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16/09/2020

L'auto-édition encouragée...

C'est une petite révolution pour le monde littéraire. Un décret publié fin août va étendre le régime social des artistes-auteurs aux écrivain·es dont les œuvres sont autoéditées. Jusqu'alors, s'autoéditer nécessitait la création d'un statut d'auto-entrepreneur afin de déclarer les revenus liés à la vente des livres. Impossible dans ces conditions de se faire reconnaître autrement sur le plan administratif ni de bénéficier, par exemple, de la protection sociale des artistes-auteurs.

Cordélia, dont plusieurs livres sont autoédités mais dont la maison Akata a édité l'adaptation de son roman-feuilleton Tant qu'il le faudra, estime que cette évolution devrait «faciliter la vie de beaucoup de gens» qui jonglent déjà entre auto-entrepreneuriat et le statut d'artiste-auteur: «Le régime artiste-auteur n'est pas simple, mais au moins on ne sera plus en train de bidouiller un truc qui n'est pas adapté à notre situation afin d'essayer de rentrer dedans.»
{THREAD} Il y a beaucoup à dire et analyser sur le décret qui vient de paraître, mais faisons un focus sur un sujet qui a retenu toute votre attention : l'auto-édition et le champ du régime artiste-auteur ! C'est parti, déroulez pic.twitter.com/eoCnZypZ6E
— Ligue des auteurs professionnels (@LigueAuteursPro) August 30, 2020


Il y a trop de gens qui écrivent des livres (et on ne les voit pas)
L'autoédition, un incontournable: Ce changement ne s'est pas fait sans résistance. Samantha Bailly, autrice et présidente de la Ligue des auteurs professionnels, une instance qui rassemble les auteurs et autrices mobilisées dans le but d'améliorer leurs conditions de travail, a participé aux concertations mises en place par le ministère de la Culture. Les discussions ont duré deux ans: «À cette occasion, j'ai défendu la position de l'autoédition et du financement participatif parce qu'on veut que le ministère nous écoute quand on lui dit quelle est la réalité de nos métiers aujourd'hui.» En marge du circuit classique des maisons d'édition, l'autoédition est devenue incontournable dans le paysage littéraire français. Grâce à de nombreuses plateformes, allant d'Amazon KDP à Librinova, tout le monde peut prendre la plume et proposer une version numérique ou papier de son roman. Différents modèles de financement (Ulule, Patreon, Tipeee) permettent aussi une forme d'autonomie et de liberté. Une solution qui peut sembler facile et à la portée de tout le monde, à ceci près qu'il faut une sacrée dose de détermination pour tout prendre en main, des corrections à la maquette, en passant par le service de presse, les envois des exemplaires et la gestion de sa promotion en ligne.
Sur les réseaux sociaux, d'âpres échanges ont suivi l'annonce de cette future harmonisation. Certain·es s'insurgent à l'idée que l'on puisse mettre sur un pied d'égalité les auteurs et autrices qui ont une maison d'édition et les autres qui s'autoéditent. Sous-entendu: les «vrais» écrivain·es versus celles et ceux qui rêvent de le devenir mais qui n'ont pas été adoubés par le tout-puissant monde de l'édition.

Placer sur le même plan Cat
herine Dufour ou Pierre Bordage et n’importe qui ayant autopublié une romance sur Wattpad ou Amazon, c’est sûr que ça va contribuer grandement à faire avancer le statut des auteurs. Les éditeurs apprécieront. La chaîne du livre apprécie déjà. https://t.co/djvqHOSTE5
August 30, 2020

Une vision qui agace Samantha Bailly: «Des gens nous expliquent que nous ne sommes pas de vrais auteurs, mais là, on ne parle pas de talent, on parle de protection sociale! On n'accorde pas le droit à un congé maladie à quelqu'un en fonction du jugement que l'on fait de la qualité de son travail.» Avec une trentaine de livres à son actif –certains autoédités d'autres parus chez des maisons d'édition–, elle est actuellement en train de se battre pour faire valoir ses droits les plus élémentaires. «Je n'ai toujours pas touché mes indemnités de congé maternité, déplore-t-elle. Alors que j'ai commencé mes démarches quand j'étais enceinte de quatre mois. On me balade d'une caisse à une autre. Le régime est tellement fragmenté qu'il en devient illisible.» Le statut d'artiste-auteur reste méconnu et encore très flou pour l'administration.

Selon Mme Maëlle Le Corre - Slate - mardi 15 septembre 2020

 

 

 

 

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