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07/07/2018

En Iran, Nasrin Sotoudeh, la voix des anti-voile...

L’avocate iranienne de 55 ans, figure du combat en faveur des droits de l’homme dans son pays, se retrouve de nouveau en prison. Son crime : s’être opposée publiquement au port du voile.

Lauréate en 2012 du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen.

Avocate médiatique:


Depuis le 13 juin, la célèbre avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, 55 ans, est de nouveau derrière les barreaux. Cette fois, elle a été interpellée pour avoir pris la défense dans les médias d’une de ses clientes qui avait ôté son foulard en public. Ces derniers mois, des dizaines d’Iraniennes ont ainsi protesté contre le port obligatoire du voile. L’avocate représente plusieurs d’entre elles.


Déjà emprisonnée:


En 2009, l’Iranienne a défendu des manifestants contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, ce qui lui a valu une condamnation à six ans de prison en 2011 pour atteintes à la sécurité nationale et propagande contre le régime. Pendant sa détention, cette mère de deux enfants a obtenu le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen. Elle est finalement relâchée en 2013 à la faveur de l’arrivée au pouvoir du président modéré Hassan Rohani.

Nasrin Sotoudeh a tourné dans le film « Taxi Téhéran », de son compatriote Jafar Panahi, en 2015.


Féministe aguerrie:


C’est en militant au sein de l’opposition que Nasrin Sotoudeh s’est rendu compte de la misogynie de la scène politique, même chez les dissidents. Dès le début des années 2000, l’avocate s’active au sein du mouvement féministe. C’est elle qui dépose une plainte contre les policiers qui attaquent violemment des manifestantes le 8 mars 2006, à l’occasion de la Journée des femmes.


Militante pacifiste


En prison, Nasrin Sotoudeh n’a jamais hésité à faire la grève de la faim, frôlant parfois la mort, pour protester contre les conditions inhumaines de sa détention ou pour faire valoir ses droits. Elle a toujours rejeté la violence et la lutte armée. En février, avec quatorze autres personnalités politiques iraniennes, elle a demandé la tenue d’un référendum pour décider de la nature du système politique en Iran.


Par Emilie Thierry-Le Monde - lundi 2 juillet 2018

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