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08/05/2018

Qualité des aliments: quand les consommateurs s'en mêlent...

Nutri-Score: un étiquetage pour mieux manger:

Étiqueter les plats cuisinés en fonction de leur valeur nutritionnelle : c'est le principe du Nutri-Score. L'agence Santé publique France lance aujourd'hui sa campagne de publicité contre la malbouffe

 C'est le triomphe d'un chercheur daltonien qui fait voir rouge à l'industrie agroalimentaire. L'agence Santé publique France lance lundi 7 mai un spot publicitaire (télé, radio et Internet) de promotion du Nutri-Score, le logo officiel permettant au consommateur de savoir en un coup d'œil si le plat cuisiné qu'il s'apprête à fourrer dans son chariot respecte l'équilibre alimentaire. Placé sur l'avant d'un nombre croissant d'emballages, cet outil facultatif de prévention du surpoids et des maladies cardiovasculaires facilite, par exemple, la comparaison de plusieurs boîtes de céréales entre elles pour choisir la moins grasse ou la moins sucrée.

Cinq couleurs pour identifier le score nutritionnel d'un produit
Son inventeur Serge Hercberg a bataillé dur pour imposer un étiquetage résumant, au moyen de cinq lettres et couleurs, le score nutritionnel mis au point dans son laboratoire, validé par des études scientifiques, et calculé à partir des ingrédients entrant dans la composition du produit. "C'est un instrument de transparence, qui n'existe nulle part ailleurs. Pour le consommateur lambda, les tableaux à l'arrière des emballages sont incompréhensibles", décode l'inventeur.


Dans sa croisade contre la malbouffe, le professeur de nutrition à l'université Paris 13 a pu compter sur l'appui du docteur François Bourdillon. 

. Le directeur général de Santé publique France a d'abord conçu le design du logo, c'est-à-dire la "carrosserie" (échelle colorée) qui habille le "moteur" de compétition inventé par son collègue chercheur. Il s'attelle aujourd'hui à "en faire la pub".

Cet adepte du "marketing social" à l'anglaise, allergique à "l'hygiénisme" et à la "culpabilisation", a un double objectif : sensibiliser la population ("On peut se faire plaisir en mangeant du E, mais tous les jours, ça pose problème.") et aussi les industriels ("Ceux qui ont adopté le Nutri-Score y voient un avantage concurrentiel, certains commencent même à enlever du sel ou du sucre dans leurs produits pour améliorer leurs notes.").

Des entreprises agroalimentaires veulent torpiller le Nutri-Score
Autres alliés de poids dans cette course au bien manger : les consommateurs. Ils sont déjà des dizaines à alimenter la base Open Food Facts créée par l'informaticien Stéphane Gigandet pour rendre transparente la composition des aliments (elle affiche notamment le Nutri-Score). Et près de 3,5 millions de personnes ont téléchargé en un an l'application mobile Yuka, qui note les produits (60 % de l'évaluation est basée sur le Nutri-Score). "Si les consommateurs se mettent à boycotter ceux qui sont mauvais pour la santé, pronostique Julie Chapon, une des cofondatrices de Yuka, les entreprises seront bien forcées de changer."
 
Anne-Laure Barret - leJDD - lundi 7 mai 2018

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