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23/08/2017

Attentats : comment réagir face au mal?

 
 
 
 
 
 
 
 

Attentats : comment réagir face au mal


Chère lectrice, cher lecteur, 

Alors que des attentats viennent cruellement de frapper les villes de Barcelone et de Cambrils, en Espagne, j’avais envie de partager à nouveau avec vous cette lettre, envoyée il y a quelques mois. 

Comment réagir quand le mal s’installe dans nos vies ? Comment ne pas sombrer à son tour, dans la tentation de la fureur ? 

Gabriel Combris



La porte du paradis (vivre apaisé dans un monde furieux)


Chères amies, chers amis,  

Ces derniers mois, le monde des hommes a montré l’étendue de sa folie meurtrière. 

À Paris, Orlando, Nice, en Iraq, en Syrie, au Nigéria, ailleurs encore, des terroristes ont frappé à l’aveugle, prélevant leur lot de vies innocentes. 

Et laissant dans nos esprits à tous le sentiment d’un monde devenu trop lourd, trop noir. 

Que faire face à cela ? Se résoudre à cette laideur, abandonner le beau, le bien ? 

Je crois au contraire que c’est précisément dans ces moments-là qu’il faut agir pour ne pas nous laisser submerger. Et chercher pour nous-mêmesdes havres de paix

Comment ? Je ne peux vous proposer que des pistes, bien sûr, et je compte sur vous pour partager avec les lecteurs de PureSanté vos trésors de beauté et de sérénité intérieure (méditation créative, yoga, peinture, prière, exercice physique, marche, etc.). 

Il vous suffit pour cela de laisser un commentaire sur notre site ou sur notre page Facebook. 

En attendant de découvrir vos commentaires, voici quelques idées pour retrouver l’apaisement intérieur lorsqu’autour de soi le monde s’emballe un peu trop. 

L’immensité qui s’ouvre à nous


Le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat de Paris, conseille pour sa part d’écouter tous les jours une sonate de Mozart, la Sonate pour deux pianos k448  

« Vous l’écoutez dix minutes, dit-il, et vous allez apprendre : 

  • À ralentir votre esprit 

  • À vous concentrer sur l’instant présent 

  • À laisser monter en vous les émotions positives 

  • À vous sentir en meilleure forme, moins fatigué 

  • À voir s’éloigner comme par enchantement vos émotions négatives » 

J’ai fait l’expérience moi-même, c’est fascinant. 

À l’écoute de la musique, le monde s’allonge littéralement, il est plus vaste, plus beau. Et pourtant vous n’avez pas bougé de votre chaise. 

Un frisson vous parcourt la colonne vertébrale. 

Vous sentez quelque chose qui grandit en vous-même, le sentiment mêlé de puissance et d’apaisement, une impression de force mais aussi de bonté. 

Ces dix minutes de votre vie, c’est un peu comme si vous assistiez à « l’entretien de Dieu avec lui-même, juste avant la Création », comme disait le poète allemand Johann Wolfgang von Goethe. 

Dix minutes seulement et l’immensité s’ouvre à vous. Pour de vrai. 

Bien sûr, d’autres musiques, certains tableaux, les passages les plus émouvants de la littérature ou de la poésie peuvent déclencher la même sensation. Là-encore, n’hésitez pas à me dire ce qui « marche » pour vous. 

Guérit l’âme et le corps


Cette sérénité, cette paix, on la retrouve aussi dans la nature et auprès des plantes. 

Il suffit de faire quelques pas dans un jardin public, dans l’allée des marronniers puis dans le clos des fleurs les plus délicates, il suffit de sentir une feuille, une tige, de soupeser dans sa main cette beauté fragile, et alors un profond sentiment de pureté rejaillit en nous-même, malgré la violence du monde extérieur. 


Les plantes nous rappellent les valeurs de la terre, de la générosité et de l’amour, elles qui mettent à notre disposition leurs pouvoirs inépuisables desoin et de prévention…  

Découvrir, apprendre, puis à son tour transmettre la connaissance des plantes et de leurs bienfaits, je crois qu’il s’agit là aussi d’un havre de paix, un temps d’apaisement qui peut guérir l’âme aussi bien que le corps. 

C’est pourquoi j’aime tant vous parler des plantes médicinales. 

Cela me permet de replonger dans de vieux ouvrages qui leur sont consacrés, de parcourir les anciennes planches d’herboristes, les formules fantastiques des guérisseurs d’autrefois, etc. 

Bien sûr il n’existe pas d’études scientifiques à ce sujet, mais personnellement j’ai l’impression de remonter ma propre pendule intérieure, de ralentir le temps au contact de ces passionnés au savoir fabuleux. 

Là aussi, on pourrait en nommer cent, tous aussi passionnants à lire, mais je me contenterai juste de citer le nom de Maria Treben, une grande phytothérapeute autrichienne. 

Elle représente à peu près tout ce que notre époque pressée et sûre d’elle regarde avec amusement, si ce n’est du mépris ou de la condescendance. 

Cette femme simple, sans fard, qui est morte en 1991, croyait que le monde n’était pas le fruit du hasard mais de celui qu’elle appelait son Bon Dieu, dont elle était convaincue qu’il avait aussi mis sur le chemin des hommes des plantes pour les soigner. 

À l’époque de la médecine connectée et des robots qui feront bientôt le boulot à la place des médecins, tout cela semble un peu ridicule, n’est-ce pas ? 

Eh bien je crois qu’il ne faut pas être aussi catégorique ! 

Maria Treben parlait souvent de la « divine puissance des simples », c’est-à-dire de la supériorité de la plante sur la molécule chimique. 

D’une certaine façon, elle pressentait ce à quoi ressemblera (espérons le) la médecine du futur. 

Non pas une médecine automatisée, robotisée, mais une approche globale, où les techniques de pointe de la chirurgie et de la médecine occidentale chemineront de concert avec les pratiques issues de la tradition, mieux comprises grâce à la science, et les découvertes sur la puissance insoupçonnée de l’esprit. 

Une médecine qui acceptera peut-être aussi que la vie conserve une part de mystère ? 

La « porte du paradis »


L’apaisement de l’âme, la connexion à la nature. Cette alchimie, on le sent intuitivement, est à la source du bien-être. Et elle agit avec une puissance aujourd’hui reconnue par la science. 

En 1984 déjà, le psychologue américain Roger Ulrich a apporté la preuve scientifique que les malades hospitalisés dans un service de chirurgie souffraient de moins de complications, utilisaient moins de médicaments antalgiques et restaient hospitalisés moins longtemps si la fenêtre de leur chambre s'ouvrait sur la nature plutôt que sur un mur de briques [1]. 

En France, le Dr France Pringuey, après avoir été médecin généraliste pendant 25 ans, se consacre désormais à l'aménagement de jardins destinés aux malades. 

Son « premier » jardin est né en 2013 au cœur du Centre hospitalier universitaire Pasteur de Nice, le jardin de l'Armillaire. C’est une oasis de verdure plantée dans le cloître de l'ancienne abbaye qui accueille l'unité de soins psychiatriques. 

« Certains malades ont beaucoup de mal à agir. Mais dès qu’on ouvre un sac de terreau, ils viennent. Le jardin réveille les gens et les vitalise », explique l’ergothérapeute de l’Armiliaire [2]. 

À Nancy, le Dr Thérèse Jonveaux a créé un jardin spécial pour les malades d’Alzheimer. 

Ce jardin est clos pour éviter les fugues. Les aménagements sont simples pour permettre à une personne âgée de s’y promener sans risque de s’y blesser. Le Dr Jonveaux a organisé quatre thématiques : la terre, le feu, l’eau et le vent. Elles ont été conçues pour stimuler les sens et les émotions des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. 

S’efforcer de sentir les plantes parfumées d’un jardin, en reconnaître les odeurs, distinguer le thym du romarin, est un exercice très utile pour maintenir ses capacités cérébrales.  

Prendre le temps de toucher, écouter, goûter, sentir et regarder sont les meilleures armes contre cette maladie.  

Et les résultats du Dr Jonveaux sont impressionnants (et pas seulement pour soigner Alzheimer).  

L'exercice physique est favorable à la santé des personnes âgées. La marche et l'équilibre s'améliorent, diminuant ainsi le risque de chutes. 

En évoluant au jardin, les patients réapprennent à s'orienter dans l'espace. Ils retrouvent de l'autonomie. L’effet est également positif sur les troubles de l'appétit, du sommeil et du comportement. La consommation de médicaments psychotropes diminue. 

À tel point que de nombreux hôpitaux partout en France décident à leur tour d’utiliser les jardins pour accompagner les soins des patients. Vous pouvez consulter le site de l’association Jardins & Santé (www.jardins-sante.org) qui recense les nombreuses initiatives de jardins thérapeutiques. 

Partout où les hommes plantent, ils sont plus apaisés, plus libres, plus heureux. Car, comme disait l’écrivain Marie Angel, « un jardin, même tout petit, c’est la porte du paradis » [3]. 

Et alors, le vacarme du monde paraît (un peu) moins assourdissant. 

Santé ! 

Gabriel Combris

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