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15/09/2017

Cancer: une guérison sauvage...

Ce titre, je l'ai emprunté à Mme Gabriele Freytag, psychothérapeute allemande, qui a publié son expérience avec le cancer dans un livre intitulé «Ein wilder Ort» publié chez MartaPress en 2017. Mme Kerstin Chavent, formatrice en communication et traductrice, s'en fait l'écho dans la revue Néosanté de septembre 2017 que je viens de recevoir. Elle-même a vécu une chimiothérapie lourde et invalidante. Aussi, elle se sent apte et bien concernée pour résumer à notre intention cet ouvrage passionnant. Je l'en remercie beaucoup et à mon tour, je me sens motivée pour prendre la plume...

J'ai été en effet très intéressée par cet article pour plusieurs raisons. Tout d'abord je suis moi-même encore en traitement pour un cancer ovarien, ensuite, il s'agit du témoignage d'une femme en quête du sens de sa maladie, enfin, Mme Freytag a choisi de se faire traiter par des thérapies alternatives en refusant l'hystérectomie qui lui était proposée, ce que je n'ai pas fait personnellement. Pour tout cela, il me semble très utile de faire connaître aux patients toutes les pistes possibles, conventionnelles ou non, avant de pouvoir faire leur choix.

En accord avec son métier, lorsqu'elle apprit en 1997 qu'elle portait un cancer du col de l'utérus à un stade avancé, Mme Freytag choisit de s'appuyer uniquement sur les médecines douces et la psychothérapie tout en partant à la recherche des causes de sa maladie. Elle s'est en effet inspirée des travaux de l'oncologue berlinois Walter Weber, du travail de la psychologue Monika Wiedemann-Borne, de l'expérience de Mme Adelheid Ohlig, professeur de Yoga et de beaucoup d'autres encore. Les gynécologues par contre lui ont reproché son «irresponsabilité» et lui ont tourné le dos...

Elle relate à travers son ouvrage son parcours semé d'encouragements et d'obstacles. Elle est partie finalement de «l'idée qu'un problème même s'il s'appelle cancer, doit être résolu à l'endroit où il a commencé à se manifester: dans nos dimensions psychologiques et spirituelles». Un seul médecin, une femme, s'était déclarée prête à la soutenir dans sa tentative de réveiller les forces d'auto-guérison de son corps. Ses proches et sa famille lui ont entièrement fait confiance, sans essayer de la faire douter ou dévier de la voie choisie.

Elle combine alors avec ces soutiens des approches holistiques comme l'homéopathie et l'Ayurvéda; elle expérimente le magnétisme et le chamanisme, tout en s'adonnant au yoga, à la danse, à la lecture, aux arts et au contact avec la nature. Elle s'alimente de façon saine, voyage en Inde, au Sri Lanka, en Italie... Elle est attentive à ses rêves et aux messages de son corps. Peu à peu, au bout de 8 ans et demi, il s'avère que les cellules de son col de l'utérus commencent à se modifier: elles se retransforment en cellules saines...

Dans le récit de «son voyage», persuadée que «le vivant est un ensemble intelligent en vibration», elle nomme les étapes, un chemin de paix qui a duré 9 années. Elle raconte qu'elle s'est tout d'abord attachée à rechercher les causes émotionnnelles de sa maladie, en explorant notamment «les lieux sauvages», c'est à dire les zones troubles de son être. Portée par son intuition, sa conscience du lien, elle avance pas à pas, essayant de garder sous contrôle les «ragazzi» (mauvais garçons) comme elle appelle ses cellules cancéreuses. Nous avons tous en effet en nous des lieux sauvages non explorés qui nous relient à notre nature indomptée. En mettant en désordre nos univers bien rangés, la maladie nous bouscule, des tiroirs s'ouvrent et la lumière peut pénétrer ces zones inconnues...

Au final, Mme Freytag est restée humble, car elle a compris que «le cancer nous rappelle que nous ne contrôlons ni notre vie, ni notre mort, que notre tâche est l'acceptation de ce fait». Ce passage étroit et obscur qui attend le patient face à un cancer peut, témoigne-t-elle, nous amener à une nouvelle vie, plus authentique, plus attentive à l'énergie qui vibre en lui, plus reconnaissante au cadeau de la vie... Confions nous donc à la terre ou à nos guides, appuyons nous contre un arbre ou contre un être aimé et lâchons-prise aux guerres intestines, à toutes nos certitudes. Notre seule tâche, si j'en crois Mme Freytag, ne serait-elle pas de nous abandonner avec confiance, de dire oui ou non à ce qui nous arrive? C'est personnellement ce que j'essaie de faire à mon niveau...

Lyliane

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