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20/06/2020

Repenser les formes de la mondialisation...

Mr Nicolas Vercken, directeur des campagnes et du plaidoyer à OXFAM France, explique dans le magazine US de la FSU ce qu'est OXFAM, cette ONG qui se bat "contre les injustices et la pauvreté". C'est l'une des organisations signataires de l'appel des 18 associations et syndicats "Plus jamais ça", qui développent des propositions pour le Monde d'après. OXFAM a imaginé, en effet, le monde de demain décliné en 34 mesures concrètes. Ce devrait être "un monde ouvert, multiculturel, où la mondialisation aura été repensée dans le sens d'une alimentation et d'une production en circuits plus courts".

Fin 2019, plusieurs syndicats et associations ont considéré "qu'il était grand temps de rassembler celles et ceux qui ne veulent plus opposer urgences environnementales et sociales". Pour sa part, OXFAM a dès le début des années 2020 lié les enjeux climatiques aux menaces sur les moyens de subsistance des populations du Sud. La crise que nous traversons actuellement posant la question du JOUR D'APRES, nos perspectives pour le moyen terme se sont accélérées. Que ce soit en Asie ou en Afrique (Sahel, Corne de l'Afrique...) la pauvreté guette, tout comme les aléas climatiques (criquets, ouragans, sècheresse...).

La France a mis en place des mesures de chômage partiel qui ont évité le pire grâce au maintien des mesures de protection sociale. Mais comme partout la crise frappe brutalement les plus vulnérables, les travailleurs précaires déjà fragiles avant la crise. L'impact économique est un peu partout désastreux. En effet, l'insécurité alimentaire va s'accroître dans les pays pauvres ou émergents. La spéculation notamment risque de réduire les filières d'approvisionnement. Ce n'est toutefois pas le moment de fermer les frontières, pense Mr Vercken, car le multilatéralisme, la libre circulation des personnes et les migrations sont indispensables et bénéfiques à l'humanité. Un consensus reste à trouver pour remplacer la société de consommation par un modèle plus équilibré et plus juste pour toute la planète.

Il conviendrait selon lui de tout repenser: de relocaliser certaines productions (médicaments, produits de première nécessité...), de promouvoir le bio dans les cantines, de favoriser les exploitations agricoles de taille moyenne et commercialisant des produits de qualité, de bannir tout gaspillage, de réduire les emballages, de vendre en circuits courts de proximité, réduisant ainsi l'empreinte carbone, de sortir des énergies fossiles, de faire mieux respecter les droits sociaux des salariés, en contrôlant par exemple les contrats de sous traitance, afin d'éviter que la plupart des grands groupes ne continuent à bafouer les règles et les pratiques du commerce équitable.

OXFAM appelle à un élargissement du cercle de ses militants et à un dialogue avec toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les 34 mesures concrètes proposées. En se déclarant partie prenante de la démarche du Pacte pour le pouvoir de vivre, l'ONG rejoint la CFDT et la Fondation Nicolas Hulot et vise la complémentarité. II s'agit notamment de "fédérer" les forces pour que le monde d'Après ne ressemble pas à celui d'hier! Que la souveraineté alimentaire, les filières bio locales, le made in France, les hiérarchies de valeur favorisant les professions de service (préposés du courrier ou de nos déchets, soignants, paysans, éleveurs locaux...) trouvent enfin la place qui leur est due. En tant que citoyens, que consommateurs, notre rôle est essentiel et notre carte bleue peut compléter notre bulletin de vote!

Lyliane

08/06/2020

Journée mondiale de l'océan selon Greenpeace...

 

Nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de l’océan. À cette occasion, nous voudrions partager une bonne nouvelle avec vous : le nombre de baleines à bosse augmente ! L’une des populations de l'Atlantique Sud a, par exemple, retrouvé 93 % de ses effectifs recensés au 19e siècle. C’est ce que révèle l’étude que décrypte le Dr Kirsten Thompson, scientifique spécialiste de la faune marine de l'université d'Exeter au Royaume-Uni, dans un article publié dans le Time Magazine. Le Dr Thompson faisait partie des scientifiques qui étaient à bord de nos bateaux l’année passée, pour notre expédition de l’Arctique à l’Antarctique.

Avant l’interdiction de la chasse à la baleine en 1986, de nombreuses populations de baleines avaient été pratiquement décimées. Ces découvertes réjouissantes nous montrent à quel point la mise en place de mesures de protection est vitale pour permettre à une espèce de se rétablir. La partie n’est pas encore totalement gagnée cependant, car de nombreuses menaces pèsent encore sur les océans : surpêche, forages en eaux profondes, pollution plastique mais aussi dérèglements climatiques, qui mettent en danger toute la biodiversité qu’ils abritent.

C’est pourquoi, comme vous le savez sans doute déjà, Greenpeace demande l’adoption par les Nations unies d’un traité ambitieux pour les océans, qui permettra la création d’aires marines protégées dans les eaux internationales. D’après les scientifiques, il est indispensable de protéger ainsi au moins 30 % des océans d’ici à 2030 pour garantir leur bonne santé globale sur le long terme.

Je soutiens Greenpeace
pour protéger les océans



est la preuve. Aussi, nous espérons pouvoir compter sur votre engagement .

Merci infiniment,

L’équipe Greenpeace

30/05/2020

Une décroissance bénéfique pour la planète?

Instauré le 17 mars, le confinement a mis sous cloche l'économie française, provoquant dans le pays une décroissance subie, avec ses bons et ses mauvais côtés. De quoi permettre aux adversaires de la croissance infinie de devenir audibles.
Ils étaient jusqu'ici considérés comme des marginaux. Aux yeux des politiques, ils étaient au mieux des idéalistes aux idées utopiques, au pire des illuminés ignorants du fonctionnement de l'économie. Mais à la lumière des conséquences du confinement imposé depuis le 17 mars pour lutter contre la pandémie de Covid-19, les théoriciens de la décroissance deviennent audibles et leurs idées s'immiscent petit à petit dans le débat.
Dans une tribune publiée mardi 28 avril dans Libération et intitulée "Confinement : en demi-résonance avec notre décroissance", un collectif d'intellectuels dresse notamment la liste des conséquences sur nos vies de la situation actuelle subie.
"Moins de production, moins de consommation, et par conséquent moins d'extractions, moins de déchets, moins de pollutions, moins de déplacements, moins de bruit (…). Nous entendons parler relocalisation, circuits courts, ralentissement, renoncement. Nous participons ou assistons à des manifestations de solidarité, de créativité, nous contemplons l'éveil du printemps", écrivent ces tenants de la décroissance.
Pour autant, ceux-ci relèvent également que l'arrêt net de l'économie a également eu un impact négatif sur de nombreux citoyens, en particulier les plus pauvres et les plus précaires. "La décroissance que nous vivons actuellement est en réalité non souhaitable et non souhaitée car on subit quelque chose d'extrêmement violent", explique l'un des signataires, Vincent Liegey, porte-parole du Parti pour la décroissance, contacté par France 24. "Or, nous alertons depuis deux décennies déjà : nous avons le choix pour l'avenir entre une décroissance choisie ou une récession subie. Nous vivons en ce moment un aperçu de ce qui nous attend en pire si nous n'abandonnons pas la religion de la croissance infinie."
"La politique peut reprendre la main sur l'économie"
Pour les théoriciens de la décroissance, la poursuite effrénée de la croissance conduit à la destruction de la planète, l'accroissement des inégalités, des dérives démocratiques et le délitement des liens sociaux, la perte de sens.
Ils ne prônent pas une décroissance du PIB en tant que tel, mais veulent repenser nos sociétés et nos modes de vie. Pour cela, ils proposent notamment de mettre fin à la surconsommation et à l'utilisation des énergies fossiles, de miser sur la relocalisation économique et sur l'économie circulaire, de mettre en place une dotation inconditionnelle d'autonomie ou encore un revenu maximum.
De nombreuses propositions qui se retrouvent aujourd'hui dans le débat public et même, pour certaines, jusque dans les discours du président de la République. Emmanuel Macron a ainsi évoqué la nécessité de relocaliser en France la production des produits de santé comme les médicaments ou les masques.
"Alors qu'on nous expliquait qu'il était impossible de transformer notre économie ou de ralentir des secteurs toxiques et polluants, un simple virus nous a montré que la politique peut reprendre la main sur l'économie, souligne Vincent Liegey. Nous allons désormais assister à un rapport de force entre ceux qui voudront continuer comme avant et ceux qui veulent imaginer un modèle économique indépendant de la croissance.
La partie promet toutefois d'être relevée tant le gouvernement et l'immense majorité de la classe politique, à droite comme à gauche, ne jure que par la croissance pour  améliorer la vie des citoyens. Car même les tenants de la transition écologique proposent une "croissance verte" pour remplacer la croissance existante.
La décroissance de plus en plus soutenue par les Français
Or, celle-ci repose sur le concept de "découplage", qui suppose de faire croître continuellement le PIB tout en réduisant de manière généralisée l'empreinte écologique liée aux activités économiques. "Mais toutes les études nous montrent que c'est impossible. Le seul moment où on a des progrès pour l'environnement, c'est quand l'économie ralentit", affirme Vincent Liegey.
Des propos également tenus par l'ancienne ministre de l'Écologie et actuelle députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, en novembre 2019, lors de l'examen de la loi antigaspillage en commission à l'Assemblée nationale. "Le découplage, ça n'existe pas. La croissance du PIB est fondée sur la consommation d'énergie et sur la consommation de matière. Et on explose les limites planétaires."
Si la présidente du parti Génération Écologie est esseulée parmi la classe politique, les études d'opinion montrent en revanche que la décroissance gagne du terrain au sein de la population.
Un sondage Odoxa, publié dans Challenges le 3 octobre 2019, montre en effet que 54 % des Français pensent que le moyen le plus efficace pour résoudre les problèmes écologiques et climatiques actuels et futurs est de "changer fondamentalement notre mode de vie, nos déplacements et réduire drastiquement notre consommation". À l'inverse, ils ne sont que 45 % à estimer qu'il faut "investir massivement pour développer des technologies plus propres et plus respectueuses de l'environnement".
"Une transformation silencieuse de la société opère depuis quelques années avec un soutien grandissant pour les idées de la décroissance, observe Vincent Liegey. L'enjeu désormais est de transformer le choc que nous vivons en projet politique."

Selon Mr Romain BRUNET - France 24 - mercredi 29 avril 2020

01/05/2020

Economie durable: il ne faudrait rien lâcher!

À l'heure de la propagation du COVID-19 - plus que jamais - l'écosystème européen public/privé ne doit pas se désintéresser de l'économie durable. La crise COVID-19 risque en effet de provoquer un nouvel attentisme envers les engagements pris, alors même que l'économie durable constitue la solution pour le capitalisme mondial post-COVID-19.
Journalistes, analystes ont commencé à comparer, classer les entreprises engagées sur la voie d'un « green new deal ». Et pour cause, nos dirigeants sont appelés à déterminer de nouvelles trajectoires de gouvernance faute d'union aujourd'hui pour une Europe verte, faute d'une gouvernance mondiale verte, faute d'une harmonisation des données d'investissement socialement responsable (ISR) au niveau européen. Nos leaders politiques n'ont pas admis que l'ère anthropocène jouerait un rôle central dans le renouvellement du capitalisme. Car, oui, le temps a changé. D'historique, il est devenu géologique. Il est celui de l'empreinte humaine sur la biosphère, celui qui invite à un rééquilibrage des activités dominantes sur la surface de la planète. Car, oui, il y a des excès de déforestation, d'industrialisation, d'urbanisation et les pandémies (SRAS, COVID19) se succèdent. Ces temps de crise peuvent appeler à renouveler nos pratiques écologiques sur le plan social, environnemental et mental comme le philosophe de la dé-construction Félix Guattari nous y invitait avec son concept "d'écosophie" pour recomposer une terre humainement habitable.

Aujourd'hui, « nous sommes en guerre » contre une crise sanitaire. L'Europe est désormais l'épicentre de l'épidémie, selon l'OMS. L'urgence appelle donc à se souvenir de l'ingéniosité de l'homo sapiens qui à coup de révolutions industrielles et de progressisme, a permis une amélioration de l'état de l'humanité.
Nous sortirons de cette crise. Mais nous devons nous rappeler aussi de notre extraordinaire capacité humaine à oublier, faire « table rase » du passé.
Post-COVID-19, il ne faudra donc rien lâcher sur l'Europe verte et l'économie durable. En l'absence de règles admises ou contraignantes, les pionniers devront montrer l'exemple au risque de surprendre. Ne rien lâcher, ne signifie pas jouer les Cassandre, c'est ne pas autoriser que la crise du COVID-19 entrave un défi inéluctable, celui de la transition vers l'énergie propre, celui d'une nouvelle trajectoire à notre modèle économique.
Face à l'urgence mondiale COVID-19, il s'agit de voir plus loin : la sortie de la crise, et les décennies qui nous attendent. Ne rien lâcher, c'est ce que demande l'Agence internationale de l'énergie aux gouvernements, d'abord. À l'origine de 70 % des investissements énergétiques mondiaux, les gouvernements doivent faire bloc et ne pas céder à la chute des prix des énergies fossiles issue de ce COVID-19.

Ne rien lâcher, c'est ensuite aux dirigeants que l'on pense
Ceux qui prenaient les risques d'intégrer pleinement l'impact écologique de leur entreprise à un moment où dégager de la sur-performance (de l'Alpha financier) avec des critères ESG (économiques, sociales et gouvernementales) n'allait pas encore de soi. C'était vrai avant la crise COVID-19. Ça le sera encore plus après.

Nous pourrons compter sur le premier classement des dirigeants en fonction de ce qu'ils nous inspirent par leurs démarches volontaristes et leurs engagements personnels. Certainement aussi sur une vague de « Name and Shame ». Quoiqu'il en soit, ces dirigeants qui ne lâcheront pas seront les pionniers d'un nouveau capitalisme plus équitable, plus soucieux des écosystèmes. À cet égard, la crise du COVID-19 sera l'épreuve de feu pour la planète. Le risque étant que le sauvetage des entreprises post-covid19 priorise à nouveau la seule maximisation des profits. Cette crise montre en effet à quel point notre société est vulnérable, tout comme nos écosystèmes financiers, face aux défis exogènes (environnementaux, sanitaires, montée des inégalités). Nos modèles ne prennent pas suffisamment en compte la contrainte entropique, ce qui fait courir un risque à un énième rebond de l'activité économique. Profitons-en bien pour affecter une partie des capitaux considérables qui vont être injectés dans l'économie au service du développement durable.

L'Europe doit donc s'y préparer et ne pas oublier qu'elle a des champions parmi les meilleurs sociétés de gestion d'actifs qui peuvent imposer une nouvelle culture du capitalisme. Ainsi, dans une récente publication réalisée par la Banque des Règlements Internationaux (BIS), « The Green Swan », était reconnu non seulement les impacts profonds et irréversibles du changement climatique sur les écosystèmes et la société, mais aussi l'arrivée d'une véritable rupture épistémologique dans la communauté financière : la nécessité pour les banques centrales d'agir en faveur d'une finance verte, gage de stabilité financière pour la planète.
Après la crise, viendra le temps pour nos dirigeants d'entreprise, nos asset managers, nos instances dirigeantes de prendre le virage de « l'or vert ». L'Europe devra alors aligner ses planètes autour d'un bien commun, la Terre. Une priorité pour notre planète et ses habitants ! Ici et maintenant.

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Selon Mrs Bertrand Badré, ancien Directeur Général de la Banque Mondiale et CEO et fondateur de Blue like an Orange Sustainable Capital ; Bernard Michel, Président Viparis et Real Estech Europe et Camille Fumard, Head of Leadership Strategies chez JIN

Lundi vert: pourquoi ne pas prolonger l'expérience?

Le journal La Bannière de l'ONG Greenpeace fait le point concernant l'opération "lundi vert" qui était lancée il y a un an. Elle consiste à encourager le grand public à ne consommer ni viande ni poisson le lundi. Le bilan de cette année de test est encourageant: en effet, 87% des personnes interrogées ont déclaré vouloir poursuivre cette expérience. Gageons qu'elle portera des fruits à court terme et deviendra une habitude de vie!

C'est une bonne nouvelle certes car il s'agit de lutter contre la surproduction de soja pour nourrir les animaux et la surconsommation de viande par les habitants des pays développés. Ces excès ont une incidence catastrophique à la fois sur notre santé (obésité, cholestérol, maladies cardio-vasculaires) et sur l'environnement. Beaucoup de surfaces agricoles ont été, en effet, déforestées dans certains pays, afin de favoriser un élevage extensif. Quant à la surpêche, elle ne permet plus à la ressource de se régénérer; elle abîme les coraux et arrache les algues où vivent des colonies de petits poissons.

Pour s'informer à ce sujet, consulter le site Internet: www.greenpeace.bit.ly/lundi-vert.

Lyliane

17/04/2020

Les coraux comme modèles d'énergie circulaire...

Proche collaborateur du prince Albert II de Monaco notamment sur les questions de préservation des océans, Robert Calcagno s'est penché dans un récent ouvrage sur le corail pour lequel œuvre plus particulièrement la Principauté.
Alors qu’une troisième vague de blanchissement, provoquée par le réchauffement climatique, menace un peu plus la Grande Barrière de corail australienne, Libération a interrogé Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco et coauteur du récent livre Corail, un trésor à préserver, qui explique notamment pourquoi ces animaux sont un modèle de vertu écologique pour nous, humains.

En quoi le processus clé de symbiose du corail et de l’algue zooxanthelle est-il inspirant pour nos villes du futur ?
Les coraux développent de larges constructions récifales dans des zones «oligotrophes» pauvres en éléments nutritifs grâce à leur capacité à vivre en symbiose avec les «zooxanthelles», des microalgues photosynthétiques. Charles Darwin, lors de son voyage à bord du Beagle du 1831 à 1836, observa des récifs coralliens foisonnant de vie au milieu de l’immensité de l’Océan tropical pauvre en nutriments, un paradoxe qui continue à fasciner les scientifiques et nous livre un modèle d’inspiration pour penser nos sociétés du futur.
Les zooxanthelles, localisées à l’intérieur des cellules des polypes, peuvent transférer de 75 à 95% des produits de leur photosynthèse au corail qui les abrite ; un vrai «carburant» pour son métabolisme. La photosynthèse des microalgues est liée à la biominéralisation, une autre fonction du corail, c’est-à-dire son aptitude à construire un squelette calcaire biominéral. Les coraux sont des «organismes ingénieurs». Les tissus des coraux abritent une grande diversité de bactéries qui jouent un rôle physiologique important. L’ensemble des associations coraux-zooxanthelles-bactéries forme une unité fonctionnelle, un «super-organisme» appelée «holobionte». 
Les coraux s’épanouissent grâce au double mécanisme calcification-photosynthèse. Ils sont eux-mêmes une source de nourriture pour de nombreuses espèces. En étant mangés ou en produisant des matières qui bénéficieront à une multitude d’organismes, ils sont la base du fonctionnement du récif. Les étoiles de mer telle l’invasive étoile couronne du christ (Acanthaster planci) – elle-même prédatée par le poisson Napoléon –, les mollusques gastéropodes se régalent de leurs polypes, ainsi que de nombreux poissons, poissons-papillons ou les fameux poissons-perroquets, des recycleurs infatigables, sans oublier les tortues marines comme la tortue imbriquée, qui croque le corail et sera elle-même mangée par les requins-tigres. Le corail excrète aussi du mucus composé de glucides et protéines qui se disperse dans la colonne d’eau et offre une nourriture aux habitants du récif, notamment aux filtreurs et aux décomposeurs. Cette matière organique est fondamentale au fonctionnement de l’écosystème car elle soutient la production biologique et participe au recyclage des éléments essentiels comme l’azote ou le phosphore.

Un véritable processus d’économie circulaire à faire pâlir nos sociétés humaines…
Parce qu’ils sont des communautés extrêmement productives qui optimisent l’énergie et la matière, les récifs coralliens sont en effet des modèles de cités écologiques et d’économie circulaire, une source d’inspiration précieuse pour nos cités contemporaines en recherche de solutions durables. Le biomimétisme et la «bio-inspiration» (certains chercheurs considèrent qu’on ne copie pas la nature mais qu’on s’en inspire) consistent à étudier la nature sous ses innombrables formes (animaux, plantes, champignons, micro-organismes, écosystèmes) et à en tirer des développements technologiques afin de concevoir des stratégies mais aussi des matériaux ou des procédés novateurs qui polluent moins et consomment moins d’énergie, mais sont également plus sûrs, de meilleure qualité et moins chers. 
En matière d’énergie par exemple, l’une des voies de la bio-inspiration est de mieux comprendre la photosynthèse afin de mieux tirer parti de cette abondance solaire. Chaque heure, le Soleil envoie sur la Terre 170 000 TWh d’énergie (ce qui correspond à peu près à l’énergie consommée au niveau mondial en un an). C’est la source quasi unique d’énergie dans la nature, pour les plantes et les zooxanthelles des coraux (il ne faut pas oublier les écosystèmes profonds privés de lumière où l’énergie provient d’autres sources). La photosynthèse artificielle et l’utilisation du glucose comme moyen de stockage de l’énergie ou comment produire des sucres avec de l’énergie solaire (ce que font les plantes) seraient des processus clés de la transition énergétique et de la transition écologique.

Le corail est aussi une source d’inspiration dans le domaine de la construction. La biominéralisation est un phénomène naturel qui s’effectue à température ambiante et permet la fabrication d’une matrice organique aussi rigide que le kevlar. Nous sommes encore loin de pouvoir fabriquer artificiellement un biominéral aussi performant. Le corail pourra fournir ainsi une source d’inspiration dans les domaines de la fabrication de céramiques solides et résistantes aux déformations (dans le domaine médical par exemple), des processus industriels très gourmands en énergie. De la même manière, certains cimentiers pourraient produire un béton armé naturel, ne contenant pas de ciment et «propre» (proche de zéro émission de carbone) en s’inspirant du corail qui, grâce à la photosynthèse réalisée par les zooxanthelles, recycle le gaz carbonique issu de la biominéralisation.

L’architecture tridimensionnelle du récif pourrait, elle aussi, nous aider. En s’inspirant de la symbiose entre coraux et zooxanthelles, les architectes de l’agence parisienne XTU, Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, ont imaginé d’installer sur les façades exposées au soleil des murs-rideaux composés de bioréacteurs permettant la production de microalgues. Non seulement cette épaisseur d’eau contribuerait à la régulation thermique des immeubles, mais les algues ainsi cultivées à la verticale pourraient être valorisées pour leurs propriétés nutritives ou énergétiques. Le principal enseignement que nous devrions tirer de la nature et de l’écosystème corallien est donc bien celui de leurs cycles : réutiliser, recycler, retraiter, valoriser. Ces actions sont essentielles car tout modèle non circulaire et notre «cher» modèle d’économie linéaire ne sauraient durer indéfiniment.

Quels autres domaines inspirent-ils ?
Le domaine médical s’intéresse aux récifs coralliens depuis longtemps. Les particularités des organismes marins en font une réserve encore peu explorée de voies thérapeutiques pour le futur. Depuis des millions d’années, le milieu marin et en particulier le récif corallien vivent en effet une course aux armes chimiques ! Dans un milieu hautement compétitif, les organismes produisent des métabolites et des médiateurs chimiques qui jouent un rôle fondamental dans la structuration et le fonctionnement des écosystèmes, par exemple dans la compétition pour l’espace, la colonisation des surfaces, la défense contre la prédation, la séduction pour la reproduction, etc. Ces attractants ou répulsifs présentent un grand intérêt dans différents domaines relevant de la chimie pour le vivant (santés humaine et animale, cosmétique, phytopharmacie, peintures antifouling…).

Plus de mille composés isolés d’organismes marins présentent ainsi des actions antivirales et selon une étude récente, la griffithsine, une protéine isolée de l’algue rouge du genre Griffithsia sp, est considérée comme un potentiel inhibiteur de certains coronavirus en inhibant leurs protéines à pointe, à l’origine de leur aspect en couronne, et empêche ainsi leur entrée dans les cellules hôtes.
La société marseillaise Coral Biome s’intéresse particulièrement à la palytoxine (produite par des coraux mous du genre Palythoa, ordre des Zoanthaires), une molécule hautement toxique utilisée en traitement contre certains cancers. De nombreux composés, actuellement en développement clinique pour des activités anticancéreuses, ont été isolés des ascidies coloniales Didemnum molle, invertébrés marins sessiles communs vivant au sein du récif corallien. Autant de pistes porteuses d’espoir, inspirées par ce que la nature a de meilleur à nous offrir.
Selon Mme Aurore Coulaud - Liberation - mardi 31 mars 2020

16/04/2020

Prendre soin de la planète malgré le confinement....

Même depuis son canapé ou son bureau de télétravail, il est possible de poursuivre ses actions pour préserver notre environnement. Voici la seconde partie de la sélection (non exhaustive) de «Libération».
Retrouvez tous les samedis dans la chronique «Terre d’actions» des initiatives pratiques et écolos en France et dans le monde.
La première liste vous a plu ? Vous en voulez encore ? Vous avez peut-être lu, entre-temps, cette tribune ou encore cette interview qui expliquent pourquoi crise environnementale et sanitaire ne doivent pas être dissociées. Alors voici cinq autres idées de petits et grands gestes à faire en faveur de l’environnement, tout en restant chez soi.
N°1 : Apprendre à faire ses cosmétiques et produits ménagers
Découvrez le monde merveilleux des cosmétiques et produits ménagers faits maison. Moins chers, meilleurs pour l’environnement (moins de déchets) et pour la santé (moins de produits chimiques), ils durent aussi plus longtemps, et surtout, une fois terminés, rendent fiers. Sur Internet, de nombreux blogs offrent des recettes pour créer shampoings solides, déodorants, lessive ou même pastilles W.C. On recommande les bons plans du site et livre de «la Famille zéro déchet», ou encore le prolifique groupe Facebook "les Ecolos bio zéro déchet"Pour trouver les ingrédients, direction le site Aromazone. Pas convaincus ? Voici alors des conseils pour s’y retrouver dans la jungle des labels bio pour cosmétiques. 

N°2 : Changer de fournisseur d’électricité
Au premier abord, cela semble compliqué. Et puis, on ne sait pas chez qui aller. Pourtant, depuis l’ouverture du marché européen de l’électricité en 2007, bien choisir son fournisseur est devenu un acte citoyen. Pour aider à s’y retrouver, l’ONG Greenpeace, très engagée pour la sortie du nucléaire, a établi un classement des entreprises en fonction du pourcentage de renouvelables et de nucléaire dans leur approvisionnement. En tête de liste, on trouve Planète Oui, Enercoop, Plüm Energie, Urban Solar et Ilek. Et, en bas de classement, Engie happ-e, EDF Sowee et Total Spring, entre autres. A chacun ensuite de choisir le fournisseur qui lui convient le mieux. Cela ne prend, sur Internet, on l’a testé, que quelques minutes pour changer. Cela marche aussi pour le gaz renouvelable (et non naturel) avec des fournisseurs comme ekWateur.

N°3 : Faire un bilan de sa consommation d’électricité
Tant qu’on y est, pourquoi ne pas s’engager dans le gros chantier de la transition écologique : la baisse de la consommation d’énergie, et donc, la rénovation des bâtiments ? Pour poser les bases, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) propose un test intitulé «Maîtrisez-vous bien votre consommation d’électricité ?» Avec des bons plans pour réduire sa facture. Pour ceux qui veulent aller plus loin et se pencher sur la rénovation thermique de leur logis, l’agence publique Faire donne toutes les informations nécessaires et peut mettre en contact avec des conseillers gratuits. Et comme cela représente souvent d’importants investissements, le ministère de l’Economie rappelle toutes les aides financières publiques qui existent

N°4 : Se (re)mettre au tricot ou au crochet
En fonction de la météo, surtout pour les lecteurs ultramarins, certains préféreront le crochet au tricot. Pour d’abord faire des conceptions uniques à arborer fièrement, pour se relaxer et surtout pour reprendre le contrôle sur son placard face à la fast fashion, reprendre les aiguilles en main permet aussi de soutenir la filière laine française qui tente, tant bien que mal, de survivre face à la concurrence chinoise et turque. On trouve nos modèles sur Laines-Cheval-Blanc, Phildar ou Drops (pour les anglophones). Et notre laine française chez la Scop Ardelaine ou la filature Fonty.

N°5 : Compter les oiseaux et papillons dans son jardin
Tout en profitant du soleil, vous participerez à la marche de la science. Faire l’expérience de la nature, se reconnecter avec elle «non seulement avec sa tête, mais aussi avec son corps, ses émotions, ses affects» est «essentiel pour sauvegarder la biodiversité», expliquait Anne-Caroline Prévot, directrice de recherche CNRS au sein du MNHN, dans une précédente chronique du Fil vert. Les sciences participatives peuvent nous y aider. Il faut pour cela un jardin, quelques oiseaux qui s’y promènent, ou des fleurs qu’apprécient les insectes, un carnet pour écrire ou une application mobile comme Birdlab pour les bêtes à plumes. Pour aider les biologistes français dans leur inventaire de la biodiversité mal en point, retrouvez toutes les infos sur Vigie-Nature.

Selon Mme Aude Massiot - Liberation - samedi 28 mars 2020

06/04/2020

L'écologiste Yannick Jadot : "Organisons un Grenelle du monde d'après"!

Comment préparer la sortie de crise du coronavirus?
Quand on se sera enfin débarrassés de cette terrible épidémie, organisons un "Grenelle du monde d’après". Une grande négociation associant toutes les forces vives de notre pays, collectivités, entreprises, syndicats, associations, Etat. Le modèle néolibéral est une machine à broyer les plus modestes, un prédateur pour le climat et le vivant. Il est temps de dessiner un autre projet de civilisation.

La députée Paula Forteza : "La crise nous montre qu'on doit changer de modèle de société". Mais comment imaginer repenser l’hôpital public sans les soignants et les patients, l’école sans les enseignants et les parents?
Au sortir de la seconde guerre mondiale, le Conseil National de la Résistance a rassemblé les forces vives pour reconstruire notre pays et bâtir un modèle social qui fait toujours notre fierté. Cette ambition doit nous inspirer. Dans l’histoire d’un pays, il y a peu de moments où l’on peut choisir la société dans laquelle on veut vivre. Nous sommes aujourd’hui dans un de ces moment-là.

Pour vous, cette crise est-elle aussi une crise écologique?
Bien sûr. Aujourd’hui, 75% des maladies infectieuses émergentes viennent des animaux. La déforestation joue ici un rôle majeur en rapprochant des hommes les animaux sauvages et les virus qu’ils transportent. Nous aurons la même chose avec le dégel du permafrost, lié au réchauffement climatique, qui va libérer des virus oubliés. Stopper la prédation écologique, c’est aussi protéger notre santé.

Redoutez-vous que l'écologie soit sacrifiée sur l'autel de la compétitivité, de la relance économique?
Il serait criminel d’organiser le sauvetage du vieux monde et de reporter à plus tard - à "trop tard" - la survie sanitaire, écologique et sociale de l’humanité. Et quelle compétitivité? Celle de la recherche effrénée des salaires les plus bas, de la réglementation environnementale ou fiscale la plus laxiste? Celle qui nous fait dépendre de la Chine pour nos médicaments ou du Brésil pour nourrir nos élevages? Celle qui nous a rendus si vulnérables?
"Il y a un risque énorme au niveau européen et français que l’écologie soit sacrifiée sur l’autel des intérêts et des lobbys qui nous ont conduit dans le mur. Le lobby automobile demande de s’affranchir des normes de pollution, comme l’a décidé Trump aux Etats-Unis! Les banques veulent maintenir leurs investissements dans les énergies fossiles tout en bénéficiant des fonds européens. La Commission européenne continue les accords de libre-échange. Elle poursuit la révision de la politique agricole commune sans remettre en cause la mondialisation de l’agriculture et les dégâts qu’elle génère. L’agroécologie et la relocalisation de l’agriculture par exemple sont des réponses très efficaces à la propagation des virus, comme au dérèglement climatique, à l’effondrement de la biodiversité et à la disparition des paysans.

Que proposez-vous?
Les écologistes défendent la mise en œuvre d’un plan massif de transition. Des torrents d’argent public vont se déverser sur l’économie. Innovation, résilience, souveraineté, écologie et justice sociale doivent les guider. Le Japon a décidé de dépenser 2 milliards d’euros pour rapatrier ses entreprises de Chine. L’Europe et la France doivent également se doter d’un plan de relocalisation.
Nous devons particulièrement renforcer notre souveraineté dans la fabrication des médicaments, dans l’énergie, le numérique, les industries vitales. Pour ces secteurs stratégiques, la réglementation européenne en matière de marchés publics doit évoluer. C’est 14% du PIB! Les appels d’offre doivent pouvoir spécifiquement cibler des entreprises européennes et, au niveau local, privilégier les PME. Tous les pays le font, sauf nous. Nous proposons aussi mettre en place des "contrats territoriaux de transition" pour organiser, à l’échelle des régions, l’accompagnement des entreprises et des salariés vers un modèle dynamique, juste, créateur d’emplois de qualité, qui protège le climat et le vivant.Faudra-t-il faire un geste envers ceux qui se sont le plus mobilisés?
Nous voyons bien que celles et ceux qui nous permettent de vivre, de nous soigner, de nous nourrir sont des personnes dont les conditions de travail ont été précarisées, maltraitées. Une nouvelle hiérarchie de l’utilité sociale des métiers est apparue pendant cette crise. Les soignants, les caissières, les livreurs, les paysans, les ouvriers, les éboueurs et tant d’autres méritent de meilleurs salaires et des droits sociaux beaucoup plus protecteurs.

Edouard Philippe a ouvert la porte à l’enterrement de la réforme des retraites. Y êtes-vous favorable? Évidemment. Nous demandons au gouvernement de retirer définitivement la réforme des retraites et celle de l’assurance chômage. Toutes deux précarisent, ignorent les enjeux de santé, attaquent la cohésion sociale. Au moment où notre pays doit se rassembler, il est dangereux de le diviser.
Êtes-vous pour des nationalisations?
Oui si nécessaire. De même faut-il pouvoir défendre des entreprises menacées par des tentatives hostiles de rachat. Mais je veux mettre en garde contre la tentation d’un dirigisme d’Etat, centralisé et technocratique, sous influence des lobbys. La puissance publique doit renforcer les services publics, promouvoir les biens communs, réguler l’économie et se substituer au marché si besoin. Mais elle doit accompagner -et non remplacer- les dynamiques territoriales et les forces vives qui innovent, expérimentent, oeuvrent déjà au "monde d’après".

Si l’Europe reste pilotée par des agents comptables, elle mourra!
Souhaitez-vous la fin de la règle des 3% concernant nos déficits?
Bien sûr. Si l’Europe reste pilotée par des agents comptables, elle mourra. Il faut emprunter collectivement pour investir sur l’essentiel.
Faut-il toucher aux impôts pour renflouer les caisses de l’Etat?
L’urgence, c’est de créer des dispositifs pour les plus fragiles qui ne sont pas ou sont mal couverts par les filets sociaux existants. Il nous faut remettre à l’ordre du jour la taxe sur les transactions financières alors que les marchés financiers regorgent de liquidités. Et intensifier la lutte contre l’évasion fiscale pour que tous, y compris les GAFA, contribuent à l’effort
collectif.

Seriez-vous opposé à ce que les municipales soient reportées en octobre et que l’on refasse le premier tour?
Je ne vois pas comment on pourrait supprimer le bac en juin tout en maintenant une campagne électorale et un vote. Je suis donc pour le report de cette élection à l’automne. A nous de contrer les tentations régressives et nationalistes de l’extrême droite. Quand le présent est dramatique, que l’avenir est angoissant, le risque d’un repli identitaire dans un passé mythifié est réel. Quant au pôle techno-libéral, il a contribué à désosser l’hôpital public et l’école, à nier les enjeux écologiques, à fragiliser l’économie. Il est discrédité. Mais il reste puissant. Et c’est lui qui est au pouvoir. Le pôle écologiste est le seul qui soit porteur d’espoir et de respect. Respect de la nature, des hommes et des femmes, des animaux, des territoires, des citoyens acteurs d’une démocratie dense et riche. A nous d’ouvrir un chemin d’espérance.

Selon Mr Arthur Nazaret - leJDD - samedi 4 avril 2020

 

02/04/2020

Comment réduire sa consommation pendant le confinement selon Greenpeace...

 

Il est primordial de rester chez nous, mais aussi de continuer à lutter pour la planète. Nous vous donnons quelques conseils pour rester (ou devenir !) aussi écolo que possible pendant cette période de confinement difficile. Bien entendu, ces conseils sont aussi valables hors temps de crise. Ensemble, essayons de mettre à profit cette période pour prendre de bonnes habitudes et cultiver la bienveillance à l’égard de la planète et de ses habitants.

1. Alimentation

2. Consommation

  • J’économise le chauffage, principal poste de dépense énergétique à la maison. Je pense à l’éteindre dans les pièces vides, je baisse la température (19 °C dans les pièces à vivre, 16 °C pour dormir) et j’enfile un pull si besoin.
  • Je limite ma consommation d’électricité grâce à ces conseils très simples, et je me décide à changer de fournisseur d’énergie pour choisir une électricité verte.
  • Je profite de mon temps libre pour dégivrer mon congélateur, car la formation de givre entraîne une surconsommation électrique et use plus rapidement les appareils.
  • Je retouche mes vêtements troués, je fais le tri dans les vêtements qui traînent dans les placards pour les donner à des associations caritatives à la fin de la crise.

3. Numérique

  • Je vide ma boîte mail. Le stockage de tous ces mails inutiles fait tourner les data centers à plein régime ! C’est le moment ou jamais de faire le tri.
  • J’éteins ma box et autres appareils lorsque je ne m’en sers pas, plutôt que de les laisser en veille.
  • Je limite ma pollution numérique quand je regarde des vidéos, je privilégie le Wifi à la 4G, et le filaire au Wifi, et je suis ces conseils.
  • Je pars à la recherche de mes vieux appareils électroniques dans mes

    En savoir plus sur la pollution numérique.

    Bien entendu, nous vous invitons aussi à prendre soin de vous et de vos proches, et à être solidaires du personnel des hôpitaux, des services alimentaires, et de toutes celles et ceux qui sont en première ligne. La solidarité est une force et les semaines qui vont suivre peuvent être aussi l’occasion de repenser à ce qui est important dans notre rapport à la consommation et aux comportements quotidiens. Nous vous rappelons aussi que, si ces actions individuelles sont essentielles, elles ne suffiront pas à elles seules à enrayer la crise climatique qui continue de sévir, et qu’un changement systémique est indispensable.

  • Greenpeace (www.greenpeace.fr)

01/04/2020

Comment réduire la consommation d'eau?

La chimie industrielle doit se réinventer pour utiliser moins d'eau, produire moins de déchets et sortir de la dépendance aux dérivés du pétrole. Pour résoudre ces problèmes, le chercheur Stéphane Sarrade propose d'utiliser le CO2 sous la forme d'un fluide supercritique.
Tous les jours, retrouvez le Fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. Chaque vendredi, une question écologique par le prisme de la recherche.
L’industrie chimique doit se réinventer. Il faut réduire la consommation d’eau, apprendre à se passer des dérivés du pétrole, limiter la production de déchets… Stéphane Sarrade, chercheur au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), a une solution pour se passer de solvant, que ce soit de l’eau ou un autre produit. «Il existe toute une branche de la chimie qui essaie d’économiser la quantité de produits utilisée dans le but de rendre la chimie plus verte», explique-t-il.
Son truc, c’est d’utiliser du CO mais sous une forme particulière. En effet, il ne l’utilise ni sous forme de gaz, ni sous forme liquide, ni sous forme solide. Sous quelle forme alors ? Celle d’un fluide supercritique. Au-delà d’une certaine pression et une certaine température (le point critique), les corps purs ne sont ni solide, ni gazeux, ils sont sous forme de fluide supercritique (au-delà du point critique).
«Un fluide supercritique présente alors la densité d’un liquide et la faible viscosité d’un gaz. Sous cette forme, le CO devient un puissant outil d’extraction», détaille Stéphane Sarrade. Dans cet état-là, le dioxyde de carbone peut servir de solvant en lieu et place de l’eau ou l’hexane. En le mélangeant à du café dans une sorte de cocotte-minute, Stéphane Sarrade obtient du café décaféiné et de la caféine pure, sans autre déchet. Autre succès à mettre à son actif, la création d’un bouchon de liège sans goût de bouchon.
Il n’est pas le seul à s’intéresser à ce dispositif puisque Nike et Adidas utilisent ce type de procédé pour teindre leurs tee-shirts sans eau depuis plusieurs années déjà.
D’autres composés peuvent être utilisés dans l’état supercritique et ainsi ouvrir la voie à des processus chimiques industriels gaspillant moins d’énergie ou moins de ressources.

Selon Mr Olivier Monod - Liberation - vendredi 13 mars 2020

29/03/2020

Eau de javel et désinfection...

La Direction générale de la Santé assure que certains produits ménagers, dont l’eau de Javel, peuvent être utilisés pour détruire le virus. Mais il faut bien respecter les consignes sanitaires. Chaque jour, Le Parisien se mobilise pour répondre à vos questions sur le coronavirus. Nous nous intéressons aujourd’hui à l’interrogation d’un lecteur qui veut savoir si l’eau de Javel peut avoir un effet sur le nouveau coronavirus.

La réponse est oui : « Les produits de nettoyage et désinfectants couramment utilisés [dont l’eau de Javel] sont efficaces » contre ce virus vecteur de la maladie Covid-19, selon la Direction générale de la Santé (DGS) contactée par le Parisien. C’est pour cela qu’il est recommandé de les utiliser sur des surfaces potentiellement infectées comme les poignées de portes, les interrupteurs de lumière et les surfaces d’écrans tactiles. Ces zones doivent être nettoyées « avec un détergent tel que l’eau de Javel puis rincées à l’eau courante » et ce, idéalement, « deux fois par jour et lorsqu’elles sont visiblement souillées ».

Ces opérations permettent de « détruire » le virus, insiste la DGS. Le linge potentiellement contaminé doit, de son côté, « être lavé à une température égale à au moins 60°C durant au moins 30 minutes ».
Pas d’impact sur la peau
L’Organisation mondiale de la Santé et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (l’agence fédérale américaine en charge de la santé publique) placent également l’eau de Javel dans leur liste des produits qui peuvent tuer le 2019-nCoV (le nom scientifique donné à ce nouveau coronavirus).

Mais attention, met en garde l’OMS sur son site : l’eau de Javel et ces autres composés comme le chlore, l’éthanol à 75 %, ou l’acide peracétique « ont peu d’impact sinon aucun sur le virus si vous les mettez sur la peau ou sous votre nez ». Car l’eau de Javel reste un produit potentiellement dangereux et à manier avec précaution, même si on s’en sert pour détruire le coronavirus.
À noter qu’un autre produit ménager, le vinaigre blanc, ne sera pas efficace contre le coronavirus. Il ne contient pas assez d’alcool.
Pour poser votre question, ou témoigner, vous pouvez nous écrire via le formulaire disponible en cliquant ici ou nous adresser un mail à coronavirus@leparisien.fr. Retrouvez toutes les réponses précédemment publiées sur notre page dédiée.

Selon Mr Nicolas Berrod - Le Parisien - lundi 23 mars 2020

28/03/2020

Intérêt du savon pour lutter contre le Covid-19...

Son usage est recommandé pour lutter contre tous les virus. Alors que le nouveau coronavirus, dont la propagation est désormais considérée comme une pandémie par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), fait tâche d'huile, le savon fait à nouveau parler de lui pour ralentir la diffusion du virus.

Selon le site américain Vox, le précipité chimique que chacun a à disposition serait particulièrement utile pour lutter contre la diffusion du Covid-19. Il ne se contenterait pas de repousser le nouveau coronavirus mais pourrait bel et bien le détruire, indique le média américain qui s'appuie sur les dires d'un professeur de chimie basé en Australie, Palli Thordarson.

La graisse du virus dissoute par le savon
Le nouveau coronavirus, constitué de particules grasses selon ce scientifique, serait plus facile à éliminer grâce au savon car le produit dissoudrait la graisse et donc affecterait la structure même du Covid-19.
Selon ce même article, l'alcool contenu dans les gels hydroalcooliques peut également détruire le virus, mais il faudrait une très forte concentration d'alcool pour obtenir un résultat comparable à l'utilisation du savon.

Selon l'agence publique américaine Centers for Disease Control and Prevention, citée par Vox, l'eau et le savon seraient donc idéalement à privilégier pour lutter contre le coronavirus, mais le gel hydroalcoolique peut faire l'affaire en l'absence d'alternative aqueuse et savonneuse.

selon Mme Clarisse Martin - BFMTV - lundi 16 mars 2020

17/03/2020

Indemnisation record pour des braconniers des réserves marines dans les Calanques...

Quatre braconniers des mers devront verser 385 000 euros au total au parc national pour avoir pillé des réserves marines près de Marseille. Une première depuis le vote d’une loi sur la protection des milieux naturels. Un total de 350 000 euros en réparation d’un « préjudice écologique » ! Le tribunal de grande instance de Marseille (Bouches-du-Rhône) a tapé fort au portefeuille ce vendredi 6 mars au matin en condamnant solidairement quatre braconniers sous-marins à indemniser le Parc national des calanques. Ils devront aussi s’acquitter de 35 000 euros de dommages et intérêts divers. Une somme record en France, depuis le vote de la loi pour la reconquête de la biodiversité en août 2016, qui a ouvert la voie à ces procédures.
Si les quatre chasseurs sous-marins, précédemment condamnés au pénal à des peines de 15 à 18 mois de prison avec sursis en juillet 2018, peuvent faire appel, le Parc national des calanques estime déjà que ce délibéré mûrement pesé pendant près de quatre mois par les magistrats est une « décision historique ».
4,6 tonnes de poissons pillées
« Ce jugement est aussi un avertissement, tant pour les chasseurs sous-marins que pour les restaurateurs qui écoulaient le produit du braconnage, cinq d’entre eux vont devoir également verser 3000 euros chacun au parc », apprécie Me Sébastien Mabile, l’avocat du Parc national des calanques, qui avait réclamé 450 000 euros au titre du préjudice écologique lors de l’audience du 8 novembre. « Ce qui est important, c’est surtout que le tribunal a validé la méthode spécialement créée pour estimer le préjudice porté à un environnement protégé ».
Le parc national avait en effet sollicité des scientifiques et des économistes pour évaluer le prix des 4,6 tonnes de poissons, dont des espèces protégées comme le mérou, 322 kg de poulpes et 16 800 douzaines d’oursins pillés dans des eaux interdites à la pêche, jusqu’à l’interpellation en flagrant délit et en pleine mer des braconniers en juin 2017.
« La justice a reconnu que ceux qui saccagent l’environnement doivent être condamnés en fonction de calculs élaborés, et pas au doigt mouillé. Aujourd’hui, l’indemnisation est conséquente et le tribunal a envoyé un message fort, pour les contrevenants mais aussi pour les gestionnaires d’espace naturel et les agents de l’Etat en mer qui y voient un soutien, a est imé à l’issue de l’audience Didier Réault, le président du conseil d’administration du Parc national des calanques. Nous nous réjouissons de cette décision qui reconnaît que la valeur intrinsèque de la biodiversité est supérieure à sa valeur marchande. » « Les dommages et intérêts seront consacrés à tenter de réparer les dégâts causés aux espaces naturels et à la biodiversité, a-t-il précisé. Aujourd’hui, ceux qui détruisent la nature doivent comprendre que cela à un prix ».
« Cela ne peut faire que boule de neige »
Cette condamnation est aussi un signe que la justice prend désormais très au sérieux ces atteintes à l’environnement, avec, depuis 2015, un magistrat référent dans chaque parquet. « Pour l’enquête sur cette affaire de braconnage où nous avions retenu la bande organisée, nous avons mis en place le même dispositif que celui que nous utilisons pour lutter contre le trafic de drogue, notamment des écoutes téléphoniques qui ont permis de quantifier le préjudice », confirme Franck Lagier, premier vice-procureur de la République de Marseille, chef de la section en charge du contentieux de l’environnement, qui avait jugé la demande d’indemnisation du parc « légitime » lors de l’audience.
« On ne peut que se réjouir de ce jugement qui est une première d’importance : on a été suivis par le tribunal même si la somme attribuée est moindre que celle demandée. C’est bon signe pour tous ceux qui voudraient se constituer partie civile dans des dossiers environnementaux, cela ne peut faire que boule de neige. La justice est en adéquation avec l’évolution de la sensibilité des citoyens sur les questions écologiques. »

Selon Mr Marc Leras, correspondant à Marseille (Bouches-du-Rhône) - Le Parisien - vendredi 6 mars 2020

15/03/2020

Changement climatique: pétition en faveur de l'avenir de nos enfants et petits-enfants...

A l'attention des préfets de région, chargés de la protection des populations face aux risques du changement climatique; En tant que parents responsables et inquiets pour la vie de nos enfants, nous soutenons  cette pétition :...

 

Afin d’assurer un avenir à nos enfants, et devant le constat que les politiques de croissance verte sont trop lentes (- 13% d'énergies renouvelables en moins dans la part de l'énergie en 2016) nous vous assurons de notre soutien si vous décidez de mettre en place des mesures radicales d’urgence de protection des populations. Nous sommes prêts à accepter les conséquences économiques et la baisse de notre confort d'un État d'urgence climatique. Mais nous sommes des citoyens informés, et nous ne nous faisons plus bernés par les mots et les discours : nous savons qu'un plan Marshall environnemental digne de ce nom doit obligatoirement contenir dans son programme :


  • Une réduction des productions non essentielles (gadgets hi-tech, emballages plastiques, produits de luxe...), dont la perte en emplois sera compensée par des programmes de reconversion des salariés dans les métiers de la réparation et du recyclage.
  • Une reconversion aux énergies renouvelables des industries fonctionnant encore aux énergies fossiles.
  • Une généralisation du fret de marchandises sur voies ferrées et fluviales et des transports en commun pour les personnes (transports : +11% des GES en 2017 en France). 
  • Arrêt des subventions à l’agriculture conventionnelle au profit de l'agriculture de conservation; limitation des élevages industriels (18% des émissions de GES et gaspillage des eaux potables) et des céréales destinées à ces élevages.
  • Limitation des grands projets immobiliers (bâtiment : +23% des GES en 2017 en France), notamment sur des terres agricoles : l’équivalent d’un terrain de foot de terre agricole disparaît en France toute les 5 minutes ! Protégeons la souveraineté alimentaire de nos enfants !

Aucun programme de transition qui ne reprenne ces points essentiels ne peut être sérieusement reconnu comme tel. Si la vie de nos enfants continue d’être mise en danger pour maintenir une politique économique idéologique fondée sur la croissance au péril de la vie, sans que les préfets n’interviennent, il est à prévoir que certains d'entre nous, par amour pour leurs enfants, prendront eux-mêmes des mesures de protection, et vous ne pourrez alors leur en tenir rigueur, puisqu'ils auront paré à vos manquements...


Avec tout le respect que nous gardons pour l’instant pour la noblesse de vos missions ;


Des parents inquiets pour la vie de leurs enfants.

 

49.237 signatures

Pétition soutenue par un Super contributeur

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13/03/2020

Avons-nous le temps d'attendre?

Dans une tribune publiée sur le site du JDD, 160 jeunes écologistes veulent faire entendre leur voix, à la veille de la marche pour le climat et de la grève internationale des jeunes.
"Nous n'avons plus le temps d'attendre", plaident 160 jeunes écologistes qui s"engagent aux élections municipales dans une tribune publiée sur le site du JDD . Âgés de 18 à 30 ans, issus d'Europe-Ecologie-Les Verts ou d'Ouverture citoyenne (liste regroupant des Gilets jaunes), des membres de la gauche radicale et des citoyens engagés, ils veulent faire entendre leur voix, à la veille de la marche pour le climat et de la grève internationale des jeunes. "L'échelle locale est la première ligne de front pour agir, celle du rapport de force direct et donc celle d'une possible politisation des enjeux écologiques", écrivent-ils. Balayant "le procès en illégitimité fait à la jeunesse", ces militants espèrent bâtir "un front écologique, populaire et solidaire" en s'inspirant d'expériences locales en matière de démocratie participative et d'économie solidaire.
Voici la tribune :
Jeunes, écologistes, nous sommes candidates et candidats aux municipales.
Décideuses, décideurs : nous vous avons maintes fois interpellé·e·s. Nous avons marché, fait la grève, nous avons bloqué des centres commerciaux et des McDo, nous sommes venu·e·s intervenir dans vos assemblées. Certain·e·s d'entre vous ont écouté, hochant la tête d’un air attendri, vous nous avez applaudi.e.s en nous exhortant à continuer notre mobilisation… Néanmoins lorsque notre parole se faisait trop puissante, vous avez balayé nos propos d’un revers de la main en nous renvoyant à notre jeunesse, notre naïveté, notre manque de réalisme. Nous n’acceptons plus ce procès d’illégitimité fait à la jeunesse.
Nous appartenons au mouvement pour le climat, au sein des marches comme des grèves, et nous poursuivons cet engagement : ce sont les mêmes ressorts qui nous poussent à choisir une action radicale pour contrer l'urgence climatique et la destruction graduelle de la possibilité d'une vie digne et décente sur Terre. Nous, écologistes et militant.e.s engagé.e.s, incarnons la génération climat, cette génération qui se lève pour un autre futur possible.
"Il devient aujourd’hui évident que le réalisme a changé de camp"
Notre choix d'investir les institutions ne transige pas avec notre radicalité et notre exigence de changement.
Il devient aujourd’hui évident que le réalisme a changé de camp. Nous sommes à l'heure où les décisions déterminant notre avenir commun sont prises par les tenants d’une idéologie néolibérale aveugle aux destructions qu’elle cause ; où l’on se réjouit encore d’une croissance qui profite à quelques-uns et nuit au plus grand nombre ; à l’heure où dans nos assemblées, le beau et le bonheur deviennent des considérations estimées désuètes et sont remplacées par une politique de gestion managériale de l'humain.
Nous n’avons plus le temps d’attendre que vous vouliez bien tenir enfin véritablement compte des alertes des scientifiques et d’espérer sans agir qu’un jour le renouvellement politique laisse place à une génération de décideur·se·s enfin lucides.
Vous nous avez embarqué·e·s dans une voiture filant à toute vitesse vers un mur. Nous nous donnons donc les moyens de prendre les commandes, de tirer le frein à main et de prendre le virage de l’écologie.
Nous, génération climat, entrons dans la place publique. Nous affirmons notre légitimité à remplacer les partisan.e.s du statu quo mortifère qui nous mène tout droit au désastre.
L’échelle locale est la première ligne de front pour agir, celle du rapport de force direct et donc celle d’une possible politisation des enjeux écologiques. Ce sont sur nos territoires que se concrétisent les formes matérielles du système que nous combattons : méga-entrepôts Amazon, centres commerciaux, aéroports, fermes-usines… Partout des résistances citoyennes fleurissent pour s’opposer à l’accaparement de l’espace par des multinationales en quête de profit.
"Déjà, partout, les écologistes transforment les manières de gouverner, changent la vie et les villes"
Par-delà son rôle de rempart et de résistance, la commune est également l’échelon de la co-construction et de l’invention du monde d’après. Déjà dans de multiples villes et villages, les habitant.e.s se sont uni·e·s pour changer la donne et redonner tout son sens à la démocratie locale. Nous devons reprendre la main en développant des activités locales, retisser des formes de solidarités contre l’injonction au “chacun pour soi”, protéger les communs et la (bio)diversité contre le rouleau compresseur uniformisant de la marchandisation du monde.
La possibilité d’un avenir commun est suspendue à notre capacité à mettre à bas le système capitaliste néolibéral et à inventer d’autres modalités d’organisation de la vie humaine. Ce combat est indissociable du combat contre toutes les formes d’oppressions et de dominations que ce système impose : l’écologie est indissociablement féministe, antiraciste, anti-productiviste et anticapitaliste. De Grenoble à Grande-Synthe, de Tremargat à Saillans, des formes nouvelles de vivre ensemble émergent. Déjà, partout, les écologistes transforment les manières de gouverner, changent la vie et les villes, et travaillent à garantir la possibilité d’un avenir pour les générations présentes et futures, pour le vivant humain et non-humain.
Il s’agit désormais de mettre en réseau les expériences locales et de faire de ce réseau un front écologique, populaire et solidaire, à opposer à un État central actuellement gouverné par les tenants d’un autoritarisme néolibéral en roue libre. Ce front est une étape, un jalon permettant de tisser des alliances et des connivences qui permettront la bascule - par l’élection et le débordement citoyen - pour qu’enfin gagnent celles et ceux qui se battent pour la préservation du bien commun.
C’est avec cette utopie pragmatique, cette radicalité nécessaire, la seule posture raisonnable, que nous, jeunes militant·e·s écologistes, nous présentons aujourd’hui et siégerons dans les exécutifs locaux demain.

Selon le JDD- jeudi 12 mars 2020

01/03/2020

Sauver la planète en mangeant...

Dans le journal du WWF "Sur les traces du Panda", un article a retenu mon attention. Il s'agit en effet de réaliser que notre façon de nous nourrir affecte notre environnement, mais aussi notre santé. En faisant les bons choix, nous pouvons améliorer l'impacr de notre consommation. La production agricole est responsable d'environ 20% des émissions de gaz à effet de serre et de 75% environ  de la déforestation dans le monde. Dans les océans, 90% des stocks de poissons sont surexploités.

Or, alors qu'une personne sur 3 dans le monde ne mange pas à sa faim, 30% de la nourriture chez nous est gaspillée. L'idéal serait de changer nos habitudes! Par exemple, consommer des produits de meilleure qualité, avec un impact moins grand sur l'environnement, est à la portée de tout le monde. A l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation, l'appli WAG-We act for good est sur le site internet du WWF.

Servons nous donc de menus différents, ne craignons pas de cuisiner les légumineuses (pois chiches, lentilles, fèves). Elles sont riches en protéines. Un régime flexitarien par exemple consiste à manger moins de viande, de poissons sauvages, de boissons sucrées et de produits transformés et davantage de fruits, de légumes, de céréales complètes. Seulement cela, limiterait déjà l'empreint carbone de chacun! Il faut aussi savoir que le Ministère de la Santé a crée une signalétique nutritionnelle donnant des notes aux produits selon leur qualité nutritionnelle nommée "le Nutriscore". Alors changeons nos habitudes et faisons du bien à notre corps tout comme à la planète!

Lyliane

 

18/02/2020

Ifremer et pêche durable en France...

OCEANS - L’Ifremer présentait ce vendredi le bilan de l’état écologique des poissons débarqués par les bateaux français en métropole en 2019. En clair, les prises françaises ont-elles été faites au sein de populations en bonne santé écologique ?
Verre à moitié vide ou verre à moitié plein ? Des deux lectures possibles, François Houllier, président-directeur de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), choisit de mettre l’accent sur la deuxième. Le verre à moitié plein. Ce vendredi matin, et pour la deuxième année consécutive, l’Institut scientifique présentait le bilan de l’état écologique des poissons pêchés en France métropolitaine sur l’année passée.
L’exercice consiste à analyser les volumes de poissons pêchés par les bateaux français dans les eaux européennes et débarqués dans les ports de France métropolitaine. Soit environ 500.000 tonnes. Puis de croiser ces données avec les diagnostics scientifiques sur l’état de santé écologique de ces espèces qu’établit le Conseil international pour l’exploitation de la mer. En clair : les pêcheurs français puisent-ils dans des stocks de populations en bon état écologique… ou non ?

Du mieux depuis vingt ans sur les volumes pêchés nt issus de populations en bon état. C’est l’anchois du Golfe de Gascogne, les Baudroies du Golfe de Gascogne et de mer Celtique, la Coquille Saint-Jacques de la Manche… Et 6 autres pourcents provenaient de populations de poissons reconstituables ou en reconstitution. « Pour ces dernières, la pression de pêche est jugée conforme au rendement maximum durable, mais la biomasse de reproducteurs [la quantité d’adultes en âge de se reproduire] est encore inférieure à cet objectif ». Dans cette catégorie entre par exemple le thon rouge d’Atlantique et de mer Méditerranée. Au début des années 2000, ses populations s’étaient effondrées, au point de nécessiter un plan d’urgence de reconstitution des stocks qui s’était traduit par une diminution drastique des quotas de pêche [les quantités de prises autorisées sur une année]. « Les populations sont aujourd’hui en reconstitution, la biomasse augmentant très fortement depuis quelques années », indique l’Ifremer.
L’institut additionne alors ces deux premières statistiques pour affirmer que 49 % des volumes de poissons pêchés en France proviennent de population exploitée durablement. C’est « le verre à moitié plein » de François Houllier. Le PDG de l’Ifremer invite à mesurer les progrès réalisés ces dernières années. « En 2000, seuls 15 % des volumes de poissons pêchés en France métropolitaine provenaient de populations 
Pour le mesurer, l’objectif de référence est le rendement maximum durable (RMD). « C’est-à-dire la quantité maximale que l’on peut extraire, en moyenne et sur une longue période, d’une population sans affecter son processus de reproduction », précise Alain Biseau, coordinateur des expertises halieutiques de l’Ifremer.

Résultat ? En 2019, 43 % des volumes de poissons pêchés en France soexploitées durablement », indique-t-il.

Encore des populations surpêchées… et même des populations qui s’effondrent

Il reste à aborder les 51 % restants des débarquements français. Ces poissons ne proviennent pas tous de populations en mauvais état écologique. « Pour certaines populations, nous n’avons tout simplement pas suffisamment de connaissances pour fixer leurs seuils de durabilité ou d’effondrement, précise Alain Biseau. D’autres populations ne font pas l’objet de mesures de gestion à l’heure actuelle, et ne sont donc pas évaluées. »

Il n’empêche, 23 % des poissons pêchés l’an dernier provenaient de populations surpêchées, autrement dit pour lesquelles la forte pression de la pêche actuelle risque de conduire à un effondrement de la population. C’est le cas de l’eglefin de mer Celtique, du maquereau de l’Atlantique, de la sardine du golfe de Gascogne. Plus inquiétant, 3 % proviennent de populations surpêchées et dégradées. En clair, les deux indicateurs de la surpêche et de la biomasse des poissons reproducteurs sont dans le rouge. Comme le chinchard de l’Atlantique et le Merlan de mer du Nord-Manche Est. Et 2 % même proviennent de populations effondrées, pour lesquelles la quantité de reproducteurs est insuffisante pour permettre aux populations de se renouveler. C’est le cas du Merlan de mer Celtique ou celui du cabillaud de mer du Nord et de mer Celtique.

La maîtrise de l’effort de pêche, le facteur déterminant ?
Un effondrement de population n’est pas forcément synonyme d’extinction. Ainsi, si le cabillaud s’effondre en mer du Nord ou en mer Celtique, plus au nord, en mer de Barents ou aux environs de l’Islande, « il se porte très bien, rappelle Alain Biseau. Sa biomasse est bien plus forte qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Et c’est de cette zone, d’ailleurs, que provient la très grande majorité du cabillaud vendu en France. »

Cela ne veut pas dire non plus que la surpêche est l’unique cause de ces effondrements de populations. Le cabillaud est, là encore, un bon exemple, indique Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’ONG Bloom. « C’est une espèce d’eau froide qui va suivre les masses d’eau à une température optimale, précise-t-il. Or, en ce moment, le changement climatique la pousse à délaisser les mers du Nord et Celtique pour, justement, migrer plus au Nord. »
Il n’empêche, une maîtrise de l’effort de pêche reste un facteur déterminant pour la bonne gestion d’une population. L’exemple du cabillaud en mer du Nord, toujours lui, est parlant. « La pression de pêche avait diminué sur cette population entre 2000 et 2013, ce qui avait permis à la biomasse des poissons reproducteurs de repartir à la hausse, raconte le coordinateur des expertises halieutiques de l’Ifremer. Patatra en 2013 : la pression de pêche a de nouveau augmenté et on constate, dans le même temps, un nouvel effondrement de la population de cabillauds en mer du Nord. »

« Des techniques de pêches qui font des dégâts », pointe Bloom e cabillaud ne serait pas le seul à avoir fait les frais de cette augmentation de l’effort de pêche. Frédéric Le Manach parle d’une tendance lourde : « Dans les années 2000 et au début des années 2010, l’Europe avait fait de gros efforts pour contrer globalement les dégâts de la surpêche des décennies précédentes. Mais depuis 2014, il y a un relâchement. L’effort de pêche repart à la hausse, fragilisant les écosystèmes marins. »

Pour Bloom, le bilan présenté par l’Ifremer ne permet pas totalement de s’en rendre compte. D’une part, Il ne s’intéresse déjà qu’aux pêches en Atlantique nord-est et en mer Méditerranée. « Or, des navires français pratiquent aussi la pêche aux thons albacores dans l’océan Indien, décriée pour la technique utilisée, commence Frédéric Le Manach. Surtout, l’Ifremer ne s’intéresse qu’aux volumes de poissons débarqués par les bateaux, reprend Frédéric Le Manach. Or, la pression de pêche ne se réfère pas seulement aux quantités de poissons qu’on ramène aux ports, mais aussi aux moyens techniques déployés en mer pour aller chercher cette ressource. Et ceux-ci sont de plus en plus lourds. En France, environ 70 % des captures sont aujourd’hui réalisées en utilisant le chalut de fond. Non seulement cette méthode de pêche n’est pas sélective – des espèces non désirées vont se retrouver dans les filets – mais le chalut de fond – qui consiste à racler les fonds marins avec des filets tractés par les bateaux – impacte aussi les habitats. »
Cette fragilisation des écosystèmes marins tombe mal, au moment où pointent les premières conséquences du réchauffement climatique. « Pour faire face, il faut des écosystèmes complexes, divers, avec une abondance de poissons importante, insiste Frédéric Le Manach. Que les stocks des espèces les plus exploitées commercialement se portent bien ne suffit pas. »

Selon Mr Fabrice Pouliquen - 20 Minutes - vendredi 31 janvier 2020

12/02/2020

Protéger les océans, c'est aussi protéger le climat!

Dans "La Bannière", petit encart de Greenpeace, sont soulignés les efforts nécessaires pour surmonter la crise du climat. En effet, ces efforts nous incombent, tout comme aux Etats et aux entreprises. Greenpeace considère que les énergies renouvelables devraient progresser de 50% dans le monde d'ici à 2024. Or, les gouvernements des pays européens, des Etats-Unis, de la Chine... ne semblent pas jusqu'ici à la hauteur des enjeux...

Par exemple, cite Greenpeace, on connaît mieux la lune que les océans: moins de 5% des fonds marins de la planète ont été étudiés à ce jour. Aussi, l'ONG se réjouit du nouveau partenariat établi avec le CNRS pour mener une expédition scientifique de 15 jours au large de la Guyane, afin d'explorer un écosystème unique qui, comme l'ensemble des océans, doit être protégé. Des dangers guettent, en effet, entre le récif de l'Amazone menacé de forages pétroliers.

Le bateau de Greenpeace l'Esperanza a accueilli un laboratoire pour le traitement immédiat des échantillons qui seront remontés par les plongeurs. Ces données communiquées aux Etats membres de l'ONU viseront à faire pression sur eux en vue de la création de réserves marines, pour préserver la biodiversité.

Malheureusement, les lobbies pèsent un peu partout, dénonce Greenpeace, pour s'assurer que les profits des entreprises ne soient pas remis en cause... Ainsi, pour les océans, comme pour les forêts, nous devons demander des actes concrets, car notre planète est en danger!

Lyliane

19/01/2020

Le sanctuaire Pelagos fête ses 20 ans...

Dans le journal Nice-Matin du dimanche 15/12/2019, Mr Guillaume Aubertin fait publier un dossier de 4 pages consacré au sanctuaire Pelagos, une aire marine de 87 500 Km2 située entre les côtes françaises d'Hyères à Menton, la Corse, l'Italie, et la Principauté de Monaco. L'article rappelle que l'accord Pelagos a été signé le 25/11/1999 à Rome, pour que "les activités humaines ne perturbent pas trop les mammifères marins (nuisances sonores, collisions avec les navires de commerce, activités touristiques et pollution plastique)". Ainsi, pêcheurs, plaisanciers, marins ont à coeur de développer de bonnes pratiques, comme de ne pas s'approcher à plus d'1m50 des cétacés et de ne pas les observer au-delà de 30 minutes. Cette zone pilote maritime sera peut-être un jour transposée entre différents Etats ailleurs dans le monde, espère Mr Alain Barcelo, Président du comité scientifique et technique de Pelagos...

Vingt ans plus tard, les principaux acteurs se félicitent des résultats! Les responsables des 3 pays, en effet, réunis en novembre à la résidence du préfet maritime à Toulon, assurent que "l'accord a largement porté ses fruits". Cet accord a notamment permis des actions concrètes  "comme le label pour l'observation des cétacés et l'outil Repcet, un dispositif précieux pour repérer baleines et dauphins, afin de limiter les collisions avec les navires". L'association varoise Souffleurs d'écume s'est appuyée sur l'aide du Parc national de Port-Cros et l'accord ACCOBAMS pour le mettre en place. Aujourd'hui 39 navires en sont dotés. En France, le dispositif Repcet est devenu obligatoire pour tous les navires de plus de 24 m de long. En Italie l'outil n'est pas encore exigé. Sans oublier que 42 municipalités françaises et 105 en Italie ont signé la Charte de l'accord Pelagos.

Pour soutenir cet accord, toutefois, il serait nécessaire de faire davantage collaborer les signataires (lourdeurs administratives) et de leur donner plus de moyens pour renforcer  contrôles et réglementation. En outre, les communautés de communes pourraient plus développer leur partenariat. Enfin l'idée de créer une  "Zone maritime particulièrement vulnérable" ou ZMPV, si elle se concrétisait, permettrait de définir des chenaux de navigation et de limiter la vitesse des bateaux de commerce. Une quarantaine d'opérateurs sont d'ores et déjà prêts à éveiller les conscience du public, car ils ont adopté le label "High Quality Whale Watching" pour l'observation des dauphins bleu et blanc ainsi que des baleines, des rorquals et des cachalots présents dans cette zone protégée. Une formation de 3 jours leur a été dispensée. De même les membres d'équipages français sont formés à l'utilisation du logiciel Repcet.

Pour en savoir davantage, consulter par exemple l'association Souffleurs d'Ecume ou le site du WWF. Plus de détails sont donnés sur le site: www.sanctuaire-pelagos.org.

Lyliane

17/01/2020

Aux Embiez (83)un laboratoire de microbiologie marine essaie de restaurer les milieux marins...

L'ïle des Embiez, autrefois spécialisée dans la fourniture de sel et de soude pour les savonneries de Marseille, fut achetée en 1958 par l'entrepreneur Mr Paul Ricard, plus connu pour ses circuits de course et son pastis que pour sa fibre écologique. Pourtant, en 1963, avec Mr Alain Bombard et une quarantaine d'élus, "il est parti en croisade contre les déversements toxiques (boues rouges) dans les calanques de Cassis". Cette affaire n'est du reste pas encore réglée, nous précise Mme Nathalie Brun dans le journal Nous...

Un Institut océanographique six-fournais, présidé depuis 2005 par Mme Patricia Ricard, petite-fille de Mr P. Ricard, cherche à défendre la cause environnementale des mers du globe, dont la Méditerranée, sur la scène internationale. Un aquarium et un musée de la mer y sensibilisent le public et les scolaires. En outre, un laboratoire de recherches de biologie marine, posé au bord des anciennes salines classées Natura 2000, lutte contre les pollutions du biotope marin. Il est financé par la S.A. Ricard, filiale du groupe Pernod-Ricard.

Le directeur de ce laboratoire, Mr Jean-Luc Bonnefont, et ses équipes de chercheurs se sont notamment investis dans la reproduction des hippocampes et des oursins. De plus, l'Institut s'est spécialisé dans la grande nacre, une espèce en danger du fait du changement climatique. Depuis peu, les chercheurs s'oriente vers l'inventaire des espèces marines locales en partenariat avec le Parc de Port Cros, la réserve corse de Scandola et le Fonds Albert de Monaco. Ils cherchent aussi à restaurer les milieux marins (au Cap Sicié, au Brusc...) et particulièrement les herbiers .

Enfin, aux Embiez, un docteur en biologie moléculaire Mr Robert Bonet travaille avec l'Université de Toulon sur les "biofoulings", afin de pouvoir remplacer un jour prochain les substances toxiques appliquées sur les coques de bateaux. Le dernier volet des missions de l'Institut repose sur une plateforme scientifique et technique en aquaculture et en toxicologie nommée programme Spy-Gêne". Ce programme est soutenu par la région et Véolia. Aujourd'hui, il s'oriente par exemple sur la substitution des protéines de poissons pour les spécimens d'élevage par des protéines d'insectes.

Bref, il y a sur place, dans ce beau coin du Var, tout un aéropage de personnes motivées et capables de nous orienter vers davantage de respect des milieux marins et vers une aquaculture durable! Pour tout renseignement, s'adresser à l'Institut océanographique Paul Ricard sur l'Île des Embiez. 83- Six-Fours- les -Plages ou sur Internet à: www.institutpaul-ricard.org.

Lyliane

14/01/2020

Refus catégorique des pesticides (glyphosate et SDHI) en France...

A cause des pesticides, nos abeilles meurent, les moineaux et hirondelles disparaissent car les pesticides tuent les insectes !
Nous voulons revenir à une vie saine, refusons en masse l'utilisation de ces pesticides mortels pour nous,  car la planète entière est à l'agonie. Des enfants naissent sans bras, sans mains!

Fraises, salades, pommes, vignes, champs de blé dur ou d’orge d’hiver… l’agriculture est friande des molécules SDHI, qui visent à détruire champignons et moisissures. Un collectif de scientifiques s’inquiète des risques de ces fongicides sur la santé des organismes vivants, dont les humains. L’agence sanitaire française ne partage pas leur avis.


Un fongicide très utilisé dans l’agriculture, le SDHI, est au cœur d’un débat entre chercheurs et experts règlementaires. Derrière ce sigle obscur se cachent des molécules dont l’action est d’inhiber l’activité de la succinate déshydrogénase (SDH), une enzyme qui participe à la chaîne respiratoire. Les fongicides SDHI visent à détruire les champignons et les moisissures qui se développent dans les cultures en bloquant leur respiration. Le problème, selon plusieurs chercheurs, est qu’ils peuvent aussi bloquer celle de tous les êtres vivants, plantes, animaux, et hommes.


« Ces molécules étant décrites comme des fongicides, nous pensions qu’elles ne ciblaient que les champignons. Mais les tests que nous avons menés en laboratoire ont montré qu’elles tuaient aussi l’enzyme humaine, celle de l’abeille ou du ver de terre »,résume Pierre Rustin, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste des maladies mitochondriales (maladies liées notamment au mauvais fonctionnement de cette enzyme). Or, le blocage de cette enzyme peut entraîner des anomalies épigénétiques, expliquant l’apparition de tumeurs et de cancers.


« À l’heure actuelle, rien ne permet de conforter le fait qu’il y ait une alerte » 

Les molécules SDHI ont été développées il y a une quarantaine d’années, mais des fongicides plus puissants et à spectre plus large ont été lancés dans les années 2000. Onze substances actives de cette famille entrent aujourd’hui dans la composition de produits phytopharmaceutiques autorisés en France. Le boscalid, issu de la recherche du groupe chimique allemand BASF et autorisé dans l’Union européenne depuis 2008, est le plus vendu dans notre pays.


Selon les chercheurs, « près de 70 % des surfaces de blé tendre et de 80 % de celles d’orge d’hiver sont traitées par les SDHI », qui sont aussi utilisés sur les fraises, les salades, les pommes, dans les vignes, etc. Résultat, le boscalid est le résidu de pesticides le plus fréquemment retrouvé dans les aliments au niveau européen, selon une analyse menée en 2016 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments.


En avril 2018, un collectif de chercheurs, cancérologues, médecins, et toxicologues, du CNRS, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de différentes universités ont publié une tribune dans le journal Libération. Ils y exprimaient leur inquiétude à l’égard des fongicides SDHI et des effets délétères qu’ils pourraient avoir sur l’environnement et la santé humaine. Cela a conduit l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) à monter un groupe d’expertise afin de « déterminer si les informations et hypothèses scientifiques mentionnées par les auteurs [de la tribune] apportaient des éléments en faveur d’une exposition et de risques ». Mi-janvier 2019, elle a conclu à l’absence d’alerte sanitaire.


« Nous avons épluché toute la littérature scientifique, nous avons été en contact avec différents organismes, comme le National Toxicology Program [un programme gouvernemental de recherche étasunien en toxicologie] ou le Centre international de recherche sur le cancer [le Circ, une agence intergouvernementale créée en 1965 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies], et aucun signal d’alerte n’est provenu de ces différentes sources », dit à Reporterre Gérard Lasfargues, directeur général délégué du pôle sciences pour l’expertise à l’Anses. « Nous ne disons pas que les questions posées par les scientifiques ne sont pas pertinentes et qu’il n’y a pas d’hypothèses à considérer, mais à l’heure actuelle, rien ne permet de conforter le fait qu’il y ait une alerte qui conduirait à retirer ces produits du marché. » L’agence reconnait toutefois les limites de l’expertise. « Il n’est pas possible de répondre de manière définitive à toutes les questions et hypothèses identifiées auprès des chercheurs lanceurs de l’alerte »


Avis et rapport de l’Anses sur les SDHI, 15 janvier 2019.

Selon le collectif de chercheurs signataires de la tribune dans Libération, les tests règlementaires qui permettent d’évaluer les risques potentiels d’une substance ne sont pas pertinents pour cette famille de fongicides. L’un d’eux consiste par exemple à administrer des doses toxiques à un animal pendant toute la durée de sa vie pour détecter des cancers imputables à une altération de la fonction SDH. « Les rongeurs sont de très mauvais modèles pour étudier les maladies mitochondriales et les cancers qui pourraient être liés à cette substance », explique Pierre Rustin, du CNRS, s’appuyant sur les travaux publiés par certains membres du collectif.


Des taux « hallucinants » de boscalid détectés et quantifiés

Un autre test consiste à voir si la molécule induit des mutations de l’ADN et est cancérogène. « Une perte d’activité de la succinate déshydrogénase chez l’homme n’induit pas de mutation dans les gènes, mais un changement épigénétique, c’est-à-dire dans l’environnement des gènes, explique M. Rustin. À l’heure actuelle, lorsque l’on teste des molécules, on ne sait pas si elles ont un effet sur l’épigénétique cellulaire. Or, l’épigénétique cellulaire est le mécanisme par lequel arrivent les cancers chez l’homme. En réalité, on ne peut donc rien dire de la cancérogénicité de ces molécules. »


Certaines études européennes de plusieurs substances actives SDHI ont tout de même rapporté des effets cancérogènes chez les rats ou les souris. « L’évaluation des dossiers en vue de leur homologation a considéré que ces cancers ne relevaient pas d’un mécanisme transposable à l’homme », écrit l’Anses dans son rapport. Mais pour le collectif de chercheurs, ces cancers induits chez les rongeurs contredisent l’un des arguments que brandit la firme BASF (qui est également avancé dans le rapport de l’Anses) : dans un communiqué publié sur son site, le groupe allemand explique que « dans le cas où ils seraient absorbés par l’organisme, les produits de cette famille de fongicides se dégradent largement chez les mammifères et sont rapidement éliminés ». Le fait qu’ils causent des tumeurs chez les rats laisse penser qu’ils ne se dégradent pas si « largement » et qu’ils ne sont pas assez « rapidement éliminés ».



Des rampes de pulvérisateur pour la vigne.

En avril 2019, le collectif Info Médoc Pesticides et l’association Éva pour la vie ont publié les résultats d’analyses de mèches de cheveux qu’ils ont réalisés sur des riverains et des travailleurs des vignes du Médoc. Sur ces derniers, des taux « hallucinants » de boscalid ont été détectés et quantifiés. Selon Michel Urtizberea, toxicologue responsable de l’homologation chez BASF, « présence ne veut pas dire risque »« Des doses ont été établies comme étant toxiques ou non, mais cette échelle est tout à fait discutable lorsque l’on connait les mécanismes d’actions de ces molécules et l’évolution lente des maladies qu’elles pourraient entraîner, répond Pierre Rustin, du CNRS. Ce qui importe n’est pas seulement la dose, mais aussi le moment et le temps d’exposition. »


« Ce n’est pas l’agence qui est en cause, mais la manière dont sont établis les tests de toxicité » 

Avant de pouvoir être mis sur le marché, les produits phytopharmaceutiques doivent être évalués au niveau européen. Mais la différence d’objectifs entre la recherche fondamentale et la recherche règlementaire, qui consiste à répondre à des critères bien précis, ne laisse-t-elle pas des angles morts ? « Nous savons tous parfaitement que l’évaluation règlementaire des substances ne règle pas tout, dit Gérard Lasfargues, de l’Anses. Il y a des points à améliorer, en particulier la question de l’exposition cumulée, c’est-à-dire le fait d’avoir affaire à des mélanges de substances. »


Face aux doutes persistants, le collectif de scientifiques reproche à l’Anses de ne pas appliquer le principe de précaution. L’agence, elle, affirme l’avoir appliqué à la lettre. « Si vous lisez la Constitution et la règlementation européenne, il est écrit qu’en cas de doute ou d’incertitudes, il faut évaluer les risques, rappelle M. Lasfargues. C’est exactement ce que nous avons fait ! À la question “y a-t-il un risque lié à l’exposition de ces substances ?”, aujourd’hui, la réponse est non. Nous n’avons pas les arguments sur le plan règlementaire pour retirer ces substances du marché. »


À plusieurs reprises, des produits autorisés par l’Anses ont finalement été retirés du marché à la suite de décisions de tribunaux administratifs qui invoquaient ce « principe de précaution ». En novembre 2017, le tribunal de Nice a suspendu l’autorisation de deux formulations à base de sulfoxaflor, l’insecticide « tueur d’abeilles ». En janvier 2019, c’est l’herbicide Roundup Pro 360 qui était retiré du marché, à la suite d’une décision du tribunal de Lyon.


François Dedieu est chercheur en sociologie à l’Inra. Ses travaux portent notamment sur la gouvernance des risques collectifs associés à l’usage des pesticides. « Ce n’est pas l’agence qui est en cause, mais la manière dont sont établis les tests de toxicité, dit-il. Ces tests sont certes de plus en plus rigoureux, mais ils ont une vision très standardisée des dangers qu’ils doivent évaluer et écrasent souvent une grande partie des données. » François Veillerette, directeur de Générations futures, va dans le même sens : selon lui, « le cadre réglementaire favorise une évaluation partielle ».


« Contrairement à d’autres pesticides, dont les mécanismes d’action sont encore flous, nous savons parfaitement ce que ciblent les SDHI. Cette cible est présente chez tous les mammifères et tous les organismes vivants. Et tous sont tués par les SDHI s’ils y sont exposés suffisamment longtemps ou en quantité, constate Pierre Rustin, du CNRS. Ne pas retirer ce produit du marché est totalement irresponsable ! » L’Anses a annoncé ne pas clore le dossier.

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Auteur : Lydia De QUERO

Destinataire(s) : Ministère de la santé

58.182 signatures

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12/01/2020

Le climatologue Jean Jouzel fait des propositions...

L’ancien vice-président du Giec, qui participe à la COP25 de Madrid, estime qu’on peut encore limiter la hausse de température à 1,5 degré d’ici à la fin du siècle. La condition : une taxe carbone mondiale.
"L’optimisme n’est pas là, mais je m’efforce de ne pas verser dans le pessimisme." Le climatologue Jean Jouzel continue à y croire, malgré les signaux négatifs: hausse des émissions de CO2, présidents climatosceptiques aux Etats-Unis et au Brésil, rapports alarmants de l’ONU et des ONG… Directeur de recherche au CEA, ancien vice-président du Giec (Groupe d’experts international sur l’évolution du climat), médaille d’or du CNRS, auteur avec Pierre Larrouturou du pacte finance climat, ce membre de l’Académie des sciences n’adhère pas aux thèses apocalyptiques des collapsologues, comme celle de l’ancien ministre vert Yves Cochet. "Je ne crois pas à un effondrement de la civilisation en 2030 ou 2040." A 72 ans, il promène sa frêle silhouette dans tous les colloques sur l’environnement et alerte le public des dangers du réchauffement climatique.

Exit les énergies fossiles
Depuis 2001, Jean Jouzel a participé à 19 COP, ces conférences où les Etats négocient les avancées climatiques. Le 10 décembre, il se rendra à celle de Madrid. Sensible au "Flygskam" (la honte de prendre l’avion, en suédois), il rejoindra toutefois la capitale espagnole par les airs. "Je me suis renseigné sur les trains, mais la ligne entre Montpellier et Perpignan est actuellement coupée." De cette 25e conférence, il espère qu’il ressortira des objectifs plus ambitieux que ceux pris lors de la COP de Paris, en 2015. "Le monde émet actuellement 54 milliards de tonnes de CO2, dit-il. Si on ne fait rien, on sera à 70 milliards en 2030. Ce qui veut dire que la température augmentera de 4 à 5 degrés d’ici à la fin du siècle." Soit très loin du 1,5 degré fixé par l’Accord de Paris.
Pour rester dans l’épure de la COP21, "il faudrait arrêter le charbon, le gaz et le fuel, explique Jean Jouzel. Et cela quasiment tout de suite." Quand nous lui faisons remarquer que c’est quasi impossible pour un pays comme la Chine, qui construit une à deux centrales à charbon par mois, le scientifique hausse le ton pour la première fois. "Non! Un jour les choses doivent devenir possibles. Ce qui est impossible, c’est que la jeune génération ait en face d’elle une température de 5 degrés supplémentaires en 2080. Il faut que le monde économique se rende compte qu’il y aura des investissements engagés qui ne serviront à rien." Pour disqualifier les énergies fossiles, il appelle de ses vœux une taxe carbone mondiale. Et afin d’éviter que celle-ci ne relance la crise des "gilets jaunes", il estime qu’il faut l’accompagner de mécanismes de compensation. "La contribution climat-énergie proposée par Michel Rocard en 2009 était un bon outil. Malheureusement, elle a été retoquée par le Conseil constitutionnel." Autre nécessité, la transparence: "Bercy est une boîte noire. Les gens doivent savoir à quoi vont servir les recettes de la taxe carbone."

Ecouter les scientifiques: Cet amateur de théâtre et de football voit des signes d’espoir dans la convention citoyenne pour le climat, où 150 personnes tirées au sort et réunies pendant six week-ends doivent faire des propositions en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050: "Cette convention aura un impact. Les propositions ne seront pas remisées dans un tiroir. Même si à la fin, c’est le Parlement qui aura le dernier mot." Jouzel se félicite aussi des marches des jeunes pour le climat et de l’action de Greta Thunberg. Toutefois, il n’appelle pas les élèves à désobéir et à manquer l’école, même si cela le met en porte-à-faux avec plusieurs de ses sept petits-enfants.
Le risque climatique est-il aujourd’hui ancré dans les esprits? Le scientifique n’en est pas sûr. En disant cela, il ne pense pas à Donald Trump ou Jair Bolsonaro, mais aux 500 scientifiques qui ont signé à l’ONU un texte affirmant que le réchauffement climatique n’est pas un problème. Il a aussi une pensée pour son frère François, cultivateur, qui lui non plus n’est pas convaincu. "Les climatosceptiques ont tout fait pour retarder l’échéance de la prise de conscience et finalement ils y sont parvenus, constate-t-il. Il aurait fallu que le monde économique fasse confiance au diagnostic des scientifiques. Les décideurs politiques, eux, ont joué le jeu en ratifiant le protocole de Kyoto [en 1997]. Le problème, c’est que l’action n’a pas suivi. Les gens sont comme Saint Thomas: avant d’agir, ils veulent que le changement climatique soit perceptible. Aujourd’hui, ils commencent à comprendre."

Making of:  A l’Hôtel de l’Industrie à Paris où il participe à un colloque, Jean Jouzel nous reçoit avec simplicité. D’une exquise courtoisie, il fait preuve d’une grande bienveillance vis-à-vis de Rafael, le stagiaire de 14 ans qui nous accompagne. On est cependant un peu surpris par le décalage entre la gravité des sujets et le ton un brin monocorde du climatologue. Jouzel n’est pas Hulot et ne met aucun pathos dans son propos.

D'après Mr Nicolas Stiel - Challenges - samedi 7 décembre 2019

27/12/2019

Cables sous-marins français avec l'entreprise Nexans...

Alors que la guerre de l'espace fait rage pour la transmission des données à travers des constellations de satellites, c'est surtout au fond des océans que l'avenir se construit. "99% des données dans le domaine du télécom passent par les câbles et seulement 1% par le satellite pour des questions de latence", explique ainsi ce mercredi dans l'émission "12H, l'Heure H" sur BFM Business Christopher Guérin, le directeur général de Nexans.

Son entreprise (7 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2019) est ainsi devenue le leader mondial de la pose de câbles sous-marins. Et le groupe entend poursuivre sa croissance.

25.000 kilomètres d'ici 10 ans

Tant mieux pour Nexans, ex-Alcatel, qui produit essentiellement en France mais qui s'active beaucoup à l'étranger. "Nous avons connecté l'Allemagne avec la Norvège, à peu près 600 kilomètres de câble" s'enthousiasme ainsi Christopher Guérin. "Rien que le poids du câble d'un seul tenant, c'est 10.000 tonnes", soit le "poids de la Tour Eiffel".

Sur les six dernières années, le secteur a ainsi posé "environ 10.000 kilomètres de câble" explique-t-il. Et les perspectives sont très bonnes. "Dans les 10 prochaines années, on va en poser plus de 25.000 kilomètres."

La transition écologique est d'ailleurs le meilleur levier pour le groupe. "Tout ce qu'on fait actuellement, justement, c'est d'être un peu moins dépendant du marché du pétrole et de réallouer toutes nos ressources et nos capacités pour le marché de l'éolien en mer et l'éolien en terre" explique Christopher Guérin. "Mon objectif, c’est de devenir le numéro un mondial de l'énergie éolienne en mer et sur terre d'ici un an."

Selon Mr Thomas LEROY - BFM Business - mercredi 27 novembre 2019

20/12/2019

"Agir pour l'environnement" a eu un bilan positif en 2019...

 

 En 2019, grâce au soutien de près de 20 000 adhérents, nous avons pu :
 
MOBILISER & RASSEMBLER NOS FORCES
  • Créer plus de 15 000 zones de BZZZ, espaces exempts de pesticides et semer cent millions de fleurs mellifères pour les insectes pollinisateurs ;
  • Soutenir activement les maires ayant adopté des arrêtés anti-pesticides et organiser un débat avec le maire de Langouët ;
  • Obtenir un moratoire sur la commercialisation du dioxyde de titane à partir du 1er janvier 2020 et mener campagne pour exiger l'interdiction des nanoparticules dans les cosmétiques ;
  • Engager une procédure judiciaire contre le géant de l'agrochimie DowAgroSciences afin d'obtenir l'interdiction définitive du sulfoxaflor, insecticide tueurs d'abeilles ;
  • Lancer une vaste campagne pour interpeller les parlementaires sur les effets écologiques des plastiques à usage unique ;
  • Mobiliser plus de 40000 personnes pour obtenir le rejet d'un nouveau projet de ferme-usine de plus de 1000 vaches dans l'Eure ;
  • Participer à la mobilisation contre le centre commercial Europacity à Gonesse ;
  • Mettre sous pression les parlementaires afin qu'ils mettent un terme à l'exonération ficale bénéficiant à l'huile de palme dans les carburants ;
  • Lancer une campagne pour stopper les aides versées au transport aérien sur des courtes distances, surtout lorsque des alternatives ferrées existent ;
  • S'associer aux apiculteurs afin d'obtenir un étiquetage lisible sur l'origine géorgraphique du miel.
 
 
(ou selectionnez une contrepartie ci-dessous)
 
 
GRACE A VOTRE SOUTIEN FINANCIER, NOUS AVONS PU :
  • Participer activement aux marches pour le climat et distribuer des dizaines de milliers d'affiches "Je suis climat", "I love Climat" et "Ensemble pour le climat" ;
  • Coordonner la 11ème édition du Jour de la Nuit contre la pollution lumineuse rassemblant plus de 700 évènements locaux (sortie nature, observation du ciel étoilé, extinction de l'éclairage public) ;
  • Mettre à jour la liste des produits susceptibles de contenir des nanoparticules ;
  • Manifester devant le ministère de l'Agriculture afin qu'il cesse d'être une simple courroie de transmission de l'industrie agro-chimique en exigeant que la sortie du glyphosate ne soit plus remise à plus tard ! ;
  • Diffuser plus de 50 000 autocollants "stop pub" et inciter les parlementaires à interdire les écrans publicitaires énergivores ;
  • Impulser 3 nouvelles campagnes, coordonner 22 pétitions électroniques, publier plus d'une cinquantaine de communiqués et diffuser largement les dessins d'Agir réalisés par Red!
 
 
(ou selectionnez une contrepartie ci-dessous)
 

17/12/2019

Un nouveau magazine engagé sur France 2 avec le reporter Mr Hugo Clément...

Mr Etienne Labrunie dans Télérama dresse le portrait  du trentenaire, Mr Hugo Clément, ancien journaliste de Quotidien, qui est aujourd'hui de retour à la TV avec un magazine engagé. Il s'appuie beaucoup sur les réseaux sociaux, où il a 2 millions d'abonnés, car  ils prônent l'interaction et le partage.

Il a par ailleurs écrit un ouvrage  dans lequel il raconte comment il a arrêté de manger des animaux. Il est pour soutenir la cause environnementale et il n'hésite pas à s'impliquer personnellement. On le voit par exemple au Mexique nageant près des baleines et des tortues ou en Australie, où il défend la Grande Barrière de Corail avec des écologistes.

Il déclare s'inspirer de Mr Nicolas Hulot et de Mr Anderson Cooper, journaliste vedette de CNN. Un reporter donc qui parle du changement climatique à travers  le partage de moments de vie, dans lesquels il est un témoin présent. Pour lui, en effet, cela parle plus aux gens que de simples images  avec des commentaires en voix off. N'en déplaise à ceux qui lui reprochent le mélange des genres et un ego bien affirmé!

Lyliane

Un site pour lutter contre la pollution des mers et des océans...

La Fondation pour la mer lance ce mardi  17/12/2019 un site dédié à la sensibilisation et à l'action autour de la pollution des océans.
Tous les jours, retrouvez le Fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. Aujourd’hui, l’initiative.
Les tempêtes hivernales n’arrangent pas le sort des plages françaises. Le plastique s’y amoncelle, porté par les vents et les courants. Pour nous inciter à rejoindre les opérations de collecte plutôt que de rester sous la couette, la Fondation de la mer a créé un site dédié à ceux qui souhaitent faire «un geste pour la mer».

Selon Mme Margaux Lacroux - Liberation - mardi 10 décembre 2019

 

15/12/2019

La nouvelle génération prend les devants...

Alors qu’on célèbre ce mercredi le 30e anniversaire des Droits de l’enfant, vivre sur une planète propre est devenu une revendication centrale. On les entend peu, ils sont pourtant environ 15 millions en France. 15 millions d’enfants, des « moins de 18 ans » qualifiés aussi de « mineurs ». Un terme qui désigne également ce qui est d’intérêt secondaire. Or, le trentième anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), célébrée ce mercredi rappelle qu’ils sont tout sauf, « secondaires ».
Ce traité, ratifié par 196 pays dont la France (mais pas par les Etats-Unis), installe l’enfant comme une personne à part entière et non plus comme « un simple objet de droit », note Jean-Pierre Rosenczveig, ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny (Seine-Saint-Denis), dans son livre « les Droits de l’enfant » (Ed. Bayard).
Des droits inscrits dans le marbre
Parmi les droits inscrits dans le marbre (santé, éducation, logement, protection…), rappelés aussi dans le livret « Tous les enfants ont des droits » (NDLR : téléchargeable gratuitement) édité à l’occasion de ce 30e anniversaire pour sensibiliser les enfants de 7 à 11 ans, il en est un que les plus jeunes ont pris à bras-le-corps et porté sur la place publique cette année. Une prise de parole telle qu’elle oblige aujourd’hui les adultes, et parfois les Etats, à rendre des comptes : le droit à un environnement sain.
Le 23 septembre, une plainte historique est déposée par 16 enfants, âgés de 8 à 17 ans et venus de douze pays, auprès du Comité des droits de l’enfant des Nations unies pour protester contre le manque d’action des gouvernements face à la crise climatique. Cinq Etats dont la France sont accusés de violer la convention des droits de l’enfant. Parmi les plaignants : la désormais célèbre militante suédoise Greta Thunberg mais aussi la Française Iris Duquesne, 16 ans toutes les deux.
« Il y a trente ans les dirigeants du monde ont pris un engagement historique envers les enfants du monde en adoptant la Convention internationale des droits de l’enfant. Aujourd’hui, les enfants du monde tiennent le monde entier pour responsable de cet engagement », avait déclaré Charlotte Petri Gornitka, directrice générale adjointe de l’Unicef, après le dépôt officiel de cette plainte. « Nous soutenons pleinement les enfants qui exercent leurs droits et prennent position. Le changement climatique aura un impact sur chacun d’entre eux. Il n’est pas étonnant qu’ils s’unissent pour riposter. »
Avant cela, lors du Grand Débat lancé par le Président de la République en réponse aux revendications des Gilets Jaunes, les enfants ont également pris part aux discussions et présenté cette même urgence devant le chef de l’Etat. Charlie a ainsi interpellé Emmanuel Macron, le 7 mars dernier à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) : « Quand est-ce que vous allez réagir, puisque vous en avez le pouvoir ? », lui a lancé l’adolescent applaudi par l’assistance.
Des collégiens au parlement
Dans quelques jours, mercredi prochain, ce sont des collégiens de Poissy (Yvelines), qui se rendront au parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin) pour présenter une déclaration universelle : celle des Droits de la planète. Un texte corédigé avec des classes venues de toute l’Europe. Il s’agit du « lobby de Poissy », une junior association constituée en faveur de l’environnement.
On peut d’ailleurs suivre le travail de cette quinzaine d’enfants dans une mini-série, « le Lobby de Poissy », débarquée mi-mars sur le site de France TV Education : proposition de loi, rencontre avec des élus, manifestations… Outre l’astrophysicien Hubert Reeves, ils ont déjà rencontré l’ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, l’explorateur Jean-Louis Étienne ou encore le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Liberté d’expression et d’agir sont deux autres droits qu’ils ont bien intégré.
Le Parisien, partenaire de la consultation «Comment agir ensemble dès maintenant pour l'environnement ?», initiée par Make.org, vous invite à proposer vos idées et voter sur celles des autres participants dans le module ci-dessous. Vous serez informés des résultats en février 2020.

Selon Christine Mateus - Le Parisien - mercredi 20 novembre 2019

11/12/2019

COP 25 et climat: initiative originale du WWF et du musée du Prado à Madrid...

Alors que la COP25 bat son plein à Madrid, le WWF et le musée du Prado se sont associés le temps d’une campagne engagée en faveur du climat. Ensemble, ils ont détourné quatre tableaux pour sensibiliser aux bouleversements climatiques.
Depuis le 2 décembre et jusqu’au 13 décembre 2019, les représentant.e.s des pays signataires de l’Accord de Paris sont réuni.e.s à Madrid dans le cadre de la COP25. Leur but : discuter des enjeux environnementaux et statuer sur les mesures à mettre en place rapidement. Mais il n’y a pas que les politiques qui se mobilisent pour la planète. Le WWF et le Prado se sont associés en marge de ce rassemblement pour créer une campagne au message fort. L’ONG dédiée à la protection de l’environnement et le musée ont donc revisité quatre chefs-d’œuvre de la collection du Prado pour mettre en lumière les conséquences dramatiques du réchauffement climatique.
Les femmes du tableau Le Parasol de Francisco de Goya se retrouvent donc dans un camp de réfugié.e.s climatiques, les bambins des Enfants à la plage de Joaquín Sorolla font face à l’extinction des poissons, Philippe IV à cheval de Diego Velázquez est surpris par la montée des eaux et le fleuve de la Traversée du Styx de Joachim Patinier disparaît. Des scénarios catastrophes qui pourraient rapidement toucher plusieurs régions du monde. Selon le WWF, 30% des espèces seraient en effet amenées à disparaître sous l’effet du réchauffement climatique et l’ONU prévoit un milliard de réfugié.e.s climatiques d’ici 2050.
Dans un communiqué, l’association a déclaré que cette action faisait "partie d’une série d’activités et d’initiatives (…) qui se tiendront pendant le Sommet pour le climat afin de demander aux gouvernements une meilleure ambition pour s’assurer que le réchauffement de la température n’excède pas une augmentation de 1.5°C". Elle a précisé espérer "que cette campagne atteindra chaque coin de la planète". 

D'après Mme Tess Annest - Glamour - dimanche 8 décembre 2019

Lire aussi SUR MSN: COP25, est-il encore possible d'arracher un consensus ?

07/12/2019

Chamanisme: et si notre intuition était le langage des Esprits?

Une vidéo très bien faite sur YouTube.com avec l'école de l'intuition -IRIS- présentant une interview de Mme Corinne Sombrun, pianiste, écrivain et chamane formée en Mongolie, m'a beaucoup intéressée dans la mesure où elle m'a semblé pouvoir établir un trait d'union entre le chamanisme, les états modifiés de conscience (méditation ou psychotropes...) et la science moderne.

En fait, j'avais cherché sur Internet qui était cette femme, dont on parle à l'occasion de la sortie fin octobre 2019 du film "Un monde plus grand" avec Mme Cécile de France comme actrice principale. Tout à coup, je me suis retrouvée baignée dans un contexte passionnant expliquant notamment l'influence de l'esprit sur la matière et montrant que tout ce que nous émettons est d'origine vibratoire.

J'ai découvert que non seulement cette femme depuis 2003 s'est soumise à une initiation chamanique complète auprès de la chamane Enkhetuya, mais surtout qu'elle a cherché auprès de scientifiques (aux Etats-Unis et en France principalement) à faire analyser ce qui se produit dans son cerveau lors de ses transes provoquées ou pas par le son de son tambour chamanique.

A cette occasion, des chercheurs comme Mr Marc Henry, chimiste travaillant sur l'eau, ont mis en évidence que la transe est un outil cognitif perceptif qui modifie l'état habituel de son cerveau dans une "réalité augmentée". Il l'explique dans la mesure où il a mesuré en laboratoire la différence entre nos pensées habituelles, qui gèrent une bande passante analysant environ 16 bits par seconde, alors que notre cerveau est capable d'analyser 10 milliards de bits par seconde d'information et notre corps 10 millions environ de bits par seconde.

Il semblerait donc que, lors de la transe et au fur et à mesure de ses expériences chamaniques, Mme Sombrun capterait beaucoup plus d'informations que dans sa vie habituelle, où son cerveau spéculatif est essentiellement sollicité. Elle ressent même que notre cerveau est en position d'interface avec le monde des Esprits et de filtre par rapport à notre environnement. On pourrait de ce fait peu à peu élargir notre "bande passante" en sollicitant davantage notre cerveau perceptif et en écoutant davantage nos propres intuitions.

Si l'intuition est bien, comme elle le pense, un potentiel de notre cerveau, rien ne nous empêche de chercher des réponses en chacun de nous pour nos vies personnelles comme pour le devenir de la planète. Cela pourrait notamment induire des modifications de nos comportements à même de favoriser un changement profond des structures en place. Ainsi, je me prends à imaginer le saut quantique possible entre Saturne -lié actuellement au Noeud Sud ou queue du Dragon - et Uranus, planète du renouveau et maître du signe du Verseau...

Je trouve ces données réjouissantes, car nous pourrions alors reprendre le contrôle de nos vies, nous faire confiance, prendre en charge ce que nous désirons vraiment, au lieu de nous laisser dicter notre consommation, nos choix de vie et nos loisirs par la télévision ou la publicité. Internet contribue déjà beaucoup à nous rendre autonomes par rapport à l'information officielle...

Il ne s'agit pas, certes, de délirer, ni de sombrer dans des croyances qui appartiennent à une autre culture. Les ouvrages et le film de Mme Corinne Sombrun ne pourraient-ils pas toutefois sonner à nos oreilles comme "un rappel de conscience"? Je remarque en effet que tous les peuples premiers ont toujours mis en avant l'unité du Vivant et considéré la Terre avec respect. A nous peut-être de retrouver déjà en nous-même la trace de l'harmonie, de la joie du vivre ensemble près de la nature et de la solidarité, que nous semblons avoir perdu de vue notamment en Occident.

Lyliane

 

06/12/2019

Message d'un chef indien pour sauver la planète...

 

Sauvez la planète :
le combat d'un chef indien

Message d’un chef indien surui pour sauver la planète : Entre reforestation, gestion durable des ressources et réhabilitation des enseignement de la foret amazonienne. Entretien avec Almir Narayama Surui, et Corinne Sombrun.

Leader charismatique et visionnaire des indiens Surui, dont le nom ancestral est Paiter, « les hommes vrais, », Almir Narayamoga Surui est considéré comme l’un des plus grands activistes autochtones d’Amérique du Sud. Diplômé en biologie, il s’est engagé dans la défense de ses terres ancestrales. Déterminé à participer à la préservation de la planète, avec l’aide de l’ONG écologiste Aquaverde, il rencontre les dirigeants de Google pour leur présenter son projet : un plan de reforestation et de gestion durable des ressources de la forêt sur cinquante ans. Récompensé en 2008 à Genève par le prix des Droits de l’homme, Almir Narayamoga Surui fait partie des cent personnalités les plus importantes du Brésil. Avec Corinne Sombrun, co-auteur du livre « Sauver la planète », le chef indien nous livre à la fois l’urgence à préserver la forêt, les enseignements qu’elle recèle, son projet et les clés qui régissent la cohésion sociale de son peuple, dont nous gagnerions sans doute à nous inspirer.

Commençons par un état des lieux, si vous le voulez bien. Où en sommes-nous de la déforestation aujourd’hui ?
Almir Narayamoga Surui : En un demi-siècle, la population de l’Amazonie brésilienne est passée de six à vingt cinq millions d’habitants, ce qui a entrainé une réduction massive des surfaces forestières au profit de l’agriculture et de la production de bois. L’état du Rondonia est l’un des plus durement touchés par cette déforestation, accusant une perte de 40% de sa foret primaire.
La forêt amazonienne s’étend sur neuf pays, essentiellement au Brésil (près des deux tiers de sa superficie). Près d’un cinquième de cette forêt a disparu depuis 1970 et environ 17%, soit soixante millions d’hectares (la superficie de la France) ont été convertis à d’autres utilisations ces dernières années. A ce rythme-là, on annonce sa disparition totale avant la fin du XXIème siècle.


Quels sont les risques considérables qu’entraînerait sa disparition ?
A. N.S. : En plus d’être l’un des plus riches modèles de biodiversité, elle est la plus grande réserve d’eau douce du monde et un poumon vital nécessaire au maintien de l’équilibre climatique de la planète. En absorbant le CO2 de l’atmosphère, elle représente un facteur clé face au défi du réchauffement climatique La condamner, ce serait condamner des régions entières à endurer de graves inondations et des dégradations irréversibles. Sans parler des plantes aux vertus médicinales dont seulement 2% des principes actifs ont été référencés et étudiés en laboratoire. Les 98% restants représente un trésor inestimable dont il serait irresponsable de priver l’humanité.


Comment est né ce projet de reforestation pour lutter contre la catastrophe écologique que représente la déforestation en Amazonie ?
A. N.S. : Je souhaitais montrer que la préservation de la foret peut générer plus de revenus que sa destruction. En tant que chef, mon devoir était de trouver une solution. Au fond que voulaient les hommes de nos tribus en vendant le bois de notre territoire ? Ce que veut chacun de nous : nourrir sa famille. Ma responsabilité était donc de leur donner un autre moyen de le faire. Je me suis assis avec eux et leur ai posé cette question : existerait-il d’autres alternatives à la déforestation pour générer des revenus. Chacun des chefs de clan a été invité à trouver une idée. C’est ainsi qu’est né le projet de reforestation. Aujourd’hui, ce projet à long terme bénéficie du soutien de l’association suisse Aquaverde visant notamment à replanter un million d’arbres dans le cadre d’un programme de soutien aux peuples autochtones, s’y est ajouté le projet Carbone Surui (voir encadré). C’est une aventure collective !


D’un point de vue culturel d’après vos traditions, quels sont les enseignements que vous offre la forêt ?
A. N.S. : « En nous confrontant sans cesse à un problème nouveau, la forêt nous a toujours appris à nous adapter », me disait mon père. Il avait raison. C’est grâce à elle je crois que notre tribu a pu s’adapter en seulement 40 ans à un mode de vie qui nous a été imposé. La forêt nous apprend à rester en vie, en développant des qualités d’attention.
C.S.: Y survivre demande une qualité d’attention particulière, que l’on a perdu dans nos sociétés. Leur perception de l’environnement est large, ils entendent, ils voient, ils sont ouverts, tout simplement parce qu’ils ont une interaction avec lui.
A. N.S. : Tout comme avec la forêt, nous nous sommes attachés à étudier la société brésilienne, à en comprendre les lois et l’économie de marché. Et en a peine dix ans notre peuple a non seulement intégré tous ces paramètres, mais il a compris l’intérêt que pourrait lui apporter le déchiffrage des clés de ce nouveau monde.


La forêt est vivante dans votre culture. Dès l’enfance on vous apprend à lui parler ?
A. N.S. : Ce premier jour, où mon père m’a emmené dans notre grande forêt, reste l’un de mes plus beaux souvenirs. Il m’a dit : « Dans cette foret résident les esprits ancestraux, qui veillent sur nous, et doivent être respectés. » Apprendre à écouter les esprits de la forêt pour en faire des alliés, est au cœur de notre éducation. Ce sont des êtres vivants, c’est un art de savoir s’adresser et écouter les esprits de la forêt, il faut une préparation physique et spirituelle.
C. S. : En Amazonie, tout est vivant. Tout est habité par un esprit, chaque arbre, chaque fleur, chaque plante est susceptible de nous parler. Quand on prend la peine de les écouter et qu’on leur fait confiance, alors on peut entendre les messages du vent dans les arbres, de la mélodie d’une rivière, du chant des oiseaux. C’est très concret.


Vous dites que l’écosystème qui régit la foret pourrait être un modèle d’équilibre pour chacun de nous. C’est à dire ?
A. N.S. : Il faudrait qu’ensemble nous apprenions à nous comporter comme une forêt, au sein de laquelle chaque individu est nécessaire, chaque racine mérite d’être protégée pour l’harmonie et le bien de tous. Aujourd’hui, les gens font ce que leurs mains leur demandent, mais il faudra qu’ils comprennent qu’elles ne le font pas toutes seules. Il existe une sagesse derrière ces gestes ! Nous l’appelons soe same. Si la spécificité et les racines de chacun sont respectées, cette sagesse développera une conscience plus globale, et nous formerons alors une belle forêt.


Dans votre clan, vous insistez sur le besoin de réintroduire les rituels. Pourquoi ?
A. N.S. : L’un de mes premiers objectifs a été d’inciter les nôtres à renouer avec nos traditions, malmenées par les missionnaires. « Aucun arbre ne pousse sans racines », répétait mon père. Nous avons donc réintroduit les rituels, une manière de nouer des alliances, de poser des questions, d’aborder les problèmes, Par exemple, ces moments où chacun s’occupe de ritualiser le corps de l’autre par la peinture sont un excellent moyen de réguler les tensions. Il s’agit d’honorer une qualité de l’autre. Le jaguar, représenté par un ovale autour de la bouche et des tâches sur le torse, signale qu’on honore le guerrier en cette personne, elle donne à celui qui la porte le pouvoir de cet animal : force souplesse et rapidité… Il y a de nombreux rituels autour de la musique, également pour transmettre un message. Vous pouvez chanter, pour déclarer que vous êtes amoureux, ou que vous comptez partir en chasse, que vous êtes dans des dispositions guerrières. C’est un acte de communication. Il existe aussi des rituels plus initiatiques, de guérison, de passage…


Pour une bonne cohésion de la structure sociale, vous évoquez l’importance relever des défis. Un principe fondamental !
A. N.S. : Les défis nous obligent à constamment rester sur nos gardes quant au respect des traditions et à remplir notre rôle social en étant au meilleur niveau. Si on ne l’esp pas, on nous le fait comprendre et on doit trouver la solutions honorable. C’est ainsi que depuis la nuit des temps nous façonnons notre société.
C. S. : Le défi est une façon de bien vérifier que tu as acquis les règles de savoir « être » de la tribu. Par exemple, est ce que tu sais construire un arc, découper la viande après le retour de la chasse, ou encore remplir ton rôle de chef. On ne va pas te critiquer sur la façon dont tu construis ton arc, mais on te montre que tu peux faire mieux, si tel est le cas. Ce sont des réajustements.
A. N.S. : Les défis ont pour principal fonction que chacun trouve sa place dans la société, on attend pas plus d’une personne que ce qu’elle est capable de faire ou de donner, et on l’accepte tel qu’elle est ! Pour découvrir ses réelles capacités comme ses limites, elle doit s’éprouver dans un défi. Ils s’exercent dans la vie courante. Le défi n’est pas individuel, on engage la responsabilité de tout le groupe.


Justement parlons de cette notion de responsabilité. Dès l’enfance vous apprenez à considérer que vos actes n’engagent pas seulement notre responsabilité mais celle de tous. Qu’est ce que ça ’implique ?
A. N.S. : La responsabilité est une question d’engagement dans chaque acte qui est posé, pas simplement pour soi-même, mais pour les autres, pour l’humanité. Il s’agit de définir des actions qui sont bénéfiques à tous. La responsabilité exige un engagement personnel, qui mobilise toutes vos ressources, là ou l’on pourrait se sentir impuissant et laisser tomber. A partir du moment où on s’engage on fait tout notre possible pour trouver des appuis.
C. S. : Nous sommes tous responsables de chacun. Quand Almir développe cette conscience verte, il le fait pour tous, Il se sent autant responsable d’un point de vue de lui-même, de sa tribu et au niveau mondial.


On pourrait dire que votre spécificité réside dans l’alliance de votre culture et de la modernité : vous avez obtenu un partenariat avec Google Earth qui permet aujourd’hui une surveillance plus efficace du déboisement illégal. Une clé pour sauver la planète ?
A.N.S. : Chaque connaissance a sa valeur. L’une complète l’autre. Il ne s’agit pas de prendre en compte les seuls aspects négatifs de la technologie, mais de les rectifier. Comment améliorer les choses ? Le savoir traditionnel a ses propres valeurs, et les connaissances technologiques également, ou scientifique, et spirituelle, aussi. C’est avec ce « tout » que l’on peut espérer élaborer une stratégie viable, il est nécessaire de faire concourir tout cet ensemble. Changer les consciences passerait selon nous par une la création d’une université surui capable de réunir les connaissances traditionnelles et scientifiques sur la forêt.


Le Projet Carbone Surui :


D’abord conçu par le chef Almir Surui, avec le soutien d’institutions environnementales et d’institutions autochtones, le projet finance les activités de surveillance et de protection, de production durable et d’amélioration des conditions de vie du peuple Surui, tout en contribuant à la conservation de l’environnement et au renforcement culturel indigène.

Ce projet débuté en 2007 a commencé à porter ses fruits en 2011. Les revenus générés pour les services environnementaux, issus de la vente de crédits de carbone REDD+ proviennent de la deforestation évitée, donc du maintien sur pieds de 230’000 hectares de forêt originelle appartenant aux Surui, et sont une alternative prometteuse pour le peuple Surui.

Le Projet Carbone Surui est mené vers un processus inédit et détaillé de consentement préalable en connaissance de cause par le peuple tout entier, aboutissant à la signature d’un accord de coopération entre les quatre clans au sein du peuple Surui, afin d’assurer les garanties sociales et environnementales pour la communauté toute entière.
Cette nouvelle approche de gestion ethno-environnementale de territoires autochtones sert aujourd’hui de modèle pour les autre tribus d’Amazonie et fait jurisprudence auprès du gouvernement brésilien..


Le Projet de Reforestation :


“ L’unique manière de changer le monde est de donner l’exemple”
- Almir Surui

En 2005, Chef Almir se met à la recherche d’une institution pour le soutenir dans son projet de reforestation et c’est ainsi que lors d’une recherche sur internet, il tombe sur l’Association Aquaverde
Le projet PAMINE a été entièrement élaboré par les Surui eux-mêmes, selon leur propre philosophie de vie. Le but de ce projet est d’engager le plus grand nombre de membres de la tribu dans des activités de gestion forestière préservant la forêt amazonienne dans toute sa diversité biologique.
Il s’agit pour cela de rendre attractif et bénéfique la plantation d’arbres, afin de démontrer à l’ensemble de l’ethnie, aux autres peuples indigènes ainsi qu’au monde entier que l’exploitation du bois et les autres activités prédatrices ne sont pas les seules solutions qui s’offrent aux Indiens face aux pressions économiques qui s’exercent sur leur sociétés.
La restauration de la richesse de la forêt aux alentours des villages contribue à la fois à réduire leur dépendance alimentaire à l’égard de la ville et à leur fournir des revenus tirés d’une activité durable, tout en leur permettant de protéger l’intégrité de leur territoire forestier encore inviolé soit 93% des 250 000 hectares de la Terra indigena.

Le projet appelé “ PAMINE”, ce qui signifie “Rennaissance” dans leur langue, est aujourd’hui une inspiration pour toutes les tribus de l’amazonie. Dix ans plus tard, la tribu a planté plus de 150 000 arbres avec le soutien de l’association Aquaverde et ses donateurs.