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14/10/2020

Poursuites en justice de l'Etat français à propos du climat...

La France en fait-elle assez pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES)? La réponse est non pour six jeunes Portugais qui attaquent ce jeudi 33 Etats, dont la France, afin de les inciter à en faire davantage. L'initiative de ces adolescents s'inscrit dans la démarche des associations écologistes Greenpeace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l'homme de Nicolas Hulot et de l'ONG Notre affaire à tous, qui ont entamé une procédure contre l'Etat devant le tribunal administratif pour carence en matière de lutte contre le changement climatique. La justice devrait se prononcer à l'automne.
Pour appuyer ce recours, les associations écologistes ont obtenu la signature de plus de 2 millions de citoyens demandant au gouvernement de mettre un coup d'accélérateur. Pointé du doigt, l'Etat a répondu le 23 juin. Dans un mémoire de défense de 18 pages, la directrice des affaires juridiques du ministère de l'Ecologie souligne que « le Parlement a adopté trois lois renforçant les obligations de l'Etat en matière de lutte contre le changement climatique ».

Sécheresse : nos forêts sont à l’agonie
« On dispose effectivement de beaucoup de lois et la France a signé des traités s'engageant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mais il est maintenant temps d'agir, estime Cécilia Rinaudo, coordinatrice générale de Notre Affaire à tous. Car aujourd'hui, nous sommes en retard dans tous les domaines : transport, agriculture, logement. »
Le gouvernement ne fait pas du tout le même constat. En matière de gaz à effet de serre, l'année 2020 s'est traduite par « une diminution significative des émissions par rapport à 2017 », selon le ministère de l'Ecologie, qui estime par ailleurs que l'Etat n'est pas seul responsable : « Il n'est pas en capacité d'empêcher l'intégralité des émissions […] sur le territoire français » du fait qu'une « part substantielle de cette pollution procède de la réalisation des activités industrielles et agricoles, mais également de choix et de décisions individuels sur lesquels il n'est pas toujours possible d'influer ».

Selon Mr Frédéric Mouchon - Le Parisien - jeudi 3 septembre 2020

09/10/2020

L'amer bilan politique de Mr Nicolas Hulot...

Deux ans après sa démission du gouvernement d’Emmanuel Macron, Nicolas Hulot n’a toujours pas digéré son expérience en politique. L’écologiste affiche sa déception dans un article publié par le magazine Paris-Match.

L’écologiste Nicolas Hulot tire, dans une interview jeudi à Paris-Match, un bilan amer de son bref passage au pouvoir en tant que ministre de la Transition écologique d’Emmanuel Macron (2017-2018), une année pendant laquelle il juge n’avoir été « qu’un exécutant, submergé ».
« À Matignon, les énarques autour (du Premier ministre Édouard Philippe) me regardaient comme l’écolo de service. Pour eux, les éoliennes, c’étaient des moulins à vent pour les bobos », rapporte-t-il à l’hebdomadaire, dans un long article accompagné de photos de l’ancien homme de télévision, 65 ans, dans sa propriété bretonne.
L’ex-ministre pointe un conservatisme et une sensibilité aux lobbies des conseillers du pouvoir : « Tous ces gens étaient bien plus jeunes que moi, mais leurs logiciels étaient parfois obsolètes. […] J’ai vu des conseillers à l’Agriculture plus rigides que la patronne de la FNSEA ».
Son passage au gouvernement, après avoir dit non successivement à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, s’est résumé selon lui à une succession d’arbitrages perdus : « Il faut le reconnaître, tout se joue à Matignon. Par contre, je suis responsable des non-décisions ou des mauvaises. Je n’étais qu’un exécutant, submergé. Au début, j’ai cru que je n’étais pas au niveau ou mal organisé, avant de réaliser qu’on était structurellement sous l’eau. »
Et de conclure : « Quand je parlais d’une mutation sociétale, eux pensaient adaptation, moi transformation du système. C’est là l’immense malentendu : ils voulaient soigner une bronchite, moi un cancer généralisé. »

Selon l' AFP - Ouest-France - jeudi 3 septembre 2020

05/10/2020

La mémoire des arbres...

Des chercheurs chiliens et argentins ont sondé la « mémoire » des arbres pour dater l’évolution du changement climatique des six derniers siècles. Ils confirment une méga-sécheresse en cours depuis onze années. Un, deux, trois, quatre… Enfant, qui ne s’est jamais amusé à estimer l’âge d’un arbre coupé en comptant ses cernes de croissance ? Cette méthode de datation est validée par une science : la dendrochronologie. L’absence de pluie, les avalanches ou encore les tremblements de terre altèrent la pousse des arbres, modifiant l’épaisseur des cernes. Ces variations constituent autant d’indices permettant de reconstruire le climat passé.

Un atlas de la sécheresse
Ce sont ces cicatrices accumulées au fil du temps qu’un groupe de chercheurs chiliens et argentins ont analysées pour élaborer le premier atlas de la sécheresse en Amérique du Sud, du XV siècle à nos jours. Pendant plus de dix ans, nous avons étudié 15 000 arbres, près de 300 espèces, de l’Amazonie méridionale à l’extrême sud de la Patagonie » , détaille Carlos Le Quesne, dendrochronologue à l’Université australe du Chili.
Les universitaires ont parcouru la Cordillère des Andes à la recherche d’arbres séculaires. La largeur des cernes reflète les changements annuels d’humidité, reprend Carlos Le Quesne. Nous avons choisi des arbres, parfois millénaires, sensibles au manque d’eau, tel l’araucaria dont l’espèce a cohabité avec les dinosaures. 
Méga-sécheresse en cours
Pour faire parler les vénérables cyprès de la Cordillère et autres alerces, une espèce endémique rare et qui dépasse les 4 000 ans, un simple carottage suffit. Sans conséquence pour l’arbre, le prélèvement consiste en l’extraction d’un échantillon de bois, long d’une dizaine de centimètres et large comme une paille.
 En croisant nos données avec les chroniques des conquistadores espagnols qui mentionnaient des famines ou de faibles récoltes, nous avons pu confirmer avec précision les années où la pluie a manqué ou, à l’inverse, était en excès » , explique Duncan Christie, paléoclimatologue à l’Université australe du Chili.
Les trente-huit chercheurs ont pu déterminer qu’entre 1400 et aujourd’hui, la fréquence et la durée des événements climatiques extrêmes se sont accrues. Avant, la sécheresse dans la zone centrale du Chili et les pluies torrentielles dans le bassin de la Plata [Argentine, Uruguay, Brésil et Paraguay] se produisaient tous les dix à quinze ans , note Duncan Christie.
La bascule s’opère dans les années 1960, lorsque la courbe des émissions de gaz à effet de serre s’embale au niveau mondial. Depuis, ces épisodes extrêmes se répètent tous les cinq ans. Les scientifiques ont aussi révélé que la méga sécheresse, en cours depuis onze ans dans la zone centrale du Chili, n’a pas de précédent lors des 600 dernières années.
Véritables salles d’archives à ciel ouvert, les forêts millénaires contribuent également à mieux anticiper le dérèglement climatique. Nos découvertes servent à affiner les modèles climatiques, confirme Duncan Christie. À ce rythme, l’automne austral pourrait disparaître à moyen terme. 

Selon Mr Alan LOQUET. Santiago du Chili, - Ouest-France - lundi 31 août 2020

02/10/2020

Strasbourg: Plan Canopée pour des arbres en ville...

Il s’agit de planter 10 000 arbres au plus tard en dix ans », mais « aussi de sauvegarder et protéger les arbres » déjà présents dans la ville, a déclaré la première maire écologiste de Strasbourg (Bas-Rhin) Jeanne Barseghian, en présentant, samedi 29 août, un programme de « végétalisation » de la capitale alsacienne.

La nouvelle municipalité écologiste de Strasbourg a présenté samedi 29 août un programme de « végétalisation » de la capitale alsacienne, qui doit passer par la plantation de 10 000 arbres afin de mieux adapter la ville au changement climatique.
« C’est un enjeu de confort, un enjeu climatique, un enjeu pour la biodiversité, pour le bien-être et pour l’adaptation de notre ville aux changements en cours, que ce soit les canicules mais aussi les inondations », a expliqué lors d’une conférence de presse Jeanne Barseghian, première maire écologiste de Strasbourg.
Celle-ci avait signé, dès son arrivée à la mairie, une déclaration d'« état d’urgence climatique » pour la ville.
« Il s’agit de planter de manière massive 10 000 arbres (hors forêts) au plus tard en dix ans », mais « aussi de sauvegarder et protéger les arbres » déjà présents dans la ville, a poursuivi Jeanne Barseghian.
« À terme, on redonnera 300 hectares à la nature »
La ville compte actuellement plus de 40 000 arbres dans les parcs, jardins et espaces verts d’équipements publics.

« À terme, on redonnera 300 hectares à la nature », a-t-elle résumé soulignant vouloir que cette « végétalisation » intervienne « de manière équitable sur l’ensemble du territoire strasbourgeois » et « pas seulement sur le centre-ville ».
« Notre objectif est d’atteindre un indice de Canopée (pourcentage de l’espace urbain couvert par des arbres d’au moins trois mètres de hauteur, N.D.L.R.) à hauteur de 30 % » d’ici 2050, contre 26 % actuellement, a complété Suzanne Brolly, adjointe à la maire.
« On ne peut pas penser seulement sur le temps d’un mandat quand on parle de nature, il faut anticiper », a-t-elle souligné, évoquant la possibilité de plantations sur les places, mais aussi sur les trottoirs, les cours d’écoles, les cimetières, les terrains de sport etc.
Le projet, baptisé plan Canopée et doté pour la première année d’un budget d’un million d’euros, doit faire l’objet d’une délibération lundi au conseil municipal.
En juillet, des arbres ont provisoirement été installés sur plusieurs places de Strasbourg pour atténuer les îlots de chaleur urbains pendant l’été avant que des plantations durables puissent débuter à l’automne.

Selon AFP. - Ouest-France - samedi 29 août 2020

13/09/2020

Greta Thunberg récidive par courrier ...en faveur de l'écologie européenne.

Mobilisée depuis tout juste deux ans pour le climat, la militante suédoise Greta Thunberg a profité d'une rencontre jeudi avec Angela Merkel pour tenter face à "l'inaction politique" de donner un nouveau souffle à son mouvement freiné par l'épidémie de Covid-19.
La date du 20 août revêt une importance "symbolique" a-t-elle confié à la presse après sa rencontre avec la chancelière allemande à Berlin.
Greta Thunberg, alors âgée de 15 ans et encore inconnue, avait en effet entamé le 20 août 2018 une grève scolaire devant le parlement suédois à Stockholm.
Cette mobilisation s'est muée au fil des mois en mouvement, baptisé "Fridays for future", auquel ont participé chaque semaine des milliers de jeunes Européens.
"Déni"
Ce succès, combiné à une poussée du vote écologiste dans nombre de pays, ne semble cependant pas avoir fait avancer la cause climatique, regrette Greta Thunberg.
Dans une lettre au vitriol adressée aux dirigeants européens, elle dénonce ainsi jeudi "l'inaction politique" qui perdure selon elle au sujet de la protection climatique et le "déni" des gouvernements.
"L'UE doit enfin agir, l'Allemagne doit prendre l'initiative : les investissements dans les combustibles fossiles doivent cesser, l'écocide doit devenir une infraction punissable", demande-t-elle.
"Lorsqu'il s'agit d'agir, nous sommes toujours dans un état de déni. La crise climatique et écologique n'a jamais été traitée comme une crise", déplore Greta Thunberg.
La militante de 17 ans a été reçue pendant une heure et demi par Angela Merkel avec d'autres membres du mouvement, Luisa Neubauer (Allemagne), ainsi que Anuna de Wever et Adélaïde Charlier (Belgique).
L'Allemagne, qui assure actuellement la présidence de l'UE, a une "énorme responsabilité, nous voulions être sûre qu'elle porte haut les enjeux", a expliqué Anuna de Wever. "Angela Merkel semble être consciente des enjeux", a abondé Luisa Neubauer.
La chancelière, qui quittera le pouvoir fin 2021, et les quatre militantes, ont "convenu que le réchauffement climatique est un défi mondial et que les pays industrialisés ont une responsabilité particulière dans la lutte contre ce phénomène", a rapporté après la rencontre le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert.
"Opportunité"
"La base en est la mise en oeuvre cohérente de l'accord de Paris sur le climat" qui vise à limiter le réchauffement de la planète à 2° par rapport à l'ère pré-industrielle, a-t-il précisé.
L'entrevue a en grande partie porté, selon la chancellerie, sur l'objectif de neutralité climatique de l'UE d'ici 2050, avec un éventuel objectif intermédiaire d'ici 2030, ainsi que sur la tarification du CO2.
"L'écart entre ce que nous devrions faire et ce qui est réellement fait se creuse de minute en minute", regrettaient cependant en amont de la rencontre les militantes climatiques.
Malgré la mobilisation "nous avons encore perdu deux années cruciales à cause de l'inaction politique", regrettent les militantes, appelant les pays à arrêter d'urgence tous les investissements dans les combustibles fossiles.
L'Allemagne elle-même est accusée de ne pas faire assez d'efforts. Elle reste fortement dépendante du charbon, exploité jusqu'en 2038, en raison de son abandon progressif du nucléaire après la catastrophe de Fukushima en 2011.
Le pays pourrait toutefois atteindre, grâce à la baisse d'activité liée au coronavirus, son objectif de réduire de 40 % par rapport au niveau des années 90 ses émissions.
"La pandémie de nouveau coronavirus offre une énorme opportunité de changer les choses", veut ainsi croire Adélaïde Charlier.
L'épidémie et le ralentissement économique mondial brutal qu'elle entraîne ont certes un effet temporaire positif sur les niveaux d'émission et de pollution. Mais ils compliquent toutefois la mobilisation pour le climat au moment où les craintes concernant l'emploi sont la priorité.
Fridays for future prévoit une journée mondiale de mobilisation le 25 septembre mais adaptée au contexte sanitaire, marqué dans nombre de pays européens par une hausse des cas.
"Nous prenons l'épidémie au sérieux, nous cherchons des moyens d'adapter (la mobilisation), avec par exemple moins de monde dans les rues", a indiqué Luisa Neubauer, figure du mouvement en Allemagne.
20/08/2020 15:57:48 - Berlin (AFP) - © 2020 AFP

05/09/2020

Sauvons les Koalas avec le WWF...

Il y a deux siècles, les koalas étaient 10 millions. Il en reste moins de 100 000 car l’homme dévaste le royaume de cet inoffensif petit prince des forêts. Au sud de l’Australie et au large d’Adélaïde, Kailas Wild, un arboriste de 35 ans, tente de sauver l’animal fétiche du pays.

Récit de Kai: Kai a beau être rentré depuis des semaines, il ne voit qu’eux quand il ferme les yeux. D’abord, le premier qu’il a sauvé. Un bébé perdu, tout seul, au sommet d’un arbre mort grignoté par les flammes. Viennent ensuite les images de son face-à-face, à 15 mètres du sol, avec cette femelle prostrée sur une branche, exsangue, privée de toute nourriture, dont seuls les gémissements laissaient à penser qu’elle gardait un souffle de vie. Pour lui donner sa chance, il devait coûte que coûte la faire descendre. Dans la mémoire de Kai, des dizaines d’autres images se bousculent : des regards étonnés entre de grandes oreilles poilues, et puis toutes ces plaies à vif qui ne cessent de hanter ses nuits.

L'Australie en larmes devant ses koalas tués dans les flammes:
Kai, 35 ans, a grandi à Sydney. Puis il est devenu élagueur et bénévole dans une association de protection de la vie sauvage. C’était il y a une dizaine d’années. Tout, pour lui, a basculé ce dernier jour de janvier : « J’ai reçu un coup de fil d’un contact, à l’autre bout du pays. Sur l’île Kangaroo, ils avaient besoin d’un arboriste pour grimper dans les arbres au secours des koalas qui n’avaient pas péri dans les incendies. J’ai sauté dans mon “ute” [pick-up] et, après dix-neuf heures de route et une traversée en ferry depuis Adélaïde, j’étais à mon poste. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais vivre. » Depuis plus d’un mois déjà, la moitié de Kangaroo est ravagée par les méga-feux de brousse de l’été austral. L’île, qui compte désormais la plus grande population de koalas d’Australie, est en alerte maximale. Au plus fort des incendies, plusieurs centaines d’entre eux, brûlés ou désorientés, ont déjà été ramassés sur les routes. Avec d’autres animaux, ils ont été amenés à l’hôpital improvisé de Sam et Dana Mitchell, au Wildlife Park, véritable « hub » de vétérinaires, où bénévoles et vacanciers se sont vite transformés en infirmiers. Kai arrive au moment où il est possible de retourner dans certaines zones. Là où le brasier n’a laissé que dévastation et silence, on peut commencer à évaluer les dégâts, et même porter secours aux survivants.
Bienvenue au Koala Hospital, le centre qui sauve les koalas des flammes en Australie
« Dans ces immensités noircies, tout se confond. Lorsqu’on marche, il faut conditionner son cerveau à repérer sur les branches ces formes indistinctes qui, en fait, sont des koalas. Avec l’habitude, ils sont assez facilement repérables d’en bas. Certains font appel à un drone ; moi, je les vois. Si je pense que l’animal a besoin d’aide et que les arbres alentour semblent assez solides, je choisis le plus proche pour y grimper. La meilleure méthode consiste à aller le plus haut possible, puis à se balancer jusqu’à la cime de l’arbre où s’accroche le koala. Il faut se poser au-dessus de lui pour qu’il n’ait pas envie de se réfugier plus haut. Alors, avec une perche, je le pousse à descendre et on le récupère en bas. J’ai trouvé comme ça pas mal de “joeys”, des bébés, onze en tout. Eux se tiennent assez bas et il est facile de les attraper.
Australie : reportage sur l'île-refuge des koalas
Il n’y a plus qu’à les glisser dans un sac pour redescendre avec eux. Dans d’autres cas, c’est plus sportif : on est obligé de les surprendre, en les empoignant par-derrière. Sachant qu’on a déjà affaire à un animal en souffrance, il faut éviter que la descente dure trop longtemps, car le stress les épuise encore plus. Et puis il faut faire attention : sous ses airs endormis, le koala peut vite vous mordre. Il ne faut surtout pas mettre la main devant son visage, sinon il peut vous envoyer à l’hosto. J’ai eu pas mal de morsures, heureusement pas trop graves. » Lui, l’amoureux des arbres, a été frappé par l’agilité des koalas mais aussi par leur vulnérabilité une fois au sol, où leurs griffes et leurs longs doigts sont inadaptés au déplacement à quatre pattes.

A la fin de sa mission de quelques semaines, Kai avait secouru plus de cent koalas. Il n’y a pas que dans les arbres qu’il est passé par des hauts et par des bas… Moralement aussi. Dans son journal de bord, il écrit un soir de la première semaine : « Aujourd’hui, ça a été foutrement intense et j’ai pleuré deux fois. » Puis, quelques jours plus tard : « La journée a été lourde en émotions. Parler et pleurer est la seule manière de récupérer. » Bien sûr, il y a des moments de joie, comme celui où il apprend qu’une petite orpheline, la première qu’il a trouvée, celle à qui il a donné son prénom, et qui était si salement brûlée au nez, aux oreilles et aux joues, allait s’en tirer. Mais, pour Kai et pour ceux qui sont spontanément venus à la rescousse des animaux, il n’y a pas que de belles histoires. On n’échappe pas à la détresse. Ainsi pour cette femelle dont les coussinets sont brûlés et les griffes arrachées, infectées ; quelques jours après son sauvetage, les vétérinaires devront se résoudre à l’euthanasier.
Les images d’animaux pris au piège des incendies en Australie ont bouleversé le monde entier. Difficile d’oublier la vidéo d’un koala déshydraté qui, agrippé au cadre d’un vélo, se désaltère à la gourde que lui tend une cycliste. Effarant, quand on sait que ces marsupiaux ne boivent que très rarement de l’eau et qu’ils s’hydratent avec les feuilles d’eucalyptus ! Le 1er février dernier, des photos difficilement supportables de dizaines de koalas morts, broyés par des bulldozers dans une plantation de gommiers, ont provoqué l’ouverture d’une enquête des autorités de l’Etat de Victoria. Pour les militants de la cause animale, ces images ne sont que le reflet de la tragédie, prévisible, écrite par l’homme et infligée à la faune australienne. Le koala en est la partie la plus visible, une icône aux allures de peluche.
Il y a un an, déjà, avant même les terribles feux de brousse, la branche australienne du WWF lançait un cri d’alarme et lâchait une échéance butoir : 2050. A cette date, si la destruction de leur habitat se poursuit, les koalas seront en voie d’extinction. Cinquante ans plus tard, ils auront disparu… Début avril, dans un communiqué, plusieurs associations de protection animale ont demandé que, inscrit depuis 2012 sur la liste des animaux vulnérables, il passe au statut d’espèce en danger. Un premier pas mais qui, selon le conservationniste de la WWF Stuart Blanch, ne suffira pas : « Remonter le statut de protection du koala n’a de sens que si une politique stricte de protection de son habitat est appliquée parallèlement. Si on continue de détruire son domaine vital en rasant des arbres au bulldozer, sans lui assurer le moindre sanctuaire, il disparaîtra. L’Australie doit prendre le lead des pays du monde qui mettent en place une transition vers les énergies renouvelables, afin de créer un climat stable et sûr pour ces marsupiaux et leurs forêts. »
Chaque Etat disposant de sa propre législation, l’Australia Koala Foundation estime qu’aucune loi fédérale ne pourra, sur le territoire australien, le protéger de façon efficace
Jointe début avril dans sa maison du bush, près de Brisbane, Deborah Tabart, ex-reine de beauté devenue l’égérie des koalas, ne décolère pas. Présidente de l’ONG Australian Koala Foundation (AKF) depuis 1988, elle en est à son quatorzième ministre de l’Environnement. C’est dire si les éditos de son journal de bord sont virulents envers Canberra et sa politique de protection de l’environnement. Déjà, en 2015, son ONG avait publié un passionnant rapport intitulé « Imaginez une Australie sans koalas » : « Les choses sont assez simples. Si notre pays n’arrive pas à protéger cet adorable animal, aimé de tous, qui ne tue personne et fait venir des millions de touristes – c’est-à-dire entrer des milliards de dollars dans les caisses de l’Etat –, alors on n’arrivera à rien. Sauver cet animal craquant, totalement inoffensif, permettrait de protéger tous les autres qui vivent dans son environnement et sont moins aimés. » En 2000, partant du slogan très efficace du « No Tree, No Me » (« Pas d’arbres, pas de moi »), l’ONG a proposé de faire passer un Koala Protection Act inspiré de la loi adoptée par les Etats-Unis pour défendre leur emblème : l’aigle à tête blanche.
Chaque Etat disposant de sa propre législation, l’Australia Koala Foundation estime qu’aucune loi fédérale ne pourra, sur le territoire australien, le protéger de façon efficace. L’idée serait donc de ne pas se focaliser sur la protection de l’animal lui-même, mais d’empêcher la destruction de son habitat. L’AKF a ainsi cartographié et listé à travers le pays les arbres qui forment son « home range », son domaine vital ; aussi bien pour se nourrir (environ 40 sortes d’eucalyptus sur les 700 espèces existantes) que pour s’abriter du froid ou de la chaleur. La loi de protection des koalas (KPA) interdirait, entre autres, que l’on puisse toucher à un arbre de cette liste sans avoir d’abord prouvé que ni le marsupial ni son habitat ne seront impactés.
Depuis son retour chez lui, à Sydney, Kai, l’arboriste-sauveteur, est devenu une petite célébrité des réseaux sociaux. Chaque jour, confinement oblige, il partage sur Instagram et Twitter des photos de ceux qu’il a secourus, et donne de leurs nouvelles. On apprend ainsi que certains ont pu regagner le bush. Pour le reste, Kai en est sûr, pas besoin de leur enseigner les gestes barrière… Il écrit : « Juste pour vous rappeler que les koalas sont des animaux solitaires qui pratiquent naturellement la distanciation sociale… »

Selon notre envoyée spéciale sur l’île de Kangaroo Marion Mertens - Paris Match - samedi 15 août 2020

04/09/2020

Nouvelle Guinée: réservoir de biodiversité...

Un réservoir sans fin. C'est un classement tout particulier dont la Nouvelle-Guinée vient de prendre la tête. Selon une étude publiée dans la revue Nature, détaillée par The Guardian, cette île située dans le Pacifique est désormais considérée comme l'archipel avec la plus grande diversité végétale. En Nouvelle-Guinée, on trouve plus de 13 500 espèces de plantes différentes. Elle devance de loin Madagascar, qui détenait le précédent record, avec plus de 19 % d'espèces en plus.
L'étude aura mobilisé 99 botanistes membres de 56 institutions différentes réparties dans 19 pays. Ils ont analysé des milliers d'échantillons, dont les plus anciens ont été récoltés dès le XVIIe siècle. Mais la Nouvelle-Guinée devrait encore donner du fil à retordre aux spécialistes du monde végétal. Selon les auteurs de l'étude, plus de 4 000 nouvelles espèces de plantes pourraient être découvertes dans les 50 prochaines années sur l'île. « C'est un paradis qui pullule de vie », se réjouit auprès du Guardian le biologiste Rodrigo Cámara-Leret de l'université de Zurich, l'un des principaux auteurs du papier.
Lire aussi Le tour du monde des dernières tribus : les Ankavé de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Un environnement propice à la biodiversité
L'environnement de Nouvelle-Guinée est propice au développement de la biodiversité. C'est aussi la troisième plus grande île du monde en termes de superficie. Elle est divisée entre les provinces indonésiennes de Papouasie et de Papouasie occidentale, ainsi que l'État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. « Cela permet le développement de plusieurs types d'habitats, comme les mangroves, les forêts marécageuses, les forêts tropicales mais aussi les forêts de montagne, qui ont des niveaux élevés d'endémisme », souligne Rodrigo Cámara-Leret. Des montagnes, dont l'altitude monte jusqu'à 5 000 mètres, parsèment également tout le territoire.
Lire aussi Le grand voyage des plantes
« Et puis tout au sommet, juste en dessous de la limite de croissance des plantes, on trouve ces prairies alpines. Cet habitat est tout simplement unique en Asie du Sud-Est et caractéristique de la Nouvelle-Guinée », poursuit le chercheur. La Nouvelle-Guinée est le terrain de jeu rêvé pour les botanistes du monde entier : un grand nombre d'espèces ne peuvent être observées que sur cette île. Cependant, les expéditions sur place sont trop sporadiques et il est presque impossible aujourd'hui d'évaluer annuellement le nombre de plantes qui poussent sur place. Avant l'étude publiée dans Nature, leur nombre était estimé entre 9 000 et 25 000.

Selon lepoint.fr- Le Point - mercredi 5 août 2020

02/09/2020

Au Cameroun, les ONG de protection de l'environnement ont eu gain de cause...

Les ONG de protection de l’environnement ont eu gain de cause : cette forêt, qui abrite des primates menacés d’extinction, ne sera pas exploitée, a annoncé le gouvernement camerounais mercredi 12 août.

Le gouvernement camerounais a annulé sa récente décision autorisant l’exploitation d’une forêt vierge, a annoncé mardi 11 août le Premier ministre Joseph Dion Ngute, un revirement souhaité par des ONG qui avaient notamment souligné la présence de primates menacés d’extinction dans cette zone.
Mi-juillet, le gouvernement camerounais avait décidé d’affecter à la production du bois d’œuvre plus de 68 000 hectares de la forêt d’Ebo, située au nord de Douala (sud), la capitale économique.
Les communautés locales et Greenpeace avaient dénoncé cette décision, des riverains promettant de tout mettre en œuvre pour obtenir l’annulation de cette mesure.
Joseph Dion Ngute a indiqué avoir procédé le 6 août au retrait du décret par lequel il avait autorisé le projet d’exploitation de cette forêt.
Le Premier ministre explique être revenu sur sa décision sur très hautes instructions du président de la République, Paul Biya.


Des primates menacés d’extinction dans cette forêt
La forêt d’Ebo accueille notamment des primates menacés d’extinction. Le gouvernement camerounais avait par le passé décidé de faire de cette forêt un parc national.
La forêt d’Ebo abrite des primates en danger critique d’extinction dont la condamnation à mort a été signée par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, avec l’approbation de la présidence de la République du Cameroun, avait déploré Sylvie Djacbou, chargée de la forêt chez Greenpeace Afrique.
Alors que le Brésil a été pointé du doigt pour avoir atteint un niveau de déforestation record de l’Amazonie au premier semestre, la déforestation s’accélère également en Afrique, avait prévenu l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en mai.
La forêt tropicale du bassin du Congo couvre 200 millions d’hectares, et est la deuxième plus grande forêt tropicale au monde après l’Amazonie.

Selon AFP. - Ouest-France - mercredi 12 août 2020

22/08/2020

Protéger les arbres autant que les pyramides...selon Mr Baraton.

Il y a en France des arbres plus vieux que tous les monuments historiques. Pourtant, ils ne bénéficient pas de protection juridique et n'ont pas la possibilité d'être patrimonialisé. Sur Europe 1, Alain Baraton, jardinier en chef du domaine national de Trianon et du grand parc de Versailles, plaide lundi pour que les arbres multicentenaires puissent être protégés au même titre que des monuments en pierre.
"Nos vieux arbres ne sont pas protégés"
"En France les arbres ne sont pas protégés par la loi. Un arbre millénaire, n'est pas protégé par la loi." Un état de fait qui révolte Alain Baraton puisque "cela veut dire que si un maire décide de le couper, il en a parfaitement le droit. C'est scandaleux."

Pour le jardinier en chef de Versailles, cela peut provoquer des drames : "En France, on continue de les maltraiter, de les couper pour des sottises." Et lorsque des voix, comme la sienne, demandent à les protéger, on lui répond "systématiquement qu'il y a d'autres priorités, que l'arbre est un être vivant et qu'à ce titre il est appelé à mourir et qu'on peut difficilement classer. Nos vieux arbres ne sont pas protégés et je le regrette."

Des arbres importants dans l'Histoire
Pourtant, "les arbres les plus anciens ont plus de 9.000 ans" explique-t-il. À ce titre, Alain Baraton juge qu'ils méritent "d'être protégés au même titre que les pyramides". L'arbre le plus vieux de France, un olivier, se trouve à Roquebrune-Cap-Martin : il est âgé de 2.000 ans. Rien qu'à Paris, le square Viviani abrite le plus vieil arbre de la capitale, un acacia, face à Notre-Dame de Paris. "Il a été planté par Jean Robin, jardinier d'Henri IV, c'est le doyen de Paris" et il a 400 ans. "Il faut les protéger", insiste le jardinier en chef du domaine de Trianon.
D'autant que certains arbres ont une histoire, liée à la grande Histoire. C'est le cas du cèdre du Liban du Jardin des plantes, introduit par le botaniste Bernard de Jussieu, qui a amené l'espèce en France et notamment ce "doyen des cèdres". Le marronnier du square Anne-Frank, lui, "est né du marron de l'arbre que voyait la petite depuis ses fenêtres de la maison d'Amsterdam". Ainsi conclut Alain Baraton, "quand on a la chance, comme à Paris, d'avoir des vieux arbres qui sont mis en valeur, il faut continuer à espérer que ça dure longtemps".

Selon Mr Guilhem Dedoyard - Europe 1 - lundi 10 août 2020

21/08/2020

Greenpeace une ONG qui agit partout dans le monde...

L'association Greenpeace puise la richesse et la diversité de ses formes d'engagement dans ses multiples soutiens: bénévoles, militants, donateurs, actifs, experts, lanceurs d'alerte...Des campagnes se succèdent pour lutter contre le changement climatiqu, pour une justice sociale et environnementale, pour protéger notre planète en mobilisant les citoyens et pour s'imposer comme contre-pouvoir face aux institutions qui détruisent malheureusement notre écosystème. Les valeurs portées par l'ONG touchent autant à l'information du public, qu'à la diffusion de ses expertises et à la façon de montrer les alternatives possibles à la société de consommation.

Ses victoires sont nombreuses, grâce notamment aux 50 000 militants/bénévoles dans le monde dont 1 500 en France et à ses adhérents au nombre de 3 millions à l'échelle  mondiale. Ses navires, dont le célèbre Rainbow Warrior, sillonnent les mers du globe. L'action "La République des pollueurs" en avril 2019 à Paris a été très suivie. De même, le travail contre le tout nucléaire en France et pour une vraie démocratie citoyenne a motivé beaucoup de monde. Les actions contre le groupe Total qui fore dans les mers du globe, parfois au mépris de l'écologie (corail, algues, poissons, tortues...), a eu le mérite d'alerter l'opinion, tout comme les scandales de la déforestation en Indonésie et au Brésil.

Pour tout renseignement ou pour un don concernant Greenpeace, joindre sur Internet: www.greenpeace.org.

Lyliane

15/08/2020

Haut Conseil pour le Climat: en France on n'en ferait pas assez...

C’est un document qui donne de sérieux arguments à ceux qui martèlent qu’Emmanuel Macron et son gouvernement n’en font pas assez sur le plan écologique. Le très sérieux Haut conseil pour le climat (HCC), cette instance indépendante chargée d’évaluer la stratégie française pour lutter contre le réchauffement climatique, se montre cette année encore particulièrement critique dans son rapport annuel, rendu public ce mercredi 8 août, et intitulé « Redresser le cap, relancer la transition ».
Après avoir qualifié « d’insuffisantes » les actions engagées par la France contre le réchauffement climatique l’an passé, le HCC, présidée par la climatologue Corinne Le Quéré, ne semble pas beaucoup plus emballé cette année. « Les actions climatiques de la France ne sont pas à la hauteur des enjeux ni des objectifs qu’elle s’est donnés », fustige ce groupe de treize experts, qui compte en son sein des spécialistes reconnus, tels Jean-Marc Jancovici, Valérie Masson-Delmotte, Laurence Tubiana ou encore Alain Grandjean.
« Le Haut conseil pour le climat constate des progrès dans la gouvernance, un accroissement des annonces, mais pas d’avancée structurelle quant au rythme de baisse des émissions. »« Il nous a utilisés pour verdir son image » : on débriefe le retour de Macron sur la convention climat
Une baisse des émissions de CO2 bien trop lente
C’est le premier constat fait par ce Haut conseil pour le climat : la réduction des émissions de gaz à effet de serre continue d’être « trop lente et insuffisante » dans notre pays. En 2019, celles-ci n’ont reculé que de 0,9 %, soit une baisse similaire à la moyenne des années précédentes et encore très loin des -3 % attendus à partir de 2025. Autrement dit, la France n’est toujours pas sur la trajectoire qu’elle s’est donnée pour atteindre la neutralité carbone. Pire, elle s’en éloigne, selon le HCC, qui souligne qu’aucune transformation structurelle n’a été engagée dans les quatre secteurs les plus émetteurs de CO2, à savoir le transport, l’agriculture, le bâtiment et l’industrie.
L’année 2020, marqué par la crise sanitaire, peut-elle être un tournant ? Les experts en doutent sérieusement. Si la crise du Covid marque bien une rupture brutale, avec une baisse historique des émissions de CO2 de l’ordre d’environ 13 % par rapport à cette même période l’année précédente, son impact ne sera probablement que temporaire.
La chute des émissions de CO2 est historique… mais insuffisante pour limiter le réchauffement
Certes, sur l’ensemble de l’année 2020, les émissions françaises devraient diminuer très sensiblement, d’environ 9 % par rapport à 2019, en grande partie du fait de l’effondrement des déplacements. Mais cette chute inédite a toutes les chances de ne pas persister, préviennent-ils. « Un rebond trop fort pourrait compenser une part plus ou moins importante de cette réduction, voir l’annuler et la dépasser ». Et « la baisse temporaire des émissions lors du confinement est marginale par rapport aux efforts à accomplir ».
Bannir tout soutien aux secteurs carbonés
Faut-il vraiment craindre un « effet rebond » dans les prochains mois ? Beaucoup dépendra de la teneur du plan de relance, actuellement en préparation. Prendra-t-il en compte le climat ? Le HCC met en tout cas en garde le gouvernement : « La définition d’un plan de reprise compatible avec les objectifs de transition bas-carbone que le gouvernement s’est donnés est un enjeu essentiel des mois à venir et sera la mesure réelle de l’attention portée au climat ». Pour ses membres, l’enjeu est d’autant plus important que ce plan de reprise aura un effet structurant sur les émissions des prochaines années. « Si une seule recommandation devait être conservée de ce rapport », écrivent les experts, « elle serait de bannir tout soutien aux secteurs carbonés du plan de reprise et de l’orienter le plus possible sur des mesures efficaces pour la baisse des émissions de gaz à effets de serre. »
Les enjeux climatiques doivent être au cœur de la relance, avertit le Haut Conseil pour le Climat
Le gouvernement les entendra-t-il ? Le HCC ne cache pas son inquiétude, au regard des premières mesures prises par l’exécutif en réponse à la crise du COVID-19. Alors que les premières aides publiques ont été principalement tournées vers l’automobile et l’aviation, deux secteurs très émetteurs, le Haut conseil pour le climat s’étonne qu’elles aient été accompagnées de dispositions aussi peu contraignantes. S’agissant de l’automobile, il aurait été souhaitable d’introduire par exemple un critère de poids des véhicules dans les conditions d’éligibilité aux aides à la demande instituées pour relancer les ventes.
Une transition compatible avec l’emploi
Alors que les aides massives à l’automobile et à l’aviation sont justifiées par le risque d’une destruction de l’emploi dans ces secteurs, le Haut conseil pour le climat rappelle dans son raport que transition écologique ne rime pas nécessairement avec casse sociale. Ses membres assurent qu’une réorientation des investissements vers des secteurs moins néfastes pour le climat est compatible avec de réelles préoccupations sociales. Autrement dit, il est possible de concilier l’exigence de court terme de l’emploi, et l’urgence de long terme du climat.
Comment ? En misant sur la rénovation énergétique des bâtiments, en investissant dans les transports publics et les infrastructures de mobilité douce, en déployant des énergies renouvelables… Le Haut conseil climat a ainsi identifié plusieurs mesures de sortie de crise compatibles avec les objectifs climat. Sa conviction :
« La rénovation énergétique des bâtiments, la décarbonation des transports, et l’évolution du système alimentaire sont les mieux à même de réorienter les investissements vers une économie décarbonée, et de répondre aux attentes économiques et sociales, tout en apportant des bénéfices en matière de qualité de l’air et de santé publique. »Supprimer les vols courts, les jets privés et réduire les « miles » : voici comment on peut assainir l’aérien
Mais pour l’heure, ces secteurs ne sont pas au centre des attentions du gouvernement. « La rénovation des bâtiments ne fait l’objet que d’un soutien d’1 milliard d’euros sur 2020 et 2021 », rappelle le HCC. Un montant sans commune mesure avec le soutien de 15 milliards d’euros apporté au secteur aéronautique. Quant au transport ferroviaire, pourtant « porteur de fortes réductions d’émissions », il n’a pas non plus été érigé en secteur de première importance.
Le changement climatique continue de s’aggraver
Alors que l’action du gouvernement patine sérieusement, le Haut conseil pour le climat salue le récent travail mené par la Convention citoyenne pour le climat, qu’il espère voir être valorisé.
Les propositions chocs de la convention citoyenne pour le climat
Le rapport est d’ailleurs ponctué d’un rappel : le changement climatique continue de s’aggraver, et rend la mise en place de mesures fortes plus urgente que jamais. « À l’échelle planétaire, les années 2015-2019 ont été les cinq plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2019 a été la plus chaude pour la température de surface en Europe, et a été marquée par deux vagues de chaleur et une sécheresse exceptionnelles en France ». Et « le premier semestre 2020 est le plus chaud jamais enregistré en France ».
« Il est donc temps de redresser le cap et de relancer la transition. »

Selon Mr Sébastien Billard - L’Obs - mercredi 8 juillet 2020

11/08/2020

L'Opératrion "Sentinelles de la nature" se déploie en Ile-de-France...

L'opération Sentinelles de la ­nature se déploie en Ile-de-France. Ce projet participatif permet à chacun de devenir acteur de la préservation de son cadre de vie avec une application et une interface numérique* ; de déclarer, en quelques clics, une atteinte à l'environnement : dépôt sauvage de déchets ; déversement de produits toxiques ; pollution lumineuse… "Vous pouvez aussi faire connaître des initiatives positives telles que le nettoyage d'une forêt, précise Thibaud Saint-­Aubin, coordinateur du lien fédéral à France nature environnement (FNE). L'idée, c'est que les citoyens puissent s'approprier les enjeux environnementaux de leur territoire."

Les déchets sauvages sont les plus visibles
Lancé en 2015 par plusieurs associations en Rhône-Alpes et porté au niveau national par la FNE, le dispositif a été étendu à l'Ile-de-France en 2018, mais "il faut du temps pour créer un réseau et le mobiliser", explique Maxime Colin, juriste environnement à la FNE. L'une des atteintes les plus visibles - et le plus souvent rapportées - reste le dépôt sauvage de déchets, particulièrement problématique en Ile-de-France (244.000 à 305.000 tonnes par an) mais aussi plus facile à identifier pour un public non averti.

"Pour former les volontaires à la veille environnementale, la FNE Ile-de-France propose depuis février des ateliers Sentinelles de la nature sur des thèmes précis tels que la pollution lumineuse ou le déploiement de la 5G. "On a besoin d'une vigilance citoyenne plus vive", insiste Maxime Colin. "Nous devons améliorer la prévention, souligne l'association Val de Seine vert. Avoir des relais citoyens est essentiel."

Pour en savoir plus, joindre :www.sentinellesdelanature.fr.

Selon Mme Christel de Taddeo - leJDD - samedi 4 juillet 2.

10/08/2020

Surexploitation des forêts européennes...

Quand l'Europe semble vouloir se mettre au vert, certains chiffres ont de quoi laisser dubitatif. Comme celui révélé dans la revue Nature à partir d'une étude, relayée par Le Figaro : en Europe, la superficie des forêts exploitées a augmenté de 49 % entre 2016 et 2018, en comparaison de la période 2011-2015.
Sur les 26 pays de l'Union européenne (en incluant le Royaume-Uni, mais pas Malte ni Chypre), la Suède et la Finlande représentent la moitié de l'augmentation des zones récoltées, précisent les chercheurs du Centre commun de recherche de l'Union européenne (JRC), qui ont participé à l'étude. Dans le même temps, grâce à des données satellitaires, les auteurs des travaux ont constaté que la taille moyenne des parcelles exploitées a augmenté de 34 % sur l'ensemble du Vieux continent. 
Lire aussi Ikea utilise-t-il du bois abattu illégalement ?
Une hausse partie pour durer ?
"L'application en Europe de la directive sur la bioéconomie, en particulier l'utilisation du bois comme énergie renouvelable, pourrait en particulier expliquer cette demande", analyse, pour Le Figaro, Thuy Le Toan, chercheuse émérite au Centre d'études spatiales de la biosphère de Toulouse. Elle ajoute : "Cette directive a d'ailleurs été fortement critiquée par la communauté scientifique pour son impact potentiellement négatif sur la forêt à l'échelle globale". "On peut s'attendre à ce que cette hausse continue", poursuit la chercheuse, puisque l'objectif européen en matière d'énergies renouvelables est de 32 % en 2030. Les chiffres mentionnés plus haut sont toutefois à nuancer avec un autre. Car si les zones exploitées augmentent en Europe, les forêts européennes, elles, sont toujours plus étendues : entre 1990 et 2015, leur taille a augmenté de 90 000 kilomètres carrés, grâce à la replantation des arbres coupés.

 Les chiffres mentionnés plus haut sont toutefois à nuancer avec un autre. Car si les zones exploitées augmentent en Europe, les forêts européennes, elles, sont toujours plus étendues : entre 1990 et 2015, leur taille a augmenté de 90 000 kilomètres carrés, grâce à la replantation des arbres coupés.

Selon Lepoint.fr-Le Point -3/7/2020

04/08/2020

La nature mérite mieux qu'un répit...

La crise du Coronavirus a bouleversé nos habitudes de consommation, de travail et de déplacement, écrit un journaliste de Greenpeace. Cette crise agit comme un révélateur des dysfonctionnements d'un modèle qui creuse les inégalités et détruit l'environnement. Pendant cette crise sanitaire,notre quotidien, nos habitudes et nos relations ont été chamboulées. Nous sommes nombreux et nombreuses à avoir savouré la tranquillité et le temps retrouvé pour cuisiner, bricoler, réfléchir, à avoir apprécié ce répit offert à la nature: moins de pollution, pas d'avion dans le ciel, des animaux sauvages reprenant leurs espaces...Bref, nous avons compris à quel point le monde d'avant était destructeur pour le vivant.

 Un puissant désir de changement s'exprime, car nous aspirons à une vie heureuse et respectueuse de la nature. Le temps de l'hyper semble révolu: hypermobilité, hypermondialisation, hypermarché... La santé, le bien-être et la protection de l'environnement doivent être au coeur de toutes les priorités. Les pollueurs quoi qu'il en soit se sont vite déconfinés: Amazon  a cherché à poursuivre son activité... Le Medef, le CCFA (lobby de l'auto) et l'IATA (lobby de l'aviation) ont sollicité très vite le report des normes environnementales contraires à leurs intérêts. Air France a obtenu une aide publique de 7 milliards d'euros sans aucune contrepartie écologique. Au sommet de l'Etat la croissance semble plus importante que l'écologie.

Pourtant la crise sanitaire a prouvé que les pays industrialisés peuvent modifier leur machine économique pour sauver des vies. Une volonté politique pourrait donc organiser la décroissance des activités polluantes, en poussant le "consommez moins", en mettant fin à la société de consommation. En Suisse, le patronat a bien compris  le danger ... Sous la pression citoyenne, le monde d'après devrait se montrer différent, du monde d'avant. Désir de ralentir, plus de solidarité, de sobriété, de protection des écosystèmes devraient s'installer peu à peu... Et si nous choisissions de donner enfin l'impulsions du changement?

Lyliane

 

03/08/2020

Convention citoyenne pour le climat: des avancées...

Emmanuel Macron a annoncé, lundi devant les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, retenir 146 de leurs 149 propositions, dont la plupart feront l'objet d'un "projet de loi spécifique" multi-mesures en septembre. Il a aussi annoncé 15 milliards supplémentaires pour la conversion écologique. Le débat sur la limite des 110 km/h sur l'autoroute est, lui, "reporté".
Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont reçu ensemble lundi les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat dans les jardins de l'Élysée. Six d'entre eux ont présenté les conclusions de leurs travaux au chef de l'État, avant qu'il n'apporte ses réponses. Le président de la République a ainsi annoncé qu'il comptait transmettre au gouvernement ou au Parlement, ou encore soumettre à référendum "la totalité des propositions" de la Convention citoyenne pour le climat, "à l'exception de trois d'entre elles", soit 146 sur 149. Certaines seront décidées dès la fin juillet, d'autres intégrées au plan de relance mais la plupart feront l'objet d'un "projet de loi spécifique" multi-mesures en septembre, a-t-il précisé.
15 milliards supplémentaires pour la conversion écologique
"L'État prendra toute sa part : 15 milliards d'euros supplémentaires sur deux ans seront injectés pour la conversion écologique de notre économie", a également déclaré Emmanuel Macron, promettant la mise en place d'un "fonds de transformation écologique de notre économie dans le plan de relance" pour notamment "investir dans les transports propres, rénover nos bâtiments" et "inventer les industries de demain".
Le président a aussi approuvé le principe d'un moratoire sur les nouvelles zones commerciales dans la périphérie des villes ainsi que celui de mesures d'aides pour la rénovation des bâtiments. "Arrêter la bétonisation, c'est un projet pour rendre notre pays plus humain, au fond plus beau" et pour retrouver des commerces de centre-ville et mettre fin à un étalement des logements, a-t-il insisté, "c'est un modèle dont nos concitoyens veulent sortir".
Création d'un groupe de suivi pour inscrire le terme "écocide" dans le droit français
La Convention citoyenne pour le climat propose également l'introduction du crime d'"écocide" dans le droit français, afin de sanctionner une atteinte grave à l'environnement. Estimant qu'il fallait "faire en sorte d'inscrire ce terme dans le droit international pour que les dirigeants" puissent rendre "compte", il s'est engagé à porter "ce combat au nom de la France dans des instances multilatérales". Un groupe de suivi sera créé pour réfléchir à la façon de l'inscrire en droit français. 
Selon la proposition de la Convention, "constitue un crime d'écocide, toute action ayant causé un dommage écologique grave en participant au dépassement manifeste et non négligeable des limites planétaires, commise en connaissance des conséquences qui allaient en résulter et qui ne pouvaient être ignorées. Afin que la sanction possible soit dissuasive, la peine encourue doit être, dans le cas d'une violation par une entreprise, outre une peine d'emprisonnement et une amende pour les dirigeants d'entreprise ou les personnes directement responsables, une amende en pourcentage significatif du chiffre d'affaires de cette entreprise et doit inclure l'obligation de réparation". 
Macron en désaccord avec une taxe de 4% sur les dividendes
Emmanuel Macron s'est en revanche opposé à trois mesures sur les 149 proposées par les membres de la Convention. Le président de la République a ainsi décidé de "reporter le débat" sur la limitation à 110 km/h sur autoroutes pour éviter qu'elle ne "s'abîme dans une polémique" et connaisse le "même sort" que la mesure des 80 km/h.
"La transition écologique ne doit pas se faire au détriment des communes, des régions les plus enclavées", a plaidé le chef de l'État. "Pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens, il ne faut pas les diviser, il faut réussir à les embarquer tous ensemble. Si on fait ça, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés qui parfois mettent tous les jours 45 minutes ou une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, dont la vie s'organise par ses transports, ils vont dire : OK, leur projet c'est un projet urbain, il n'y a pas de place pour moi".
Parmi les autres mesures proposées par la Convention et écartées par Emmanuel Macron : la taxe de 4% sur les dividendes, qui risquerait selon le chef de l'État de "décourager l'investissement". Il s'est également opposé à la proposition de la Convention de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l'environnement au-dessus des autres valeurs fondamentales de la République. "Telle que proposée, la rédaction menace de placer la protection de l'environnement au-dessus des libertés publiques, au-dessus même de nos règles démocratiques", a-t-il commenté.
Concernant une autre mesure proposée par la Convention, un moratoire sur l'accord commercial UE-Canada (Ceta), le président a déclaré : "Je vous réponds, continuons à évaluer".
Macron favorable aux référendums dès 2021
Emmanuel Macron s'est tout de même dit "prêt" à soumettre à des référendums dès 2021 certaines propositions de la Convention citoyenne pour le climat, d'une part pour modifier la Constitution, d'autre part pour des mesures spécifiques. "La réécriture de l’article 1er de notre Constitution (...) pour introduire les notions de biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique (...), je suis favorable à cette proposition", a-t-il dit, en se disant aussi ouvert à un référendum "sur un ou plusieurs textes de loi" reprenant d'autres propositions de la Convention.
"Les symboles comptent : la République sociale, la République des territoires sont désormais inscrites dans notre Constitution. Il est légitime de réfléchir à inscrire l'écologie à son tour", a-t-il dit. Dès lors le chef de l'Etat est favorable à engager à l'Assemblée nationale et au Sénat un débat en vue d'une réforme constitutionnelle qu'il souhaite "voir aboutir d'ici 2021". "Je suis prêt à recourir au référendum si celui-ci était alors constitutionnellement possible après le vote des Chambres", a-t-il insisté.
Bientôt d'autres conventions citoyennes ?
Le chef de l'Etat souhaite enfin la création de nouvelles conventions citoyennes, "sur d'autres sujets" que le climat, et a annoncé la prochaine transformation du Conseil économique social et environnemental (Cese) en "chambre des conventions citoyennes". "Vous avez montré qu'il était possible sur un sujet difficile, inflammable même, de créer du consensus" a-t-il loué, ajoutant qu'une réforme du Cese, assemblée composée de représentants sociaux, "sera présentée au prochain Conseil des ministres, qui en fera la Chambre des conventions citoyennes".

Selon Mme Céline Bregand avec AFP - Europe 1 - lundi 29 juin 2020

01/08/2020

Pour une cohabitation homme/animal...

Le WWF nous fait comprendre que" lorsqu'ils n'ont plus d'autres solutions, des animaux sauvages et des hommes entrent en conflit". En effet, la population mondiale ne cessant de croître, l'humain empiète chaque jour un peu plus sur la nature, privant les animaux sauvages de proies naturelles et d'habitat. Etres humains et animaux sauvages sont aujourd'hui contraints de partager leurs espaces vitaux, sous la pression de l'urbanisation, du dérèglement climatique et de la surconsommation.

Aidons le WWF à agir partout dans le monde pour un juste partage des territoires et des ressources. Il y a des solutions comme celle de protéger l'ours et d'accroître l'acceptation des plantigrades par les habitants, les élus et les bergers. En mer, on peut réglementer le trafic des bateaux de pêche en s'adaptant aux déplacements des cétacés pour limiter le risque d'incidents. De même, en créant des aires protégées pour les éléphants et en protégeant l'habitat de la panthère, il est possible de freiner l'extinction des espèces sauvages menacées.

Il faut savoir, en effet, que dans toute l'Asie, il reste 40 000 éléphants environ et que l'espèce a diminué d'au moins 50% sur les 3 dernières générations. En France il subsiste moins de 40 ours bruns dans les Pyrénées et moins de 200 lynx dans nos montagnes (Vosges, Alpes, Jura). Quant à la panthère des neiges, l'espèce a reculé de 20% en seulement 16 ans. Enfin, si nous n'y prenons pas garde, plusieurs espèces de dauphins par exemple pourraient disparaitre prochainement.

Pour tout renseignement sur le WWF ou pour effectuer des dons, contactez le site: www.wwf.fr.

Lyliane

16/07/2020

Planter des milliards d'arbres, est-ce la solution?

Compenser un trajet en avion ou le pompage de pétrole en plantant des forêts à perte de vue. Cette idée en vogue cache de nombreux problèmes pour les écosystèmes comme pour les populations vivant sur les terres de plantations, selon le chercheur sud-africain William Bond.
Tous les jours, retrouvez le Fil vert, le rendez-vous environnement de Libération.

Restaurer 350 millions d’hectares de «terres déforestées ou dégradées» d’ici dix ans, afin d’améliorer le stockage du carbone et donc de lutter contre le dérèglement climatique. L’engagement international, pris par de nombreux pays dans le cadre du Challenge de Bonn lancé en 2011 par l’Allemagne et l’Union internationale pour la conservation de la nature, suscite l’enthousiasme de multiples entreprises qui y voient un moyen de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour le chercheur sud-africain William Bond, spécialiste des savanes à l’université du Cap, une grave erreur est en train d’être commise. Dans un article scientifique publié en novembre dans la revue Trends in Ecology and Evolution, il met en lumière plusieurs problèmes derrière ces ambitions.

Comment avez-vous mené vos travaux pour aboutir à cet article ?
J’étudie depuis une trentaine d’années le fonctionnement des savanes et prairies africaines. Mes travaux m’ont permis d’identifier comment sur certains sols, si on y plante des forêts et qu’on les coupe, les écosystèmes originaux ne reviendront jamais. Pourtant, ces prairies et savanes qui existent depuis des millénaires sont extrêmement riches en biodiversité, hébergent des plantes aux rares vertus médicinales et sont cruciales pour l’économie de certains pays africains.
J’ai appris l’existence du challenge de Bonn lors d’une étude de terrain à Madagascar. Cela m’a beaucoup inquiété. Avec d’autres collègues internationaux, nous avons alors décidé d’étudier la faisabilité et les possibles conséquences de projets d’afforestation [quand on plante des arbres là où il n’y en a jamais eu, ndlr] de telle ampleur. Nous n’avons abouti qu’à des bénéfices très faibles en termes de réduction de gaz à effet de serre.
Beaucoup d’entreprises disent être en mesure de respecter les engagements de l’accord de Paris en compensant leurs émissions via ces projets de plantation d’arbres. Qu’en pensez-vous ?

C’est un désastre. Cette soi-disant solution n’en est pas une. Tout d’abord parce que la séquestration du carbone dans le sol par les arbres est un processus très lent, même si les plantations sont bien réalisées. Le seul véritable levier afin de lutter contre le changement climatique à court terme est la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. Ce sont aux gouvernements, surtout en Europe et en Amérique du Nord, et aux grandes entreprises de le faire. Planter des milliards d’arbres n’est pas la solution, surtout en Afrique.

Le meilleur moyen de préserver la nature et aider à stocker du carbone est de restaurer les endroits qui ont hébergé des forêts auparavant et ont été déforestés. Il y a en a beaucoup. Dans les villes aussi, il est pertinent de planter des arbres pour enrichir la biodiversité, produire de l’ombre et contrer les îlots de chaleur. Une grande partie du problème est la volonté de fixer un objectif chiffré. Pourquoi 350 millions d’hectares ? C’est un objectif déconnecté des réalités biologiques et sociales de terrain. Il a été fixé à partir de la carte établie par le think-tank américain World Resources Institute. Mais plusieurs travaux scientifiques ont prouvé depuis que cette carte est erronée. On y trouve de nombreuses zones de savanes et prairies naturelles où il ne faut pas planter d’arbres.

Ces objectifs mirobolants sont aussi absurdes d’un point de vue économique. J’ai travaillé, par le passé, pour un organisme de gestion forestière. C’est une industrie qui est bénéfique pour les économies. Mais une fois qu’on aura planté ces millions d’hectares de forêt qui devront être renouvelés pour stocker toujours plus de carbone, que deviendra le bois? A-t-on réfléchi à ce que cela impliquera pour le prix de cette ressource et pour les entreprises qui en dépendent ?
Dans le cadre de la déclinaison africaine du challenge de Bonn, le Cameroun, par exemple, compte restaurer ou reforester l’équivalent d’un tiers de son territoire. Comment cela est-ce possible?


Ils ne peuvent pas le faire d’une manière correcte. Les personnes qui payent pour ces programmes le font avec pour but de séquestrer du carbone. Qui reçoit l’argent ? Qui va en bénéficier dans les pays en Afrique ? Ce sera des ministres, ainsi que les intermédiaires tout au long de la chaîne de commandement qui se réjouiront d’obtenir des dollars américains qui ont une grande valeur sur place. Comment cela se traduit-il pour les habitants sur le terrain qui ne peuvent plus cultiver ces terres, gérer les feux de forêts convenablement et élever leurs animaux dans ces zones maintenant réservées aux forêts ? Ces projets impliquent des transformations sociales massives. La grande majorité du temps, les habitants n’ont pas leur mot à dire. Un autre problème se pose : le choix des arbres plantés. A Madagascar, on voit se développer d’immenses plantations de pins et d’eucalyptus. Ce sont des espèces qui n’existent pas naturellement sur l’île. On ne mesure pas les risques de bouleversement pour les écosystèmes dont dépendent les populations.
Ces financements devraient plutôt chercher à aider l’Afrique à s’urbaniser de manière soutenable et éviter l’énorme pic d’émissions qu’on a vu lors du développement de la Chine par exemple. Cela créerait une réelle différence dans la vie des gens et pour le monde.

Selon Mme Aude Massiot - Liberation - lundi 15 juin 2020

14/07/2020

Parler aux arbres...pour se reconnecter à la nature.

Contactée pour parler du film Sol, désormais disponible en VOD, Chantal Lauby a rapidement transformé son intervention en véritable ode à la nature, vendredi sur Europe 1. Plus particulièrement une ode à ces arbres qu'elle avait pour habitude d'enlacer avant que la crise sanitaire ne s'en mêle.
"Oh, vous êtes de plus en plus beaux'"
"Je les embrasse moins en ce moment", regrette-t-elle. "Je vais moins sur les quais où il y a mon arbre, et la plupart des arbres que j'aime sont derrière les grilles du jardin de Notre-Dame." Si l'actrice et humoriste, membre du célèbre groupe "Les Nuls", ne peut plus s'approcher du saule pleureur dont elle avait pour habitude de toucher les branches, elle continue toutefois de lui parler. À lui, mais aussi à ses congénères. "À chaque fois que je passe, je leur dis : 'Oh, vous êtes de plus en plus beaux... La baisse de la pollution, ça vous a fait du bien !", raconte-t-elle.

Si la pratique de Chantal Lauby peut sembler loufoque, elle est pourtant de plus en plus prisée par les personnes en quête d'un reconnexion avec la nature. "Je leur parle, j'ai l'air ridicule mais je m'en fous, je les entends et je sais qu'ils m'entendent", assure l'actrice. "Je les ressens."
Proche de la nature et des animaux, Chanta Lauby espère que cette crise sanitaire accélèrera cette alliance entre l'homme et son environnement. "La nature, c'est très important", affirme-t-elle. "Il faut qu'on aille vers ça, quand on voit comme tout est beau quand on ne salit pas, quand on n'abîme pas... Je voudrais qu'on change", poursuit Chantal Lauby. "Que l'humanité, après ce qu'on est en train de vivre, ouvre ses yeux autrement."

Selon Mme Pauline Rouquette - Europe 1 - vendredi 22 mai 2020

12/07/2020

La Chine prend des mesures anti-pollution...

C'est vrai la Chine reste le premier pollueur de la planète et le premier émetteur de gaz à effet de serre. Et pourtant, le pays a fait de l'écologie et de l'environnement l'une de ses priorités. Un paradoxe quand on pause ces deux affirmations sur le papier.
Il y a quelques années le pays a pris conscience qu'il devait partir en guerre contre la pollution. « Nous devons établir fermement ce concept de civilisation écologique socialiste. Développer une relation harmonieuse entre l'Homme et la nature et tout faire pour protéger l'environnement pour les futures générations », avait alors déclaré le président chinois Xi Jinping.
Cette année, malgré la crise du coronavirus, le ministère chinois des Finances va affecter près de 52 milliards d'euros à l'écologie et la protection de l'environnement en 2020. Dans ce cadre, le pays vient de présenter un grand plan de protection écologique pour les quinze prochaines années.
60 % des zones humides sous protection
L'objectif est d'étendre sa couverture forestière à 26 % et de contrôler 75 % des terres sablonneuses récupérables. La superficie des forêts naturelles sera maintenue à 200 millions d'hectares et 60 % des zones humides seront sous protection. En outre, plus d'un tiers des côtes naturelles du pays seront intouchables.
D'après le ministère des Richesses naturelles, au cours des dernières décennies, la Chine a construit 2 750 réserves naturelles couvrant 1,47 million de kilomètres carrés, représentant 15 % de la superficie du pays. En août dernier, l'Administration nationale des forêts et prairies a annoncé que la couverture forestière de la Chine avait grimpé de 12 % dans les années 1980 à 22,9 % l'année dernière.
Neuf grands projets de protection écologique seront promus au cours des 15 prochaines années, couvrant de nombreuses régions du pays, notamment le fleuve Yangtsé, le fleuve Jaune, la zone forestière du nord-est de la Chine et le plateau Qinghai-Tibet, ainsi que la région de Greater Bay Area Guangdong-Hong Kong-Macao. Cependant, a noté Wu Xiao, directeur du département chargé de l'agriculture et de l'économie rurale à la Commission, les défis restent importants car certaines régions « sacrifient l'environnement pour stimuler la croissance économique à court terme ».
« Protéger les ressources en eau »
En réalité, le pays semble avoir pris conscience que les ressources comme l'eau doivent être maîtrisées. « Notre défi est de protéger les ressources en eau du pays. Un système à solutions multiples doit être construit avec une plus grande implication du nouveau support technologique », a ajouté Wu Xiao.
Aux termes du plan, la Chine affirme qu'elle possédera au moins 18 % de l'espace territorial du pays en tant que réserve naturelle d'ici 2035.
Malgré tout, la Chine reste avec sa base industrielle le plus gros pollueur de la planète. La crise du coronavirus en est une parfaite illustration.
Un rapport publié le 18 mai par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) montre que la pollution en Chine vient de remonter, quelque temps après le déconfinement et en pleine reprise des activités économiques. Et le constat est d'autant plus inquiétant que les niveaux sont plus élevés qu'avant le confinement.
Pollution actuellement plus élevée qu'en 2019
« Ces 30 derniers jours, les niveaux de polluants dangereux pour la santé en Chine ont excédé les concentrations enregistrées à la même époque l'année dernière, pour la première fois depuis le début de la crise Covid-19 », annonce le CREA. La pollution est donc actuellement plus élevée qu'à la même période en 2019.
Ce rebond des émissions provient essentiellement de l'industrie lourde. Ainsi, la fabrication de ciment a augmenté de 4 % par rapport à 2019, même constat et même chiffre pour la fabrication de métaux. La production d'acier est également significativement élevée. Ce regain de pollution qui n'avait pas été atteint depuis 2018 concerne moins des zones urbaines, pour l'instant, que des zones industrielles où l'on retrouve des centrales électriques et à charbon.
Enfin, ce rapport montre que si le volume global de transport reste plus faible que l'année précédente, les transports publics vont être délaissés, pendant quelque temps encore, au profit des voitures et deux-roues motorisés, en raison des risques de transmission du coronavirus. Ce changement de pratique pourrait se refléter dans la pollution des zones urbaines, indépendamment du problème de la reprise économique.
Selon Le Parisien - Le Parisien - samedi 13 juin 2020

08/07/2020

Un ouvrage à lire pour préparer la construction du monde de demain...

 

Renaissance écologique ; 24 chantiers pour construire le monde de demain (Préface Rob Hopkins)

Julien DossierJohan Ertrand D'HyAmbrogio Lorenzetti

e book à 15,99 euros chez Actes Sud
 

À propos

À quoi ressemble un monde qui a réussi à rester sous 1,5ºC, et comment pourrions-nous y parvenir ? Julien Dossier propose de relever un tel défi en adaptant l'Allégorie des Effets du Bon Gouvernement, une fresque peinte par Ambroggio Lorenzetti à Sienne en 1338. La version contemporaine qu'il a conçue se décompose en 24 chantiers, et donne les clés de la Renaissance Écologique.

A commander, lire et méditer!

Lyliane

Qui se cache derrière Mr Peter Wohlleben?

Mr Peter Wohlleben, 56 ans, d'après Mme Josselin qui écrit à son sujet un bref article dans Fémina Magazine, "serait devenu le garde-forestier le plus célèbre du monde". Pourtant, au départ, ce simple employé forestier de Rhénanie-Palatinat (Allemagne) voyait la forêt comme un gagne-pain. Peu à peu, grâce à des rencontres, il apprend à regarder les arbres de la forêt de Hümmel, près de la frontière belge et il remet en question sa façon de travailler. En septembre 2006, il démissionne et envisage de partir en Suède. Finalement, la municipalité de sa ville met fin au contrat de gestion avec l'Office régional forestier et l'embauche comme "forestier alternatif". Depuis, il a remplacé les bulldozers par des chevaux, limite les coupes, élimine les insecticides et les tronçonneuses.

Son modèle fait école! En 2016, une maladie cardiaque l'oblige à renoncer au terrain. Avec l'argent gagné grâce à ses livres, il fonde en 2017 une Académie de la forêt. Il organise alors des actions pour protéger la forêt primitive, des randonnées, la construction de cabanes, des stages de survie, des formations pour la jeunesse. C'est un conteur né: il installe du merveilleux et du sensible dans un monde désincarné, matérialiste, ultra-rationnel,  tout en s'appuyant sur des données objectives. Sa gestion de la forêt correspond à la demande d'un nombre croissant de citoyens. N'a-t-il pas été au fond un "lanceur d'alerte"? Ses ouvrages, tous des best-sellers, ont été en 2017: La vie secrète des arbres, en 2018: La vie secrète des animaux et en 2019: le Réseau secret de la nature, tous édités aux éditions Arènes. Le dernier qui va sortir en juin 2020 s'intitule: L'Homme et la Nature.

Lyliane

05/07/2020

Changeons les règles du jeu dans l'économie de notre pays!

L'ONG Greenpeace dans un document percutant envoyé à ses donateurs en ce début juin 2020 nous suggère "d'exiger une relance plus juste et plus verte, afin qu'elle ne bénéficie pas pour l'essentiel aux entreprises polluantes et à leurs activités climaticides". En effet, les réponses à apporter à la crise sanitaire et économique ne doivent pas aggraver la crise climatique et notre vulnérabilité. De même, l'argent public ne doit pas servir à enrichir les actionnaires privés, ni les grands dirigeants  d'entreprise, mais à préserver l'emploi et à protéger les salarié-es. C'est pourquoi Greenpeace propose que chaque aide publique soit conditionnée par la mise en place d'un plan contraignant de respect de l'Accord de Paris.

Le plan de relance à prévoir devrait être l'occasion de questionner notre modèle économique et d'engager nos industries et notre société vers davantage de sobriété. Greenpeace propose par exemple d'interdire la publicité pour les industries polluantes et supprimer les niches fiscales dont profitent jusqu'ici les industries fossiles. L'obsession de la croissance n'est plus de mise car elle se fait au détriment de la planète et de ses habitants. Nous devrions par contre bâtir ensemble un monde reposant sur des énergies propres, dans un système décentralisé et démocratique.

Il faut savoir notamment que des banques comme la BNP, le Crédit Agricole et la Société Générale contribuent largement à ralentir la transition énergétique via leurs investissements dans des hydrocarbures fossiles. Nos hommes politiques sont malheureusement soumis à la pression des lobbies, qui défendent les intérêts des pollueurs auprès des pouvoirs publics. en soutenant des ONG comme Greenpeace, le WWF ou d'autres, nous soutenons leur rôle de contre-pouvoir poussant le gouvernement à agir pour lutter activement contre le réchauffement climatique et à respecter les engagements pris dans le cadre de l'Accord de Paris. Pour en savoir davantage, consulter le site Internet: www.greenpeace.org.

Lyliane

 

 

02/07/2020

Projet ambitieux de reforestation en Ethiopie...

En juillet 2019, des centaines de paysans avaient passé une journée entière à planter 20 000 pousses d'acacia près de la ville de Buee, dans le sud de l'Éthiopie, répondant à l'appel du Premier ministre, Abiy Ahmed, à planter 200 millions d'arbres en un jour. Le record avait été repris par les journaux du monde entier.
Un an plus tard, et tandis que le monde célèbre, vendredi 5 juin, la journée de l'Environnement, les résultats ne sont pas à la hauteur de l'ardeur des paysans, admet Ewnatu Kornen, un responsable local. Plus d'un tiers de ces pousses ont été balayées par les pluies et les survivantes peinent à s'épanouir dans cette terre peu fertile.
Quatre milliards d'arbres plantés entre septembre et juin
La déconvenue des agriculteurs de Buee illustre les écueils de la campagne de reforestation éthiopienne, un axe pourtant clé du programme "Héritage vert" d'Abiy Ahmed, visant à développer l'écotourisme et à transformer le pays en une économie respectueuse de l'environnement. 
Quelque 353 millions de jeunes arbres - soit 153 millions de plus que l'objectif initial - ont été mis en terre à travers le pays ce jour-là, selon les chiffres officiels. Ces derniers estiment plus largement que quatre milliards d'arbres ont été plantés au long de la saison des pluies, entre juin et septembre en Éthiopie.
Même si la pandémie de coronavirus l'a contraint à imposer l'état d'urgence en avril, le Premier ministre éthiopien reste déterminé à atteindre l'objectif de planter cinq milliards d'arbres cette année, tout en "respectant les mesures de distanciation sociale".
Lors d'une cérémonie vendredi à Hawassa (sud), il a même affiché l'ambition d'en planter 20 milliards en quatre ans, allant ainsi au-delà des cinq milliards déjà prévus pour cette seule saison des pluies 2020.

Doutes quant à la crédibilité des chiffres: Ambitieux et séduisant, le programme de reforestation éthiopien fait aussi l'objet de critiques. 
À l'étranger, des doutes ont été émis quant à la crédibilité des chiffres impressionnants de l'année passée. Sur place, certains experts contestent d'ailleurs l'organisation et le suivi de cette campagne.
"L'essentiel ce n'est pas les chiffres (...) mais l'efficacité du programme de plantations", estime Negash Teklu, à la tête du Consortium éthiopien pour la population, la santé et l'environnement, un groupement d'ONG locales.
Celui-ci assure soutenir la politique de reforestation du Premier ministre, mais il suspecte que le taux de survie des arbres annoncé par Abiy Ahmed en mai - 84% des 4 milliards plantés - soit "hautement exagéré". Aucune étude indépendante n'a été  conduite.À l'avenir, estime Negash Teklu, les autorités devront mieux guider la répartition des pousses et mieux expliquer aux citoyens comment la reforestation peut améliorer leur vie.
"Unir notre peuple": Belaynesh Zewdie, experte forêt du Programme des Nations unies pour le développement, installée à Buee, fut aux premières loges pour observer comment de tels projets peuvent mal tourner sans soutien des communautés. 
À la fin des années 1980, sous le régime communiste du Derg, elle participa à la plantation d'un million d'acacias dans la région Amhara (nord). À la chute du Derg en 1991, des résidents en colère ont arraché les arbres de ce projet imposé par le pouvoir central, pour y cultiver la terre, se souvient-elle.
Au cours des dernières années, Belaynesh Zewdie a travaillé sur un projet qui tente, cette fois, d'apporter des bénéfices concrets aux populations locales. En plus d'employer 7 femmes des environs, ce programme inclut par exemple la construction de bassins destinés au bétail des éleveurs. Depuis, des hectares d'arbres ont poussé. "En peu de temps, vous pouvez changer beaucoup de choses", estime Belaynesh Zewdie. "Je suis moi-même impressionnée chaque fois que je viens ici. C'est incroyable". 
Dans la perspective des prochaines élections générales, dont la date n'est pas encore fixée, les autorités espèrent que l'initiative pourra aider à faire fi des clivages politiques et ethniques et à "unir notre peuple", souligne Sileshi Degefa, directeur du Jardin botanique Gullele d'Addis Abeba. 
Avec AFP-
Selon FRANCE 24 - France 24 - vendredi 5 juin 2020

01/07/2020

Programme de reboisement en Australie grâce au WWF...

Après l'Amazonie en 2019, c'est l'Australie  qui s'est mise à brûler dès l'automne dernier. Plus d'un cinquième des forêts australiennes c'est à dire quelques 10 millions d'hectares sont en effet parti en fumée. De plus, 33 personnes ont perdu la vie et plus d'un milliard d'animaux ont péri (koalas, cacatoès noirs, souris marsupiales...) sans oublier de nombreux animaux blessés pris en charge au sein des zoos de l'Etat de Victoria. Or, sur cette île-continent, 95% des koalas ont déjà disparu.

Un élan de générosité aux quatre coins de la planète, écrit un journaliste du WWF  dans la lettre "Sur les traces du Panda" a permis de récolter 1 million de dollars en dons. Aussi, le WWF a lancé un programme de reboisement ambitieux en finançant des actions urgentes sur le terrain. En fait, les experts se sont aperçus que le changement climatique et des cycles météorologiques défavorables avaient généré une sécheresse exceptionnelle, un faible taux d'humidité et des vents forts, propices aux feux de brousse.

Un plan de restauration ambitieux intitulé:"deux milliards d'arbres d'ici 2030" a été mis sur pied. Il s'agit non seulement de protéger les arbres existants, d'en planter des nouveaux, mais aussi de laisser les forêts défrichées se régénérer naturellement. L'objectif final est de parvenir à 2,42 milliards d'arbres en 10 ans. Grâce à ce programme ambitieux, l'Australie pourrait sauver 750 milliards d'animaux et réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays d'environ 9%.

Lyliane

20/06/2020

Repenser les formes de la mondialisation...

Mr Nicolas Vercken, directeur des campagnes et du plaidoyer à OXFAM France, explique dans le magazine US de la FSU ce qu'est OXFAM, cette ONG qui se bat "contre les injustices et la pauvreté". C'est l'une des organisations signataires de l'appel des 18 associations et syndicats "Plus jamais ça", qui développent des propositions pour le Monde d'après. OXFAM a imaginé, en effet, le monde de demain décliné en 34 mesures concrètes. Ce devrait être "un monde ouvert, multiculturel, où la mondialisation aura été repensée dans le sens d'une alimentation et d'une production en circuits plus courts".

Fin 2019, plusieurs syndicats et associations ont considéré "qu'il était grand temps de rassembler celles et ceux qui ne veulent plus opposer urgences environnementales et sociales". Pour sa part, OXFAM a dès le début des années 2020 lié les enjeux climatiques aux menaces sur les moyens de subsistance des populations du Sud. La crise que nous traversons actuellement posant la question du JOUR D'APRES, nos perspectives pour le moyen terme se sont accélérées. Que ce soit en Asie ou en Afrique (Sahel, Corne de l'Afrique...) la pauvreté guette, tout comme les aléas climatiques (criquets, ouragans, sècheresse...).

La France a mis en place des mesures de chômage partiel qui ont évité le pire grâce au maintien des mesures de protection sociale. Mais comme partout la crise frappe brutalement les plus vulnérables, les travailleurs précaires déjà fragiles avant la crise. L'impact économique est un peu partout désastreux. En effet, l'insécurité alimentaire va s'accroître dans les pays pauvres ou émergents. La spéculation notamment risque de réduire les filières d'approvisionnement. Ce n'est toutefois pas le moment de fermer les frontières, pense Mr Vercken, car le multilatéralisme, la libre circulation des personnes et les migrations sont indispensables et bénéfiques à l'humanité. Un consensus reste à trouver pour remplacer la société de consommation par un modèle plus équilibré et plus juste pour toute la planète.

Il conviendrait selon lui de tout repenser: de relocaliser certaines productions (médicaments, produits de première nécessité...), de promouvoir le bio dans les cantines, de favoriser les exploitations agricoles de taille moyenne et commercialisant des produits de qualité, de bannir tout gaspillage, de réduire les emballages, de vendre en circuits courts de proximité, réduisant ainsi l'empreinte carbone, de sortir des énergies fossiles, de faire mieux respecter les droits sociaux des salariés, en contrôlant par exemple les contrats de sous traitance, afin d'éviter que la plupart des grands groupes ne continuent à bafouer les règles et les pratiques du commerce équitable.

OXFAM appelle à un élargissement du cercle de ses militants et à un dialogue avec toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les 34 mesures concrètes proposées. En se déclarant partie prenante de la démarche du Pacte pour le pouvoir de vivre, l'ONG rejoint la CFDT et la Fondation Nicolas Hulot et vise la complémentarité. II s'agit notamment de "fédérer" les forces pour que le monde d'Après ne ressemble pas à celui d'hier! Que la souveraineté alimentaire, les filières bio locales, le made in France, les hiérarchies de valeur favorisant les professions de service (préposés du courrier ou de nos déchets, soignants, paysans, éleveurs locaux...) trouvent enfin la place qui leur est due. En tant que citoyens, que consommateurs, notre rôle est essentiel et notre carte bleue peut compléter notre bulletin de vote!

Lyliane

15/06/2020

Lien entre recul de la biodiversité et hausse des pandémies selon des scientifiques...

Un panel d’experts a fait la synthèse des connaissances sur les corrélations entre le recul de la biodiversité et la hausse du nombre d'épidémies comme celle du Covid-19.
C’est un document précieux, qui fait le point sur les liens entre la pandémie du Covid-19 et la crise de la biodiversité. Rédigé par un large panel d’experts de l’environnement et de la santé (du Museum d’Histoire naturelle, du CNRS, de l’INRAE, de l’Institut Pasteur, de l’Anses, de l’OFB, etc.) à la demande de l’ambassadeur à l’environnement, Yann Wehrling, il permet aux pouvoirs publics français de disposer d’un avis scientifique sur le sujet. Mis en ligne le 15 mai sur le site de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), il se présente sous la forme de 22 fiches répondant chacune à des questions précises, cherchant à expliquer les phénomènes de zoonoses (les maladies et infections dont les agents pathogènes se transmettent naturellement des animaux vertébrés à l’homme) et à établir des recommandations face aux risques de celles-ci. Chacune des fiches, dont le contenu se base sur les travaux publiés dans des revues internationales à comité de lecture, expose quels sont les éléments de consensus et de dissensus scientifique sur la question, quels sont le s manques de connaissances ou les biais analytiques, les besoins de recherche et explore le cas particulier du Covid-19.

Plus d’épidémies: Le rapport permet ainsi d’établir qu’on observe une augmentation du nombre d’épidémies chez l’humain depuis cinquante ans, en particulier d’origine animale, «avec une mortalité très variable entre elles (quelques dizaines de cas pour SRAS-CoV-1 et de 12 000 à 20 000 morts pour les maladies à virus Ebola)». Cette hausse du nombre d’épidémies d’origine zoonotique «peut, pour partie, s’expliquer par la multiplication des contacts entre les humains et la faune sauvage». Certains groupes d’animaux sont plus fréquemment que d’autres à l’origine de zoonoses : ceux présentant une forte proximité génétique et physiologique avec l’espèce humaine (mammifères – primates tout particulièrement –, mais aussi d’autres vertébrés comme les oiseaux) et les espèces à longue cohabitation avec l’espèce humaine : animaux domestiques (suidés notamment), commensaux (ceux qui vivent proches des humains, comme les rats ou certains insectes) et gibier. La présence d’un hôte intermédiaire permettant à l’agent infectieux de devenir pathogène pour l’espèce humaine est possible mais pas obligatoire. Certaines maladies zoonotiques peuvent en effet se transmettre directement de l’animal «réservoir» aux humains (rage, brucellose, tuberculose, Ebola, fièvres à hantavirus, leptospirose).

Lien avec la déforestation:La science «met en évidence de façon croissante des corrélations entre changements environnementaux globaux, perte de biodiversité et des services de régulation associés et émergence ou augmentation de la prévalence de maladies infectieuses», établit le rapport. «Il existe ainsi un fort consensus en faveur d’un lien entre déforestation, dans ses différentes dimensions, et multiplication des zoonoses, en Asie, Afrique et Amérique du Sud», indiquent les scientifiques.
Le développement des infrastructures humaines, et notamment des voies de communication, agit aussi comme un «facilitateur de zoonoses et contribue à les transformer en épidémies et pandémies». Idem pour le développement urbain, qui accroît les risques sanitaires en favorisant les contacts avec certains éléments de la faune sauvage, notamment dans les zones périurbaines. Le lien entre consommation de viande de brousse et maladies infectieuses émergentes «a été établi dans plusieurs cas», constate le rapport. Les risques d’infection sont amplifiés par une méconnaissance des risques sanitaires par les populations, et la demande croissante, en volume et en espèces, pour nourrir un marché de faune sauvage devenu urbain et global. Certes, «les élevages industriels permettent la mise en place de mesures de biosécurité, les risques d’émergence de maladies y sont donc moins fréquents, mais quand l’émergence se produit, une maladie peut s’y propager rapidement et gagner, via les échanges commerciaux, toute une filière de production, comme l’ont montré les épidémies de grippe aviaire».

Aires protégées: ôté solutions, les experts évoquent la tentation que pourraient avoir certains d’éliminer purement et simplement les espèces susceptibles d’être à l’origine de zoonoses. Mais «au-delà des problèmes éthiques qu’elle soulève», cette tentation apparaît «comme une gageure et surtout peut se révéler totalement contre-productive au regard de l’objectif sanitaire recherché et extrêmement coûteuse». Plutôt que d’envisager des éradications, populations humaines, animaux d’élevage et animaux de compagnie «doivent se tenir à distance des hôtes potentiels de pathogènes pouvant être à l’origine de zoonoses». Et quand c’est possible, la vaccination des humains, animaux domestiques ou d’élevage et des hôtes sauvages «constitue une solution éprouvée». Il est aussi nécessaire de «mieux comprendre les relations complexes et très diversifiées que les humains entretiennent avec la faune sauvage» et d’investir «dans la sensibilisation, dans l’éducation», notamment des enfants, afin de réduire les risques d’interactions directes avec la faune sauvage. Les scientifiques estiment par ailleurs qu’il faut développer les aires protégées pour préserver les habitats de la faune sauvage et réduire ses contacts avec les humains. Cette stratégie de développement des aires protégées devrait favoriser le dialogue avec les populations locales, «qui peuvent être des acteurs de la protection de la biodiversité».

Le document identifie un certain nombre de lacunes et de manques de connaissances, et les experts comptent donc poursuivre leurs travaux et enrichir ceux-ci au fur et à mesure des apports de la communauté scientifique. Mais il constitue déjà un état des lieux complet des recherches actuelles, permettant d’aider à analyser les causes de la pandémie de Covid-19, d’en tirer les enseignements et de prendre des mesures préventives pour réduire les risques de survenue d’une nouvelle pandémie. «Référence»: Le but étant, in fine, que ce document «serve de référence pour des travaux qui se poursuivront à l’échelle internationale», avance Yann Wehrling. La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, un groupe international d’experts sur la biodiversité équivalent à celui du Giec pour le climat), planche en ce moment sur le même sujet «pandémies et biodiversité», dans le but de rendre une copie aux Etats en septembre, date à laquelle doit avoir lieu à New York un sommet de l’ONU sur la biodiversité. Dans cette optique, et à la lumière du rapport des experts français, Yann Wehrling a transmis ce vendredi une série de recommandations aux sept ministères concernés (Environnement, Affaires étrangères, Agriculture, Santé, Recherche, Outre-Mer, et Economie), qu’il espère voir portées à l’échelle internationale. Parmi les chantiers qu’il souhaite voir ouvrir, figurent le renforcement de la recherche en santé-environnement, une «régulation voire une interdiction des marchés, commerces, et consommations d’animaux sauvages vivants, ou du moins des espèces les plus probablement vectrices de maladies infectieuses», le renforcement de la protection des habitats naturels notamment en zone intertropicale afin de réduire au maximum les brassages homme-faune sauvage et une prudence sur les élevages et les transports d’animaux. Dans tous les cas, si la France venait à adopter et défendre ce type de mesures, elle devrait peser de tout son poids face aux administrations de Donald Trump aux Etats-Unis et de Jair Bolsonaro au Brésil, hostiles à la protection de la biodiversité.
Selon Mme Coralie Schaub - Liberation - dimanche 24 mai 2020

13/06/2020

La transition énergétique passe par la biomasse...

Dans le magazine mensuel Plantes et Santé, Mme Claire Lecoeuvre a écrit un article très complet concernant des solutions à échelle humaine pour changer de modèle énergétique. Selon elle, "la biomasse, ensemble de la matière organique d'origine végétale ou animale, pourrait être une des solutions pour faire évoluer notre consommation d'énergie vers un système plus respectueux de l'environnement et des êtres humains".

En effet, soyons réalistes: l'enjeu énergétique est omniprésent dans le monde d'aujourd'hui. Nous savons qu'une plus grande maîtrise des émissions de gaz à effet de serre passe par les énergies renouvelables. Or, la biomasse, qui semble avoir un bel avenir, est issue, en majorité du bois. Les forêts en France sont réparties entre 10 millions de propriétaires, qui ont souvent du mal à exploiter et à gérer durablement leurs hectares malgré les aides mises en place depuis 2009 par le gouvernement. La filière bois demande un plan de gestion adapté.*

Aussi, une technologie qui produit en même temps de l'énergie thermique et de l'électricité à partir d'un même combustible semble préférable. On nomme ce procédé la cogénération". Il a été surtout pour le moment mis en oeuvre par des industriels et des collectivités. Enfin, l'utilisation des déchets générés par notre mode de vie et par les fermes est à l'étude notamment par l'ADEME (biogaz, méthanisation...). Toutefois, malgré la recherche de solutions à taille humaine, la question des rendements et celle de la taille des installations reste posée dans notre pays...

A nous citoyens de peser sur les décisions politiques à prendre pour que le pétrole soit cependant peu à peu remplacé par la méthanisation de résidus agricoles et des alternatives durables, en commençant par du compost ménager partout où c'est possible pour chacun de nous!

Lyliane

11/06/2020

Le pouvoir des bourgeons pour se soigner...

Mme Carole de Landtsheer dans Version Fémina s'intéresse à l'utilisation des jeunes pousses et bourgeons pour se soigner. Cette discipline naturelle, appelée gemmothérapie, serait en pleine explosion. Cette branche de la phytothérapie remonterait au Moyen-Age, si l'on en croit les écrits de la religieuse Hildegarde von Bingen, qui préconisait déjà le recours à certaines souches. Toutefois, il faudra attendre les années 60 pour que cette discipline, qui "considère les bourgeons, les jeunes pousses et les radicelles comme de véritables principes actifs, donne réellement naissance à une thérapie". Un médecin homéopathe belge, le Dr Pol Henry, fut à l'origine de cette renaissance de ce qu'on nomme aujourd'hui la "phytembryothérapie".

En règle générale,les indications des plantes sont les mêmes qu'en phytothérapie traditionnelle. L'avantage des bourgeons est qu'ils offrent une concentration élevée en principes actifs (micronutriments comme des oligo-éléments, des vitamines et des polyphénols), expliquent le Dr Françoise Couic-Marinier, naturopathe et le Dr Jean-Michel Morel, phytothérapeute. Il semblerait, selon eux,"qu'une solution de bourgeons est dix fois plus efficace que la teinture-mère d'une plante adulte". Il existe des macérats concentrés ou macérats mères (1 goutte par 10 kg de poids) et des macérats glycérinés D1 (50% de glycérine et 50% d'alcool). Seules les personnes en sevrage alcoolique doivent s'en abstenir.

La gemmothérapie s'inscrit dans des traitements au long cours (9mois au moins). C'est une alternative aux traitements médicamenteux induisant des effets secondaires. Par exemple, une cure de bourgeons de séquoïa est conseillée pour les  seniors, car elle améliore la souplesse articulaire et freine l'ostéoporose. Le bourgeon de cassis a des vertus anti-inflammatoires et remplace les corticoïdes. Son activité a été analysée et elle est réputée stimuler la sécrétion de cortisol. Contre les états anxieux en cette période de pandémie, le bourgeon de figuier associé au bourgeon d'aubépine régule la nervosité( cure de 3 mois environ). Le bourgeon de tilleul a des vertus sédatives et tranquillisantes. Il faut les prendre chaque soir une heure avant le coucher.  Même pour les enfants dès 30 mois et les femmes enceintes, les bourgeons sont indiqués. On trouve les bourgeons en vente libre dans les pharmacies. Mais il est mieux de consulter un naturopathe ou un homéopathe, si l'on est allergique ou atteint d'une maladie sérieuse.

Lyliane

 

30/05/2020

Une décroissance bénéfique pour la planète?

Instauré le 17 mars, le confinement a mis sous cloche l'économie française, provoquant dans le pays une décroissance subie, avec ses bons et ses mauvais côtés. De quoi permettre aux adversaires de la croissance infinie de devenir audibles.
Ils étaient jusqu'ici considérés comme des marginaux. Aux yeux des politiques, ils étaient au mieux des idéalistes aux idées utopiques, au pire des illuminés ignorants du fonctionnement de l'économie. Mais à la lumière des conséquences du confinement imposé depuis le 17 mars pour lutter contre la pandémie de Covid-19, les théoriciens de la décroissance deviennent audibles et leurs idées s'immiscent petit à petit dans le débat.
Dans une tribune publiée mardi 28 avril dans Libération et intitulée "Confinement : en demi-résonance avec notre décroissance", un collectif d'intellectuels dresse notamment la liste des conséquences sur nos vies de la situation actuelle subie.
"Moins de production, moins de consommation, et par conséquent moins d'extractions, moins de déchets, moins de pollutions, moins de déplacements, moins de bruit (…). Nous entendons parler relocalisation, circuits courts, ralentissement, renoncement. Nous participons ou assistons à des manifestations de solidarité, de créativité, nous contemplons l'éveil du printemps", écrivent ces tenants de la décroissance.
Pour autant, ceux-ci relèvent également que l'arrêt net de l'économie a également eu un impact négatif sur de nombreux citoyens, en particulier les plus pauvres et les plus précaires. "La décroissance que nous vivons actuellement est en réalité non souhaitable et non souhaitée car on subit quelque chose d'extrêmement violent", explique l'un des signataires, Vincent Liegey, porte-parole du Parti pour la décroissance, contacté par France 24. "Or, nous alertons depuis deux décennies déjà : nous avons le choix pour l'avenir entre une décroissance choisie ou une récession subie. Nous vivons en ce moment un aperçu de ce qui nous attend en pire si nous n'abandonnons pas la religion de la croissance infinie."
"La politique peut reprendre la main sur l'économie"
Pour les théoriciens de la décroissance, la poursuite effrénée de la croissance conduit à la destruction de la planète, l'accroissement des inégalités, des dérives démocratiques et le délitement des liens sociaux, la perte de sens.
Ils ne prônent pas une décroissance du PIB en tant que tel, mais veulent repenser nos sociétés et nos modes de vie. Pour cela, ils proposent notamment de mettre fin à la surconsommation et à l'utilisation des énergies fossiles, de miser sur la relocalisation économique et sur l'économie circulaire, de mettre en place une dotation inconditionnelle d'autonomie ou encore un revenu maximum.
De nombreuses propositions qui se retrouvent aujourd'hui dans le débat public et même, pour certaines, jusque dans les discours du président de la République. Emmanuel Macron a ainsi évoqué la nécessité de relocaliser en France la production des produits de santé comme les médicaments ou les masques.
"Alors qu'on nous expliquait qu'il était impossible de transformer notre économie ou de ralentir des secteurs toxiques et polluants, un simple virus nous a montré que la politique peut reprendre la main sur l'économie, souligne Vincent Liegey. Nous allons désormais assister à un rapport de force entre ceux qui voudront continuer comme avant et ceux qui veulent imaginer un modèle économique indépendant de la croissance.
La partie promet toutefois d'être relevée tant le gouvernement et l'immense majorité de la classe politique, à droite comme à gauche, ne jure que par la croissance pour  améliorer la vie des citoyens. Car même les tenants de la transition écologique proposent une "croissance verte" pour remplacer la croissance existante.
La décroissance de plus en plus soutenue par les Français
Or, celle-ci repose sur le concept de "découplage", qui suppose de faire croître continuellement le PIB tout en réduisant de manière généralisée l'empreinte écologique liée aux activités économiques. "Mais toutes les études nous montrent que c'est impossible. Le seul moment où on a des progrès pour l'environnement, c'est quand l'économie ralentit", affirme Vincent Liegey.
Des propos également tenus par l'ancienne ministre de l'Écologie et actuelle députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, en novembre 2019, lors de l'examen de la loi antigaspillage en commission à l'Assemblée nationale. "Le découplage, ça n'existe pas. La croissance du PIB est fondée sur la consommation d'énergie et sur la consommation de matière. Et on explose les limites planétaires."
Si la présidente du parti Génération Écologie est esseulée parmi la classe politique, les études d'opinion montrent en revanche que la décroissance gagne du terrain au sein de la population.
Un sondage Odoxa, publié dans Challenges le 3 octobre 2019, montre en effet que 54 % des Français pensent que le moyen le plus efficace pour résoudre les problèmes écologiques et climatiques actuels et futurs est de "changer fondamentalement notre mode de vie, nos déplacements et réduire drastiquement notre consommation". À l'inverse, ils ne sont que 45 % à estimer qu'il faut "investir massivement pour développer des technologies plus propres et plus respectueuses de l'environnement".
"Une transformation silencieuse de la société opère depuis quelques années avec un soutien grandissant pour les idées de la décroissance, observe Vincent Liegey. L'enjeu désormais est de transformer le choc que nous vivons en projet politique."

Selon Mr Romain BRUNET - France 24 - mercredi 29 avril 2020

20/05/2020

Pourquoi préserver la biodiversité est bon pour notre santé?

Les scientifiques sont formels : si l’humanité veut se prémunir au maximum de l’apparition de nouvelles épidémies telles que le Covid-19, il lui faut absolument et de toute urgence préserver la biodiversité, c’est-à-dire la diversité du vivant sur Terre, la diversité au sein des espèces et entre espèces, ainsi que celle des écosystèmes.
Autrement dit, il lui faut bichonner, par exemple, les forêts et leurs habitants. Parce qu’en déforestant massivement, les animaux sauvages perdent leur habitat, ce qui favorise leurs contacts avec les animaux domestiques et les humains, augmentant les risques d’apparition de zoonoses comme le Covid-19, qui trouve son origine dans un coronavirus de chauve-souris.
A l’inverse, les milieux riches en biodiversité contribuent à «diluer» parmi de nombreuses espèces les agents infectieux de ces maladies transmises de l’animal à l’humain. Contre les maladies infectieuses, la biodiversité est donc un sacré antidote. Mais derrière ce mot apparemment abstrait, voire abscons, se cachent d’autres bienfaits très concrets pour notre santé et notre bien-être. Car la diversité du vivant, dont nous faisons partie, nous l’oublions trop souvent, permet aussi d’éviter les maladies chroniques et mentales ou de nous fournir des médicaments.C’est aussi tout simplement ce qui nous permet de vivre. La nature, dans toute sa richesse, purifie l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons, elle nous assure une alimentation saine et diversifiée, un climat stable… Petit tour d’horizon de tous ces bénéfices et services que la nature nous offre gracieusement. De quoi comprendre, en creux, que nous paierons très cher, au propre comme au figuré, si nous continuons à la saccager.

La biodiversité, c’est l’eau potable: Sans eau, pas de vie, pas de santé. Une évidence. Et sans biodiversité, pas d’eau douce en quantité et qualité suffisantes. Un peu moins évident, a priori. Et pourtant, la biodiversité offre moult services liés à l’eau. Les écosystèmes de forêts, zones humides ou de montagne permettent de nous approvisionner en eau douce (réserves d’eau souterraine, d’eau pluviale et d’eau de surface, soutien au cycle de l’eau…) mais aussi de purifier l’eau (grâce notamment à la filtration et la décomposition des déchets organiques et des polluants dans l’eau, par des plantes ou des animaux comme les mollusques bivalves).

«La végétation capture l’eau, la retient, elle est récupérée par les sols, qui sont eux-mêmes entretenus par la végétation, et quand il y a évaporation à travers la respiration des plantes, cela crée de la pluviosité locale», explique Philippe Grandcolas, spécialiste de l’état de la biodiversité et directeur de recherche CNRS au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Qui poursuit : «Les plantes et tous les composants biologiques du sol absorbent aussi certains éléments de l’eau et la filtrent. C’est un système d’une complexité incroyable qu’on a du mal à reproduire. Quand on fait des centrales d’épuration des eaux, on essaie de faire des bassins avec des micro-organismes qui digèrent certains types de substances, on récolte des boues dans lesquelles certains polluants se sont fixés, mais on a du mal à atteindre l’efficacité des écosystèmes.» Et cette imitation imparfaite de la nature a un coût astronomique. En France, dépolluer l’eau des pesticides et nitrates déversés par l’agriculture intensive pour la rendre potable coûte environ 1,7 milliard d’euros par an. Et «le coût complet du traitement annuel de ces excédents d’agriculture et d’élevage dissous dans l’eau serait supérieur à 54 milliards d’euros par an».

Les milieux naturels tels que les forêts fournissent de l’air de bonne qualité, indispensable à notre santé. La végétation permet aussi de lutter contre la pollution atmosphérique. Ce qui est tout sauf anecdotique : selon une étude parue en 2019 dans l’European Heart Journal, celle-ci tue plus que le tabac, en étant responsable de 8,8 millions de morts prématurées par an dans le monde, dont 67 000 en France, en grande partie à cause de maladies cardiovasculaires. Pour échapper à ce sort funeste, mieux vaut bien sûr avant tout éviter de polluer. Mais en attendant, la biodiversité peut venir à notre rescousse en aidant à purifier l’air.

Les plantes, surtout les arbres à feuilles rugueuses, sont capables d’absorber certains gaz polluants, via leurs stomates et leurs feuilles. Les particules, elles, se déposent temporairement à la surface des feuilles. Au Royaume-Uni, les forêts permettent d’éviter de 5 à 7 morts prématurées et de 4 à 6 hospitalisations par an en réduisant la pollution au dioxyde de soufre (SO2) et aux particules fines inférieures à 10 microns (PM10), selon une étude de 2004. Une autre étude de 2011 estime que la canopée du grand Londres permet d’éliminer 0,7% à 1,4% de particules fines PM10 dans la ville. Ce qui peut paraître peu à l’échelle de l’agglomération mais est bien plus important proportionnellement dans les zones les plus polluées.
La quantité totale de particules fines inférieures à 2,5 microns (PM2,5, encore plus dangereuses pour la santé que les PM10) «nettoyées» chaque année par les arbres varie aux Etats-Unis selon les villes, allant de 4,7 tonnes à Syracuse à 64,5 tonnes à Atlanta, d’après une étude de 2013. Avec, à la clé, dans les dix villes étudiées, une mortalité évitée d’une personne par an et par ville en moyenne… mais de 7,6 personnes par an à New York.
 Selon  Libération le 30/4/2020.