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22/09/2017

Faut-il faire entrer les médecines complémentaires à l'hôpital?

L'émission Enquête de Santé présentée par Mme M. Carrère d'Encausse, Mr M. Cymes et Mr B. Thévenet sur la 5ème chaîne, mercredi 20/9/2017 à 20H50, posait la question de la place des médecines complémentaires à l'hôpital. La parole a été alternativement donnée à des patients et à des médecins. Nous avons vu tout d'abord à St Malo le Dr d'Auvray accompagner un patient pendant une opération d'une heure et demie en le maintenant sous hypnose. Le chirurgien et le personnel présent ont reconnu apprendre beaucoup du langage rassurant et intime avec le patient de l'hypnothérapeute, comme pour contrebalancer une médecine efficace, mais relativement froide...

Ensuite, se sont enchaînées une séance d'acupuncture à Strasbourg, une consultation hospitalière d'une femme médecin, praticienne en auriculothérapie, capable de soulager la douleur de certains malades et, à la Pitié Salpétrière à Paris, l'intervention d'un médecin chinois, le Dr Liu, apportant de l'homéopathie et des exercices de Qi Gong à une malade en chimiothérapie, l'impliquant concrètement dans sa guérison et lui apportant une forme d'espoir.

Il y eut également sur le plateau de l'émission l'intervention d'un kinésithérapeute plutôt contre ces pratiques qu'il assimile en grande partie à une forme de charlatanisme. Un médecin, chargé de surveiller les "dérives sectaires" nous fit savoir que, selon lui, il s'agit d'effet placebo ou de pensée magique, qui n'auraient pas leur place dans les hôpitaux laïcs de notre pays, si ce n'est à l'aumônerie. C'est l'approche quantitative de ces pratiques, en fait, qui paraît difficile à évaluer. L'usine homéopathique Boiron eut beau nous montrer comment les granules sont imprégnées, dynamisées, cela ne parut pas être suffisant pour convaincre l'ensemble des médecins... Un des médecins présents suggéra même que la contestation actuelle des 11 vaccins prescrits pour les nourrissons viendrait de personnes contestataires adeptes de médecines différentes... 

Cette posture sceptique, s'appuyant sur la constatation que ces médecines n'auraient pas fait la preuve scientifique de leur efficacité, fut contestée tour à tour par deux médecins présents soulignant la complexité du vivant, le fait qu'il n'y a pas lieu de séparer le corps et l'esprit, que ça fonctionne sur le terrain exemples à l'appui ( shiatsu, sophrologie, méditation, magnétisme...). Il fut même souligné qu'aux Etats-Unis, où les budgets recherche sont conséquents depuis longtemps, ces médecines dites intégratives font partie du parcours de soins offert aux malades. Enfin, mettre ce type de médecines complémentaires hors de l'hôpital, ce qui leur enlèverait toute caution scientifique, ne permettrait plus de les encadrer, voire de veiller sur ces pratiques... 

Nous pouvons nous demander si s'intéresser au patient, le toucher, l'accompagner sans mesurer son temps et lui faire exprimer ses émotions ne revient pas tout simplement à donner de la considération, de la confiance et de l'espoir au malade... Ce serait alors non une simple question de preuve, mais de qualité des soins, d'écoute et d'humanité! La meilleure réponse vint d'une femme médecin touchée par le cancer, qui tout à coup comprit l'utilité des soins de support admis pratiquement partout en cancérologie (groupe de parole, yoga, massages...) à côté des soins classiques. De plus, non seulement ces actes complémentaires sont généralement moins onéreux, voire gratuits, mais ils sont sans effet secondaire. Car en finale il nous fut rappelé que parmi les personnes hospitalisées, 20 à 30% sont là pour "iatrogénie" c'est à dire en raison de surdosages ou autres effets secondaires de médicaments chimiques...

Il faudrait peut-être cesser d'opposer la médecine officielle, dont personne ne conteste l'utilité et l'efficacité et un autre type de soins, pratiqué par des médecins ou de simples personnes de bonne volonté, mais considérer avant tout l'intérêt des patients. Si beaucoup d'entre eux se tournent aujourd'hui vers ces médecines complémentaires, c'est qu'elles y trouvent leur compte. A part l'hypnose pour le moment, il faut bien reconnaître de timides avancées dans notre pays. La plupart de ces soins restent encore sur le seuil des hôpitaux français. Une émission de ce type a eu toutefois le mérite de confronter les points de vue, de révéler des peurs et d'ouvrir un débat qui ne manquera pas de se poursuivre sur le terrain.

Lyliane

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