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13/05/2020

Qu'est-ce que l'optimisme?

Qu’est-ce que l’optimisme ? L’optimisme est ce qu’on appelle en psychologie une disposition, c’est-à-dire une tendance spontanée de l’individu. En outre, c’est une construction, autrement dit une façon de percevoir la réalité qui n’a rien de factuel. L’individu optimiste à tendance à attendre de bonnes choses de la réalité, et le pessimiste plutôt de mauvaises choses de la même réalité. Il n’y a guère d’objectivité d’un côté ni de l’autre, et ces deux dispositions sont parfois considérées comme des biais. Mais bon, comme d’habitude il faut choisir son biais et si vous avez tendance à adhérer à des propositions comme « Tout problème a une solution », ou « Je crois en mes capacités », ou « J’arrive à surmonter les épreuves », vous êtes probablement optimiste. Aucune de ces phrases n’est intrinsèquement vraie, mais le point véritablement important est que cela permet de surmonter des épreuves terribles. Autrement dit, l’adage qui dit que l’espoir fait vivre est non seulement vrai mais extrêmement précieux.

Comment développer son optimisme ? Une des découvertes de la psychologie de ces trente dernières années est que l’optimisme peut s’apprendre et se développer. Entre nous, c’est le moment. Le père de ce concept est le psychologue américain Martin Seligman, auteur de l’ouvrage La Force de l’optimisme, dont le titre original est beaucoup plus parlant : Learned Optimism, ou l’« optimisme appris ».

L’optimisme est le trait de caractère qui prédit le mieux la capacité de prisonniers de guerre à supporter leur captivité

Ce titre est bien plus éloquent, car Seligman fut, bien avant cela, le père du concept de désespérance apprise, qui apportait un mécanisme explicatif à la dépression. La désespérance apprise décrit les situations où, face à des situations trop difficiles, l’être humain finit par perdre espoir et se résigner. À la suite de ses études sur le versant négatif des émotions, Seligman comprit que la psychologie s’était beaucoup trop consacrée à détailler les effets néfastes des émotions comme la peur, l’angoisse ou la colère, et qu’il restait un immense champ à explorer du côté des émotions positives, ce qui donna lieu à l’essor de la psychologie positive. Selon lui, tout comme le désespoir pouvait être « acquis » au contact de situations trop difficiles, l’optimisme pouvait lui aussi faire l’objet d’un apprentissage. Son livre en traite in extenso (une bonne lecture de confinement, à mon avis) et livre quelques clés :

Prendre le temps d’éprouver de la gratitude vis-à-vis de ce qui se présente à nous. Qu’il s’agisse d’un petit déjeuner, d’un coucher de soleil, d’un lit confortable ou d’un mot gentil d’un proche.

Aider les personnes qui traversent une situation plus difficile que la nôtre.

Examiner d’un œil critique nos pensées et croyances négatives (par exemple : je ne vais jamais tenir le coup dans ce confinement. Avoir un regard critique sur cette pensée, c’est commencer par se demander de quels éléments objectifs je dispose pour affirmer cela).

S’attaquer de front à ses voix intérieures négatives (« Eh, toi, qui parles dans ma tête et me dis que cette situation est sans issue tandis que je commence à grossir devant ma télé, veux-tu me lâcher s’il te plaît »). Les neurones de l’espoir: Mais vous pouvez aller plus loin et devenir un maître cérébral de l’optimisme. Pour cela, un petit détour par notre cer  veau est utile. Les recherches en neuro-imagerie ont montré, au cours des dernières années, que l’optimisme est associé à une activité cérébrale globalement plus soutenue dans l’hémisphère gauche, le pessimisme se reconnaissant davantage à une forte activité de l’hémisphère droit.

Comment faire davantage fonctionner son cerveau gauche ? Une solution pleine de sagesse est venue des études sur la méditation de pleine conscience. Richard Davidson, un des premiers à avoir étudié les effets de la méditation sur le cerveau, montra une augmentation de l’activité du cortex préfrontal de l’hémisphère gauche chez les méditants, augmentation d’autant plus importante que ceux-ci accumulaient de longues heures de pratique. En étudiant le cerveau du moine bouddhiste Matthieu Ricard et en découvrant son cortex préfrontal gauche extraordinairement développé, il en déduisit même que ce dernier devait être probablement l’homme le plus heureux du monde.                                      "

"Savoir éprouver de la gratitude pour un morceau de pain ou un lit confortable permet de muscler son optimisme"

Martin Seligman avait donc raison en supposant que l’optimisme pouvait s’apprendre. Vous pouvez pour cela vous mettre à la méditation, muscler votre cortex préfrontal gauche et nourrir vos émotions positives. Il faudra toutefois de la persévérance, et de l’assiduité. Les bénéfices ne se font sentir que sur la durée, à mesure qu’on accumule les « heures de vol ». Mais la période présente s’y prête, car cette pratique suppose de rester au calme pendant de longues heures. Nous recommandons pour cela le très bon ouvrage d’introduction de Christophe André, Méditer jour après jour. Muscler son optimisme, c’est muscler son espoir, et se préparer à être plus résilient à la sortie de cette épreuve.

Selon Cerveau et Psycho- SÉBASTIEN BOHLER|  

 

 

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