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27/10/2017

Comment se passer du glyphosate?

 

Le Journal La Croix du 3 octobre, sous la plume de Mme Martine Lamoureux, veut faire passer un message concernant le glyphosate, cet herbicide non sélectif très utilisé en France pour lutter contre l'ensemble des adventices. L'ennui c'est qu'on a constaté partout dans le monde qu'il fragilise et épuise les sols, quand il ne rend pas les employés agricoles et les fermiers malades par cancers.

La journaliste est allée rendre visite à Mr Félix Noblia, âgé de 32 ans, dans sa ferme du pays Basque, afin de se rendre compte des moyens envisageables pour se passer du glyphosate. L'exploitation a abandonné depuis 10 ans la monoculture et les intrants chimiques pour produire autrement en respectant les écosystèmes. Les vers de terre sont en effet ses meilleurs auxiliaires. Par exemple, au lieu de labourer, il sème directement sous couvert le maïs, le soja et le blé et, sans recours à la chimie, il a des rendements substanciels.

Il a reçu le prix de l'innovation de l'agroécologie en mars dernier, remis par le ministère de l'agriculture dans le réseau des fermes d'avenir. Toutefois les propos de Mr Noblia sont relativement nuancés. Selon lui, «on pourra à terme se passer des herbicides grâce aux couverts végétaux, mais ce serait une erreur d'interdire brutalement le glyphosate». Il faudrait selon lui repenser tout le système et engager une transition grâce à un travail de fond et à une volonté politique, car préjugés et lobbys sont très puissants.

Mr Noblia estime «qu'en augmentant fortement le prix du glyphosate, on pourrait aider les agriculteurs à s'adapter à d'autres produits moins nocifs et à peu à peu les délaisser totalement. La Commission Européenne doit se prononcer cet automne sur la rehomologation du glyphosate pour 10 ans. Deux ministres (N. Hulot et S. Travert) doivent chercher une stratégie de sortie permettant «une transition à la fois progressive et irréversible».

Pour sortir de la dépendance à ce produit efficace, peu cher et facile d'utilisation, des recherches sont en cours à l'INRA pour l'agriculture et la viticulture. Le Centre International de recherche sur le Cancer a classé le glyphosate comme "cancérogène probable" en 2015. Deux agences européennes l'EFSA et l'ECHA prétendent de leur côté que la molécule n'est pas cancérogène... Des allégations circulent néanmoins et accusent la firme Monsanto de désinformation. Le Tribunal International de La Haye a été saisi par les victimes du glyphosate. Ces personnes  venues d'Allemagne, des Etats-Unis, du Sri Lanka ... accusent Monsanto du crime d'écocide. Le jugement rendu par le Tribunal International, au vu des expertises et témoignages, condamne la firme américaine, qui depuis peu essaie de se faire oublier en s'associant au géant de la chimie Bayer. Aussi, il me semble que le principe de précaution devrait s'imposer, afin de protéger la santé des consommateurs! Espérons que l'Union Européenne, notamment grâce aux gouvernements de la France et de l'Allemagne, saura se garder des pressions exercées sur elle.

Pour aller plus loin sur ce sujet et se faire une opinion, consulter: www.lemonde.fr/.../monsanto-papers-desinformation-organisee-autour-du-glyphosate_5.. et https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de.../l-inv... ou www.huffingtonpost.fr/.../lunion-europeenne-a-copie-colle......

 

Lyliane

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