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06/05/2020

Transformer sa voiture en véhicule électrique...

C'est officiel, les automobilistes français peuvent dorénavant envisager de payer un professionnel pour convertir leur voiture à la traction électrique. Un arrêté ministériel vient encadrer cette activité promise à un fort développement.
Dès le mois de janvier 2020, les jeunes sociétés membres fondatrices de l'association AIRe (Acteurs de l'Industrie du Rétrofit électrique) se risquaient à annoncer l'arrivée prochaine de l'arrêté ministériel tant attendu, un texte qui lèverait enfin les ultimes freins administratifs et légaux à leur activité de transformation de voitures à moteur essence ou Diesel et à leur homologation en véhicules électriques. Voilà qui est chose faite. L'arrêté du 13 mars 2020 relatif aux conditions de transformation des véhicules à motorisation thermique en motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible est paru au Journal officiel en date du 3 avril. Il entre en vigueur au lendemain de sa publication.
Toute voiture transformée doit solliciter son titre d'homologation.
En préambule, le ministre de la Transition écologique et solidaire précise ce qui suit : "Afin de permettre à des véhicules en service conçus à l’origine pour fonctionner avec une motorisation thermique de fonctionner en motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible, des fabricants proposent des dispositifs de conversion des véhicules (rétrofit électrique). Pour garantir une efficacité minimale et une installation sécurisée sur les véhicules, le présent arrêté prévoit les dispositions techniques et administratives pour homologuer ces transformations sur les véhicules. Un bilan de l’application des prescriptions est prévu 24 mois après l’entrée en vigueur du texte pour évaluer l’opportunité d’y introduire des modifications."
La société UTAC CERAM (qui délivre leur titre d'homologation communautaire à de très nombreux véhicules) se félicite de la parution de cet arrêté ministériel et ose espérer qu'il permettra "aux propriétaires qui n’ont pas les moyens de s’offrir un véhicule neuf de rendre leur voiture actuelle moins polluante". C'est peut-être oublier le tarif des prestations offertes par les membres de l'association AIRe (Acteurs de 'Industrie du Rétrofit électrique) : démarrage de leur activité oblige, les processus sont encore hésitants et les coûts élevés.
La plupart des jeunes acteurs du secteur de la conversion préfèrent donc miser sur le haut-de-gamme. Il en va ainsi, entre autres sociétés, de Retrofuture qui propose des conversions pour toutes sortes de voitures anciennes extrêmement populaires : de la plus modeste (une Fiat 500 pour 19.990 euros) aux plus exclusives (Range Rover, Rolls-Royce, Porsche...) pour plus de 60.000 euros, en passant par la Ford Mustang (45.000 euros), le Volkswagen Combi (32.000 euros) et la Peugeot 205 (25.000 euros environ). 
Convertir une vieille citadine d'occasion pour 5.000 euros, tel est l'objectif de Transition One
Chez Transition One, l'approche est différente : "Là où d'autres sociétés se spécialisent dans la voiture ancienne, nous concentrons nos efforts sur les voitures d'occasion relativement récentes et abondantes", explique Aymeric Libeau, directeur et fondateur de Transition One. En plus de la Twingo Diesel convertie à l'électrique que Challenges a pu essayer il y a quelques mois (lire notre essai de la Renault Twingo électrique de Transition One), la start-up a terminé la mise au point d'un kit de transformation pour la Fiat 500 moderne, pour la Volkswagen Polo 3, ainsi que de la Citroën C1 et ses jumelles Peugeot 107 et Toyota Aygo. Des voitures qu'on trouve pour une bouchée de pain dans les petites annonces.
Aymeric Libeau estime qu'il y a beaucoup de perspectives dans la conversion des petites voitures. Son ambition est de proposer des voitures électriques à un tarif raisonnable, pour une clientèle qui ne peut s'offrir une neuve. "On a des retours de marchands spécialistes de la voiture d'occasion, qui ont de la demande, mais pas d'offre. Il leur sera à l'avenir possible de proposer à leur client un modèle de leur parc, et de le récupérer en version électrique pour 5.000 euros de plus". Pour tenir un tarif aussi contenu (une approche quasiment unique, chez les "retrofitteurs") Transition One n'a d'autre choix que de se contenter de performances modestes, avec une autonomie de 100 km réels et une vitesse maximale de 110 km/h pour le prototype sur base de Renault Twingo 2 qu'il nous a été donné d'essayer. Pour réduire le coût, c'est un moteur asynchrone d'une puissance de 50 kW (68 ch) sous une tension de 96 Volts qui a été choisi. La boîte de vitesses Renault a été conservée, ce qui permet de limiter la consommation de ce type de machine électrique, pas nécessairement la plus sobre par nature. Ce prototype emporte 25 kWh de batteries (des modules d'origine Tesla) mais la version définitive devrait se contenter d'environ 18 kWh.
Le but de Transition One est de proposer un ensemble aisément adaptable au plus grand nombre possible de citadines, pour des questions d'économie d'échelle et de temps de main d'oeuvre : Renault Twingo 2, Fiat 500, Citroën C1, Peugeot 107, Toyota Aygo, etc. La transformation est réputée ne prendre que quatre heures.
Cinq ans d'âge minimum pour demander sa conversion à l'électrique
Il y a pléthore de candidates à la conversion puisque, ainsi que le souligne l'UTAC CERAM, toute voiture de plus de cinq d'âge est éligible. A condition, bien entendu, de trouver un professionnel habilité en mesure de réaliser les travaux. Toute autre transformation verra impitoyablement rejetée sa demande d'immatriculation. La puissance électrique maximale du véhicule ne pourra dépasser celle de son ancien moteur thermique. A charge pour les installateurs habilités de vérifier que les conditions de transformation du véhicule sont compatibles avec les exigences en matière de sécurité.
A partir du moment où le modèle de base a été homologué du temps de sa première commercialisation ; que sa nouvelle mécanique électrique a été homologuée de son côté en bonne et due forme (conforme au prototype validé par UTAC CERAM) ; et que l'ensemble a été greffé par un professionnel habilité, alors le modèle rétrofité pourra être immatriculé par son nouveau propriétaire. Cette facilité dorénavant offerte à l'automobiliste français rejoint celle offerte à ses voisins allemands et italiens depuis plusieurs années déjà.

Selon Mr Eric Bergerolle - Challenges - vendredi 3 avril 2020

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