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07/02/2018

Des migrants en détresse...

C'est la chanson "Mercy", sur la naissance d'une migrante en mer, du duo Madame Monsieur, qui représentera la France à l'Eurovision le 12 mai 2018. Toutefois, concrètement, la situation des réfugiés, candidats à la traversée de la Mer Méditerranée comme des pays européens, ne s'améliore pas. Tout récemment ce sont les cadavres de 16 migrants africains qui ont été repêchés au large des côtes marocaines. Depuis 2013, la crise, en effet, a fait des milliers de victimes et l'Union Européenne reste impuissante face à des tensions toujours plus vives, écrit un journaliste du petit journal gratuit C-News du 5/2/2018.

Tantôt ce sont 90 clandestins Pakistanais qui meurent dans le naufrage de leur embarcation de fortune au large de la Libye, tantôt l'Organisation Internationale pour les migrations nous apprend que plus de 16 000 hommes, femmes et enfants ont perdu la vie lors de la traversée depuis 2013. Et quand ils arrivent sur les côtes, les "migrants" se retrouvent parqués dans des camps, en butte à la police et en proie à des tensions interraciales comme ce fut le cas tout récemment à Calais et à Grande Synthe entre Kurdes et Irakiens ou en Italie à Macerata par les tirs d'un extrémiste de droite contre 6 Africains...

Ces divisions de l'opinion européenne sont exacerbées par le fait que les pays n'arrivent pas à s'accorder.. A Bruxelles pourtant, en 2015, l'Europe avait imposé des quotas pour soulager l'Italie et la Grèce. Ils n'ont pas été appliqués. Sur 120 000 réfugiés, seuls 27 695 auraient été relocalisés en Europe. Cet échec remet également en cause le règlement de Dublin, qui régit le droit d'asile. Il prévoit que le pays responsable de la demande d'un  réfugié soit le premier qui l'a contrôlé. Un texte qui "déchire l'Europe". La révision de ce règlement est prévue pour juin 2018. Une harmonisation des règles serait véritablement nécessaire pour que l'Union Européenne puisse remplir son obligation morale et juridique d'offrir un asile décent aux personnes en difficulté.

En France, le projet de loi "asile et immigration", déjà décrié par les associations sur le terrain comme La Cimade, devrait être discuté en Conseil des Ministres le 21/2/2018. Il penche vers une restriction des droits et la volonté d'expulser. En effet, il prévoit de réduire le délai maximum  pour demander l'asile (de 120 à 90 jours) et pour déposer un recours si la demande a été déboutée (de 30 à 15 jours). Par contre, il allongerait la durée maximale de rétention (45 à 90 jours) et priverait le réfugié de son droit de communiquer lors de son transfert en rétention, au mépris des droits de la défense garantis dans notre pays.

Je ne peux qu'espérer que ce projet soit amendé ou ne voie jamais le jour, car non seulement il ne règle rien sur le fond du problème, mais il irait dans le sens des théories xénophobes de l'extrême droite... Je me pose la question: la France, pays des Droits de l'Homme et du Citoyen et multiculturel, serait-elle soudain devenue frileuse face à l'hospitalité ou même pire raciste? Je ne peux le croire! Ce serait à mes yeux faire injure à tous ces Justes qui pendant la Seconde Guerre Mondiale ont exposé leur vie pour mettre à l'abri et sauver des Juifs pourchassés. Et pour moi, ce serait nier la solidarité internationale et la véritablee compassion pour nous replier sur notre petit confort personnel. Notre pays avec ses déserts médicaux, ses villages dépeuplés, certaines écoles quasiment vides, sa natalité en déclin ne pourrait-il faire œuvre d'intelligence collective et se montrer plus humain, réaliste et accueillant?

Lyliane

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