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12/11/2018

Des veillées-soupes autour d'un livre...

Je viens de lire un excellent article écrit par Mme Nicole Gellot dans le Hors Série N°1 "La Main à la pâte" de la revue L'âge de Faire datant de décembre 2015. Nous apprenons que deux fondateurs d'une petite maison d'édition d'Artignosc - sur -Verdon(83), Mr Jean Darot et Mme Marie Clauwaert, "organisent des veillées autour d'une soupe, pour faire connaître leurs ouvrages et donner la parole à ceux qui écrivent sans jamais être entendus". Les veillées ont lieu le plus souvent au Paradiso, un café-restaurant de Volx, un village des Alpes-de-Haute-Provence. Poèmes, lettres, chansons à texte, slams, contes s'enchaînent dans un moment de convivialité rare. C'est "la soupe aux livres" des Editions Parole! 

Au départ, le couple d'éditeurs vendait ses livres sur les marchés entre stands de légumes et de savons. Puis, il y a 8 ans, ils ont eu l'idée d'instaurer "la soupe aux livres". Ils en sont aujourd'hui à la 87 ème édition sur Volx. En début de soirée, certains se montrent un peu timides. Puis, après le partage de la soupe, l'ambiance devient plus fraternelle. La patronne du Paradiso confectionne généralement deux soupes: une froide et une chaude. Elle est ravie de la présence de ses hôtes et elle s'affaire avec joie, car pour elle "un bistrot doit être un lieu de vie". De plus, côtoyer des passionnés de littérature lui donne des ouvertures intéressantes.

Parfois, les éditeurs vont à Colmars les Alpes, à Bauduen ou à Moustier dans la Haute Vallée du Verdon, où ils donnent la parole à des bergers, des rappeurs, des ménagères, des enfants… A Cannes, dans un foyer de jeunes travailleurs avec le Secours Populaire, ils se souviennent même avoir proposé aux jeunes de lire des textes sur la pauvreté. Il arrive que des personnes originaires d'autres pays chantent des mélodies dans leur langue comme ce fut le cas à Barcelonnette et ils leur font goûter une soupe typique de leur région. Bref, partout où se déplacent Mr Darot et Mme Clauwaert, le concept des veillées-soupes leur semble avoir bien rempli son but: faire se rencontrer des gens, leur proposer de s'exprimer et accessoirement  vendre des livres...

Pourtant, Jean Darot raconte qu'ils sont devenus éditeurs par hasard. Ils l'ont fait pour aider un ami poète, Daniel Daumas, qui écrivait moitié en provençal, moitié en français et ne trouvait aucun éditeur. Depuis, cinq collections, dont "Pourquoi" destinée aux enfants, se sont ajoutées à "Biface", leur première collection. Leur critère de choix pour accepter des livres est que "l'on puisse sortir grandi de la lecture". Une initiative qui pourrait donner des idées à d'autres personnes. Car la littérature n'est pas uniquement celle des prestigieuses maisons d'édition, qui publient les Prix Goncourt, Renaudot et autres. Je crois qu'il y a dans notre pays place pour des éditeurs régionaux, soucieux de donner la parole à des écrivains inconnus, des chanteurs, des poètes, créatifs et passionnés par les thèmes qu'ils ont envie de partager. Alors, qui prend la relève et relève ce défi?

Lyliane

 

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