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21/06/2020

Solidarité avec les sans papiers...

Malgré l'interdiction de la préfecture de police, les organisateurs de la manifestation ont maintenu leur appel à défiler dans la capitale, ce samedi 30/5/2020 comme dans plusieurs villes de France, dénonçant les effets de la crise sanitaire pour les migrants.
«Il faut régulariser les sans-papiers», crie François-Michel Lambert, député (Libertés et Territoires, ex-groupe LREM) des Bouches-du-Rhône. Ce samedi aux environs de 13 h 30, sur la place de la Madeleine à Paris, la «Marche des solidarités» débute à peine et des centaines de personnes sont déjà réunies. Malgré l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes en vigueur sous l’état d’urgence sanitaire, les 195 organisations – associations, syndicats, collectifs de sans-papiers – à l’origine de cette initiative ont maintenu leur appel, moyennant des consignes de port du masque et de maintien de la distanciation physique le long du parcours. Pour les migrants, «la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire», dénoncent-elles dans un communiqué commun, qui appelle notamment à régulariser tous les sans-papiers, à leur ouvrir le droit au chômage partiel, et à fermer les centres de rétention administrative (CRA). Masques sur le nez, les manifestants s’agglutinent pour écouter le discours du député Lambert. Chabane leur demande de «respecter les distances de sécurité». C’est la première fois que cet Algérien de 37 ans, arrivé en France il y a deux ans, se rend à une manifestation de ce genre. Avant le confinement, il vivait de petits boulots payés en liquide. Mais ces temps-ci, il n’a plus de revenus. C’est ce qui l’a décidé à venir défiler : «On veut juste vivre comme tout le monde, et qu’on nous respecte», revendique-t-il.

«On est bloqués»
Chabane n’est pas le seul sans-papiers à participer pour la première fois à une manifestation. Le cortège – dont une partie s’élançait aussi du quartier de l’Opéra, où les forces de l’ordre ont tenté d’empêcher le départ en usant de gaz lacrymogène – se déplace rapidement mais calmement vers la place de la République, et ne cesse de grossir. Selon la préfecture de police de Paris, la marche a rassemblé 5 500 personnes. «Je n’ai jamais vu autant de monde à une manifestation de soutien aux sans-papiers», compte Alhousseyni, un Sénégalais habitué, lui, de ce genre de rassemblement. «Sans chômage partiel, on est bloqués. On ne peut pas travailler», soupire celui qui, avant la crise sanitaire, nettoyait des vitres contre quelques euros.
Place de la République, les tracts d’Adoulayé partent comme des petits pains. Le jeune homme de 26 ans, venu du Mali, fait partie du collectif Baras, qui rassemble des sans-papiers de Bagnolet et Montreuil, en Seine-Saint-Denis, et est récemment devenu une association. «Ça me fait plaisir de voir du monde, glisse-t-il. Ça fait sept ans que je fais des démarches pour avoir des papiers. La préfecture m’a fait faire des va-et-vient pendant des années, pour finir par me dire que je ne les obtiendrais pas…» Il dénonce une situation critique depuis le début de la crise sanitaire : «La majorité des membres de notre association n’ont pas encore repris le travail.»

Première sommation: Pendant qu’il parle, la place de la République se remplit. Une cinquantaine de manifestants sont montés sur la statue et les forces de l’ordre ne tardent pas à donner leur première sommation. Un peu à l’écart, Sami, masque chirurgical sur le visage, résume les raisons qui ont poussé son association, AFD International, à organiser cette manifestation. «La Marche des solidarités existe depuis trois ans, elle rassemble beaucoup d’associations et de collectifs autour des questions de droits des migrants, de droit au logement, de lutte contre les violences policières», détaille-t-il. Cette année, les conséquences de la crise sanitaire ont poussé davantage de gens à battre le pavé. «Il y a beaucoup de nationalités différentes et beaucoup de familles», souligne Sami. Alors qu’il explique que la manifestation a été interdite par la préfecture de police deux jours plus tôt, il est interrompu par des tirs de gaz lacrymogène, suivis d’une charge de gendarmes mobiles. Les manifestants quittent la place rapidement. A 17 heures, les skateurs ont réinvesti l’esplanade. Un peu plus loin, boulevard Magenta, les forces de l’ordre interpellent les derniers manifestants. En fin de journée, la préfecture de police a fait état de 92 interpellations. Les organisateurs, eux, appellent à un nouveau défilé le 20 juin.

Selon Mme Philippine Kauffmann - Liberation - dimanche 31 mai 2020

18/06/2020

Cuisiner sans gaspiller...

Pesto de fanes de radis, bouillons d'épluchures… La popote "écoresponsable" se révèle utile, pendant le confinement et après. Il n'y a pas de revanche tardive. Voyez ces épluchures qui relèvent la tête, ces carcasses qui bombent le torse, ces tiges qui n'ont plus honte d'elles-mêmes… Les bien nommées parures alimentaires envisagent enfin leur avenir ailleurs qu'au fond d'une poubelle. Si elle existe depuis des dizaines d'années, la cuisine anti-gaspi prend tout son sens aujourd'hui, elle qui a ­toujours su comment cuisiner toutes les parties d'un même ­aliment, même celles qu'on envoyait d'office au vide-­ordures : ­trognons, ­pelures, croûtes, côtes, feuilles, noyaux, écorces, arêtes et os…
À l'aune de l'épreuve sanitaire que nous traversons et malgré les injonctions consuméristes, la ­popote "écoresponsable" n'a jamais semblé aussi nécessaire. Ce bon sens culinaire est à la fois essentiel à nos assiettes, à notre porte­feuille et à notre ­planète puisqu'il permet de ne pas ­gâcher la nourriture à l'heure où les chiffres de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) donnent la nausée : on jette en France 10 millions de tonnes de nourriture par an, soit 29 kilos par personne. Autant revoir notre copie par le menu. Et très vite.
L'art et la manière de donner plus de goût
"La cuisine écoresponsable, c'est déjà choisir la bonne quantité de nourriture pour éviter les restes puis, s'il y en a quand même, ­savoir les accommoder, explique Chloé Charles, cheffe indépendante qui excelle dans l'exercice. Il ne faut pas non plus acheter trop de nourriture pour éviter d'avoir des aliments périmés au frigo." En réalisant deux ou trois repas à partir d'un plat initial, on fait des économies sans pour autant mégoter sur la qualité et le goût. De quoi pousser à regarder d'un nouvel œil sa botte de radis : ses fanes peuvent devenir à la fois une soupe, un pesto, un coulis, un beurre-pommade aromatisé ou encore un condiment pour accompagner un poisson…

Le 'zéro déchet', c'est une sorte de jeu : on n'a rien à perdre à essayer!"
Les a priori ont pourtant la vie dure : beaucoup voient ces recettes "de peu" comme une cuisine au rabais, qui consisterait à reconvertir des aliments ­périmés ou mauvais au goût. "Les gens ­pensent qu'ils vont grignoter des os ou ont peur de ne pas savoir comment faire, poursuit la cheffe. Mais le 'zéro déchet', c'est une sorte de jeu : on n'a rien à perdre à essayer! Achetons des aliments de qualité, sourcés et de saison, pour les utiliser à 100% : agir ainsi, c'est respecter la hiérarchie de leur production et rendre hommage à l'être humain qui les a produits." Rayon légumes, cédons aussi aux charmes des "moches", ces ­légumes "non calibrés", que les grandes ­surfaces ou les ­restaurants huppés recalent souvent sous ­prétexte qu'ils sont tordus.
Oublier l'apparence pour se concentrer sur le goût d'une parure ouvre la porte à ­d'innombrables ­recettes malignes : réaliser des chips de pluches multicolores, un coulis de fraises avec les parties vertes du fruit, une mayonnaise aromatisée au vert d'un poireau… "C'est devenu à la mode mais ça renvoie simplement à la cuisine de nos grands-mères, estime Pierre Augé, de La Maison de Petit Pierre, à Béziers.
Il ne s'agit pas seulement de trouver une seconde vie à un ­ingrédient mais seulement de ne pas l'ignorer. Au restaurant, le moindre pain ­restant devient une chapelure." Le chef ne manque pas d'astuces : réaliser un granité en congelant l'eau des poires au sirop, monter l'eau des pois chiches en neige pour remplacer les blancs d'œufs dans une mousse au chocolat ou récupérer les restes de l'agneau pascal pour en faire un ragoût façon parmentier, en le faisant confire avec des olives vertes, des tomates, de l'oignon… Une philosophie des fourneaux qui plaît
Chez Chloé Charles, l'exercice est incontournable et l'imagination, sans limites. "C'est une cuisine de valeur ajoutée, insiste-t?elle. Elle donne deux fois plus de goût aux plats." Des épluchures de ­légumes? Elle en fait un bouillon qui servira à un pot-au-feu mais aussi à la cuisson des pâtes ou du riz. Le vert des poireaux? Il sert à humidifier naturellement les cuissons au four, inséré par exemple dans le coffre d'un ­poulet, pour que les blancs restent bien tendres. Des brioches ratées? Coupées en cubes, grillées au four, infusées dans du lait puis mixées, elles se transforment en une délicieuse soupe, façon crème anglaise…
Bouillons, fonds, fumets… Ces sacrées parures ont donné naissance aux sauces et aux jus, qui ont eux-mêmes créé tout le caractère, le goût et la renommée de la gastronomie française. Historiquement, ce sont aussi les ménagères qui adoptèrent ce réflexe bien avant les chefs, en période de pénurie, de guerre ou de crise économique. C'est ainsi que le pain perdu et les croûtons sont nés de la récupération du pain rassis, les bouillons de celle des os de volailles… Sans parler des traditionnels ­pot-au-feu ou hachis parmentier, inventés pour recycler la viande.
"On se pose la question pour chaque aliment. On jette très peu."
En Italie, une des recettes de la cucina povera consiste à remplacer le parmesan par des miettes de pain sautées à l'huile d'olive avec de l'ail. Un troc à la fois malin et délicieux.
Aujourd'hui, cette philosophie des fourneaux a pris un tour plus écologique qui séduit le grand ­public : en témoigne le succès des livres de recettes zéro déchet ou de "batch cooking", cette vieille technique consistant à préparer le dimanche de quoi manger pour toute la semaine. Les chefs aussi commencent à adopter le concept : on notera entre autres l'excellent livre du chef du Plaza Athénée, Romain Meder, Naturellement libre (Ducasse ­Édition), ou celui de Sonia ­Ezgulian, Antigaspi (Flammarion), où l'on trouvera les meilleures idées possible pour se lancer.
Dans les restaurants aussi, l'idée fait son chemin. Florent Piard en a même fait le 
fondement de ses deux adresses parisiennes:Les Résistants et L'Avant-Poste. On n'y travaille qu'avec des produits de petits producteurs éthiques et sourcés, et c'est la carte, ultra-flexible, qui s'adapte aux denrées disponibles. "On se pose la question pour chaque aliment, explique-t-il. On jette très peu. Nos restaurants existent grâce à cette vision des choses, qui peut se décliner chez les particuliers. C'est économique, ludique, écolo et très bon!" La cuisine "de peu" fait finalement beaucoup.
La recette de Chloé Charles : dips de chou-fleur aux épices. Ingrédients : 1 beau chou-fleur avec ses feuilles, 1 oignon, des épices au choix (curry ou moutarde, poivre, piment d'Espelette…), 1 ou 2 gousses d'ail, huile d'olive. Récupérer toutes les côtes avec les feuilles et le cœur du chou-fleur. Émincer le plus petit possible. Faire de même avec les oignons et râper l'ail. Mélanger ces deux préparations ensemble, avec les épices. - Mettre une bonne quantité d'huile d'olive dans une casserole. Y verser le mélange et laisser cuire tout doucement à couvert pendant 45min en mélangeant régulièrement. Mixer légèrement. Assaisonner cette purée avec du jus de citron ou un trait de vinaigre. Déguster comme condiment avec une viande ou le chou-fleur grillé ou à l’apéritif avec des légumes crus à tremper (radis, etc.).

Selon Mme Charlotte Langrand - leJDD - mardi 21 avril 2020

 

 

16/06/2020

Médicaments et aliments: les mauvaises combinaisons...

Mme Isabelle Blin dans Version Fémina fait le point sur ce que nous mangeons et buvons, car cela pourrait augmenter ou diminuer les bénéfices de certains traitements. Par exemple, si vous faites une cure de fer pour vous requinquer après une anémie, sachez que "certains tanins présents dans le thé (noir ou vert) renferment de l'acide phytique, une molécule végétale qui, en présence de fer, forme un complexe ne pouvant pas être assimilé correctement. Ainsi, le thé peut aggraver une carence en fer, voire annihiler les effets des médicaments contenant des sels de fer.

Ne pas oublier que les céréales complètes, les légumineuses et les noix contiennent également de l'acide phytique. Le mieux, conseillent les nutritionnistes, est de ne pas prendre de fer au petit-déjeuner, si vous buvez du thé ou du café. L'idéal serait d'avaler les comprimés de fer entre les repas (deux heures avant ou après). Pour faciliter l'absorption du fer alimentaire, privilégiez par contre les fruits riches en vitamine C (agrumes, kiwis...).

Si vous suivez un traitement antibiotique, attention  aux laitages et au café! Les antibiotiques perturbent souvent l'équilibre de la flore intestinale et on croit bien faire en prenant un yaourt pour bénéficier d'un apport en probiotiques.Toutefois, éviter de consommer des produits laitiers plus de 3h avant ou après la prise des antibiotiques et se contenter, par précaution (en raison des cyclines ou des fluoroquinolones éventuels) d'une ou deux tasses de café par jour. Evitez l'alcool de toute manière.

Si l'on suit un traitement hormonal de la ménopause, faire attention au soja sous toutes ses formes. De même, avec la lévothyroxine, les protéines de soja (miso, tofu, lait et protéines de soja) sont contre-indiquées. Si vous prenez des statines ou de la levure de riz rouge, évitez les pamplemousses (fruits ou jus), car cela augmenterait la concentration sanguine de certaines molécules.

De même, attention au calcium, si l'on vous a prescrit des bisphosphonates en cas d'ostéoporose post ménopausique. En effet, le minéral contenu dans les laitages, certaines eaux minérales comme Hépar, Courmayeur et Contrex et le médicament forment un complexe insoluble, trop volumineux pour traverser la muqueuse intestinale. De ce fait, une moindre quantité du principe actif passerait dans le sang. Le mieux serait de prendre son traitement à jeun au moins une demi-heure avant le petit-déjeuner avec de l'eau du robinet.

Enfin, les personnes étant sous anticoagulants de la famille des antivitamines K devraient bannir de leur alimentation choux, brocolis, asperges, épinards,  foie, huile de colza et de soja, qui auraient tendance à favoriser les thromboses en diminuant l'effet du traitement. Les jus des baies de canneberge (cranberry), de l'ananas et du pamplemousse ont un effet fluidifiant du sang, d'où risque d'hémorragies.

Pour en savoir davantage, lire l'ouvrage de Mme Dominique Le Gueur, pharmacienne, auteure d"Interactions médicamenteuses" (Dauphin).

Lyliane

25/05/2020

Les bienfaits confirmés du jeûne intermittent..

Mme Sophie Lacoste dans TV Magazine fait le point sur ce régime particulier qui permet de perdre du poids, d'améliorer la santé, notamment cardio-vasculaire, et nos capacités cognitives. Le Dr Edward Hooker Dewey, médecin américain du 19ème siècle,  spécialiste du jeûne, proposait déjà à cette époque à certains de ses patients de supprimer le petit déjeuner en cas de fatigue, rhumes à répétition ou rhumatismes. Il conseillait le"jeûne de 16 heures".

Deux études réalisées à l'hôpital universitaire de South Manchester auprès de 100 femmes ayant des problèmes de surpoids ont permis de comparer les résultats obtenus avec un régime amincissant classique, basé sur la restriction alimentaire au quotidien et un régime 5/2(où l'on mange comme d'habitude pendant 5 jours et très peu pendant 2 jours). La perte de poids est similaire dans les 2 cas. Toutefois, les personnes qui suivent ce régime 5/2 perdent davantage de graisse abdominale (redoutée pour les maladies cardio-vasculaires) et en ressortent avec une meilleure sensibilité à l'insuline (et donc moins de diabète).

Cesser totalement de manger peut paraître effrayant, bien que de nouvelles études scientifiques démontrent les bienfaits du jeûne, où l'on ne boit que de l'eau, des tisanes et du bouillon. Il existe une solution intermédiaire, deux jours sur sept, soit de restreindre son alimentation, soit d'instaurer des "pauses alimentaires" de 16 à 18 heures entre les repas. Par exemple, on ne mange pas entre 20h et le lendemain 12h ou bien  entre 13h et 7 h du matin. On nomme ce régime : le "jeûne intermittent".

Une équipe de la Johns Hopkins Medicine rappelle dans un article publié dans le New England Journal of Medicine tous les bénéfices du jeûne intermittent: en prévention du diabète et de l'obésité, pour la santé cardio-vasculaire, pour garder des facultés intellectuelles au top ou tout simplement pour rester en forme le plus longtemps possible. Selon l'un des auteurs de l'étude, le Dr Mattson, professeur de neurosciences, "le jeûne intermittent peut faire partie d'un mode de vie sain".

En fait, lorsque l'alimentation se restreint, l'organisme semble se souvenir d'une faculté: il  n'a plus d'énergie à brûler sous forme de sucre et il puise dans ses réserves de graisse. Plusieurs études faites au Canada (Toronto) montrent par ailleurs que le jeûne intermittent hypocalorique améliore la mémoire et diminue la fréquence artérielle et le taux de lipides sanguins. Alors, pourquoi ne pas essayer pour améliorer sa santé et rester en forme sans carence ni frustration. Un rythme est à installer dans son quotidien pour que ce régime fasse partie de notre vie.

Lyliane

 

 

24/05/2020

La consigne fait son retour en force...

Le 30/1/2020, le Sénat a adopté le projet de loi "antigaspillage" pour une économie circulaire, écrit Mme Camille Brun dans Télé-Loisirs, une loi attendue pour tenter de juguler sur notre territoire national l'avalanche de déchets. Ce texte, en effet, propose notamment de redévelopper d'ici 2023 la consigne sur les emballages. Pour les anciens, le principe est connu, car il y a plus de 30 ans le système était répandu pour les bouteilles en verre notamment. Mais pour les jeunes générations, qui ont vu le plastique à usage unique s'imposer, il va falloir l'expliquer. En fait,  en magasin, quand on achète un produit, on paye un supplément pour son emballage.  Cette somme nous est restituée, lorsqu'on rapporte cet emballage.

Le projet de loi prévoit de faire disparaître le plastique jetable d'ici 2040 avec un système mixte dans les années à venir. L'achat de marchandises en vrac, fondé dès 2014 par l'entreprise Jean Bouteille, permet par exemple de distribuer des liquides alimentaires et ménagers (vinaigre, huile,  bière, jus de fruits...) et  propose des flacons et bouteilles consignées en France comme en Belgique. Par ailleurs, lancée en 2019 en partenariat avec Carrefour et d'autres marques,la plateforme Loop (cf www.maboutiqueloop.fr) permet d'effectuer ses courses en ligne, avec tous les contenants consignés et facturés quelques euros. La plateforme les récupére, nettoie, stérilise et recharge en produits.

En Alsace, la consigne par contre n'a jamais cessé d'exister, comme c'est le cas en Allemagne.  En outre, depuis avril 2019, les eaux minérales Carola et Lisbeth, ainsi que la brasserie Meteor se sont réunies avec l'association Zéro déchet Strasbourg pour lancer "Alsace consigne",une initiative visant à développer le réemploi des bouteilles dans la région. L'impact environnemental est d'autant plus positif que cette initiative se pratique à l'échelle locale ou régionale, diminuant ainsi le transport entre le point de collecte des bouteilles et leur lieu de lavage et de remplissage. Espérons que chaque agglomération aura à coeur de se mettre au diapason et de donner une valeur d'échange aux contenants en soutenant leur réemploi...

Lyliane

23/05/2020

Redonner vie à un vieux moulin en Dordogne...

Vêtu comme un meunier d'antan, Elie Coustaty surveille de près la meule qui tourne lentement pour moudre l'or blanc du confinement: le coronavirus a dopé l'activité de son moulin à eau du XIVe siècle, situé sous sa maison en Dordogne.
Avec l'explosion "du jour au lendemain" de la demande de farine, illustrée par les rayons vides dans les supermarchés, ce septuagénaire de Vézac, près de Sarlat, a dû répondre à la demande et mobiliser son épouse, sa fille et son gendre. Dans ce moulin qu'il a patiemment nettoyé et remis en état pendant une quinzaine d'années sur ses deniers personnels, M. Coustaty ne moulait guère plus de 20 kg de grains par semaine avant le confinement, surtout pour des agriculteurs locaux "qui font leur pain".
"Tout le matériel était sur place quand j'ai acheté la maison, y compris la tenue de meunier", mais le "Moulin de l'Evêque", alimenté par le Pontou, petit affluent de la Dordogne, ne servait plus depuis l'après-guerre, explique-t-il, pantalon et longue chemise blanche, foulard rouge autour du cou et sabots en bois aux pieds. "Ce n'est pas du folklore, il s'habille vraiment comme ça pour travailler", assure sa fille Marie-Rose qui gère les commandes et la distribution, en circuit court via des systèmes de paniers.
Maintenant que les Français se sont découvert des talents de boulangers et de pâtissiers, avec des ventes de farine qui ont cru de 168% par rapport à mars-avril l'an dernier, la famille Coustaty produit chaque jour jusqu'à 150 kg de farine bio, à l'ancienne.
- Bien penser, bien manger -
"On a été très sollicité avec la crise, ça nous a permis de vraiment mettre le moulin en production", témoigne Marie-Rose pendant que son mari Serge aide son père à régler le butloir, qui va séparer la farine du son.
Elie, agriculteur à la retraite, en rit: "Il faut que les gens retournent à la boulangerie, on ne pourra pas produire pour tout le monde".
Dans cette Dordogne épargnée par le virus, la famille Coustaty n'arrive pas à satisfaire la demande et a dû dire non à un boulanger bio du coin. La meule de silex tourne à 60 tours par minute, rien à voir avec les grosses minoteries industrielles automatisées qui produisent quotidiennement à la tonne.

"Notre idée n'est pas d'en faire une grande entreprise, c'est d'être utile au territoire et de restaurer le patrimoine", résume Marie-Rose qui tient avec son mari un gîte et une ferme bio dans les environs.
Son père, petit homme aux fines lunettes et président de la jeune "Association des moulins du Périgord noir", explique: "On calcule notre prix (de 3,50 à 3,80 euros le kg) pour que le producteur de grains soit correctement rémunéré (500 euros la tonne) et qu'on garde un petit bénéfice" afin de bichonner le moulin.
"Derrière notre démarche, il y a le bien-penser, avec des rémunérations et des prix corrects, et le bien-manger, avec des produits de qualité", souligne Marie-Rose Coustaty qui veut croire que la crise sanitaire a permis la prise de "bonnes habitudes".
"Il y avait un frémissement ces dernières années mais le confinement a remis l'église au milieu du village, dit-elle. Les gens savent maintenant qu'ils peuvent faire vivre des producteurs locaux qui font attention à leur environnement".
"Une maraîchère d'ici me disait récemment: +ce virus, c'est quand même chouette car mes voisins m'achètent mes légumes. Sinon, ils iraient au supermarché et ça vient de Rungis+".

Selon AFP - AFP - mardi 28 avril 2020

19/05/2020

La micronutrition, est ce pour moi?

A mi-chemin entre la nutrition et la médecine, écrit Mme Carole de Landtsheer dans Version Fémina, la micronutrition est une discipline alternative qui fait de plus en plus parler d'elle. De nombreux laboratoires spécialisés comme Nutergia, Pileje, Solgar ou Synergia par exemple, des formateurs privés et des pharmaciens développent cette approche thérapeutique. Le réseau PharmaVie notammentpropose à ses adhérents un entretien de 30 minutes derrière le comptoir. d'autres utilisent le programme IoMet mis au point par Nutergia avec un questionnaire synthétique rempli en pharmacie ou sur Internet. et en oligoéléments, précurseurs hormonaux etc...

La micronutrition est née dans les années 90, car comme l'affirme Mme Laurence Benedetti, médecin nutritionniste, coauteure du livre "Maigrir avec la micronutrition", les micronutriments (fer, vitamine C, D, probiotiques etc) jouent un rôle clé  dans le bon fonctionnement de notre organisme et de nos cellules. Le but des entretiens et des questionnaires des laboratoires et des pharmaciens est de vérifier les besoins spécifiques en vitamines, en oligoéléments, en précurseurs hormonaux etc... Selon les résultats, des conseils alimentaires sont apportés, d'hygiène de vie, de cures de compléments nutritionnels pour soit détoxiner, soit restructurer les cellules. En cas de besoin, le consultant peut orienter vers un spécialiste (nutritionniste, diabétologue, ORL...).

En cas de supplémentations nécessaires, mises en évidence par des dosages sanguins, celles-ci peuvent durer de un à six mois. La micronutrition n'a pas pour vocation de traiter les véritables carences, mais elle se révèle efficace en cas de déficit par rapport à des seuils. Généralement, pour pouvoir se targuer du titre de micronutritionniste, on doit posséder un diplôme universitaire (DU) en micronutrition ou avoir suiviune formation à l'Institut européen de diététique et de micronutrition (IEDM). On compte 45 minutes pour un premier RV et les séances coûtent entre 40 et 70 euros selon la région et le praticien. Les thèmes de consultation tournent souvent autour de la fatigue, des problèmes de sommeil, de l'obésité...

Pour en savoir davantage, consulter le site de l'IEDM soit: www.iedm.asso.fr. qui met à disposition des livrets pédagogiques sur des thématiques variées (grossesse, sommeil...).

Lyliane

15/05/2020

Déboucher après la crise sur un monde meilleur d'après le F.M.I...

Kristalina Georgieva, Bulgare de 66 ans, a succédé à Christine Lagarde au FMI en septembre 2019. Quelques mois plus tard, l'ex-commissaire européenne et directrice générale de la banque mondiale affronte la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle a choisi le JDD pour présenter le plan de bataille de l'institution. La dirigeante affirme que les pays pauvres seront les principales victimes de la pandémie de coronavirus et fait appel à la solidarité pour résister aux tentations du populisme et du protectionnisme.

Le pire de cette crise économique mondiale est-il derrière nous ou devant nous?
Cette crise ne ressemble à aucune autre. Non seulement parce que c'est la combinaison d'une crise sanitaire et d'une crise économique, mais aussi parce que, pour combattre ce virus, nous avons été obligés d’arrêter l'économie, ce qui aggrave les conséquences du choc. C'est la première crise globale depuis la Seconde Guerre mondiale et la grande dépression. Il y a trois mois, nos prévisions étaient que 160 pays bénéficieraient d'une progression de leur revenu par habitant en 2020. Aujourd'hui, nous estimons que 170 pays vont subir au contraire un recul de leur revenu par tête.

Faut-il s'attendre à ce que cette crise dure ? Lors de la grande crise financière de 2008, le dynamisme de l'économie chinoise et des marchés émergents avait stimulé l'économie mondiale. Cette fois, nous ne voyons aucun facteur de nature à accélérer la reprise. En période de crise, on est habitué aux incertitudes, mais cette fois c'est une incertitude d'un genre nouveau. On ne sait pas comment ce coronavirus évoluera. Une longue période de difficultés s'annonce donc pour le monde.

Quelle sera l'ampleur de la récession? Nous prévoyons, pour l'instant, une chute de 3% de la croissance mondiale en 2020 suivie d'une croissance de 5,8% en 2021. Pour atteindre ce bon résultat, il y a une condition : maintenir la pandémie sous contrôle au second semestre. Et s'assurer que le virus ne reviendra pas avant la fin de l'année ou au cours de la suivante. Cela dit, même si nous atteignons ce chiffre de 5,8%, ce qui me semble très incertain, nous serons encore en dessous du niveau de 2019.

Retrouver la croissance suppose de maîtriser ce virus? Le virus a peut-être atteint son point haut dans certains pays mais pas partout. Un haut degré d'incertitude est créé par notre méconnaissance de ce qu'il est. Arriverons-nous à le maîtriser? Si nous trouvons des traitements et un vaccin rapidement, cela apportera un énorme soulagement à l'ensemble du monde. Mais ce n'est pas le cas pour le moment. Nous ne sommes pas encore sortis du bois.

Le redémarrage de l'économie chinoise peut-il jouer un rôle positif? La Chine a été durement touchée au premier trimestre, alors qu'elle était l'épicentre de la pandémie. Nous voyons des signes de normalisation mais, avec la propagation de la pandémie dans d'autres régions, la reprise en Chine se fera dans un contexte marqué par des vents contraires très forts venant de l'économie mondiale. Dans l'ensemble, nous pensons que la Chine devrait enregistrer une croissance légèrement positive cette année.

Faudra-t-il mettre plus d'argent sur la table? Nous pensons en effet qu'il faudra investir plus d'argent. Et notamment dans les marchés émergents et dans les pays en voie de développement. Les actions des grands pays ont été rapides mais on sait qu'il faudra vaincre la pandémie partout pour se sentir en sécurité partout.

Comment va-t-on gérer la dette énorme qui est en train de se constituer? Il est primordial de prendre des mesures budgétaires très fortes car l'économie mondiale est à l'arrêt. Sans ces mesures, on risquerait de très graves dommages à long terme. Oui, il en résultera plus de dettes et de déficit, mais une chose joue en notre faveur : le niveau très bas des taux d'intérêt, qui sont même négatifs dans certains pays. Ils devraient rester bas pour longtemps. Cela rendra la gestion de cette dette plus supportable pour les gouvernements et les entreprises.

Les problèmes de la planète vont-ils passer au second plan? Nous devrons distribuer de façon équitable le poids de l'endettement accumulé dans la lutte contre la crise. C'est une discussion que nous encouragerons car nous voulons aller vers un monde meilleur. Cela veut dire régler des problèmes qui existaient avant cette crise. Par exemple, les inégalités, qui se sont accrues partout dans le monde, sont un vrai fardeau pour nos sociétés. Nous devons aussi rendre nos économies plus résilientes pour encaisser les chocs comme celui du changement climatique. Cette crise est donc aussi un atout. Grâce à la mobilisation qu'elle a déclenchée, nous aurons la chance d'engager des actions qui auraient été politiquement ou socialement difficiles auparavant.

Que fait le FMI pour aider les pays en voie de développement? Jamais dans son histoire, le FMI n'a été sollicité comme il l'est aujourd'hui. Plus de 100 pays se sont tournés vers lui pour obtenir une aide d'urgence financière. Je suis fière que l'on ait déjà répondu positivement à 30 demandes. Ce sont de véritables bouées de sauvetage pour des pays durement frappés par la pandémie et par le choc économique qu'elle provoque. Notre priorité, ce sont les pays les plus faibles. De même que le virus frappe plus durement les personnes dont le système immunitaire est affaibli, le choc économique affecte davantage les pays les plus fragiles. Nous devons les protéger.

Allez-vous réduire encore leur endettement? Avec la Banque mondiale, nous avons appelé à un moratoire sur la dette officielle bilatérale des pays pauvres. Dans le même temps, le FMI souhaite tripler les financements concessionnels qu'il peut offrir à ces pays. Nous pensons qu'ils vont rencontrer des difficultés d'une très haute magnitude. Pourquoi? Parce que leurs banques centrales n'ont pas les moyens de leurs homologues des pays avancés. Et le choc sur ces économies émergentes est démultiplié. Leur système de santé est faible ; ces pays subissent une fuite des capitaux que nous estimons à 100 milliards de dollars ; ils sont victimes de l'effondrement des prix des matières premières qu'ils exportent. En clair, leurs revenus chutent dramatiquement au moment où leurs populations ont besoin de davantage d'aide.

Faut-il s'inquiéter de la chute des prix du pétrole? L'impact provoqué par une demande qui s'est effondrée et une offre trop élevée est dramatique. Le transport, qui représente 60% de la consommation de pétrole, a fortement chuté car les gens restent chez eux et les entreprises ont fermé ou réduit fortement leur capacité de production. Il a fallu un peu de temps pour que les pays producteurs passent un accord pour réduire la production. Mais les grandes économies s'apprêtent à repartir. La relance va arriver, mais elle devra être gérée prudemment. Cela dopera la demande de pétrole et des matières premières. Mais nous pensons que le prix du baril restera bas, autour de 30 dollars, à court et moyen termes.

Etant donné l'ampleur de cette crise, le FMI dispose-t-il de moyens suffisants? La bonne nouvelle c'est que le FMI est dans une situation plus forte pour aider nos pays membres. Nous disposons d'une capacité de prêt de 1 trillion de dollars, soit quatre fois plus qu'avant la crise de 2008. Pour le moment, nous pensons que nos ressources sont suffisantes pour répondre à la demande des pays. Toutefois, cela pourrait changer compte tenu de l'extrême incertitude liée à la trajectoire et à l'impact de la crise. Plus particulièrement, nous voulons être l'institution sur laquelle les pays en développement peuvent compter. Nous voulons les conseiller et les aider.

Propos recueillis par - leJDD - samedi 25 avril 2020



13/05/2020

La graine à redécouvrir: le lupin!

Mme Ingrid Haberfeld dans Version Fémina nous incite à nous pencher sur les vertus diététiques du lupin, une graine qui ne fait pas encore partie de nos habitudes alimentaires. Pourtant en Afrique du Nord, c'est la  traditionnelle kemia, un amuse-gueule incontournable au goût subtil de noisette. Les cuisinières des pays du maghreb l'utilisent également en tagine et en salade. C'est une légumineuse souvent associée à une céréale comme le riz ou l' épeautre. Elle s'achète cuite préparée en saumure.

La graine de lupin est la légumineuse la mieux pourvue en protéines (36,2%), devant la graine de soja (34,5%) et les lentilles corail (27,7%). Elle en contient même, affirme Mme Florence Foucaut, diététicienne nutritionniste à Paris, davantage que certains aliments  d'origine animale comme le thon, l'escalope de veau et le roti de porc.  Grâce à son index glycémique (IG) très bas, le lupin est un aliment de choix pour les personnes diabétiques. C'est de ce fait un atout pour garder la ligne.

Au niveau des minéraux et des vitamines, compter 198mg de magnésium pour 100g soit 53% des apports journaliers recommandés. Le lupin est également bien loti en fer (4,36mg pour 1000g) et renferme notamment de la vitamine B9 et du zinc. De plus, avec une teneur de 18%, le lupin surpasse des aliments réputés riches en fibres comme le son d'avoine, la farine intégrale ou le riz complet. Cela permet de relancer les intestins paresseux. Des études auraient mis en avant que la consommation régulière de fibres participe à la prévention des cancers colorectaux, du sein et de l'estomac, en diminuant aussi le risque de maladies cardio-vasculaires et de diabète de type 2.

Alors, on achète des graines de lupin, garanties sans gluten, dans les rayons des magasins bio ou en boutique de produits exotiques?

Lyliane

12/05/2020

Cuisiner pour les sans abri...

Focaccia aux poivrons confits, carottes au cumin, et magret de canard." Ce n'est pas le menu d'un restaurant, mais le dîner concocté mercredi par Eric Guérin, un chef étoilé, pour une trentaine de sans-abris de Saint-Nazaire. Depuis quelques jours, ils sont une dizaine de noms de la gastronomie française, habitués à proposer des menus vendus pour un prix à trois chiffres, à avoir décidé de mettre leur savoir-faire au service des plus démunis, sur fond de confinement contre le coronavirus.

"Quant on est confiné dans un hôtel et qu'on n'a pas de quoi cuisiner, ce n'est pas terrible"
Une initiative lancée par l'association Le Carillon, et plus précisément Philippe Hamache, après avoir entendu la décision du gouvernement de mettre en place des chèques-services pour que les sans-abris puissent se loger, notamment dans les hôtels. "Quant on est confiné dans un hôtel et qu'on n'a pas de quoi cuisiner, ce n'est pas terrible", indique-t-il au micro d'Europe 1. "On a donc décidé de le faire pour eux."

"C'est un vrai réconfort"
C'est ainsi que des chefs de la ville et des environs se sont réunis sous la bannière de l'association pour faire 60 repas par jour, avec l'aide de fournisseurs. En cuisine, tout le monde doit mettre la main à la pâte. Les sans-abris viennent donc en aide derrière les fourneaux ou pour la livraison. "Je participe à la main d'oeuvre, je vais chercher les courses, décharger le camion...", confirme au micro d'Europe 1 Thomas, 60 ans, l'un des bénéficiaires.
"C'est un vrai réconfort. Bien sûr il y a le fait de manger correctement, mais je retrouve aussi ce lien social qui me fait défaut depuis pas mal de temps. C'est une bouée de sauvetage." L'initiative doit perdurer au moins jusqu'au 11 mai, date du début du déconfinement.

Selon Mr Charles Guyard, édité par Ugo Pascolo - Europe 1 - jeudi 23 avril 2020

11/05/2020

Un monde sans déchet selon une créatrice de start-up rwandaise...

La fondatrice d’une start-up qui aide à recycler les objets électroniques a été distinguée par le prix Margaret récompensant la créativité de femmes actives dans le digital.
Pour ne rien manquer de l’actualité africaine, inscrivez-vous à la newsletter du « Monde Afrique » depuis ce lien. Chaque samedi à 6 heures, retrouvez une semaine d’actualité et de débats traitée par la rédaction du « Monde Afrique ». « Tout a commencé par un accident », explique Jacqueline Mukarukundo, à l’autre bout du fil. En 2011, alors qu’elle participe à une campagne de recyclage dans la ville de Musanze, au nord du Rwanda, l’un de ses meilleurs amis échappe de justesse à un glissement de terrain dans une décharge. Pour Jacqueline et ses camarades, c’est le déclic. « A ce moment-là, nous avons voulu nous engager encore davantage dans la gestion des déchets » explique-t-elle.
En 2018, elle fonde avec Ghislain Irakoze la start-up Wastezon, qui utilise la technologie mobile pour mettre en relation les foyers et les entreprises disposant de déchets électroniques avec les acteurs locaux de l’industrie du recyclage. Mardi 21 avril, la jeune femme a été couronnée par le prix Margaret 2020, qui récompense les « femmes digitales » de l’année – et au jury duquel le Monde Afrique a participé –, dans la catégorie « entrepreneuse Afrique ». L’ambition du prix français créé en 2013 est aussi de mettre à l’honneur celles « qui innovent pour un monde meilleur ».
Le domaine dans lequel œuvre Jacqueline Mukarukundo est encore balbutiant sur le continent. Sur les quelque 130 000 tonnes de déchets électroniques produits chaque année en Afrique de l’Est, seulement 20 % sont effectivement recyclés. Et l’un des principaux défis pour les entreprises de recyclage reste de trouver et de récupérer les appareils électroniques usagés.
« Notre application permet aux familles et aux entreprises de réduire leur empreinte carbone en les aidant à mieux trier leurs déchets et à les vendre, au lieu de les jeter ou de les brûler. Elle fait également gagner du temps et de l’argent aux acteurs du recyclage », détaille Jacqueline. Il suffit aux particuliers de publier une photo des ordinateurs ou des téléphones portables dont ils veulent se débarrasser sur l’application, pour que les entreprises de recyclage intéressées puissent les choisir et les acheter. A ce jour, la start-up a ainsi fait transiter plus de 400 tonnes de déchets électroniques, vendus par environ 150 foyers et entreprises. Wastezon prend 10 % sur chaque transaction.
« Le pouvoir de la technologie »
Reste que dans un pays ou à peine un quart de la population a accès à Internet, selon la Banque mondiale, et où la pénétration des smartphones est faible, le chemin semble encore long. « Le plus grand défi, c’est la transformation des mentalités et le financement, analyse Jacqueline, qui est actuellement directrice générale du marketing de la start-up. La majorité des Rwandais est encore dans une économie linéaire, et non circulaire. Mais beaucoup d’entre eux réparent déjà leur matériel électronique au lieu de le jeter, souligne-t-elle. Nous avons surtout besoin de plus de soutien dans le secteur de la gestion des déchets, qui suscite encore peu d’intérêt de la part des investisseurs en capital-risque. »
L’équipe envisage également d’utiliser le réseau cellulaire afin de permettre aux foyers qui ne disposent pas de smartphones de bénéficier des services de Wastezon, et veut étendre ses activités aux déchets organiques, qui représentent 90 % des détritus au Rwanda. « Je rêve d’un monde sans déchets, et je crois dans le pouvoir de la technologie pour y parvenir », n’hésite pas à lancer cette jeune Rwandaise, qui se présente comme une « leader » désireuse de « changer les choses et de trouver des solutions aux problèmes de sa communauté ».
Coronavirus : « Aucun pays africain ne sera épargné par la crise économique »
A seulement 22 ans, Jacqueline Mukarukundo partage ses journées entre ses études de commerce international à l’Africa Leadership University de Kigali, et son travail pour Wastezon. Elle est également à l’origine du projet Healplus, un jeu en ligne sur la santé et la gestion des situations d’urgence destiné aux lycéens. De son propre aveu, un parcours qui reste assez exceptionnel dans la région. « Il y a encore tant de freins à l’entrée des femmes d’Afrique centrale dans le secteur digital. Pourtant, les opportunités sont illimitées », lâche-t-elle.
Pour aider d’autres jeunes Rwandaises sur cette voie, Jacqueline Mukurakundo rêve d’avoir à terme son propre fonds d’investissement spécialisé dans les start-up fondées par des femmes : « Beaucoup de gens qui pensent encore qu’une femme ne peut réussir dans le secteur de la technologie et du digital sans un homme derrière elle ! »

Selon Mme Laure Broulard - Le Monde - mardi 21 avril 2020

09/05/2020

Zoom sur la laitue...

Dans le journal Nice-Matin, j'ai été intéressée par un article concernant la laitue. J'ai appris notamment que cette salade, originaire du Kurdistan, a été introduite en France au Moyen-Age. Du temps des Grecs et des Romains, la laitue était consommée pour préparer les estomacs avant un repas copieux. a la Renaissance, on en connaissait trois ou quatre variétés. En fait, il a fallu attendre les 17 et 18èmes siècles pour goûter aux laitues pommées. Puis d'autres variétés ont été développées grâce au forçage. Depuis 1960, les cultures sous serre ou sous tunnel ont permis le développement des laitues et leur consommation tout au long de l'année.

Sur le plan nutritionnel,la laitue apporte à notre organisme une grande variété de minéraux et d'oligo-éléments. le potassium notamment représente un tiers de ces minéraux. C'est une source importante d'acide folique (vitamine B9) qui joue un grand rôle dans le renouvellement des cellules de l'organisme. Grâce à son eau, la laitue contient seulement 13 calories pour 100g soit 1% de l'apport recommandé par les nutritionnistes. Cette salade est réputée calmer les inflammations douloureuses du foie, de la vésicule et des intestins. On la mange crue en salade assaisonnée avec huile et citron ou braisée avec des lardons par exemple.

Alors pourquoi ne pas apprendre à nos enfants à goûter à la laitue?

Lyliane

06/05/2020

Les imprimantes 3D aident à la lutte contre le Covid-19...

Pour faire face à la pandémie de coronavirus, les soignants travaillent beaucoup. Médecins, infirmiers, aides-soignants… ils doivent s’occuper d’un nombre de malades beaucoup plus important que d’habitude. Et pour ne pas tomber malades à leur tour, ils doivent se protéger. Mais les équipements manquent…

Maladie qui touche un très grand nombre de personnes en même temps, sur tout un continent voire dans le monde entier.
Alors partout en France, ainsi que dans d’autres pays, des gens leur fabriquent des protections. Comment ? Grâce à leurs imprimantes 3D, ces machines que l’on peut avoir chez soi et qui permettent de fabriquer des objets.

Entre 30 minutes et 1h30
Au sud de Rennes, Erwan Vappreau, enseignant en CM1 et CM2, utilise ses trois imprimantes 3D pour fabriquer des visières, «qui permettent, en plus du masque et des lunettes, de protéger tout le visage des postillons, dit-il. La visière, c’est comme un serre-tête qui vient se mettre devant le front. Par dessus, on met un film plastique», qui descend jusque sous le menton. Une vraie barrière face au virus.

Pour utiliser une imprimante 3D, il faut avoir le plan de l’objet que l’on veut fabriquer. Il existe beaucoup de plans de visière sur Internet, que tout le monde peut utiliser. Une imprimante classique a besoin d’encre pour fonctionner, une imprimante 3D a, elle, besoin de plastique. «Il sort fondu, il est déposé sur une surface plate et il durcit immédiatement. C’est déposé couche après couche et ça monte en épaisseur», explique Erwan Vappreau. Selon la taille des machines, il faut compter entre 30 minutes et 1h30 pour fabriquer un serre-tête de visière. Il suffit ensuite de fixer une feuille de plastique transparent dessus, et le tour est joué, la protection est prête.
Des masques de vacances transformés
En France, ils sont nombreux à fabriquer des visières pour les soignants, notamment dans des fablabs, des lieux dédiés à l’innovation technologique. Bien sûr, ils font ça gratuitement. L’idée est tellement bonne que des hôpitaux parisiens ont décidé d’installer des imprimantes dans leurs locaux, afin de fabriquer des visières mais aussi d’autres objets médicaux.

Création de nouvelles choses.
Les imprimantes 3D peuvent même faire encore mieux. Par exemple : fabriquer des respirateurs, ces machines qui aident les malades du Covid-19 à respirer. Des prototypes sont actuellement testés dans certains hôpitaux.
Premiers exemplaires construits avant la fabrication dans les usines, pour vérifier que tout fonctionne bien.
En Italie, un médecin a eu l’idée d’utiliser des masques permettant de voir et de respirer sous l’eau pour aider les malades. Comment ? En les reliant à des respirateurs, grâce à des adaptateurs spéciaux créés sur des imprimantes 3D. Depuis, ce système a été adopté dans d’autres pays, dont la France.

Decathlon, l’entreprise qui vend normalement les masques pour aller sous l’eau, a décidé de les réserver aux soignants et d’arrêter pour l’instant d’en vendre aux vacanciers qui souhaitent observer les poissons.

Liberation - vendredi 3 avril 2020

04/05/2020

Un service de courrier en ligne pour les seniors...

Pour rompre l'isolement des personnes âgées confinées en Ehpad, le site "1lettre1sourire" invite tout un chacun à leur écrire une lettre. Un service en ligne de courrier qui rencontre un franc succès, comme l'explique Renaud d'Alençon, l'un de ses créateur. "On a beaucoup de demandes, c'est incroyable". Renaud d'Alençon n'en revient pas. Trois semaines après son lancement, le site "1lettre1sourire", dont il est l'un des créateurs, est un succès. Ce service en ligne de courrier destiné aux personnes âgées isolées en Ehpad en période de confinement dû au coronavirus a déjà collecté plus de 50 000 lettres, explique Renaud d'Alençon, samedi 11 avril à franceinfo.
Renaud d'Alençon : vous êtes l'un des créateurs du site, comment avez-vous eu cette idée ?
Renaud d'Alençon : Au tout début du confinement, nous étions assis sur un canapé avec mes cousins et mon père qui travaille à la Fondation "Partage et Vie" qui s'occupe des personnes âgées dans les maisons de retraite. Il nous a fait prendre conscience de l'isolement des personnes âgées. Et comme avec le confinement, elles n'avaient plus de droit de visite, c'était très difficile pour elles. Les visites sont presque une raison de vivre pour elles. Donc, on s'est demandé qu'est-ce qu'on pourrait faire pour pallier ce manque de vie. Et on s'est dit que la seule solution, c'était les lettres. Donc, on va leur écrire. Mais voilà, nous, on n'a pas assez d'impact. Le but est de permettre aux personnes d'écrire pour avoir plus de lettres.
Et donc, on a eu cette idée de créer un site internet. Un petit site qui n'était pas référencé par Google au début, mais avec une page Facebook. Et rapidement, elle a été retransmise, relayée et partagée, ça a fait un mini buzz. Et donc, on a créé un site plus performant avec une association qui s'appelle Tous au web, qui nous a aidés à créer un vrai site internet vraiment professionnel. Et maintenant ça fait trois semaines qu'on s'est lancés et on a reçu plus de 50 000 lettres et on a actuellement 800 Ehpad partenaires dans tous les pays francophones, que ce soit en France, en Belgique, au Luxembourg ou même au Canada.
Comment ça fonctionne pour envoyer une lettre ?
C'est très simple. Il faut juste aller sur le site "1lettre1sourire". Après, vous cliquez sur "écrire une lettre". Vous avez quelques informations personnelles à rentrer, comme votre prénom ou votre adresse mail. Vous choisissez à qui vous envoyez, une dame âgée solée ou un monsieur âgé isolé. Après, vous cliquez sur "suivant" et vous écrivez votre lettre. Vous pouvez aussi ajouter une photo si vous le souhaitez. Vous cliquez sur "envoyer" et c'est bon."
Avez-vous des retours d'Ehpad ou de personnes âgées qui lisent ces lettres ?
Oui, nous avons eu des retours de personnes âgées très touchants. Par exemple, j'ai eu un personnel soignant qui a envoyé : "C'est avec un plaisir certain que je reçois tes courriers si chaleureux. Ça m'a permis de verser quelques larmes de bonheur en ces temps difficiles". Ça touche énormément, que ce soit les personnels soignants ou les personnes âgées qui peuvent aussi répondre par des lettres. Par exemple, une dame qui répond : "Chère Jeanne, c'est avec grand plaisir que j'ai lu votre lettre. Quel dégagement de tendresse, je n'aurais pas eu assez d'un grand mouchoir de Cholet pour essuyer mes larmes. La tendresse, je n'attendais que ça."
Sous quel format sont envoyées ces lettres ?
Au début nous les avons envoyées en version papier, mais on a appris que le virus pouvait se transmettre par le papier, donc nous avons arrêté tout ça et trouvé l'alternative des mails. D'abord, nous lisons toutes les lettres pour vérifier qu'elles soient "bien", qu'il n'y ait pas de messages difficiles. Ensuite, on les transmet en PDF aux Ehpad et ils en font ce qu'ils veulent. Certains les mettent sous enveloppe, d'autres ont désigné des personnes s'occupant de lire les courriers pour pouvoir les distribuer à des personnes spécifiques pour que ça soit plus touchant et vraiment personnel.
Selon Franceinfo - Franceinfo - samedi 11 avril 2020

03/05/2020

Cantines scolaires avec moins de viande!

13 rue d'Enghien
75010 Paris

Agriculture

Je me mobilise pour des repas végétariens à la cantine

 EN SAVOIR PLUS
 
 

Moins de viande dans la restauration collective : à vous de jouer !

Agriculture

Déforestation, perte de biodiversité, changement climatique, pollution des eaux… Notre alimentation a un impact considérable sur l’état de notre planète. La surconsommation de certains produits, en particulier industriels, présente également de lourdes conséquences sur notre santé – adultes comme enfants.

Pourtant, la demande mondiale de viande et de produits laitiers continue de monter en flèche. Les Nations unies prévoient une augmentation de la consommation de viande de 76 % d’ici 2050. Rien qu’en 2018, 76 milliards d’animaux ont été abattus pour nourrir la population humaine (sans compter les poissons). Si on ne fait rien pour y remédier, l’agriculture pourrait ainsi être responsable de 52 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre dans les prochaines décennies, dont 70 % seront liées à la production de viande et de produits laitiers.

Ces perspectives ne sont guère réjouissantes, n’est-ce pas ? Cependant, tout n’est pas perdu ! Nous choisissons le contenu de nos assiettes ; nous pouvons donc participer grandement à la solution. Peut-être avez-vous déjà réduit votre consommation de viande (dans ce cas, bravo !), mais il est possible de faire plus. Depuis la promulgation de la loi Agriculture et Alimentation votée en octobre 2018, les cantines ont jusqu’à 2022 pour introduire au moins 50 % de produits dits “durables” (ce qui ne veut pas dire grand chose, soyons clairs), dont 20 % de produits bio. Elles ont également un an pour mettre en place des menus végétariens une fois par semaine. Ces menus peuvent être composés de protéines animales (fromage, œuf) ou végétales (légumineuses, céréales).

Nous avons besoin de votre aide pour que les collectivités et établissements scolaires concernés mettent en place ces mesures, sans attendre les délais proposés par la loi.

 

Surtout, nous avons besoin que ces mesures soient une véritable réussite. En effet, dans certains établissements, des menus végétariens industriels et peu goûteux ont été instaurés. Résultat, les parents ou les élèves se plaignent et militent pour un retour de la viande dans les assiettes…! Or, la mise en place de menus végétariens prévue par la loi est en fait une expérimentation de deux ans. A l’issue de ce délai, l’expérimentation sera évaluée (gaspillage alimentaire, taux de fréquentation, coût des repas...). Il est donc essentiel que les menus végétariens proposés soient de bonne qualité (cuisinés à partir de produits frais, bio et locaux, et en évitant les substituts ultra-transformés de type nuggets, remplis de sucre, de sel et d’additifs) et qu’ils soient véritablement savoureux.

Votre action s’inscrira ainsi dans le mouvement mondial des citoyen.ne.s engagé.e.s pour une alimentation plus saine et plus durable, dans toutes les villes et tous les pays du monde.

Selon Greenpeace

02/05/2020

Comment fabriquer son masque de protection?

Le port du masque est désormais recommandé par l'Académie nationale de Médecine, dès que l'on sort de chez soi même après le 11 mai, notamment aller dans les transports en commun. Cet accessoire en tissu donc lavable ne donne cependant pas le droit de s'affranchir des régles de sécurité sanitaires comme la distanciation sociale et le lavage des mains au savon ou au gel hydroalcoolique.

Le masque à fabriquer soi-même est dit "alternatif" ou "anti-postillons" et il se différencie des masques chirurgicaux ou FFP2 utilisés par les professionnels de santé. Ces masques alternatifs sont destinés à des personnes n'ayant aucun signe de maladie. Ils doivent être composés de plusieurs couches superposées de tissu au maillage serré, qui permettent cependant de respirer facilement et doivent pouvoir être lavés à 60° au moins en machine sans dommages après chaque utilisation.

Ces masques doivent couvrir le nez, la bouche et le menton et posséder des brides à passer derrière les oreilles ou la tête. ils empêchent surtout les utilisateurs de se passer les mainsnsur le visage, ce qui constitue une porte d'entrée dans l'organisme pour le virus. L'AFNOR (Association française de normalisation) a édité un guide complet pour la fabrication de masques barrières. Toutefois, ce document est jugé par certaines couturières occasionnelles comme "dur à suivre". Le CHU Grenoble-Alpes pour son personnel soignant non concerné par les unités de Covid 19 a publié des tutos à partir du document.

Des youtubeuses ont également pris ce document AFNOR pour référence, afin de réaliser des tutoriels qui guident pas à pas du patron à la couture. On trouve par exemple, écrivent Mmes Jade Olivier et Emmanuelle Magne, dans Télé-Loisirs, des vidéos très claires sur la chaîne You Tube de l'Atelier des Gourdes ou sur celle de Cassie Mini (pour les masques des 7/8 ans). Si l'on n'a pas de machine à coudre, on peut tout de même fabriquer un masque avec du fil et des aiguilles en suivant les conseils de la youtubeuse Cuisine Test pour débutantes. Certains sont en couleur ou imprimés et ils rendent le port du masque moins uniforme.

Lyliane

 

 

Faire des tapis à partir de robes usagées...

American Vintage s'appuie sur la coopérative de tissu d'Aïn Leuh, au Maroc, pour offrir une seconde vie à ses stocks dormants. Quand des robes se transforment en tapis... dans une démarche de RSE. Aïn Leuh. Moyen-Atlas. Fès est à deux heures de route. En cette fin de matinée de fin janvier, la bourgade marocaine semble bien vide. Malgré la lumière crue. Les cerises, reines de la région, ne sont pas encore de saison. Seuls quelques habitués sont installés au café du coin. Des enfants s'échappent furtivement dans la rue... Tout semble très calme. Derrière la bâtisse, très sobre, de la coopérative des tisseuses de tapis du village, aussi. Si l'heure est au répit - ou plutôt à la préparation du déjeuner - les dernières semaines ne riment pas avec oisiveté. Lhasmia, Khadija et leurs amies - ou cousines, nièces, collègues avec qui elles ont lié des relations bien plus fortes que celles du labeur - sont actives. Parmi les quinze tisseuses, dix sont mobilisées sur la dernière commande d'American Vintage. Au programme : 60 tapis boucherouites confectionnés à partir de 2450 robes. Livraison prévue : le 26 mars.
Une idée d'upcycling
Né dans les années 1960 - historiquement pour isoler les habitations berbères du froid - le tapis "boucherouite" est composé de morceaux de tissus usés noués les uns aux autres. Comme leurs "homologues" d'Azrou, les tisseuses d'Aïn Leuh auraient pu refuser le projet... Car "dans l'esprit des gens, un tapis fait avec des chutes de tissu est un tapis qui n'a pas de valeur", nous confie Abdel-Ilah Neghrassi -appelez-le Abdou), marchand de tapis d'Azrou, ville réputée pour son savoir-faire traditionnel en la matière. Pourtant, la technique s'est offert une place de choix en Occident. Au sol ou accroché au mur, telle une oeuvre d'art, le tapis boucherouite fait la joie des designers, chineurs... et autres collectionneurs. D'où l'idée, bienvenue, d'American Vintage : transformer une partie de son stock dormant ou défectueux en collection déco.
"L'histoire de la collection avec les chutes de tissus a commencé il y a un an. Notre partenaire de longue date, Lizybiz, fabricant de tissu qui ne fait que des imprimés et travaille des pièces en chaîne et trame, nous a partagé le projet", raconte Jenny Lazzarelli, directrice artistique et responsable de l'image de la marque marseillaise. Derrière ce projet, une femme, Lou Leygnac, designer textile de Lizybiz. "Lou aime farfouiller partout. Via une amie interposée, elle est entrée en contact avec Abdou et l'idée a commencé ainsi. Elle nous a mis en contact avec toute cette filière. Cette démarche d'upcycling nous a complètement parlé. Travailler un produit comme le tapis, c'est l'ADN lifestyle et éthique que l'on souhaite développer", poursuit Jenny Lazzarelli.
Un savoir-faire traditionnel
Derrière le concept, les tisseuses d'Ain Leuh, elles, ont dû trouver la technique. En djellaba "pilou pilou" - pour contrer le froid - deux par deux, elles "déchirent" et nouent à la main avec rigueur, dextérité et rapidité, chaque morceau de tissu sur le métier à tisser... conformément aux dessins de Lou Leignac. "Elles travaillent des bandelettes de 1 cm de large environ. C'est minutieux. C'est un autre savoir-faire. Ces femmes m'ont encouragé à continuer de travailler sur ce projet parce qu'elles étaient motivées et n'ont jamais dit non", se félicite Abdou.
A la clé ? Des tapis à la fois design et traditionnels. Le tout, dans cinq dessins et trois formats différents : 50 x 80 cm ; 75 x130 cm ; et 100 x190 cm. "Ce qui donne un autre charme, c'est que tout est fait à la main", poursuit Abdou. "Pour faire vivre la filière et offrir du travail à ces femmes, un prix a été fixé ensemble pour leur permettre une marge supplémentaire raisonnable", assure Jenny Lazzarelli. Toujours d'un esprit RSE, conforme au positionnement de la marque. Les trois formats sont aujourd'hui disponibles en ligne... avant une vente et un expo exceptionnelle, sans doute courant septembre, compte tenu de cette période de confinement imprévue. Un beau projet en phase avec le positionnement d'American Vintage.

Selon Mme Stéphanie Gendron - L'Express - vendredi 27 mars 2020

01/05/2020

Economie durable: il ne faudrait rien lâcher!

À l'heure de la propagation du COVID-19 - plus que jamais - l'écosystème européen public/privé ne doit pas se désintéresser de l'économie durable. La crise COVID-19 risque en effet de provoquer un nouvel attentisme envers les engagements pris, alors même que l'économie durable constitue la solution pour le capitalisme mondial post-COVID-19.
Journalistes, analystes ont commencé à comparer, classer les entreprises engagées sur la voie d'un « green new deal ». Et pour cause, nos dirigeants sont appelés à déterminer de nouvelles trajectoires de gouvernance faute d'union aujourd'hui pour une Europe verte, faute d'une gouvernance mondiale verte, faute d'une harmonisation des données d'investissement socialement responsable (ISR) au niveau européen. Nos leaders politiques n'ont pas admis que l'ère anthropocène jouerait un rôle central dans le renouvellement du capitalisme. Car, oui, le temps a changé. D'historique, il est devenu géologique. Il est celui de l'empreinte humaine sur la biosphère, celui qui invite à un rééquilibrage des activités dominantes sur la surface de la planète. Car, oui, il y a des excès de déforestation, d'industrialisation, d'urbanisation et les pandémies (SRAS, COVID19) se succèdent. Ces temps de crise peuvent appeler à renouveler nos pratiques écologiques sur le plan social, environnemental et mental comme le philosophe de la dé-construction Félix Guattari nous y invitait avec son concept "d'écosophie" pour recomposer une terre humainement habitable.

Aujourd'hui, « nous sommes en guerre » contre une crise sanitaire. L'Europe est désormais l'épicentre de l'épidémie, selon l'OMS. L'urgence appelle donc à se souvenir de l'ingéniosité de l'homo sapiens qui à coup de révolutions industrielles et de progressisme, a permis une amélioration de l'état de l'humanité.
Nous sortirons de cette crise. Mais nous devons nous rappeler aussi de notre extraordinaire capacité humaine à oublier, faire « table rase » du passé.
Post-COVID-19, il ne faudra donc rien lâcher sur l'Europe verte et l'économie durable. En l'absence de règles admises ou contraignantes, les pionniers devront montrer l'exemple au risque de surprendre. Ne rien lâcher, ne signifie pas jouer les Cassandre, c'est ne pas autoriser que la crise du COVID-19 entrave un défi inéluctable, celui de la transition vers l'énergie propre, celui d'une nouvelle trajectoire à notre modèle économique.
Face à l'urgence mondiale COVID-19, il s'agit de voir plus loin : la sortie de la crise, et les décennies qui nous attendent. Ne rien lâcher, c'est ce que demande l'Agence internationale de l'énergie aux gouvernements, d'abord. À l'origine de 70 % des investissements énergétiques mondiaux, les gouvernements doivent faire bloc et ne pas céder à la chute des prix des énergies fossiles issue de ce COVID-19.

Ne rien lâcher, c'est ensuite aux dirigeants que l'on pense
Ceux qui prenaient les risques d'intégrer pleinement l'impact écologique de leur entreprise à un moment où dégager de la sur-performance (de l'Alpha financier) avec des critères ESG (économiques, sociales et gouvernementales) n'allait pas encore de soi. C'était vrai avant la crise COVID-19. Ça le sera encore plus après.

Nous pourrons compter sur le premier classement des dirigeants en fonction de ce qu'ils nous inspirent par leurs démarches volontaristes et leurs engagements personnels. Certainement aussi sur une vague de « Name and Shame ». Quoiqu'il en soit, ces dirigeants qui ne lâcheront pas seront les pionniers d'un nouveau capitalisme plus équitable, plus soucieux des écosystèmes. À cet égard, la crise du COVID-19 sera l'épreuve de feu pour la planète. Le risque étant que le sauvetage des entreprises post-covid19 priorise à nouveau la seule maximisation des profits. Cette crise montre en effet à quel point notre société est vulnérable, tout comme nos écosystèmes financiers, face aux défis exogènes (environnementaux, sanitaires, montée des inégalités). Nos modèles ne prennent pas suffisamment en compte la contrainte entropique, ce qui fait courir un risque à un énième rebond de l'activité économique. Profitons-en bien pour affecter une partie des capitaux considérables qui vont être injectés dans l'économie au service du développement durable.

L'Europe doit donc s'y préparer et ne pas oublier qu'elle a des champions parmi les meilleurs sociétés de gestion d'actifs qui peuvent imposer une nouvelle culture du capitalisme. Ainsi, dans une récente publication réalisée par la Banque des Règlements Internationaux (BIS), « The Green Swan », était reconnu non seulement les impacts profonds et irréversibles du changement climatique sur les écosystèmes et la société, mais aussi l'arrivée d'une véritable rupture épistémologique dans la communauté financière : la nécessité pour les banques centrales d'agir en faveur d'une finance verte, gage de stabilité financière pour la planète.
Après la crise, viendra le temps pour nos dirigeants d'entreprise, nos asset managers, nos instances dirigeantes de prendre le virage de « l'or vert ». L'Europe devra alors aligner ses planètes autour d'un bien commun, la Terre. Une priorité pour notre planète et ses habitants ! Ici et maintenant.

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Selon Mrs Bertrand Badré, ancien Directeur Général de la Banque Mondiale et CEO et fondateur de Blue like an Orange Sustainable Capital ; Bernard Michel, Président Viparis et Real Estech Europe et Camille Fumard, Head of Leadership Strategies chez JIN

Lundi vert: pourquoi ne pas prolonger l'expérience?

Le journal La Bannière de l'ONG Greenpeace fait le point concernant l'opération "lundi vert" qui était lancée il y a un an. Elle consiste à encourager le grand public à ne consommer ni viande ni poisson le lundi. Le bilan de cette année de test est encourageant: en effet, 87% des personnes interrogées ont déclaré vouloir poursuivre cette expérience. Gageons qu'elle portera des fruits à court terme et deviendra une habitude de vie!

C'est une bonne nouvelle certes car il s'agit de lutter contre la surproduction de soja pour nourrir les animaux et la surconsommation de viande par les habitants des pays développés. Ces excès ont une incidence catastrophique à la fois sur notre santé (obésité, cholestérol, maladies cardio-vasculaires) et sur l'environnement. Beaucoup de surfaces agricoles ont été, en effet, déforestées dans certains pays, afin de favoriser un élevage extensif. Quant à la surpêche, elle ne permet plus à la ressource de se régénérer; elle abîme les coraux et arrache les algues où vivent des colonies de petits poissons.

Pour s'informer à ce sujet, consulter le site Internet: www.greenpeace.bit.ly/lundi-vert.

Lyliane

24/04/2020

Les aliments à privilégier pour rester en bonne santé...

L’alimentation la plus saine et la plus facile à suivre est celle à index glycémique bas (régime Montignac).

La glycémie est la quantité de glucose (sucre) contenu dans le sang. Lorsqu’on est à jeun, la glycémie est d’environ 1 g de glucose par litre de sang [1].

Les aliments à index glycémique élevé provoquent une augmentation brutale du taux de sucre dans le sang. Or les pics de glycémie favorisent le stockage des graisses.

Une alimentation à index glycémique bas a pour objectif de :

  • Réduire votre risque de diabète de type 2
  • D’infarctus
  • De cancer
  • De pathologies des yeux
  • De perte auditive liée à l’âge
  • Réduire l’inflammation générale du corps
  • Perdre du poids
  • Augmenter votre durée de vie [2]

Comment calcule-t-on un index glycémique ?

En 1981, un chercheur du nom de Jenkins s’intéressa à l’allure des pics de glycémie dans les deux heures qui suivent l’ingestion d’aliments :

graphique taux de sucre sanguin et prise d'aliment glucidique
On voit des pics courts et sévères, ou doux et prolongés.

Ensuite, Jenkins a calculé la surface sous la courbe pour différents aliments (en haut à droite du graphique). Et pour les comparer facilement entre eux, il a rapporté leurs surfaces à celle d’un aliment de référence : le glucose pur.

L’index glycémique du glucose pur a été fixé à 100.

Comprendre l’échelle des index glycémiques

Le pain blanc et les pâtes ont un index glycémique entre 70 et 90. Ils sont donc moins hyperglycémiants que le glucose.

Le brocoli et la courgette ont un index glycémique inférieur à 20. Ils sont beaucoup moins hyperglycémiants que le glucose.

À l’inverse, on trouve le sirop de maïs (index glycémique 115 !) qui est encore plus hyperglycémiant que le glucose [3].

L’erreur que tout le monde fait avec l’index glycémique

Attention, les aliments sucrés n’ont pas nécessairement un index glycémique élevé. Par exemple, la carotte a un index glycémique de 16.

Inversement, une pomme de terre frite n’est pas sucrée mais son index glycémique est tout de même de 95 !

Il existe des centaines d’aliments variés à index glycémique inférieur à 50. Ainsi vous pouvez élaborer à l’infini des menus délicieux sans mettre à mal votre glycémie.

Je vais vous présenter les aliments les plus courants, ceux que vous pourrez acheter lors de votre prochaine visite au magasin.

Légumes à volonté

Voici donc les légumes à index glycémique bas, c’est-à-dire inférieur à 20.

L’avocat : champion du monde avec son index glycémique égal à 1 !

Le brocoli

L’aubergine

La courgette

Le concombre

La carotte

La betterave

L’ail

L’oignon

Le poireau

L’épinard

Le haricot vert

Le poivron

La salade verte

La tomate

Le persil

Le chou-fleur (et le chou de Bruxelles)

Le yaourt au soja (IG = 20) [4]

Enfin, je vous conseille les champignons (IG = 15). Et même le chocolat noir 85 % et plus dont l’index glycémique dépasse à peine 22.

La meilleure alternative à la pomme de terre

Il faut absolument citer la patate douce. Malgré son goût sucré, son index glycémique n’est que de 46. C’est excellent par rapport à la pomme de terre (IG = 70-95) [5].

Fruits et oléagineux à volonté : IG < 20

La framboise

Le cassis

Le citron

Les amandes

Les noix de Grenoble

Les aliments à index glycémique = 0

Les viandes et poissons ne contiennent pas de glucides. Leur index glycémique est donc égal à 0.

Le poulet, le bœuf, le jambon, la dinde, les œufs, les crevettes, le maquereau, la sardine et le saumon sont donc recommandés dans le régime IG.

Avec tout ça, vous allez pouvoir créer des menus pour toute l’année… en ayant la conscience tranquille !

Bien à vous,

Eric Müller




voici les sources :

[1] http://www.montignac.com/fr/index-glycemique/

[2] http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/Regimes/Fiche....

[3] http://www.montignac.com/fr/rechercher-l-index-glycemique...

[4] 100 aliments IG à volonté, Angélique Houlbert, Thierry Souccar Editions

[5] http://www.montignac.com/fr/rechercher-l-index-glycemique...aliment

Cuisiner sans gaspiller ...

Pesto de fanes de radis, bouillons d'épluchures… La popote "écoresponsable" se révèle utile, pendant le confinement et après. l n'y a pas de revanche tardive. Voyez ces épluchures qui relèvent la tête, ces carcasses qui bombent le torse, ces tiges qui n'ont plus honte d'elles-mêmes… Les bien nommées parures alimentaires envisagent enfin leur avenir ailleurs qu'au fond d'une poubelle. Si elle existe depuis des dizaines d'années, la cuisine antigaspi prend tout son sens aujourd'hui, elle qui a ­toujours su comment cuisiner toutes les parties d'un même ­aliment, même celles qu'on envoyait d'office au vide-­ordures : ­trognons, ­pelures, croûtes, côtes, feuilles, noyaux, écorces, arêtes et os…
À l'aune de l'épreuve sanitaire que nous traversons et malgré les injonctions consuméristes, la ­popote "écoresponsable" n'a jamais semblé aussi nécessaire. Ce bon sens culinaire est à la fois essentiel à nos assiettes, à notre porte­feuille et à notre ­planète puisqu'il permet de ne pas ­gâcher la nourriture à l'heure où les chiffres de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) donnent la nausée : on jette en France 10 millions de tonnes de nourriture par an, soit 29 kilos par personne. Autant revoir notre copie par le menu. Et très vite.
L'art et la manière de donner plus de goût
"La cuisine écoresponsable, c'est déjà choisir la bonne quantité de nourriture pour éviter les restes puis, s'il y en a quand même, ­savoir les accommoder, explique Chloé Charles, cheffe indépendante qui excelle dans l'exercice. Il ne faut pas non plus acheter trop de nourriture pour éviter d'avoir des aliments périmés au frigo." En réalisant deux ou trois repas à partir d'un plat initial, on fait des économies sans pour autant mégoter sur la qualité et le goût. De quoi pousser à regarder d'un nouvel œil sa botte de radis : ses fanes peuvent devenir à la fois une soupe, un pesto, un coulis, un beurre-pommade aromatisé ou encore un condiment pour accompagner un poisson…
"Le 'zéro déchet', c'est une sorte de jeu : on n'a rien à perdre à essayer!"
Les a priori ont pourtant la vie dure : beaucoup voient ces recettes "de peu" comme une cuisine au rabais, qui consisterait à reconvertir des aliments ­périmés ou mauvais au goût. "Les gens ­pensent qu'ils vont grignoter des os ou ont peur de ne pas savoir comment faire, poursuit la cheffe. Mais le 'zéro déchet', c'est une sorte de jeu : on n'a rien à perdre à essayer! Achetons des aliments de qualité, sourcés et de saison, pour les utiliser à 100% : agir ainsi, c'est respecter la hiérarchie de leur production et rendre hommage à l'être humain qui les a produits." Rayon légumes, cédons aussi aux charmes des "moches", ces ­légumes "non calibrés", que les grandes ­surfaces ou les ­restaurants huppés recalent souvent sous ­prétexte qu'ils sont tordus.
Oublier l'apparence pour se concentrer sur le goût d'une parure ouvre la porte à ­d'innombrables ­recettes malignes : réaliser des chips de pluches multicolores, un coulis de fraises avec les parties vertes du fruit, une mayonnaise aromatisée au vert d'un poireau… "C'est devenu à la mode mais ça renvoie simplement à la cuisine de nos grands-mères, estime Pierre Augé, de La Maison de Petit Pierre, à Béziers.
Il ne s'agit pas seulement de trouver une seconde vie à un ­ingrédient mais seulement de ne pas l'ignorer. Au restaurant, le moindre pain ­restant devient une chapelure." Le chef ne manque pas d'astuces : réaliser un granité en congelant l'eau des poires au sirop, monter l'eau des pois chiches en neige pour remplacer les blancs d'œufs dans une mousse au chocolat ou récupérer les restes de l'agneau pascal pour en faire un ragoût façon parmentier, en le faisant confire avec des olives vertes, des tomates, de l'oignon…
Une philosophie des fourneaux qui plaît
Chez Chloé Charles, l'exercice est incontournable et l'imagination, sans limites. "C'est une cuisine de valeur ajoutée, insiste-t?elle. Elle donne deux fois plus de goût aux plats." Des épluchures de ­légumes? Elle en fait un bouillon qui servira à un pot-au-feu mais aussi à la cuisson des pâtes ou du riz. Le vert des poireaux? Il sert à humidifier naturellement les cuissons au four, inséré par exemple dans le coffre d'un ­poulet, pour que les blancs restent bien tendres. Des brioches ratées? Coupées en cubes, grillées au four, infusées dans du lait puis mixées, elles se transforment en une délicieuse soupe, façon crème anglaise…
Bouillons, fonds, fumets… Ces sacrées parures ont donné naissance aux sauces et aux jus, qui ont eux-mêmes créé tout le caractère, le goût et la renommée de la gastronomie française. Historiquement, ce sont aussi les ménagères qui adoptèrent ce réflexe bien avant les chefs, en période de pénurie, de guerre ou de crise économique. C'est ainsi que le pain perdu et les croûtons sont nés de la récupération du pain rassis, les bouillons de celle des os de volailles… Sans parler des traditionnels ­pot-au-feu ou hachis parmentier, inventés pour recycler la viande.
"On se pose la question pour chaque aliment. On jette très peu."
En Italie, une des recettes de la cucina povera consiste à remplacer le parmesan par des miettes de pain sautées à l'huile d'olive avec de l'ail. Un troc à la fois malin et délicieux.
Aujourd'hui, cette philosophie des fourneaux a pris un tour plus écologique qui séduit le grand ­public : en témoigne le succès des livres de recettes zéro déchet ou de "batch cooking", cette vieille technique consistant à préparer le dimanche de quoi manger pour toute la semaine. Les chefs aussi commencent à adopter le concept : on notera entre autres l'excellent livre du chef du Plaza Athénée, Romain Meder, Naturellement libre (Ducasse ­Édition), ou celui de Sonia ­Ezgulian, Antigaspi (Flammarion), où l'on trouvera les meilleures idées possible pour se lancer.
Dans les restaurants aussi, l'idée fait son chemin. Florent Piard en a même fait le fondement de ses deux adresses parisiennes, Les Résistants et L'Avant-Poste. On n'y
travaille qu'avec des produits de petits producteurs éthiques et sourcés, et c'est la carte, ultra-flexible, qui s'adapte aux denrées disponibles. "On se pose la question pour chaque aliment, explique-t-il. On jette très peu. Nos restaurants existent grâce à cette vision des choses, qui peut se décliner chez les particuliers. C'est économique, ludique, écolo et très bon!" La cuisine "de peu" fait finalement beaucoup.
Selon Mme Charlotte Langrand - leJDD - mardi 21 avril 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

21/04/2020

En Italie réapparition des "courses suspendues"...

C'est l'une des nombreuses formes de solidarité qui, depuis le début de la crise sanitaire et économique liée au coronavirus, ont surgi aux quatre coins de la péninsule. Afin d'aider les nombreuses personnes amputées de leurs revenus et peinant à remplir leurs caddies, les "courses suspendues" prolifèrent en Italie.
L'idée s'inspire d'une ancienne pratique diffuse dans la ville de Naples au siècle dernier, que la crise de 2008 a relancée: le "café suspendu". Elle permet, lorsqu'on commande un café, d'en payer deux, le deuxième pouvant être consommé par tout client moins fortuné qui en fera la demande. Interprétée à l'aune de l'urgence sociale due au Covid-19, elle consiste désormais à ajouter à son sac de courses des produits de première nécessité destinés à un.e bénéficiaire inconnu.e.

"Si tu en as besoin, prends"
A Naples, le passage d'un concept à l'autre a été spontané. Posés dans les rues ou accrochés aux balcons, des paniers remplis de vivres ont commencé à paraître, accompagnés de panneaux écrits à la main: "Si tu en as besoin, prends", "Si tu as faim, il y a quelque chose", "Si vous pouvez, mettez quelque chose, sinon prenez". Le succès de leurs photos sur les réseaux sociaux a été tel que des autorités publiques aux grands groupes privés, en passant par les ONG, de nombreuses structures ont décidé de participer à l'initiative.
La ville de Naples a ainsi lancé un mécanisme officiel, visant à mettre les commerces en relation avec les organisations de don alimentaire: paroisses, ONG etc. Dans la région de Rome, plusieurs municipalités se sont aussi activées afin d'obtenir les adhésions de supermarchés. Autour de Florence, l'entreprise italienne Coop Italia s'est aussi ralliée au mouvement, en ouvrant à ses clients la possibilité de donner soit de l'argent, soit des points de leurs cartes de mutualistes, afin de financer l'achat de courses pour les plus pauvres.

96 tonnes de nourriture 100% italienne:
Dans toute l'Italie, Coldiretti (Confederazione nazionale coltivatori diretti), le principal syndical agricole italien, a pour sa part mobilisé son réseau de vente directe, Campagna Amica. Grâce aux "courses suspendues", il affirme avoir ainsi pu distribuer "96 tonnes de nourriture 100% italienne, de qualité et à kilomètre zéro en une seule semaine à 22.000 familles": "des fruits, des légumes, du fromage, des charcuteries, des pâtes, des sauces tomates, de la farine, de l'huile, du vin", est-il précisé. La distribution a été possible grâce à la collaboration de quelque 250 structures sur le territoire: paroisses, banques alimentaires, administrations municipales etc.
Et en outre de se multiplier, désormais la solidarité commence même à prendre de nouvelles formes, élargissant la notion de "biens de première nécessité". Pour Pâques, Coldiretti prévoit de distribuer aussi des plats traditionnels locaux. A Syracuse (en Sicile), la mairie a activé des "courses suspendues" pour les chiens et chats: l'objectif et de collecter des vivres qui seront distribués soit à des propriétaires en difficulté, soit aux bénévoles qui s'occupent des animaux de rue.

Selon Mme Giulietta Gamberini - La Tribune - lundi 6 avril 2020

20/04/2020

Des comédiens se font crieurs de rue à Lyon...

Ils délivrent chaque soir des messages aux 350 habitants de la résidence.

Valéria Cardullo et Alex Repain sont comédiens. Depuis le début du confinement ils se transforment en crieurs publics pour porter chaque soir dans une résidence du 7e arrondissement de Lyon, des messages, des annonces à l'attention des habitants confinés.
Voilà une initiative qui, à l'ère de la communication instantanée via les réseaux sociaux, nous projette quelques siècles en arrière. Tous les soirs à 19 heures, les deux comédiens enfilent leur grande veste rouge. Après qu'un voisin a battu le rappel avec son djembé, ils délivrent aux habitants de cette résidence à leurs fenêtres des messages personnels, des annonces à destination de la communauté : "Quelqu'un aurait-il un vélo d'appartement que l'on pourrait laisser dans le jardin afin que chacun puisse l'utiliser à tour de rôle ?". Un voisin boulanger fait passer le message de sa capacité à livrer baguette et croissants ...
Joyeux anniversaireLes deux comédiens collectent les annonces par mail et les crient le soir-même. C'est ainsi que, ce jour-là, la résidence toute entière a souhaité un bon anniversaire à la jeune Sandra.

Le comédien Alex qui, conseillé par une coach sportive, montre également quelques exercices à faire pour rester en forme, ne s'attendait pas à un tel succès. Je pense qu'il y a un élan de solidarité qui commence, de courage et de force à se donner entre nous.

Alex Repain

Alors que ce soir-là une voisine est descendue jouer du violon après la criée, Valéria et Alex l'assurent, ils continueront d'être messagers jusqu'à la fin du confinement.

Franceinfo - Franceinfo - mercredi 1 avril 2020

 

 

 

 

 

16/04/2020

Prendre soin de la planète malgré le confinement....

Même depuis son canapé ou son bureau de télétravail, il est possible de poursuivre ses actions pour préserver notre environnement. Voici la seconde partie de la sélection (non exhaustive) de «Libération».
Retrouvez tous les samedis dans la chronique «Terre d’actions» des initiatives pratiques et écolos en France et dans le monde.
La première liste vous a plu ? Vous en voulez encore ? Vous avez peut-être lu, entre-temps, cette tribune ou encore cette interview qui expliquent pourquoi crise environnementale et sanitaire ne doivent pas être dissociées. Alors voici cinq autres idées de petits et grands gestes à faire en faveur de l’environnement, tout en restant chez soi.
N°1 : Apprendre à faire ses cosmétiques et produits ménagers
Découvrez le monde merveilleux des cosmétiques et produits ménagers faits maison. Moins chers, meilleurs pour l’environnement (moins de déchets) et pour la santé (moins de produits chimiques), ils durent aussi plus longtemps, et surtout, une fois terminés, rendent fiers. Sur Internet, de nombreux blogs offrent des recettes pour créer shampoings solides, déodorants, lessive ou même pastilles W.C. On recommande les bons plans du site et livre de «la Famille zéro déchet», ou encore le prolifique groupe Facebook "les Ecolos bio zéro déchet"Pour trouver les ingrédients, direction le site Aromazone. Pas convaincus ? Voici alors des conseils pour s’y retrouver dans la jungle des labels bio pour cosmétiques. 

N°2 : Changer de fournisseur d’électricité
Au premier abord, cela semble compliqué. Et puis, on ne sait pas chez qui aller. Pourtant, depuis l’ouverture du marché européen de l’électricité en 2007, bien choisir son fournisseur est devenu un acte citoyen. Pour aider à s’y retrouver, l’ONG Greenpeace, très engagée pour la sortie du nucléaire, a établi un classement des entreprises en fonction du pourcentage de renouvelables et de nucléaire dans leur approvisionnement. En tête de liste, on trouve Planète Oui, Enercoop, Plüm Energie, Urban Solar et Ilek. Et, en bas de classement, Engie happ-e, EDF Sowee et Total Spring, entre autres. A chacun ensuite de choisir le fournisseur qui lui convient le mieux. Cela ne prend, sur Internet, on l’a testé, que quelques minutes pour changer. Cela marche aussi pour le gaz renouvelable (et non naturel) avec des fournisseurs comme ekWateur.

N°3 : Faire un bilan de sa consommation d’électricité
Tant qu’on y est, pourquoi ne pas s’engager dans le gros chantier de la transition écologique : la baisse de la consommation d’énergie, et donc, la rénovation des bâtiments ? Pour poser les bases, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) propose un test intitulé «Maîtrisez-vous bien votre consommation d’électricité ?» Avec des bons plans pour réduire sa facture. Pour ceux qui veulent aller plus loin et se pencher sur la rénovation thermique de leur logis, l’agence publique Faire donne toutes les informations nécessaires et peut mettre en contact avec des conseillers gratuits. Et comme cela représente souvent d’importants investissements, le ministère de l’Economie rappelle toutes les aides financières publiques qui existent

N°4 : Se (re)mettre au tricot ou au crochet
En fonction de la météo, surtout pour les lecteurs ultramarins, certains préféreront le crochet au tricot. Pour d’abord faire des conceptions uniques à arborer fièrement, pour se relaxer et surtout pour reprendre le contrôle sur son placard face à la fast fashion, reprendre les aiguilles en main permet aussi de soutenir la filière laine française qui tente, tant bien que mal, de survivre face à la concurrence chinoise et turque. On trouve nos modèles sur Laines-Cheval-Blanc, Phildar ou Drops (pour les anglophones). Et notre laine française chez la Scop Ardelaine ou la filature Fonty.

N°5 : Compter les oiseaux et papillons dans son jardin
Tout en profitant du soleil, vous participerez à la marche de la science. Faire l’expérience de la nature, se reconnecter avec elle «non seulement avec sa tête, mais aussi avec son corps, ses émotions, ses affects» est «essentiel pour sauvegarder la biodiversité», expliquait Anne-Caroline Prévot, directrice de recherche CNRS au sein du MNHN, dans une précédente chronique du Fil vert. Les sciences participatives peuvent nous y aider. Il faut pour cela un jardin, quelques oiseaux qui s’y promènent, ou des fleurs qu’apprécient les insectes, un carnet pour écrire ou une application mobile comme Birdlab pour les bêtes à plumes. Pour aider les biologistes français dans leur inventaire de la biodiversité mal en point, retrouvez toutes les infos sur Vigie-Nature.

Selon Mme Aude Massiot - Liberation - samedi 28 mars 2020

15/04/2020

Légumes et fruits de saison à déguster sans modération...

Nous sommes nombreuses et nombreux à cuisiner davantage pendant le confinement. Mais le rush sur les pâtes, le riz et la farine ne doit pas pour autant nous faire oublier les fruits et les légumes de saison. Tout d'abord, il y a les asperges, un aliment printanier, dont les vitamines C et B, les minéraux comme le potassium, le fer, le magnésium sans oublier les fibres et les protéines ne sont pas négligeables. Bouillie ou cuite à la vapeur, l'asperge se consomme dans les 24 h car elle s'oxyde rapidement. Les épinards de leur côté sont une mine d'antioxydants, riches en chlorophylle. On les mange crus en salade ou cuits à la vapeur.

Les radis dont les fanes se consomment en potage ou sautées comme des épinards réunissent beaucoup de nutriments dont la vitamine C (100g couvriraient 30% de nos besoins). Les petits pois ensuite, qui sont une légumineuse riche en protéines( 6g pour 100g), se cuisinent en jardinière avec des carottes et se digèrent facilement. C'est également le plein moment des artichauts, qui regorgent de vitamines B9 et de minéraux (manganèse, fer, cuivre et magnésium...). Bons pour le foie, ils se mangent cuits et se consomment dans les 24h.

Les fraises, faibles en calories, apparaissent sur nos étals. La fraise  apporte autant de vitamine C qu'une orange, mais elle est riche en glucides. On la mange le plus souvent telle quelle ou en tartes. Quant à la rhubarbe, légume et fruit à la fois, elle est pauvre en calories. Son goût est acidulé. Favorisant les vitamines A,B, C,E et K, elle est riche en bétacarotène et comporte beaucoup de fibres. Toutefois, ne consommer que les côtes car les feuilles sont toxiques. Sa consommation se fait habituellement chez nous en mode sucré (tarte, compote, gelée).

N'oublions pas non plus les aromates comme la ciboulette, le basilic, le thym, la coriandre, le persil, l'aneth, qui relèvent les plats et ont des vertus digestives en même temps. Consommés fraîs, leurs qualités gustatives sont décuplées. Alors, n'hésitons pas à croquer ces fruits et légumes du printemps!

Lyliane

 

12/04/2020

Des repas à Palaiseau pour les soignants...

« Le temps d'un repas, nous avons pensé à autre chose. Ce que vous nous avez livré nous a donné plus de courage pour continuer à affronter ce Covid-19. » Ce message reçu d'un médecin de l'hôpital Cochin (Paris, XIVe), Evagoras Mavrommátis le garde précieusement sur son téléphone, comme des dizaines d'autres. Avec ses frères Andréas et Dionysos, il est à la tête de la Maison Mavrommátis, célèbre institution de la gastronomie grecque en France. Depuis le début de la crise du coronavirus, 300 repas sont élaborés dans leurs cuisines centrales situées à Palaiseau et livrés gratuitement aux personnels soignants des hôpitaux de la région parisienne

Mercredi, les pompiers de Palaiseau goûteront à leur tour à ces plats helléniques réputés pour leur excellence. Houmous, caviar d'aubergines, moussaka, tzatzikis, aubergines farcies, feuilles de vigne farcies au riz, yaourts grecs au miel… Des spécialités méditerranéennes qui mettent un peu de baume au cœur à toutes ces personnes mobilisées contre le coronavirus.
Pour les frères Mavrommátis , dont Andréas, unique chef grec étoilé en France, il n'était pas question de rester les bras croisés pendant le confinement. « Tous nos restaurants ont été fermés le 14 mars au soir à minuit, raconte Evagoras Mavrommátis. Nous avons pu garder ouvertes quatre boutiques de traiteur à Paris pour de la vente à emporter et des commandes à emporter livrées par des prestataires comme Delivroo ou Uber eats. »
Ce qui signifie que les cuisines centrales de Palaiseau, où sont confectionnés les plats vendus en boutique traiteur, sont restées opérationnelles. L'idée d'offrir aux personnels soignants de quoi se sustenter est venue rapidement. « On a commencé timidement, mais cela a vite pris de l'ampleur, poursuit Evagoras Mavrommátis. Nous travaillons beaucoup avec le corps médical, nous avons beaucoup de contacts. Au fur et à mesure, nous avons été sollicités par de plus en plus d'établissements, de médecins, d'infirmières… »
Les livraisons touchent de nombreux établissements d'Ile-de-France : le centre hospitalier du sud francilien à Corbeil-Essonnes qui a reçu 100 kg de repas le 30 mars, mais aussi des hôpitaux de toute la région parisienne : « Necker, Lariboisière, Cochin, La Pitié-Salpêtrière, Le Kremlin-Bicêtre, l'hôpital de Neuilly, la clinique Geoffroy Saint-Hilaire, Bichat, la résidence Ave Maria », énumère Evagoras Mavrommátis.
À chaque fois, les équipes médicales ne manquent pas de remercier en postant des photos. Au-delà de s'être régalés de mets succulents, ils témoignent de ce que ça leur a apporté. « On leur permet de se changer les idées, la cuisine grecque c'est un peu le voyage, sourit Evagoras Mavrommátis. Dans la culture grecque, aider les autres c'est naturel. C'est un devoir. Offrir des repas à ceux qui se battent contre cette maladie, c'est la moindre des choses. »
Si son frère Andréas est en cuisine, lui se rend tous les jours sur le marché d'intérêt national de Rungis (Val-de-Marne) pour acheter les matières premières. « Je n'ai pas de souci d'approvisionnement, mais comme nous continuons d'acheter des produits de grande qualité et très frais, ils se payent de plus en plus cher, témoigne Evagoras Mavrommátis. Les prix augmentent beaucoup, mais on ne les discute pas car on est déjà content de les trouver. Tant qu'on peut, on continue. »
À Paris, les clients de leurs boutiques restées ouvertes sont tout aussi reconnaissants que les personnels soignants, même si eux payent évidemment ce qu'ils achètent. « Certains, surtout dans notre magasin historique du Ve arrondissement, viennent juste pour parler un peu, juste pour nous remercier d'être là pendant la crise, raconte Evagoras Mavrommátis. On leur devait de ne pas les abandonner. »

Selon Mme Cécile Chevallier - Le Parisien - mardi 7 avril 2020

10/04/2020

Valoriser les "petits métiers"...

Le secrétaire général de FO demande un geste pour les professions "qu'on ne voyait jamais auparavant" et qui sont devenues indispensables.
La France est entrée mercredi dans sa 16ème journée de confinement à cause de l'épidémie de coronavirus. Pourtant, près de 19 millions de personnes doivent se rendre chaque jour au travail, qu'il s'agisse des soignants, des caissières, des livreurs, des routiers, des postiers, des éboueurs, des agents de nettoyage...
"Le gouvernement tient parfois des discours contradictoires. Par exemple, au titre de la continuité économique, y compris dans des secteurs essentiels, il a pris des ordonnances - contre l'avis des syndicats et d'ailleurs y compris les organisations patronales au plan national - qui permettent d'allonger le temps de travail jusqu'à 60 heures par semaine. C'est l'inverse qu'il faut faire puisque dans ces secteurs indispensables, il faut plutôt ménager les salariés, et ne pas ajouter au risque épidémique un risque sur la santé au travail", a estimé Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière, mercredi sur RFI.
Valoriser des métiers "qu'on ne voyait pas"
Il s'est montré prudent sur la prime défiscalisée que les entreprises peuvent verser aux salariés. "Ceux qui pourront la percevoir s'en satisferont évidemment. Mais nous avions mis en garde pour que ce ne soit pas une prime versée contre un risque, en cas d'insuffisance de protection", a jugé Yves Veyrier. "Ensuite on va se heurter à une difficulté, c'est que tout le monde ne va pas toucher cette prime ou au même niveau (...), selon la santé financière des entreprises donc c'est un peu compliqué", à ses yeux.
Il a au
ssi voulu défendre les milliers de femmes de ménages, caissiers, ou livreurs (entre autres) qui se rendent au travail. "Ce qui nous paraît important c'est que toutes les professions qu'on ne voyait jamais auparavant (...), tous ces petits métiers, on s'aperçoit qu'ils sont indispensables à la population et au sortir de cette crise, il faudra un grand plan de revalorisation, y compris sur le plan de la rémunération car on s'aperçoit tout à coup que ces métiers-là sont des métiers extrêmement importants", a jugé le patron de FO.

Selon Boursier.com - Boursier - mercredi 1 avril 2020

 

09/04/2020

Les aidants enfin pris en compte...

Dans le magazine TV de la semaine, un article souligne le fait qu'il y a 11 millions de Français qui soutiennent des membres de leurs familles. Ils sont nommés "aidants".En soutenant un proche, ils effectuent des tâches lourdes, qui peuvent impacter leur vie personnelle. Malgré le recours aux services à la personne pour les courses, les repas et les toilettes, certains doivent interrompre leur vie professionnelle momentanément. Les trois quart d'entre eux souffrent de surmenage et 60% de troubles du sommeil.

En 2016, une loi relative à l'adaptation de la société au vieillissement (ASV) a instauré un "droit au répit" pour les aidants de personnes handicapées ou âgées  en perte d'autonomie bénéficiant de l'APA (allocation personnalisée d'autonomie). Ce droit au répit limité à 500 euros par an finance un relais à domicile ou l'accueil dans une structure d'hébergement.

Actuellement, le gouvernement a décidé d'engager "une véritable politique en faveur des proches aidants". Menée sur 3 ans, cette stratégie rendra public son premier bilan lors de la journée nationale des aidants du 6/10/2020. Pour trouver des informations et des aides concernant les solutions en faveur des seniors sur smartphone ou Internet, on peut contacter les sites: www.silveralliance.com ou senior-compagnie.fr. Il existe enfin, une application reconnue d'entraide entre voisins de tout âge nommée smille (covoiturage,garde d'animaux...).

Lyliane

08/04/2020

Circuits courts: le Val de Loire s'organise!

701 produits du territoire référencés et 60.000 visites sur le site Internet Produits-frais-locaux-centre-valdeloire.fr en trois jours. Le nouvel outil collaboratif, lancé par le Centre Val de Loire pour donner une bouffée d'oxygène aux producteurs et aux commerçants en période de confinement, bénéficie d'un démarrage allant au-delà des espérances de la collectivité. Le chiffre d'un millier de produits proposés, qui constituait l'objectif initial de la région présidée par François Bonneau, devrait être atteint dès le 10 avril. A la clé, une large palette de fruits, légumes, laits, œufs, viande et volailles accessibles en quelques clics. Réparties géographiquement, les denrées fraiches peuvent être livrées ou récupérées sur place.

Cet immense marché régional dématérialisé est encore enrichi par le référencement exhaustif des autres initiatives de circuits courts d'alimentation déjà existants à l'échelle des communes et des départements. Achats groupés, drives fermiers, paniers de producteurs : une cinquantaine de dispositifs fonctionnent déjà en Centre Val de Loire. Pour accroître la notoriété de sa plateforme, la région investira par ailleurs 70.000 euros en communication dans les médias locaux. Calendrier oblige, ces campagnes mettront notamment en valeur les produits consommés autour de Pâques, comme l'agneau du Berry. Les secteurs de production les plus touchés bénéficieront également d'un coup de pouce promotionnel.

Fleurs et formages de chèvres dans l'œil du cyclone:
Plusieurs filières agricoles du Centre Val de Loire sont plus particulièrement touchées par la baisse de clients résultant de l'épidémie de Covid 19. Il s'agit au premier chef de l'horticulture qui vient seulement de récupérer l'autorisation de vendre en GMS et ne peut plus écouler ses produits depuis la fermeture des fleuristes le 15 mars. D'après Philippe Noyau, président de la Chambre régionale d'agriculture, le manque à gagner pour les quelque 200 producteurs de fleurs du Centre Val de Loire avoisinerait 100 millions d'euros. Autres producteurs sinistrés les éleveurs caprins et les viticulteurs dont les débouchés à l'exportation se sont taris. Les exploitations de fraises et d'asperges de Sologne, pour lesquelles la saison de récolte approche, connaissent quant à elles une pénurie de main d'œuvre saisonnière qui menace une partie de la production.

Outil durable de consommation:
Pour le président de la région, cet accueil favorable des professionnels et des consommateurs valide la stratégie de la région en faveur des circuits cours et la pousse à enfoncer le clou. « Au même titre que la relocalisation de certaines entreprises, cette crise sanitaire aura après coup une incidence favorable sur l'écosystème agricole régional, assure François Bonneau. De fait, elle met en exergue le bien-fondé de manger des produits locaux, frais et sains, au détriment des marchandises issues de pays lointains ou consommées hors saison ». Conséquence, la plateforme ponctuelle Produits-frais-locaux-centre-valdeloire.fr sera adaptée et pérennisée dans la durée. Également au programme, le lancement, déjà dans les cartons mais désormais accéléré, d'une marque régionale autour de l'alimentation l'été prochain. Le nouveau label, dont l'identité n'a pas été révélé, mettra en relief la beauté et la grandeur du Centre Val de Loire, indique simplement François Bonneau.

Alors qu'attendent les autres régions françaises pour s'y mettre aussi? Et les Présidents des autres régions, les syndicats agricoles pour lancer des initiatives similaires, afin de préparer dès aujourd'hui le "monde d'après".(Lyliane)

Selon Mr Guillaume Fischer, à Tours - La Tribune - dimanche 5 avril 2020

07/04/2020

Le SAMU social lance un appel en faveur des plus démunis...

En raison d'un manque de bénévoles pendant le confinement, les associations d'aide aux sans-abri ne peuvent plus effectuer autant de distributions alimentaires qu'auparavant. Pendant ce confinement, les bénévoles du Samu social et autres associations d'aide aux plus démunis sont de moins en moins nombreux à arpenter les rues de Paris. Conséquence de cela pour les sans-abri et les personnes sans logement hébergées temporairement: "la situation quotidienne est encore plus difficile" depuis le début de l'épidémie de coronavirus, résume auprès de BFM Paris Alain Christnacht, président du Samu social de Paris.
"Leurs conditions de vie se sont aggravées, et pour certaines personnes, c’est une question de survie", assure-t-il, expliquant que la principale difficulté à laquelle les personnes à la rue doivent aujourd'hui faire face est le manque de ressources alimentaires
Le président du Samu social de Paris en appelle donc aujourd'hui à la solidarité des Parisiens, en lançant un appel aux dons de tickets restaurants à destination des plus démunis. "Nous avons mis en place un système de distribution de tickets restaurant, une banque nous en a donné 20.000", déclare Alain Christnacht. Les personnes qui souhaiteraient faire un geste et donner des tickets restaurant au Samu social peuvent les envoyer au 59, rue Ledru Rollin, 94200, Ivry.

Un appel aux bénévoles
Le président du Samu social a également lancé un appel aux bénévolat ce lundi.
En janvier dernier, pas moins de 3550 sans-abri avaient été recensés à Paris. La région Ile-de-France et la mairie de la capitale ont d'ores et déjà annoncé des mesures d'hébergement d'urgence à destination de ces personnes, de manière à ce qu'elles puissent respecter le confinement.

Selon Mme Juliette Mitoyen - BFMTV - lundi 23 mars 2020