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09/03/2021

C'est qui le patron?

Comment changer le rapport de force entre producteurs et distributeurs dans l'alimentation? Jusqu'à présent, c'est souvent la même histoire: lors de leurs négociations annuelles, les géants de la distribution justifient la pression exercée sur les producteurs en expliquant que les consommateurs exigent des prix bas.
Ce qui est en partie faux comme l'a démontré C'est qui le patron?! Rappelons qu'il s'agit d'une coopérative de produits alimentaires élaborés par des consommateurs autour d'une charte visant à mieux rémunérer les producteurs quitte à payer un peu plus cher le produit. Le succès est éclatant: la marque a par exemple écoulé 200 millions de briques de son lait responsable (le premier produit lancé). Et 30 produits faisant travailler 3000 producteurs sont désormais au catalogue. 
Invité ce mercredi de Good Morning Business, Nicolas Chabanne, fondateur de la marque, martèle que "le prix bas, c'est la mort pour tout le monde". En plaçant le consommateur dans le jeu, C'est qui le patron?! change la donne. La preuve, la marque comptabilise "16 millions d'acheteurs".
Le consommateur au milieu du débat
"Laissez-nous arbitrer, retrouvons l'équilibre", insiste-t-il. Et de souligner que le consommateur est prêt à payer un peu plus "pour que le producteur retrouve le sourire" pour "un juste prix". Sans d'ailleurs que ce soit une dépense rédhibitoire. Dans le lait, cela représente "4 euros par an supplémentaires" pour le consommateur, précise-t-il.
Quand le consommateur se met au milieu du débat, c'est la petite zone d'espoir qui réapparaît, on n'est plus dans une confrontation entre deux pôles qui ne s'entendent pas depuis 40 ans. On a l'arbitre principal, celui qui achète et qui vient refixer des règles du jeu un peu différentes", explique Nicolas Chabanne. 
Le succès de C'est qui le patron?! ne laisse pas l'industrie agroalimentaire indifférente. Et après avoir longtemps frappé à la porte (Nestlé, Danone...) en vain, la marque se dit aujourd'hui prête à travailler avec elle. La marque va ansi publier son cahier des charges et les industriels pourront l'adapter à leurs produits.
"On ne veut pas servir de caution"
De quoi donner lieu à une forme de label? "On ne veut pas servir de caution, on ne veut pas faire de greenwashing avec un gros logo sur un produit qui aurait 0,1% d'un produit équitable. Chaque produit (de l'industrie, NDLR) sera soumis au vote des 10.000 sociétaires de la coopérative et lorsqu'il y a suffisamment d'ingrédients qui donnent le sourire aux producteurs, on donnera un accord", souligne Nicolas Chabanne. 
Nicolas Chabanne observe une évolution des mentalités chez les grandes marques: "elles appellent parce qu'elles veulent des producteurs qui vivent mieux, on en doute pas, mais elles ont peur de rajouter des centimes qui vont les disqualifier quand le distributeur va dire c'est trop cher. Nous on amène un poinçon de consommateur". 
Quant aux distributeurs "qui ne veulent pas que ces centimes supplémentaires se retrouvent dans les bénéfices annuels des grandes marques, je leurs dit: nous consommateurs, on est pêt à aller vérifier chaque produit, chaque référence pour voir si la vie du producteur change". 

Selon BFM -TV

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