les arbres "limitent la pollution et absorbent le dioxyde de carbone"
Incroyable mais vrai : la planète est donc plus verte qu'il y a 20 ans et, ce, malgré la déforestation. "Pourtant, les zones boisées se réduisent de jours en jours, et 13 millions d’hectares - soit un quart de la France - disparaissent tous les ans, ce qui représente l’équivalent d’un terrain de foot toutes les secondes", a rappelé Fanny Agostini au micro d'Europe 1. Malgré cela, les forêts recouvrent plus de 4 milliards d'hectares sur la planète.
Mais alors, où sont ces nouvelles forêts ? "Elles poussent comme des champignons et ça se passe partout comme en Chine. L'armée chinoise a méticuleusement aligné en rang d'oignons des millions d'arbres pour créer une ceinture végétale pour stopper notamment l'avancée du désert de Gobi", a détaillé la chroniqueuse. Des arbres de la même espèce, des pins, ont ainsi été plantés afin de "limiter la pollution et d'absorber le dioxyde de carbone". "Les arbres sont en effet essentiels pour capter le CO2 atmosphérique et le stocker. Ils préviennent aussi l’érosion des sols, et leurs feuilles se transforment en matière organique qui nourrit la terre", a également ajouté Fanny Agostini. 
"La monoculture vient freiner l'épanouissement d'une biodiversité riche"
Planter des arbres n'est toutefois pas suffisant. "En Chine, comme ailleurs, la plantation du même type d'arbres et, en général, des arbres à croissance rapide, reste de la monoculture, ce qui vient freiner l'épanouissement d'une biodiversité riche. Car une forêt composée uniquement des mêmes arbres ne permet pas d'abriter un nombre varié d'espèces vivantes. Pour couronner le tout, des forêts d’arbres ayant tous le même âge plantés en ligne sont beaucoup moins efficaces dans le stockage du carbone", a précisé notre chroniqueuse. Le Portugal a, lui, commencé à importer des eucalyptus en provenance d'Australie au début des années 50. Le reboisement a été tel que les forêts d'eucalyptus représentent aujourd'hui le quart des forêts portugaises. Sauf que ces arbres sont "particulièrement exigeant en eau et qu'ils participent à l'assèchement des nappes phréatiques", a rappelé Fanny Agostini.
En conclusion, Agostini appelle à la prudence : "Oui à un reboisement massif de la planète, mais pas à l'aveugle au risque de ne pas récolter le fruit de tous nos efforts". 

Europe1 .fr - Europe 1 - mercredi 16 octobre 2019

Quel est le rôle d'un paysan dans notre pays?

Le magazine Cultures bio de Biocoop a interviewé quelques paysans dont Mr Benoît Canis, maraîcher bio qui s'est aussi engagé dans la Biocoop de Wavrin ( 59 ). Celui-ci affirme qu'un paysan est " le chef d'orchestre d'un vaste système". Il doit en effet comprendre le fonctionnement d'une plante, la vie d'un sol, de son écosystème et s'y adapter. Sur ses 5 ha par exemple, Mr Canis doit penser à laisser une parcelle non productive pour favoriser les espèces sauvages, les insectes, les oiseaux. Il est important pour lui de faire pousser uniquement des légumes du terroir en respectant les saisons et en restant humain avec le personnel et les animaux. Car à la ferme de ce maraîcher on cherche à favoriser l'insertion professionnelle de personnes en difficulté.

En bio il y a davantage de travail manuel, mais les activités sont plus diversifiées.  Mr Canis privilégie les circuits courts pour avoir de vrais échanges avec les consommateurs et trouver du sens dans ce qu'il entreprend. Au moment où beaucoup d'agriculteurs se plaignent de leur endettement, n'arrivent pas à vivre de leur travail ou à le transmettre, l'agriculture biologique et la coopération entre paysans semblent des solutions d'avenir. Pour aller plus loin sur ce sujet, contacter www.semencespaysannes.org ou www.biocoop.fr.

Lyliane

 

 

14/10/2019

Chaque demi degré compte, écrit Greenpeace...

Dans la Bannière, journal d'information de Greenpeace, le journaliste met l'accent sur le fait qu'il ne faut pas se décourager, mais au contraire continuer nos efforts et la pression sur nos élus, afin d'arriver à faire respecter les accords de Paris pris lors de la COP 21 à Paris. L'urgence climatique doit rester notre priorité et la mobilisation citoyenne se doit d'être constante! Cet été, des vagues de chaleur ont touché notre pays (feux, hausse des températures, sècheresse...) comme l'ensemble du monde. Le réchauffement est perceptible déja ( environ 1°), mais il ne faut pas nous en contenter et tout mettre en oeuvre pour le contenir. Chaque demi degré compte, de ce point de vue!

La jeunesse mondiale a montré récemment et montre encore que la question du climat reste sa question principale (grèves, manifestations, marches...). Elle ne fait plus confiance"aux grands" ( politiques, adultes, entreprises...) qui nous bercent de bonnes paroles mais n'agissent pas suffisamment selon leur avis. Les jeunes savent, en effet, qu'ils seront les plus touchés par la crise environnementale qui est en cours. Ils nous poussent à réfléchir à nos modes de vie et à la meilleure façon d'en changer. Et dans certains pays l'urgence est déja là! Comment y répondrons-nous?

L'association bien connue Youth for Climate, dont le site est www.youthforclimate.fr, nous incite à unir nos forces et à nous appuyer sur des ONG agissantes comme  Greenpeace, qui défend la justice sociale et lance des alertes régulièrement (contre le nucléaire, le CETA, la pollution de l'air, de l'eau...). Consulter par exemple le site:wwwgreenpeace.fr.

Lyliane

13/10/2019

Aubervilliers considérée comme ville emblématique de la ville moderne...

Avec ses espaces partagés et terrasses végétalisées, la tour Emblématik préfigure comment on habitera dans le Grand Paris.

A la sortie du métro Front populaire, dès l’escalator, la tour Emblématik s’impose. Comme une évidence. Combien d’étages ? Quelle hauteur ? Roland Castro, le père du projet, jubile : « Tout le monde se plante ».
Avec son système de jardins tous les quatre étages et les appartements en duplex, difficile effectivement de réaliser que cette tour compte 18 étages pour 55 mètres. L’architecte et son associée Sophie Denissof ne sont pas peu fiers de cette réalisation qui donne toute sa dimension à un quartier qui préfigure ce que sera le Grand Paris.
Dix années de gestation
Il leur aura fallu dix ans depuis la présentation de leur projet de « Village Vertical » pour que leur vision se concrétise. Après bien des péripéties et nombre de batailles, c’est finalement Aubervilliers qui a choisi d’accueillir Emblématik et ses 88 appartements. Tout en élégance et en légèreté, le bâtiment joue avec ses grandes loggias d’angle entre lesquelles s’élancent des colonnes aux teintes dorées. Les arbres et les plantes grimpantes commencent à y trouver leur place, transformant ces terrasses en véritables jardins suspendus. Un manifeste pour Roland Castro :
« J’ai appliqué la consigne de mon copain Jean-Louis Avril qui disait ‘j’aime bien les tours, à condition que le sol monte avec’. C’est ce que nous avons fait. »

Les tours font peurs
En France, l’idée de tour fait peur. Avec Emblématik, les deux architectes, suivis par le promoteur Nexity ont voulu prouver qu’il est possible de construire une tour « humaine » :
« On a des images de tours alignées les unes à côtés des autres, avec une architecture très monotone », explique Evelyne Flacher, Directrice générale Nexity Immobilier résidentiel, « ce qu’on a voulu montrer ici, c’est que la densité, qui est nécessaire dans nos villes où le foncier est de plus en plus rare, peut être désirable et la hauteur, elle peut être belle. »La tour Emblématik de Castro et Denissof vue depuis la place du Front populaire à Aubervilliers
Cette tour, ces jardins, c’est un peu la réponse de Castro et Denissof à ce que sera habiter demain. En milieu urbain où la question de la densité est cruciale, elle permet de concilier les injonctions souvent contradictoires des habitants : vivre dans de l’individuel, comme dans une maison, et en même temps, rester en centre-ville, comme l’explique Sophie Denissof :
« Ce bâtiment, c’est un peu un prototype. Il montre à quelles conditions on peut répondre à la question de la densité. »
Les loggias sont de véritables îlots de fraîcheur, des régulateurs thermiques qui isolent le bâtiment. Ce sont aussi des espaces partagés par les habitants. « Ils donnent l’occasion de se rencontrer. On peut y aller mais on n’est pas obligé d’aimer son voisin. On peut éventuellement le fréquenter, si on veut », sourit Roland Castro.
Des espaces pour se rencontrer
« On y a organisé des réunions de copropriété qui se sont transformée en fêtes. Au final, on n’a pas vraiment parlé de l’immeuble mais c’était très sympa », raconte Allan Tupin, installé dans un duplex au sommet de la tour. « On y va aussi tout simplement pour passer un coup de fil, organiser un anniversaire d’enfants, ou en amoureux, pour profiter du coucher de soleil en buvant un verre. »

4500 euros le mètre carré
Emblématik répond aussi à la problématique de l’accessibilité. A une station de métro de Paris, Nexity a vendu les appartements à, en moyenne, 4 500 euros le mètre carré, soit entre deux et trois fois moins cher que de l’autre côté du périphérique. Une tentative pour garder une certaine mixité sociale à Aubervilliers.Le succès a été au rendez-vous puisque la totalité des appartements ont tout de suite été vendu. Les habitants prennent leurs marques, s’approprient les lieux. « En fait, on n’a pas l’impression d’être dans un tour de 18 étages, hormis la vue », constate Allan Tupin, « une vue qui fait aussi l’intérêt de l’appartement, avec ce dégagement sur Paris, le Sacré-Cœur, la Défense… »
Certains résidents, à l’instar de Florian Sertillanges, émettent quelques bémols : « En vivant ici, je découvre qu’il y a quelques problèmes d’insonorisation et on a aussi un local poubelles qui n’est pas adapté. Ce sont des dysfonctionnements qu’il va falloir qu’on règle. »
Un art de vivre
Un quotidien qui se met en place, des questions à résoudre, la vie d’un immeuble en somme. Et la fierté des architectes d’être parvenus à réaliser ce lieu de vie. « Cette tour, avec ces appartements comme des maisons, elle offre un art de vivre en ville », explique Sophie Denissof, « habiter quelque part, ce son des éléments très archaïques. Il faut qu’on soit protégés, il faut qu’on soit chez soi. Et c’est parce qu’on est bien chez soi qu’on arrive tous ensemble. »

Louis Morice - L’Obs - lundi 23 septembre 2019

11/10/2019

Quel avenir pour les paysans français?

Selon le magazine du réseau Biocoop de septembre/octobre 2019, l'agriculture de demain sera "éthique, à l'écoute des demandes citoyennes, respectueuse des écosystèmes, de l'homme et de l'animal, résiliente face aux changements climatiques et source de richesses pour les territoires". Certes, aujourd'hui, seulement 9,5% des fermes françaises sont en bio, ce qui représente tout de même le double d'il y a 5 ans. Mais la petite paysannerie française est danger de disparition, car malheureusement c'est un secteur qui ne permet pas souvent de vivre de son métier.

De plus en plus d'hommes et de femmes cependant ne veulent plus dépendre ni de l'agrochimie, ni des marchés, ni des banques. Ils cherchent à s'organiser (coopératives, CUMA...) pour vivre durablement de leur métier. Beaucoup privilégient la vente directe à la ferme, les circuits courts, afin de se rapprocher des consommateurs. Certains innovent  avec la permaculture sur de petites surfaces, l'agroforesterie, des techniques expérimentales, afin de limiter l'érosion des terres en faisant confiance à la nature...

De nos jours, les paysans ont apparemment un nouveau rôle à jouer. On constate que la bio permet de créer des emplois (désherbage...), que de plus en plus les parcelles reprennent une taille humaine, que les rotations de culture, la lutte biologique, les associations végétales évitent les apports massifs d'engrais chimiques. Ainsi, l'image du paysan peu à peu a changé: elle est devenue porteuse de renouveau et c'est une chance pour les territoires.

Pour s'informer sur le réseau Biocoop, son projet coopératif original et son commerce équitable, consulter le site: www.biocoop.fr.

10/10/2019

Adoption du projet de loi Energie et Climat...

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs" : le jour de la mort de Jacques Chirac, annoncée en pleine séance au Sénat, le Parlement a définitivement adopté jeudi le projet de loi Énergie et Climat qui prévoit d'atteindre la "neutralité carbone" en France à l'horizon 2050. 
C'est le sénateur LR Jean-François Husson qui a prononcé ces célèbres mots de l'ex-chef de l'État pour lui rendre hommage, le jour de l'adoption d'un texte qui laisse un sentiment d'inachevé à gauche et chez les ONG, au lendemain d'un nouveau rapport alarmant sur le réchauffement. Objet d'un accord entre députés et sénateurs fin juillet, le texte, qui décrète "l'urgence écologique et climatique", avait obtenu le 11 septembre le dernier aval de l'Assemblée nationale. Il a été approuvé jeudi par les sénateurs LR, centristes, Indépendants et LREM. PS et CRCE à majorité communiste ont voté contre, tandis que le RDSE à majorité radicale s'est partagé entre vote pour et abstention.
"Nouveau pilier" de la transition écologique
Son adoption définitive intervient dans une semaine marquée par le discours accusateur de l'adolescente suédoise Greta Thunberg lundi au sommet de l'Onu à New York, et la publication mercredi d'un rapport du Giec sur les conséquences dévastatrices du réchauffement climatique pour les océans.
Présenté par la ministre Élisabeth Borne comme un "nouveau pilier" de la transition écologique, le projet de loi actualise les objectifs de la politique énergétique de la France, notamment en prévoyant d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050, une baisse de 40% de la consommation d'énergies fossiles d'ici à 2030, contre 30% précédemment, et la fermeture des dernières centrales à charbon en 2022. Il décale de 2025 à 2035 la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique.
Il pérennise aussi le Haut conseil pour le climat et prévoit un dispositif progressif de rénovation énergétique des logements "passoires thermiques", sujet qui a enflammé les débats dans les deux chambres. Mais pour Greenpeace France, "cette loi aggrave le risque nucléaire et signe l'incapacité du gouvernement et de sa majorité à prendre les mesures immédiates nécessaires pour rester sous la barre des 1,5°C de réchauffement climatique" par rapport aux niveaux préindustriels.
"Survie de l'humanité"
La commission des Affaires économiques du Sénat s'est pour sa part félicitée d'avoir "renforcé les objectifs de la loi en faveur des énergies renouvelables et notamment en matière d'éoliennes en mer, d'hydroélectricité, d'hydrogène et de biomasse". Sur le sujet des logements énergivores, qui concernent quelque sept millions de ménages, le texte est revenu à la version de l'Assemblée. La rénovation de ces logements ne parvient pas à décoller en France alors que le bâtiment représente 45% des consommations d'énergie et 25% des émissions de gaz à effet de serre.
Le programme du candidat Macron prévoyait qu'ils soient "interdit(s) de location à compter de 2025". Au lieu de privilégier des mesures coercitives d'emblée, gouvernement et majorité ont préféré un dispositif "progressif" en trois temps : "incitation, obligation et en dernier recours sanctions". "Nous avons un objectif : la fin des passoires thermiques en 2028", a affirmé Élisabeth Borne.

Mardi, le gouvernement a indiqué qu'à partir de 2020 les travaux de rénovation énergétique des logements pourront être soutenus par une prime d'État, et non plus un crédit d'impôt. Huit cents millions d'euros de crédits budgétaires sont prévus en 2020 pour ce nouveau dispositif, dont seront cependant exclus les 20% de ménages les plus aisés. "Le point faible du texte, c'est très clairement la rénovation thermique", avait affirmé le sénateur écologiste Ronan Dantec lors de la réunion de la commission mixte paritaire. "Je serai particulièrement exigeant pour que le gouvernement apporte des réponses à la hauteur lors de la loi de Finances", a mis en garde le rapporteur pour le Sénat Daniel Gremillet (LR).
Fabien Gay (CRCE à majorité communiste) a fustigé "un projet de loi à obsolescence programmée", face aux alertes climatiques qui se multiplient. "Ce qui se joue désormais au niveau de planétaire, c'est la survie de l'humanité", a appuyé le socialiste Roland Courteau, regrettant que l'urgence climatique doive "attendre d'hypothétiques financements".

06/10/2019

Sommet africain sur le climat à l'ONU...

Le sommet climat convoqué lundi par le secrétaire général de l’ONU à New York a été l’occasion pour les chefs d’État africains de présenter le bilan de leur politique de lutte contre le changement climatique. Mais aussi d’avertir que les pays les moins développés étaient aussi les plus menacés, et souvent les moins à même de faire face, seuls, à ses effets nocifs.

Plusieurs chefs d’État africains se sont succédé à la tribune du sommet climat qui se tenait ce lundi à New York, à la veille de l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU.
Le président du Tchad, Idriss Déby a fait valoir les initiatives du Tchad dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment. Mais il a aussi appelé les pays développés à soutenir sérieusement les efforts des pays africains pour faire face à un dérèglement climatique dont ils sont peu responsables.
« L'Afrique en général, et le Tchad en particulier, ne contribuant presque pas ou très faiblement aux émissions [de gaz à effets de serre], je voudrais souligner l'intérêt que nous portons à la question de la résilience. En effet, les principales conséquences du changement climatique dans mon pays sont entre autres la baisse et la variabilité pluviométriques, les sécheresses, la baisse des productions agricoles, l'assèchement et le rétrécissement des cours d'eau comme le lac Tchad, les inondations, les vagues de chaleur, les vents violents, l'avancée inquiétante du désert, la famine et l'exode rural faisant le lit de la menace terroriste. »

Muhammadu Buhari a de son côté dit qu’il partageait le sentiment du secrétaire général de l’ONU, selon lequel « le monde se trouve au bord de calamités catastrophiques ». Et il a aussi détaillé plusieurs mesures que le Nigeria compte prendre pour répondre à l’appel des Nations unies.
« Nous allons faire des gestes concrets pour exploiter les idées innovantes, notamment en incluant la jeunesse pour la prise de décision, inclusion qui fait partie de notre idée d’une gouvernance globale sur le climat. Nous mobiliserons la jeunesse nigériane pour planter 25 millions d’arbres pour augmenter notre puits carbone. Dans le secteur de l’énergie, le Nigeria est actuellement en train de diversifier ses sources d’énergie, pour accomplir la transition depuis un système énergétique basé sur le pétrole, vers des énergies basées sur l’eau, le soleil, le vent, la biomasse et le nucléaire. Le Nigeria est plus particulièrement engagé pour parvenir à 30% d’énergies propres ou renouvelables d’ici 2030. Ceci dans la perspective de réduire nos émissions de dioxine de carbone de 179 millions de tonnes par an d’ici 2030. »
Le président de la République de Djibouti Ismaël Omar Guelleh a énuméré les mesures de soutien prises par son gouvernement à l’agriculture et ses efforts de transformation du secteur de l’énergie. Il a notamment annoncé que Djibouti parviendrait à 100% d’énergies renouvelables en 2030. Mais il a aussi rappelé que chaque pays était confronté à sa manière au dérèglement climatique. Et que pour son pays, les conséquences prévisibles étaient catastrophiques.
« Mon pays est particulièrement exposé à de nombreux aléas climatiques, les plus fréquents et les plus destructeurs étant les sécheresses et les inondations. Par ailleurs, une pluviométrie rare, impactant négativement les activités agricoles des populations rurales et la disponibilité des ressources en eau dans l'ensemble du territoire touchent régulièrement les pays et affaiblissent la résilience des populations et des infrastructures. Djibouti doit également se préparer à d'autres aléas climatiques dans le moyen et le long terme comme les cyclones et la montée du niveau marin dont les projections à l'horizon 2100 montrent l'inondation d'une partie importante de notre capitale. Ces évènements climatiques sont pour la plupart inhabituels et risquent de se multiplier et de s'intensifier à l'avenir. »
Le président du Sierra Leone Julius Maada Bio a lancé un avertissement. Pour lui, les pays les moins développés sont non seulement les plus menacés par le dérèglement du climat, mais aussi les moins à même de faire face, seuls, à la menace.
« Je rends hommage au secrétaire général de l’ONU d’avoir convoqué ce sommet très important. Parce que l’impact du changement climatique est déjà durement éprouvé dans tous nos pays, et spécialement dans les nôtres, les pays en développement. Le Sierra Leone par exemple a été classé parmi les trois pays les plus menacés par les effets du changement climatique. La menace est réelle et présente. Et elle pourrait être un obstacle aux efforts pour atteindre les objectifs de développement durable, si une action urgente n’était pas engagée pour appliquer intégralement l’accord de Paris, qui est la feuille de route sur laquelle nous nous sommes tous engagés. »

RFI - RFI - mardi 24 septembre 2019

27/09/2019

Le premier Téléthon en faveur du climat au Danemark...

Les Danois ont donné samedi 14 septembre quelque 2,4 millions d'euros couronnes pour planter des arbres à l'occasion d'un téléthon considéré comme le premier au monde en faveur du climat. Pour chaque don de 20 couronnes (2,7 euros), un arbre sera planté. La somme récoltée va permettre de planter 914 233 arbres. Quelque 20% des dons doivent être consacrés à la conservation des forêts existantes au Danemark et à l'étranger.
Presque atteint, l'objectif de la soirée, filmée dans un parc de loisirs en plein-air proche de Copenhague et retransmise en direct sur la chaîne publique TV2, était de récolter 20 millions de couronnes (2,7 millions d'euros) pour permettre de planter un million d'arbres dans le pays scandinave.
"Une manière positive d'inspirer les gens"
"C'est une manière positive d'inspirer les gens, en montrant comment faire la différence par un geste simple pour lutter contre la crise climatique", a expliqué Kim Nielsen, directeur de la fondation "Growing Trees Network", qui participe au projet. "C'est la première fois qu'une émission caritative télévisée se concentre sur les problématiques climatiques, c'est très excitant", a-t-il ajouté.

D'après une enquête des institutions européennes publiée en avril, 83% des Danois considèrent que le changement climatique est un "problème très sérieux". Selon les experts, reboiser massivement devrait permettre de réduire considérablement la concentration de CO2 dans l'atmosphère. Les premiers arbres devraient être plantés entre fin octobre et fin novembre sur des aires protégées appartenant à certaines municipalités bénévoles, à l'Etat ou à l'Eglise du Danemark.

Franceinfo - Franceinfo - dimanche 15 septembre 2019

 

25/09/2019

Melle Greta Thunberg devant l'ONU réprimande les dirigeants politiques du monde ...

« Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan », a lâché la jeune égérie de la lutte contre le réchauffement climatique.
Dans un discours furieux à l’ONU, la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui a traversé l’océan Atlantique à la voile pour venir s’exprimer lors de ce sommet consacré au climat, a réprimandé les dirigeants de la planète réunis à New York pour leur inaction contre le changement climatique.
« Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan », a lancé Greta Thunberg, la voix tremblante mais forte, lisant un texte préparé.
« Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. »« Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle ? Comment osez-vous ! »

« Les jeunes commencent à comprendre votre trahison »
Ce court discours est l’un des plus percutants que l’adolescente de 16 ans ait prononcés depuis son arrivée aux Etats-Unis fin août.
Elle a, comme elle l’a déjà fait à l’Assemblée nationale à Paris, répété les faits scientifiques confirmant le réchauffement accéléré de la planète, puis s’en est pris aux chefs d’Etat et de gouvernement présents au même sommet, auquel le secrétaire général de l’ONU l’avait invitée.
« Vous nous avez laissés tomber. Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison », a dit Greta Thunberg.
« Si vous décidez de nous laisser tomber, je vous le dis : nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en sortir comme ça»
« Le monde se réveille, et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. Merci », a-t-elle conclu, très applaudie dans la grande salle de l’Assemblée générale.

www.nouvelobs.com - L’Obs - lundi 23 septembre 2019

22/09/2019

Engagement de 7 pays d'Amérique du Sud en faveur de l'Amazonie...

La Colombie, le Pérou, l'Equateur, la Bolivie, le Brésil, le Surinam et le Guyana ont clos leur Sommet présidentiel pour l'Amazonie, organisé à Leticia (sud), en s'engageant à des "mesures concrètes" pour une région essentielle à l'équilibre climatique de la planète.

Sept des neuf pays qui se partagent l'Amazonie ont défini vendredi en Colombie des mesures de protection de la plus grande forêt tropicale du monde dévastée par des incendies.

La Colombie, le Pérou, l'Equateur, la Bolivie, le Brésil, le Surinam et le Guyana ont clos leur Sommet présidentiel pour l'Amazonie, organisé à Leticia (sud), en s'engageant à des "mesures concrètes" pour une région essentielle à l'équilibre climatique de la planète. Seuls manquaient le Venezuela, qui n'avait pas été invité, et la France dont le territoire d'outre-mer de Guyane compte aussi une vaste superficie amazonienne.
A l'ouverture du sommet, son homologue brésilien Jair Bolsonaro, dont le gouvernement a été sévèrement mis en cause par la communauté internationale pour sa gestion des graves incendies de ces dernières semaines, a pour sa part appelé les pays à défendre leur souveraineté sur l'Amazonie, la jugeant "non négociable".


Lutte coordonnée contre la déforestation 
Le Pacte signé vendredi inclut la demande de Jair Bolsonaro, représenté à Leticia par son ministre des Affaires étrangères Ernesto Araujo, de réaffirmer "les droits souverains des pays de la région amazonienne sur leurs territoires et leurs ressources naturelles". Il est nécessaire de "grouper les actions concrètes parce que la seule bonne volonté ne suffit plus. Nous demandons des actions pour le bien de l'Amazonie et de l'humanité", a pour sa part affirmé le président péruvien.


Le texte prévoit des actions conjointes pour la protection de la forêt et la prévention, ainsi que la coordination des pays pour lutter contre les causes de déforestation, telles que l'exploitation minière, le trafic de drogue et l'extension illégale de la frontière agricole. Et il recommande la création d'un réseau amazonien de coopération pour faire face aux catastrophes naturelles, ainsi que pour mobiliser des ressources publiques comme privées afin de mettre en oeuvre les mesures qu'il édicte.
Etaient également présents à Leticia les chefs d'Etat équatorien Lenin Moreno, bolivien Evo Morales, ainsi que le vice-président du Surinam, Ashwin Adhin. Le Guyana était représenté par son ministre des Ressources naturelles, Raphael Trotman. Evo Morales, dont le pays est aussi affecté par des incendies avec 1,7 million d'hectares brûlés depuis mai, a assuré que "la terre mère est en danger de mort" à cause du changement climatique, les atteintes aux sources d'eau et la consommation "excessive". Ce président socialiste a par ailleurs dénoncé le fait que le chef d'Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, n'ait pas été invité à cause de "différences idéologiques".

Le sommet de Leticia pour l'Amazonie a coïncidé avec l'appel lancé vendredi depuis Paris par la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay pour "renforcer les outils" visant à protéger des biens communs de l'humanité.

"Les outils existent, la Convention du patrimoine mondial ou bien le réseau des zones de biosphère de l'Unesco sont des exemples et permettent de concilier le respect de la souveraineté et la gestion coopérative de biens communs", a-t-elle déclaré, estimant que "la notion de biens communs (...) s'illustre dans des lieux comme l'Amazonie". 

C.Bo. avec AFP - BFMTV - samedi 7 septembre 2019

 

08/09/2019

Le Cap-Vert mise sur le tourisme durable...

L’Afrique contre la pauvreté (5/6). Alors que la population ne voit pas les retombées du tourisme de masse, l’Etat souhaite l’impliquer dans l’accueil des visiteurs en quête de séjours plus authentiques.

D’un geste ample, Heriberto Duarte indique à un petit groupe de trekkeurs la vallée de Paul, sans doute la plus majestueuse de l’île de Santo Antao, dans le nord-ouest de l’archipel du Cap-Vert. « Ici, la main des habitants n’est intervenue que pour bâtir des maisons traditionnelles ou pour tracer des sentiers qui relient fermes et hameaux », explique le jeune homme de 28 ans, guide de randonnée depuis 2013. Avec ses cultures en terrasses et ses pentes vertigineuses, Santo Antao dévoile un spectacle grandiose, où alternent montagnes abruptes, vallées luxuriantes, canyons arides et côtes rocheuses. Un paradis pour les marcheurs et les amoureux d’horizons sauvages.
Depuis le printemps, les travaux de balisage des principaux itinéraires de randonnée sont terminés, facilitant le travail des guides indépendants comme M. Duarte. De même, depuis deux ou trois ans, les habitants, fortement encouragés par les autorités locales, ont commencé à développer diverses activités, de la petite épicerie-bar à la maison d’hôte, afin d’accueillir les visiteurs. A cela s’ajoutent la création de petites infrastructures et des chantiers d’extension des réseaux d’électricité et d’eau.
L’objectif est ambitieux : résorber la pauvreté en devenant l’une des plus grandes destinations du tourisme durable. « Pour cela, il est indispensable de favoriser l’implication des communautés à chacune des étapes », explique Valter Silva, l’adjoint au maire de Porto Novo (sud-est de l’île) chargé du développement économique.
Car, malgré de nombreux atouts, Santo Antao est la plus défavorisée des dix îles qui composent le pays : selon l’Institut national des statistiques, près de 46 % des 40 000 habitants vivent avec moins de 1,90 dollar (1,70 euro) par jour. Sur l’ensemble du pays, la pauvreté touche 35 % des 550 000 Capverdiens (contre 58 % en 2001). Un chiffre que le gouvernement du premier ministre, José Ulisses de Pina Correia e Silva, affirme vouloir réduire à 28 % d’ici à 2021.
« Déployer les atouts des îles rurales »
Le Cap-Vert, archipel perdu au large du Sénégal, affiche depuis vingt ans l’un des meilleurs résultats en matière de lutte contre la pauvreté en Afrique subsaharienne. Il s’est hissé, en 2008, dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire et se situe aujourd’hui au cinquième rang des pays subsahariens pour l’indice de développement humain des Nations unies, qui se fonde sur l’accès à l’éducation, l’espérance de vie, le revenu brut par habitant, etc. S’y ajoutent une évolution constante de sa croissance (5 % en 2018) et une inflation maîtrisée, autour de 1,3 %. Dans un rapport publié en juillet, l’ONG Oxfam fait figurer le Cap-Vert en tête des pays ouest-africains les plus engagés pour la réduction des inégalités, devant la Mauritanie et le Sénégal, et même devant le Ghana, la deuxième économie régionale.
Cette dynamique est favorisée par la stabilité politique et la solidité des institutions de l’ancienne colonie portugaise, indépendante depuis 1975. Et elle passera désormais par la promotion de l’écotourisme. « Jusqu’ici, l’activité était concentrée sur le tourisme balnéaire dans deux îles, Sal et Boa Vista. L’idée est de déployer les atouts des îles rurales comme Santo Antao, Sao Nicolau, Fogo ou Santiago, où on peut développer de belles alternatives autour du voyage écoresponsable et culturel », souligne Francisco Sanches Martins, directeur général au ministère du tourisme et des transports à Praia, la capitale.
Le « M. Tourisme » du Cap-Vert rappelle le double objectif du Plan stratégique national de développement durable adopté pour la période 2017-2021 : réduire les inégalités et protéger l’environnement. Ce n’est donc pas un hasard si l’île de Santo Antao, où la nature est encore préservée du tourisme de masse, a été choisie comme territoire pilote pour dérouler la stratégie gouvernementale.
Depuis les années 2000, le Cap-Vert est devenu une destination prisée, vantée comme un eldorado dans la plupart des guides touristiques. Entre 2010 et 2016, le nombre de chambres a doublé, passant de 5 800 à presque 12 000. La plupart de ces hébergements se trouvent concentrés dans des complexes de luxe installés sur les rivages de Sal, Boa Vista ou Sao Vicente, des îles courues par des foules de touristes en quête de farniente, de soleil et de plage.
Si l’archipel cherche aujourd’hui à diversifier son offre, c’est qu’il a bien conscience des limites auxquelles est parvenu le modèle actuel : près de 90 % des 700 000 visiteurs se rendant chaque année au Cap-Vert prennent des séjours « tout inclus » dans ces luxueux hôtels et plus de la moitié d’entre eux atterrissent dans la seule île de Sal. Les bénéfices pour l’économie nationale sont dérisoires. Selon une étude de la direction régionale pour l’Afrique de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), seulement 17 % du budget des visiteurs, en 2016, avait été dépensé localement : dans l’achat de souvenirs, la restauration, les télécommunications ou la visite de sites patrimoniaux.
Les voyagistes font de la résistance
Mais échapper à ce modèle du « all-inclusive » ne sera pas facile : les voyagistes, en majorité des filiales de grands voyagistes internationaux, y opposent une farouche résistance. « Lorsque le tourisme a commencé à se développer, il n’y avait pas d’autre solution que des formules “tout compris”. Aujourd’hui, le Cap-Vert étant en concurrence avec des destinations telles que les Canaries, les Baléares ou les Caraïbes, le forfait “all inclusive” est encore moins contournable. Le touriste qui se rend dans une destination inconnue ou émergente recherche d’abord sécurité et confort », argumente Victor Fidalgo, consultant pour The Resort Group, un consortium britannique spécialisé dans la création de complexes hôteliers et de villégiatures de luxe.
Le lobbyiste cherche surtout à accréditer l’idée que le Cap-Vert n’est pas encore en mesure, en termes d’infrastructures, d’attirer les personnes voyageant en dehors du « tout-inclus ». Ce qui, pourtant, est de moins en moins vrai. Partout, dans les autres îles, se développent de petites structures d’accueil, hôtels, pensions et chambres chez l’habitant, favorisant des séjours de découverte plus intimistes, des randonnées en montagne, la visite des nombreux parcs nationaux, sans oublier les sites inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité tels que Cidade Velha, un bourg à l’est de Praia qui renferme un pan de la longue et tragique histoire de la traite négrière dans ce pays.
A cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme l’amélioration sensible des liaisons maritimes et aériennes entre les îles (sept aéroports, dont quatre internationaux), l’émergence d’agences de voyage locales, qui tentent, tant bien que mal, de ne pas se laisser phagocyter par les tour-opérateurs étrangers, mais aussi les transferts d’argent des ce avec des destinations telles que les Canaries, les Baléares ou les Caraïbes, le forfait “all inclusive” est encore moins contournable. Le touriste qui se rend dans une destination inconnue ou émergente recherche d’abord sécurité et confort », argumente Victor Fidalgo, consultant pour The Resort Group, un consortium britannique spécialisé dans la création de complexes hôteliers et de villégiatures de luxe.
Le lobbyiste cherche surtout à accréditer l’idée que le Cap-Vert n’est pas encore en mesure, en termes d’infrastructures, d’attirer les personnes voyageant en dehors du « tout-inclus ». Ce qui, pourtant, est de moins en moins vrai. Partout, dans les autres îles, se développent de petites structures d’accueil, hôtels, pensions et chambres chez l’habitant, favorisant des séjours de découverte plus intimistes, des randonnées en montagne, la visite des nombreux parcs nationaux, sans oublier les sites inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité tels que Cidade Velha, un bourg à l’est de Praia qui renferme un pan de la longue et tragique histoire de la traite négrière dans ce pays.
A cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme l’amélioration sensible des liaisons maritimes et aériennes entre les îles (sept aéroports, dont quatre internationaux), l’émergence d’agences de voyage locales, qui tentent, tant bien que mal, de ne pas se laisser phagocyter par les tour-opérateurs étrangers, mais aussi les transferts d’argent des quelque 700 000 Capverdiens de la diaspora (soit 20 % du produit intérieur brut, juste après le tourisme, dont la part est de 25 %).
« Si nous voulons tenir notre ambition de 1 million de visiteurs en 2021 et 3 millions d’ici à 2030, nous n’avons pas d’autre choix que de diversifier l’offre et de poursuivre l’amélioration des capacités d’accueil et de transport en encourageant l’investissement privé local et étranger », indique Francisco Sanches Martins. En juin, la structure qu’il dirige a été transformée en institut du tourisme, devenu autonome. Mais sa mission reste la même : réguler l’industrie touristique et, surtout, parvenir à la création de 13 000 emplois directs supplémentaires dans le secteur d’ici à deux ans.
Opération de séduction
Mais où trouver l’argent ? Lors d’une conférence avec des bailleurs institutionnels à Paris, en décembre 2018, le premier ministre, José Ulisses de Pina Correia e Silva, annonçait avoir obtenu 850 millions d’euros de promesses pour financer le plan stratégique capverdien, dont 300 millions d’euros de la part de l’Union européenne. Des montants toutefois insuffisants au regard de l’ambition affichée d’atteindre une croissance de 7 % d’ici à 2021 et de réduire le chômage de 15 % à 9 %.
Début juillet, le Cap-Vert a donc organisé sur l’île de Sal un forum avec des acteurs privés. L’opération de séduction a permis, selon le gouvernement, de lever 1,5 milliard d’euros pour des investissements dans le pays. Sur un total de 22 projets présentés lors de ce conclave, 17 concernent le tourisme. Afin de boucler le financement de sa stratégie de promotion du tourisme, le gouvernement compte sans doute aussi sur une partie des bénéfices de la privatisation de 23 entreprises publiques qui figure dans l’agenda du premier ministre.
Cette politique incitative n’échappe cependant pas aux critiques. « C’est une erreur de penser qu’on peut lutter efficacement contre la pauvreté dans un pays comme le Cap-Vert par le seul biais du tourisme, sans développer la pêche et l’agriculture. Or, ces deux secteurs peinent encore à satisfaire les besoins domestiques. Là se situe le vrai défi », estime Edivaldo Neves, responsable d’une ONG de développement communautaire sur l’île de Santo Antao.
Tommy Melo, cofondateur de Biosfera, un collectif citoyen de lutte contre la pollution, craint quant à lui que la promotion du tourisme finisse par faire du tort à la destination Cap-Vert, du fait des conséquences environnementales désastreuses que cela génère. « Certaines côtes de l’archipel commencent à devenir de véritables décharges maritimes », s’inquiète-t-il. Les craintes du militant écologiste résument en réalité toute la difficulté de concilier croissance économique, réduction de la pauvreté et préservation des écosystèmes.

Raoul Mbog (Santo Antao, Cap-Vert, envoyé spécial) - Le Monde - mardi 27 août 2019

06/09/2019

Pourquoi faut-il sauver les éléphants?

Yann Wehrling, ambassadeur de France à l'environnement, conduira à partir de samedi à Genève la délégation française à la convention internationale qui régit le commerce des espèces en danger. Il milite pour que les éléphants d'Afrique puissent bénéficier du niveau de protection maximal.
"Le samedi 17 août, s'est ouvert à Genève la 18e conférence des parties de la "CITES". Pour les non-initiés, comprendre "la Convention sur le commerce international des espèces de faunes et de flores menacées d'extinction". "Pour les non initiés"… Voilà justement le problème. Ces décisions extrêmement importantes doivent cesser d'être uniquement des débats de spécialistes. Les arbitrages pour savoir s'il faut oui ou non protéger telle ou telle espèce en danger sont discutés en cercle restreint, bien trop loin des opinions publiques, avec des résultats parfois étonnants, aboutissant, comme pour l'éléphant par exemple, à un niveau de protection insuffisant alors même que sa population ne cesse de décroître.
Pourtant, l'opinion publique est aujourd'hui largement convaincue des enjeux environnementaux qui sont devant nous. Elle l'est notamment sur la question de la protection des espèces en danger. L'opinion publique pousse les dirigeants à agir. Je suis certain qu'un appel à sauver les éléphants d'Afrique, émis par les jeunes actuellement mobilisés pour le climat, et je pense notamment à la jeune Greta Thunberg, à l'attention des gouvernements réunis la semaine prochaine à Genève pour la CITES, aurait un retentissement à même de faire bouger les décisions qui sont envisagées.

La question clé à laquelle nous devons répondre, et la France a décidé d'y répondre clairement, c'est d'être cohérent quand nous actons que nos activités ont dangereusement mis en péril notre environnement. Ainsi, quand des scientifiques, l'Ipbes (le Giec de la biodiversité), nous remettent un rapport en avril dernier, en nous alertant sur l'état critique de la biodiversité à l'échelle planétaire, nous avons le devoir de nous saisir de toutes les occasions qui nous sont offertes pour empêcher le déclin de cette biodiversité.
Et précisément, cette réunion de la CITES est l'occasion, pour tous les pays du monde, de renforcer la protection des espèces les plus menacées. Pour l'éléphant par exemple, près d'une trentaine de pays africains demandent à la communauté internationale de classer toutes les populations d'éléphants dans le degré le plus élevé de protection (en langage "CITES" : dans l'annexe I) et de mettre un terme au commerce de l'ivoire. La France soutient cette demande et a, pour son marché intérieur, interdit le commerce de l'ivoire.
Une petite poignée de pays dans le monde en ont fait autant. Si peu, trop peu. Même au sein de l'Union européenne, la grande majorité des États membres ne l'ont pas fait, et, pire, elle envisage de ne pas apporter son soutien à la demande des pays africains de classer tous les éléphants d'Afrique en annexe I de la CITES."

Ne pas réussir à protéger l'éléphant d'Afrique est symptomatique du décalage que nous vivons entre la réalité et les actes. Les considérants commerciaux, économiques, diplomatiques, pèsent aussi lourds que la conservation des espèces. Or, le monde de demain, celui qu'il faut réussir à bâtir, c'est d'inverser les priorités. Coûte que coûte, car la biodiversité n'a pas de prix, entre la disparition d'une espèce et des considérants économiques, la communauté internationale a les moyens de faire le choix de la biodiversité. Le modèle économique que nous devons avoir demain est celui qui est conciliable avec la préservation des espèces. Tout autre modèle est tout simplement insensé.
Insensé car quel sens peut-on trouver dans l'élimination volontaire des éléphants, puis, en cascade, de tant et tant d'autres espèces sauvages qui peuplent notre planète? Certains rappelleront à juste titre que la Terre a déjà connu des extinctions de masse. Elle s'en est remise, et la biodiversité aussi… rangeant néanmoins au rayon des fossiles bien des espèces. Nous pourrions bien terminer nous aussi en fossile pour laisser place à une nouvelle biodiversité… sans nous.

Imaginez quelques instants ce monde, devenu terriblement triste, silencieux, sans bourdonnement d'insectes, sans chants d'oiseaux, sans baleine, sans dauphins, sans oiseaux migrateurs en V dans le ciel, sans la magie d'un blaireau, d'une chouette, ou d'une huppe qu'on voit furtivement dans un coin de campagne… sans éléphants?
Ce monde, qui en veut? Personne! C'est pour cela, pour éviter cela, qu'il faut sauver les éléphants, et donc, en réalité, toute cette biodiversité dont nous dépendons tant, totalement et depuis toujours."

Yann Wehrling - leJDD - vendredi 16 août 2019

03/09/2019

Ce que nous pouvons faire pour sauver l'Amazonie...

Entre le 1er janvier et le 21 août, les feux de forêt au Brésil ont augmenté de 84% par rapport à la même période en 2018. Plus de la moitié concernent l'Amazonie.
En attendant des projets de grande envergure pour protéger cette source abondante d'oxygène menacée par la déforestation, The Independent liste quelques façons d'aider, à notre échelle, les communautés touchées et les organisations qui tentent de réparer les dégâts.
Changez vos habitudes
S'il faudra un mouvement d'ampleur pour changer considérablement la donne et réussir à préserver durablement la forêt amazonienne, vous pouvez déjà avoir un impact en prenant de bonnes habitudes.
Réduisez par exemple votre consommation de viande. L'Amazonie –et plus largement l'Amérique du Sud– abrite de larges cultures de soja destinées à nourrir les animaux d'élevage, qui remplacent de vastes parcelles de forêt tropicale.
Référez-vous au site Rainforest Alliance pour choisir des marques qui s'engagent à préserver les ressources locales.
De même, préférez toujours les transports en commun aux véhicules individuels, même ceux utilisant des biocarburants: les surfaces mises en culture pour les produire empiètent sur les zones forestières.
Soutenez, parlez, protestez
Vous pouvez ensuite soutenir des associations et ONG qui travaillent sur le terrain pour la protection de la forêt amazonienne. Amazon Frontlines ou le Rainforest Action Network, pour ne citer qu'elles, font tout leur possible pour minimiser la catastrophe.
Vous avez également la possibilité de participer à la reforestation depuis votre canapé: le moteur de recherche Ecosia utilise ses revenus publicitaires pour planter des arbres –plus de 65 millions depuis sa création– partout dans le monde. En juillet, l'entreprise s'est engagée à mettre en terre un million d'arbres supplémentaires au Brésil.
Mais la chose la plus importante que vous puissiez faire est sans doute de parler, de protester, d'échanger et de questionner votre entourage, afin de toucher un maximum de personnes.
Si la mobilisation pour le climat et l'environnement se généralise, via des pétitions, des appels aux gouvernements et des manifestations, la pression sur les responsables politiques pourrait les forcer à vraiment agir.

Slate.fr - Slate - lundi 26 août 2019

26/08/2019

Vertus thérapeutiques des plantes...

 

Les vertus thérapeutiques des plantes

Les plantes sont un peu comme les bonnes fées. 

Bon, elles ne se penchent pas sur notre berceau à la naissance, mais chacune d’elles possède ses pouvoirs particuliers. 

Le problème, c’est que les scientifiques ont donné des termes parfois compliqués (et pas très poétiques) à ces « dons » de la nature. 

Saurez-vous les reconnaître ? 

Adaptogène 

Le terme désigne les plantes qui produisent un effet tonifiant sur l’organisme. Elles lui permettent de mieux supporter le stress et stimulent le système immunitaire. On peut citer par exemple l’éleuthérocoque ou le ginseng

Amère 

Ce type de plantes stimule la digestion et provoque l’appétit. Il est donc conseillé de les prendre en début de repas. La gentiane entre dans cette catégorie. 

Analgésique 

Se dit des plantes qui soulagent la douleur, comme la lavande et la camomille

Antiseptique

Ces plantes luttent contre les infections en s’opposant à la prolifération de microbes. Elles peuvent agir par voie interne et externe. C’est le cas de beaucoup d’herbes aromatiques comme le cumin, le fenouil, le persil, le céleri, l’anis, la menthe et l’origan

Aphrodisiaque 

Ce sont des plantes stimulantes connues pour avoir une action sur la libido (gingembre, safran, ginseng…). 

Astringente 

Ce type de plante possède la capacité de resserrer les tissus, capillaires et orifices. Elles diminuent également les diverses sécrétions produites par les glandes et les muqueuses. Elles sont donc couramment employées en cas de diarrhées, hémorragie et angine. Sont concernées : l’aigremoine, l’airelle, la bistorte, le coing, le cyprès, le noyer et l’ortie

Carminative 

Elles favorisent l’expulsion des gaz de l’intestin, comme le fenouil, la mélisse, l’anis ou encore la badiane

Dépurative 

Se dit d’une plante qui purifie le sang et nettoie l’organisme des toxines en les expulsant par la peau (sudorifique : bardane, bourrache), les reins (diurétiques : bruyère, busserole) ou les intestins (purgatif ou laxatif : bardane, chicorée, salsepareille). 

Diurétique 

Elles agissent sur les voies urinaires. Certaines, comme le chiendent et le poireau, augmentent le volume des urines. D’autres, comme l’asperge, le bouleau, le fenouil et l’oignon contribuent à l’élimination des chlorures. 

Elles sont utiles en cas d’œdème rénal ou cardiaque. Le cassis, le frêne, la pomme peuvent être utilisés en cas de surplus d’urée dans le sang. Et pour finir, les baies de genévrier, la verge d’or, la bruyère et la busserole permettent de soulager les inconforts liés aux troubles urinaires (cystite, néphrite, prostatite). 

Émollientes 

Qui aident à relâcher les tissus et calmer l’inflammation (l’action opposée des plantes astringentes). C’est le cas de l’amande douce, de la consoude ou encore de la mauve

Galactogène 

Intéressantes surtout pour les femmes allaitantes, les plantes galactogènes favorisent la lactation (fenouil, anis, cumin…). 

Pectorale 

Ce sont toutes les plantes qui aident en cas de maladie des bronches, des poumons et du larynx (taux, maux de gorge, bronchite…). 

Purgative 

Ces plantes provoquent l’évacuation du contenu de l’intestin, de façon encore plus puissante qu’une plante laxative. Parmi celles-ci, on peut citer le liseron et les baies de nerprun

Stimulante 

Ces plantes tonifient l’organisme de façon générale. Elles stimulent le système nerveux et vasculaire. On peut citer : l’absinthe, l’angélique, le café, l’armoise, la cannelle, la coriandre, le romarin, etc. 

Tonique 

Elles fortifient l’organisme en général, redonnent de l’énergie, de la tonicité au corps et stimulent l’activité des organes. Par exemple : centaurée, chicorée, gentiane, cassis, aigremoine. On appelle aussi ces plantes « fortifiantes ».

Et bien d’autres encore…

La liste est encore longue : analeptique (fortifiantes), antiémétiques (qui empêche les vomissements), antispasmodique (qui apaisent les spasmes), cholagogues (qui agit positivement sur la bile et le foie), emménagogues (qui favorisent les règles), hépatique (qui soutiennent le foie), sudorifiques (qui stimulent la transpiration), vermifuge (qui s’attaquent aux vers)… 

Si j’ai oublié d’autres termes de phytothérapie qui vous paraissent importants, je vous invite à compléter ce glossaire en m’envoyant un commentaire (cliquez ici pour m’écrire). 

Je vous enverrai alors une nouvelle version plus complète qui tient compte de vos ajouts. 

En attendant, si vous débutez en phytothérapie, n’hésitez pas à imprimer cette lettre et à la garder à proximité de vos tisanes. 

J’espère qu’elle vous sera utile. 

Amicalement, 

Florent Cavaler

 



 

22/08/2019

La Norvège s'engage dans des sanctions pour lutter contre la déforestation...

Le ministre de l'Environnement norvégien a accusé le Brésil de ne pas vouloir réduire la déforestation, alors que la surface déboisée en juillet 2019 est équivalente à la superficie du Luxembourg.
Après l’Allemagne, c’est au tour de la Norvège de bloquer 30 millions d’euros d’investissements, initialement prévus pour la protection de la forêt amazonienne brésilienne. Brasilia est accusé par Oslo de «ne plus souhaiter arrêter la déforestation» et d’avoir rompu l’accord passé avec les différents donateurs du Fonds de préservation de la forêt amazonienne. Ce fonds, créé en 2008, a pour but de prévenir et combattre la déforestation et de préserver l’Amazonie brésilienne. Avec près de 828 millions d’euros versés depuis 2008, la Norvège en est le principal investisseur.
Mais dernièrement, le Brésil a suspendu unilatéralement le conseil d’administration et le comité technique du Fonds pour l’Amazonie, ce qui va à l’encontre de son règlement, d’après le ministre norvégien de l’Environnement et du Climat. Cette suspension a été confirmée par Ricardo Salles, le controversé ministre de l’Environnement brésilien, qui a expliqué que les règles «régissant le Fonds amazonien sont en discussion» et qu’il attendait d’en voir les résultats. Tous les ans, la Norvège verse une somme plus ou moins importante au Brésil. Cette dernière dépend des résultats obtenus dans la lutte contre la déforestation. D’après les estimations d’un comité technique et en se basant sur les résultats de la déforestation en 2018, la Norvège aurait dû verser 30 millions d’euros au Brésil cette année, ce qu’elle refuse désormais de faire.
Samedi dernier, c’était l’Allemagne qui annonçait ne plus vouloir donner une partie de la somme initialement prévue. La ministre de l’Environnement, Svenja Schulze, affirmait que les 35 millions d’euros, qui devaient être versés par son ministère, allaient être bloqués, jusqu’à ce que des signes encourageants d’une diminution de la déforestation ne soient fournis. Elle estime que «la politique du gouvernement brésilien dans l’Amazonie soulève des doutes quant à une réelle volonté de réduction de la déforestation». Le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement pourrait tout de même verser près de 55 millions d’euros pour la protection de la forêt tropicale. Son ministre ne prévoit en effet pas de bloquer cette somme, considérant que «tous ceux qui connaissent l’importance de cette forêt pour le climat doivent renforcer ces mesures au lieu d’y mettre fin».
Climatoscepticisme et déforestation
Quant à savoir si ces deux décisions feront réagir le président brésilien, rien n’est moins sûr. De l’autre côté de l’Atlantique, Jair Bolsonaro n’a comme à son habitude, pas mâché ses mots et a assuré ne pas vouloir recevoir de leçons de la part des pays donateurs. Suite à la décision norvégienne, il a déclaré devant les journalistes : «La Norvège n’est-elle pas le pays dans lequel on tue les baleines dans le Pôle Nord ?» Avant de conseiller Oslo : «Prenez cet argent et aidez Angela Merkel à reboiser l’Allemagne.»
Bolsonaro fait partie du club des climatosceptiques et ses politiques en sont le parfait exemple : réduction du budget alloué au climat, quasi-suppression du ministère de l’Environnement ou encore remise en cause de l’espace vital des peuples indigènes. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, il n’a cure des avertissements de ses homologues et prend le réchauffement climatique comme une farce, en proposant par exemple de ne «faire caca qu’un jour sur deux» pour protéger l’environnement. Le Brésil est d’ailleurs, d’après l’ONG Global Witness, le quatrième pays le plus dangereux pour les défenseurs du climat, avec vingt personnes tuées en 2018.
Pas étonnant donc que malgré le maintien du Brésil dans l’accord de Paris, la déforestation se soit fortement accentuée, mettant en danger les populations indigènes et la biodiversité. Les dernières données fournies par l’Institut national de recherche spatiale brésilien (INPE), l’organisme chargé de mesurer la déforestation en Amazonie, montrent qu’au mois de juillet 2019, environ 2254 km² de forêt tropicale ont été rasés. Soit une surface quatre fois supérieure à celle de juillet 2018 et presque équivalente à la superficie du Luxembourg. Pourtant, le président brésilien assure que les mesures de l’organisme sont mensongères et a contraint le directeur de l’INPE, Ricardo Galvão, à la démission le 2 août.
Grand défenseur de l’agriculture intensive, Jair Bolsonaro a pour projet de développer les berges du fleuve Amazone. Il est donc très incertain que les décisions allemandes et norvégiennes l’incitent à changer sa ligne politique. L’Amazonie est considérée comme vitale par les scientifiques dans la lutte contre le réchauffement climatique. Qualifiée de «poumon vert» de la Terre, la forêt tropicale abrite 50 à 70% de la biodiversité mondiale d’après WWF et constitue une source importante de captation de CO2. Pourtant, peu de pays ont proposé des mesures concrètes pour tenter de contrer les politiques du président brésilien. Après la conclusion du texte sur l’accord commercial avec les pays du Mercosur, seule la France a exprimé quelques réticences et demandé des garanties sur la protection de la forêt tropicale.

Lucie Lespinasse - Liberation - vendredi 16 août 2019

21/08/2019

Faire des sciences participatives pendant les vacances...

Les chercheurs ont besoin d'aide: face au déclin massif de la biodiversité, ils invitent les vacanciers (et les autres) à agir en récoltant des informations "aujourd'hui cruciales" sur les gypaètes barbus, les araignées triangles, les algues ...
"De plus en plus de personnes ont envie de prendre les choses à bras le corps et les sciences participatives leur offrent un moyen de passer à l'action", explique à l'AFP Géraldine Audrerie de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).
Un quart des 100.000 espèces aujourd'hui évaluées sont menacées d'extinction par l'espèce humaine, ses activités, son mode de vie. Un chiffre qui devrait rapidement augmenter.
Face à ce constat, on peut décider de consommer local, de laisser sa voiture au garage, de limiter ses déchets et de collaborer à un programme de sciences participatives.
Car pour établir un meilleur état des lieux de la biodiversité, mais aussi pour comprendre les impacts des changements globaux (réchauffement climatique, urbanisation, intensification de l'agriculture) et trouver des pistes concrètes pour agir, les chercheurs ont besoin d’énormément de données.

"Ces données permettront de répondre à de nouveau questionnements, d'avoir des réponses à des questions auxquelles on ne pouvait pas répondre avant", note Anne Dozières, directrice de Vigie-Nature, un programme du Muséum d'histoire naturelle. Des interrogations qui ont pris de l’importance avec "l’accélération du déclin et de l'augmentation des menaces". Et comme il est "impossible de placer un chercheur derrière chaque arbre ou dans chaque champ" et encore moins dans les jardins des particuliers, la Fondation Nicolas Hulot, le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Union nationale des CPIE, appellent à une "mobilisation collective, dès cet été".
- "les paparazzi des insectes" -
Les volontaires sont invités à ce rendre sur le portail web OPEN (https://www.open-sciences-participatives.org/home/) qui présente 146 programmes d'observation définis par des chercheurs.
Après avoir indiqué une région, des priorités (le changement climatique, les espèces en danger, les espèces envahissantes), ou encore un niveau de connaissances, le site propose des programmes et fournit les coordonnées d'un référent.
Cet été, que l'on soit à Saint-Tropez ou à La Courneuve, on peut se lancer dans l'observation des papillons de nuit, essentiel pour la pollinisation mais menacés par la pollution lumineuse. Pour s'y coller: un drap blanc, une lampe et une heure arrachée à la nuit.
Les aventuriers peuvent aussi partir à la recherche du gypaète barbu, le plus grand vautour d'Europe réintroduit dans les Alpes ou des araignées triangles (un vaporisateur d'eau à bout de bras pour mieux débusquer leurs toiles).
"Les mentalités évoluent: avant on avait le chercheur qui savait et le citoyen, assez passif, qui écoutait. Maintenant les gens se veulent acteurs, au coté des chercheurs", note Géraldine Audrerie, responsable du projet OPEN à la FNH.
Un passe-temps qui a également fait ses preuves en matière d'éducation à l'environnement: "on a une évolution des comportements chez les participants qui vont réduire l'utilisation de leurs produits phytosanitaires au fur et à mesure de leur participation", note Anne Dozières.
Les programmes STOC (pour Suivi Temporel des Oiseaux Copréservation de la biodiversité) en même temps qu'un incroyable outil d'émerveillement qui fait de nos ballades en forêt un challenge motivant au quotidien !", explique Fanny sur la page Facebook de INPN Espèces dédié à l’inventaire de la biodiversité.
Cette année, 70.000 personnes se sont pris au jeu des sciences participatives en France.

afp.com - AFP - vendredi 5 juillet 2019

18/08/2019

Nous les arbres... à la Fondation Cartier.

 

Nous les arbres... L’intention est tout entière dans le titre de l'exposition proposée à la Fondation Cartier à Paris, jusqu'au 10 novembre. Un titre qui serait comme une prise de parole du monde végétal. Un renversement de perspective, la mise au ban de l’arrogance de l’homme, Homo sapiens autant qu’ Homo industrialis.
L’exposition ose l’ambition d’inviter "à réinventer notre regard sur ces géants énigmatiques et nous apprendre à considérer les arbres enfin comme de grands personnages vivants de notre monde commun".
Pulsations

Avant l’entrée même, un petit chat sculpté d’Agnès Varda au sommet d’un tronc coupé a le regard dirigé vers trois arbres, "auscultés" par des capteurs. Des écrans vidéo façon endoscopie en présentent les "pulsations".
La circulation automobile du boulevard Raspail, le stress induit comme la pollution, auraient ainsi leur traduction par des cercles concentriques qui évoluent comme la "sensibilité" des arbres. Une installation signée d’un "poète des datas" (données informatiques), le Néerlandais Thijs Biersteker, et d’un scientifique italien, Stefano Mancuso, fondateur du Laboratoire international de neurobiologie végétale à Florence (Italie).
Reportage : Christian Tortel / Albane Lussien / Rael Moine / Nicolas Grener / Sébastien Patient / France Ô

Intelligence végétale

Selon ce biologiste, "les arbres sont intelligents dans la mesure où ils sont capables de résoudre des problèmes. Ils sont en mesure d’opposer une résistance efficace à des prédations catastrophiques et répétées, sans pour autant perdre leurs fonctionnalités. Ils développent des 'capacités sensibles et mémorielles, des aptitudes à la communication et un talent symbiotique, sans oublier leur influence sur le climat global'", annoncent les commissaires de cette exposition inédite, Bruce Albert, Hervé Chandès et Isabelle Gaudefroy.
Cette installation donne le ton à une exposition où sont réunis artistes, scientifiques, architectes, chamans d’Amazonie ou philosophes. Elle entend présenter ensemble de nouvelles connaissances scientifiques et des savoirs indigènes d’Amazonie. Dans un ensemble convergent.
Les leçons des Indiens

Parmi les révélations récentes, l’un des mystères de la météo amazonienne : pourquoi les pluies débutent deux mois avant que le système de vents ne puisse apporter l’eau de la mer sur la forêt ? Une équipe américaine a apporté la réponse : ce sont les arbres qui font pleuvoir et la forêt amazonienne déclenche sa propre pluie…
L’ethnologue Bruce Albert, qui avait déjà travaillé avec la Fondation Cartier pour l’exposition Yanomami, l’esprit de la forêt (2003) défend l’idée, comme il l’explique dans le reportage filmé en regard de cet article que "l’arbre de la pluie" de Joseca, artiste Yanomami, montre que "les arbres sucent les nuages" et font pleuvoir, une phénomène remarqué dans la cosmogonie ancienne de ces indiens du Nord de l’Amazonie.
Passer sa vie à dessiner les arbres

La flânerie proposée au cœur de la forêt d’arbres-signes de cette exposition nous emmène en voyage en Amérique latine, en Europe, aux Etats-Unis, en Iran, ou encore auprès des communautés indigènes comme les Nivaklé et Guaraní du Gran Chaco, au Paraguay, ainsi que chez les Indiens Yanomami.
C’est une façon de tirer des leçons de vie (arboricole) avec Francis Hallé qui a passé la sienne à dessiner les arbres, à rêver avec les architectes Cesare Leonardi et Franca Stagi de parcs à l’échelle des arbres (la Fondation réédite leur ouvrage introuvable depuis vingt ans : L’architecture des arbres), à imaginer avec le mathématicien Misha Gromov des réseaux d’arbres inventés, de se laisser porter par les légendes indiennes évoquées dans le film de Fred Casco et Fernando Allen, au joli titre de "Comme un poisson sur la colline", ou d’écouter les témoignages, enregistrés par Claudine Nougaret et Raymond Depardon, d’amoureux d’arbres dans le sud de la France.
Alors que le best-seller de Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres (Les Arènes), publié en 2017 "a permis à des millions de personnes à travers le monde de regarder les forêts comme un modèle politique de cohabitation", l’exposition Nous les arbres nous parle de ces "vénérables souverains, maîtres du temps et de l’espace terrestres", du point de vue des arbres. C'est aussi un "point de vie", selon la formule du philosophe Emanuele Coccia.
L’exposition nous fait entrevoir les mille façons d’habiter poétiquement le monde, d’accéder à une connaissance globale où la hiérarchie du trio végétal-animal-humain est mise en question…
"Nous les Arbres", du 12 juillet au 10 novembre 2019 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris. 

16/08/2019

Le Sénat s'engage en faveur du climat...

Le Sénat à majorité de droite a adopté mercredi 17/7/2019 en première lecture l'article phare du projet de loi énergie et climat qui définit les objectifs de la politique énergétique du pays, en décrétant "l'urgence écologique et climatique".
Cet article 1er, dont l'examen avait démarré mardi soir, a été adopté à main levée. "Il fixe l'ambition du gouvernement", a déclaré la secrétaire d'État Emmanuelle Wargon qui avait remplacé le ministre de la Transition écologique démissionnaire François de Rugy. Mercredi, c'est la nouvelle ministre en titre Élisabeth Borne qui a pris le relais. Parmi les objectifs fixés, l'article 1er prévoit d'atteindre "la neutralité carbone" à l'horizon 2050. Ce principe suppose de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que le pays ne peut en absorber via notamment les forêts ou les sols.
Pour ce faire, la France devra diviser ses émissions de gaz à effet de serre par un facteur supérieur à six par rapport à 1990. Le texte prévoit une baisse de 40% de la consommation d'énergies fossiles d'ici à 2030, contre 30% précédemment. Des sénateurs PS et communistes ont tenté en vain d'obtenir des objectifs plus ambitieux, préconisant que la France divise par 8 ses émissions de gaz à effet de serre.
Malgré l'opposition du gouvernement, les sénateurs ont validé des objectifs supplémentaires introduits en commission: au moins 27,5 GW d'hydroélectricité en 2028, notamment issue de la "petite hydroélectricité", développement d'au moins 1 GW par an d'éolien en mer, posé et flottant, jusqu'en 2024 et 8% de biogaz en 2028 pour s'assurer que l'objectif des 10% en 2030 sera bien tenu. Le gouvernement est favorable au développement de l'éolien en mer, mais l'objectif visé par le Sénat n'est pas "accessible à court terme", selon Mme Wargon.
En réponse à une interrogation du sénateur PS de l'Aude Roland Courteau, elle a indiqué qu'un parc était prévu en Bretagne du sud et "deux nouveaux parcs" en région Sud et en région Occitanie. Concernant la petite hydroélectricité, Emmanuelle Wargon a indiqué que le gouvernement avait lancé un appel d'offres pour débloquer 350 mW et promis un "travail" avec le Parlement sur le dossier. La petite hydroélectricité "donne une énergie locale verte", a plaidé Angèle Préville (PS). Le projet de loi entérine également le report de 2025 à 2035 de l'objectif de ramener à 50%, contre plus de 70% aujourd'hui, la part du nucléaire dans la production d'électricité française.
Challenges.fr - Challenges - mercredi 17 juillet 2019

14/08/2019

Comment sauver les oiseaux européens?

En trente ans, 421 millions d’oiseaux ont disparu du ciel européen. La faute aux pesticides, qui tuent tous les insectes et affament nos passereaux, mais aussi au… braconnage, à la chasse au lacet étrangleur et à la colle ! Notre reporter a enquêté auprès des paysans, des scientifiques et des lanceurs d’alerte. Le constat est accablant : quasiment rien n’est fait pour enrayer cette hécatombe.

Eric Hansen est un baroudeur, et tout en lui reflète son passé. Visage buriné, regard franc qui impose un mélange de respect et de sympathie. Délégué interrégional de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), il a parcouru la Guyane durant dix ans. Là-bas, Eric a traqué les voyous atteints de collectionnite aiguë, prêts à dépenser des milliers d’euros pour mettre en cage des oiseaux couleur arc-en-ciel ou à enfermer des caïmans dans leur piscine. Il a démantelé un trafic de grenouilles dendrobates, convoitées par les laboratoires pharmaceutiques européens pour la puissante toxine qu’elles sécrètent : les batraciens passaient la douane dissimulés dans des étuis de pellicule photo. Mais parmi ses faits d’armes, cet inspecteur de l’environnement se souviendra longtemps de cette saisie réalisée dans le sud de la France, où il œuvre désormais. Le 12 janvier dernier, chez un habitant de La Crau (Var), Eric Hansen et ses agents découvrent près de 2 000 pièges destinés à capturer des oiseaux. « Du braconnage industriel, je n’avais jamais vu ça ! raconte-t-il. Nous avons également trouvé 75 dépouilles – des rouges-gorges, pour la plupart – plumées et désossées dans le congélateur, et 12 tarins des aulnes détenus dans une cage. Autrefois, en Provence, il était d’usage de manger en brochette grives, fauvettes à tête noire, rouges-gorges… Depuis 1976, tous les passereaux [terme générique qui définit ces espèces] sont protégés. Mais les traditions ont la vie dure. » Trois mois plus tard, ce sont 46 pièges et 112 passereaux vivants, destinés au marché noir, que ses collègues saisissent chez des particuliers, près de Lille cette fois. Des verdiers, des linottes mélodieuses, des pinsons, des sizerins… mais aussi des chardonnerets, petits bijoux de nos forêts. « Culturellement, le chardonneret est très apprécié par les personnes originaires du Maghreb pour son chant mélodieux hors du commun et ses couleurs chatoyantes, explique Eric. Et il continue de séduire dans le nord de la France. » Les mineurs en emportaient toujours un au fond de la mine : en cas d’émanations mortelles, l’oiseau ne chantait plus. Il est désormais la cible d’un commerce international très lucratif. Piégé dans la nature, il doit participer à des concours de beauté et de chant durant lesquels il ingurgite des graines de cannabis pour se « chauffer la voix ». Triste ironie : ramené au gramme, le prix de cet oiseau, qui peut atteindre les 2 000 euros, est aujourd’hui plus élevé que celui du shit. D’autant qu’il devient rare.

Deuxième pays consommateur de pesticides en Europe derrière l’Espagne, la France lançait en 2008 le plan Ecophyto, avec pour objectif de réduire de 50 % l’usage des poisons sur dix ans. Raté : entre 2009 et 2017, l’utilisation des pesticides a augmenté de 12,4 %. On se tâte sur le glyphosate, on propose des dérogations pour les néonicotinoïdes. Et alors que la loi alimentation prévoyait d’interdire en 2022 la production et les exportations des pesticides jugés dangereux, le Sénat a détricoté cette avancée en la reportant de trois ans.
Du côté des agriculteurs pourtant, la réflexion est engagée. « Les produits, moins j’en utilise, mieux je me porte, assure Hervé Lapie, agriculteur dans la Marne et responsable environnement chargé du dossier biodiversité à la FNSEA, le principal syndicat agricole. Nos pratiques ont sans doute eu des conséquences sur la disparition des oiseaux, des insectes… Mais on ne peut pas accuser les agriculteurs de tous les maux ! Nous voulons évoluer pour accompagner la transition écologique, à condition d’avoir un revenu garanti. Je préside l’association Symbiose, pour des paysages de biodiversité, créée avec des chasseurs et des apiculteurs. L’idée est de développer des ressources mellifères, de remettre des haies, de laisser les bords de chemin intacts pour favoriser le retour de la petite faune. Nous menons aussi des expérimentations avec l’Inra sur les auxiliaires de cultures. On est encore neufs dans ce domaine, ça demande un gros volet de formation. On n’a pas appris tout ça à l’école… »

Anne-Cécile Beaudoin - Paris Match - mercredi 7 août 2019

11/08/2019

Rapport annuel de Bio Consom'acteurs...

Madame, Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous présenter le rapport annuel de Bio Consom'acteurs, validé lors de l'Assemblée Générale qui a eu lieu le 12 juillet dernier. 
 
 
Ce rapport met en avant le dynamisme de Bio Consom'acteurs au cours de l'année 2018.
Les enjeux liés à alimentation qui respecte les cycles naturels et les écosystèmes se sont confirmés et les consommateurs montrent un regain d'intérêt pour une bio, locale et équitable.

L'équipe a su montrer la pertinence de son action pour accompagner les questionnements des citoyen.ne.s.
En 2018, nous avons participé à près de 50 événements et touché plus de 2 500 personnes.

Notre action a aussi porté sur la mobilisation citoyenne avec 8 appels ou tribunes co-signées avec les organisations partenaires, actrices d'une transition écologique ambitieuse. 
 
Vous découvrirez également dans ce rapport le projet "Nos Cantines engagées pour le climat"(p.15), la diffusion de notre outil pédagogique Ludobio ainsi que l'ensemble de nos actions de sensibilisation auprès du grand public.
 
 
Nous tenons à remercier nos partenaires sans qui cela ne serait pas possible.
Merci également à nos bénévoles, donateurs et adhérents ! Votre soutien est essentiel et confirme chaque jour l'importance de notre action !
Merci !
 
Julie POTIER, 
Directrice générale de Bio Consom'acteurs
 
 
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Bio consom'acteurs
10, rue Beaumarchais
93100 Montreuil
contact@bioconsomacteurs.org
 
 
 
© 2019 Bio Consom'acteurs
 

30/07/2019

La Côte d'Ivoire reboise ses forêts...

La Côte d’Ivoire vient d’adopter un nouveau code forestier, un arsenal destiné à reboiser un pays qui a perdu plus des trois-quarts de ses forêts. Ce nouveau code associe les planteurs et les industriels à cet objectif. Les sanctions sont également renforcées.

16 millions d’hectares en 1960 contre 3,4 millions en 2018. En moins de 60 ans, la Côte d’Ivoire a perdu 80% de ses forêts. Les responsables sont connus : il s’agit de l’exploitation forestière, de l’agriculture extensive, des feux de brousse mal maîtrisés et de l’incapacité des autorités à protéger les forêts ivoiriennes.

L’objectif désormais est d’inverser cette tendance mais le gouvernement fait le choix d’associer les opérateurs économiques à cette politique de reforestation.
Le nouveau code fait donc la part belle à l’agroforesterie qui permet aux producteurs de cacao, par exemple, de bénéficier de la richesse des sols forestiers tout en préservant la forêt. Des concessions seront accordées aux industriels ou encore aux petits planteurs pour pratiquer des cultures pérennes qui se traduisent par 24 ans pour le Cacao et 40 ans pour l’hévéa. A charge à l’exploitant d’entretenir aussi la forêt, en reboisant.

Aujourd’hui, selon les statistiques officielles, un quart de la production de cacao, soit 500 000 tonnes, viendrait des forêts classées, des parcs ou des réserves.
Si certaines forêts seront ainsi partiellement ouvertes à l’activité, d’autres seront fermées à toute présence humaine. D’ailleurs, la loi durcit aussi les sanctions contre les occupations illégales des zones réservées. Les peines maximales sont portées de un à cinq ans de prison et de 100 000 à 50 millions de francs CFA d’amendes.

RFI - RFI - dimanche 21 juillet 2019

28/07/2019

Halte à l'apocalypse en Amazonie!

C’est terrible. L'Amazonie a perdu un DEMI-MILLIARD d'arbres l’année dernière. En ce moment même, les défenseurs de l’Amazonie au Congrès du Brésil envisagent de nouvelles mesures de protection et les groupes indigènes en appellent à une pression internationale pour sauver la forêt. Organisons une grande démonstration de soutien citoyen et battons-nous pour l’Amazonie!

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Aux membres du Congrès brésilien, au gouvernement de Jair Bolsonaro et aux dirigeants du monde entier:

En tant que citoyens du monde entier, nous sommes horrifiés de l'accélération de la destruction de l'Amazonie au cours des derniers mois. Le destin de l'humanité repose sur l'Amazonie, et nous vous demandons de faire tout ce que vous pouvez pour protéger la forêt, y compris faire adopter des lois pour protéger les forêts publiques, mettre fin à la déforestation illégale et augmenter la pression internationale pour éviter davantage de destruction de l'Amazonie.

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