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05/06/2018

Migrants

 I have a dream »… « J’ai un rêve"...

 

Je me plais parfois à imaginer à qui je dois mon esprit frondeur, ma "testardise" obstinée, mon enracinement terrien.  A mon arrière grand père protestant des Cévennes ? A l’artisan suisse descendant de Juifs d’Espagne devenu cordonnier à Avignon ?  Au paysan vauclusien ? Au poseur de rails parti d’Italie pour ne pas servir dans la Garde royale ? Un arrière autre grand-père enfant trouvé ouvre à tous les possibles… Et encore, je ne sais rien des femmes…

Cherchez bien, nous sommes tous le fruit de curieux mélanges !  Tous descendants de migrants…

Chaque jour on nous démontre, preuves à l’appui, que nous ne pouvons pas « accueillir toute la misère du monde » ?  J’aimerais que des voix s’élèvent pour nous démontrer, preuves à l’appui, que c’est possible et peut-être même bénéfique, d’accueillir, héberger, nourrir, former, ces gens qui viennent d’ailleurs.  J’aimerais que des politiques de tous bords, des associations laïques ou confessionnelles, des citoyennes et citoyens de bonne volonté, prennent l’initiative d’Etats Généraux de la solidarité pour créer une France, et pourquoi pas une Europe plus généreuse et plus ouverte.  J’aimerais…

Claude

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Bonjour,

Je partage votre rêve, Claude, et moi aussi je me reconnais des racines étrangères et des désirs d'ouverture du coeur… Mon père, émigré italien, a fait la dernière guerre à 20 ans comme soldat engagé aux avant-poste sur le front du Nord avec un bataillon de tirailleurs marocains et de sénégalais. La plupart ont donné leur vie pour retarder l'avancée de l'ennemi allemand. Là, personne ne se plaignait de leur présence! C'était normal! Le film "Indigène" le montre bien! Aujourd'hui, 73 ans plus tard, à Nice, dans notre Amap, nous soutenons Cédric Herrou, ce paysan de Breil sur Roya qui a été à 8 reprises au moins en garde à vue ou déféré devant un juge pour "délit de solidarité". Il avait tout bonnement nourri et recueilli des enfants mineurs d'Erythrée ou du Soudan errant dans la vallée où il habite… Pas de décoration pour ses gestes généreux: rien que des menaces et des tracasseries policières! 

Nous devrions avoir honte de prêter l'oreille aux thèses xénophobes qui prétendent que "nous serions saturés d'étrangers et que notre économie en souffrirait". Ne souffririons-nous pas plutôt d'usines délocalisées en Chine ou en Pologne? De grands patrons qui échappent à l'impôt? D'une société individualiste qui croit que le bonheur est dans la consommation? Peu à peu, je vois la Hongrie, l'Italie plonger dans les extrêmes… Mr Trump veut ériger un mur pour éviter l'immigration… Qui donc se lèvera courageusement pour contredire toutes ces allégations, pour proposer un accueil digne et respectueux à ces populations en détresse? Les "migrants", exilés de leurs pays afin de survivre, n'ont pas le droit de travailler chez nous. Pire, ils sont obligés de se cacher, ils sont parqués, malmenés par la police comme des malfrats…

Il fut un temps ( peu glorieux ), où c'étaient les juifs qui devaient se cacher… Demandons nous tout de même qui aurait intérêt à trouver en ces étrangers de pratiques "boucs émissaires" et à nous gouverner par la peur? Le peuple français est-il devenu amnésique, sourd et aveugle? Nous avons par exemple des déserts médicaux, des villages sans boulanger ni artisans. Ces jeunes pourraient offrir leurs services, combler le vieillissement de notre population…  Avons-nous vraiment peur de perdre "nos privilèges", notre "race blanche" qui se croit supérieure aux autres? Regardons plutôt l'histoire: combien "d'erreurs" en Afrique, en Indochine ou ailleurs avons-nous commises avec la colonisation? Des génocides ont même eu lieu dans l'anesthésie générale? Plus tard, sans aucun doute, un chef d'Etat demandera pardon à toutes ces victimes de notre indifférence à leurs souffrances, de notre accueil conditionnel (immigration choisie?) de nos mauvais traitements même… Car la roue tourne et les œillères finissent un jour par tomber!

Je lutte en ce moment pour aider Kemi, une jeune femme du Nigéria qui a fui son pays, où elle avait un bon emploi bancaire, pour éviter à sa fille d'être excisée. Elle suit avec moi depuis 3 ans des cours de français aux Restos du Cœur, où elle vient chercher une aide alimentaire. Elle fait du bénévolat au Secours Catholique, vu qu'elle n'a pas le droit de travailler! Elle est cultivée, courageuse et comme toutes les mères cherche à protéger ses enfants. J'étais confiante et je me disais que nous pouvions l'aider…  En effet, il y a chez nous des lois, des associations qui protègent ces fillettes en danger. Aussi Kemi a- t- elle depuis 2015 demandé asile en France, pour que ne se reproduise pas ce qu'elle a elle-même vécu: des souffrances atroces et la mort de sa sœur aînée à la suite de son excision. Mais que croyez-vous que lui a répondu l'OFPRA à deux reprises? Non, pas d'asile, pas de protection pour ses deux enfants! Elle risque d'être expulsée. J'en suis révoltée. Il y a les bonnes paroles (droits des enfants…) et la réalité!

Nous ne nous résignons pas et je la soutiendrai de mon mieux dans son recours. Car il faut lui trouver un bon avocat, le payer et faire vite car elle n'a qu'un mois de délais! Mais je pose la question: au nom de quoi l'Etat français refuse-t-il d'aider Kemi et ses deux enfants? Là encore, j'ai de la peine en constatant ce qui se passe dans notre pays... Toutefois, j'aimerais au moins savoir que des compatriotes sont prêt(e)s à dire à haute voix (par pétition, lettre au Président, à l'OFPRA ou au Ministre de l'Intérieur par exemple) que c'est odieux et profondément injuste de ne pas défendre cette petite fille sur le sol français… Ce serait mon rêve d'aujourd'hui!

Lyliane

 

Commentaires

Pourquoi ne pas intervenir directement auprès de MMe Macron et de la ministre de la condition féminine ? Juste une idée !

Écrit par : Eléonore | 06/06/2018

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