Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/05/2020

Observations des oiseaux, papillons et insectes en hausse pendant le confinement...

Les observations réalisées par des naturalistes amateurs sont en forte hausse depuis le début du confinement.
Des merles, des moineaux, des mésanges bleues ou charbonnières, des pinsons des bois, des tourterelles… C’est un déluge de signalements qui s’abat cette année sur le site Oiseaux des jardins. Le programme de «science participative», créé en 2012 par le Muséum national d’histoire naturelle et la Ligue pour la protection des oiseaux, recueille tout au long de l’année les observations réalisées par des naturalistes amateurs depuis leur balcon, leur fenêtre ou leur jardin. Elles sont en forte hausse depuis le début du confinement - avec près de 14.000 nouveaux comptes créés sur la plateforme électronique. «Nous avons reçu 330.000 signalements depuis le 16 mars, un record! L’année se finira avec une masse de données exceptionnelle», se réjouit Frédéric Jiguet, chercheur au Muséum.
Ces observations, réalisées en ville ou à la campagne, vont rejoindre la base de données utilisée par les ornithologues pour mener à bien leurs recherches. De nombreuses études sur les oiseaux, les insectes pollinisateurs ou les papillons ont ainsi été menées grâce à la science participative. La dernière en date montre que les petits oiseaux agricoles comme le bruant ou le moineau friquet sont plus dépendants, en hiver, des mangeoires installées dans les jardins dans les régions où l’agriculture est intensive.
Une participation large du public est précieuse, précise Frédéric Jiguet: «Plus les données sont nombreuses, plus on pourra estimer avec précision la taille des populations d’oiseaux. Cela nous permettra par exemple de vérifier la présence du merle noir sur tout le territoire. Nous sommes inquiets de l’état de l’espèce dans certains départements où l’oiseau a été décimé il y a deux ans par un virus (non transmissible à l’homme).» Le décompte du grand public est d’autant plus attendu que les scientifiques sont confinés à domicile, et les campagnes de baguage des oisillons suspendues.
Aiguiser sa sensibilité
Nul besoin de connaître les oiseaux des jardins sur le bout des doigts pour participer au programme, il est accessible à tous. Sur le site internet, les espèces
à compter sont décrites et présentées sous forme de petites vignettes sur lesquelles il suffit de cliquer pour déclarer le nombre d’oiseaux repérés. Les signalements sont ensuite validés par des ornithologues expérimentés - submergés en ce printemps par la quantité de signalements reçus. Il n’est pas toujours facile de reconnaître le gobe-mouches gris ou de distinguer la mésange noire de sa cousine charbonnière, alors ils sont vigilants.
Au-delà de la hausse des signalements, cette pause forcée à nos balcons pourrait avoir d’autres vertus. «Prendre le temps d’observer la nature, même si ce n’est que quelques minutes par jour, est bon pour le moral, remarque Anne Dozières, directrice du programme de science participative du Muséum, Vigie-Nature. De nombreux participants nous disent que cela les aide à passer le cap du confinement.» Les défenseurs de la nature espèrent aussi que cette parenthèse permettra d’aiguiser la sensibilité écologique des nouveaux venus. C’est probable. Il a été observé que la participation à ces campagnes d’observation enrichit la connaissance des espèces, et conduit à l’adoption de comportements plus vertueux. Selon une étude, les participants à un programme d’observation des papillons ont ainsi tendance à changer leurs pratiques de jardinage au fil du temps, bannissant les pesticides et semant plus d’espèces riches en nectar.
Les données recueillies pendant le confinement devraient enfin aider à mieux appréhender les effets de cette période inédite sur la biodiversité. Quel sera l’impact à plus long terme de cette pause des activités humaines? Selon le président de la Ligue pour la protection des oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, certaines espèces animales auront profité d’un répit appréciable en pleine période de reproduction. «En l’absence de voitures, les hérissons, dont 1,8 million sont écrasés chaque année sur les routes, les reinettes, très sensibles à la pollution sonore, ou encore les crapauds, auront pu transhumer en sécurité, dit-il. Cette année aussi, les gravelots, ces petits oiseaux de bord de mer, pourront en Bretagne nidifier dans les cailloux sans être dérangés par la présence humaine.»

Il est possible d'approfondir le thème en se connectant sur  www.faune-france.org (Lyliane)

www.faune-france.org

Selon Mme Delphine Chayet - Le Figaro - jeudi 16 avril 2020

 

 

Écrire un commentaire