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31/08/2017

Au cœur de chacun vit toujours un enfant...

 

J'ai particulièrement apprécié l'ouvrage de Mme et Mr Ballet de Coquereaumont «J'arrête d'avoir peur» paru chez France Loisirs en 2014. Dans leur premier chapitre, ils montrent en s'appuyant sur un pédopsychiatre Mr Lemay et sur le médecin et pédagogue Mme M. Montessori que « l'âge adulte et l'enfance sont deux formes différentes de vie humaine, qui se déroulent simultanément et exercent l'une sur l'autre une influence réciproque ». Selon eux, «le développement de l'être humain est plus proche d'un modèle concentrique à la manière d'un arbre qui garde en son coeur ses différents âges repérables par des cernes».

Personnellement, je me suis bien retrouvée dans ce modèle de développement où l'enfant est le cœur de notre être. Ce que certains appellent «l'enfant intérieur» conserve en effet la mémoire de l'expérience de petit être humain avec son pouvoir créatif naturel, tout son potentiel et ses blessures. Pour convenir à son environnement, il laisse généralement la place à un enfant adapté, qui attend les retrouvailles avec un adulte compatissant. Pour se libérer de la peur, souterraine le plus souvent, découvrir notre Soi ou notre enfant divin selon C. Jung, il s'avère crucial de renouer des liens d'écoute, de compréhension et d'empathie avec cet enfant.

L'ouvrage précité expose un cheminement pour soulever le voile et apprivoiser « cette étrange alliée qu'est la peur ». Pour guérir psychiquement de nos peurs, il convient tout d'abord de distinguer ce qui est de l'enfant adapté et de l'enfant intérieur. Souvent le premier a tendance à étouffer le second! Voir aussi que toutes nos peurs ont des racines inconscientes. Toutefois, cette émotion universelle est également «un joyau qui préserve la vie, en nous avertissant d'un danger»...

J'ai particulièrement apprécié le paragraphe qui montre que la peur, indissociable de nos vécus antérieurs, est une invitation à éclairer notre histoire. Pour reprendre l'image empruntée à l'aviation des auteurs de l'ouvrage, écouter «son pilote intérieur» c'est à dire cet enfant, revient à éclairer ses relations, à admettre les comportements maltraitants de ses parents, de ses enseignants, à déconstruire les murs de protection érigés dans l'enfance et à survoler pour le retraverser tout notre passé.

J'ai moi-même compris, grâce à une grave maladie, que plus on cherche à fuir son enfance, surtout lorsque des violences verbales, psychologiques ou physiques ont été exercées sur nous, plus l'enfant adapté renforce sur l'adulte un contrôle rigide rejetant dans l'ombre ces souffrances tues. Ce déni de nos souffrances non exprimées nous empêche d'être véritablement nous-mêmes, authentiques, de nous dévoiler, de montrer nos vulnérabilités. Beaucoup de couples en font l'expérience par une dissimulation de leur Moi profond, les obligeant à rester dans les apparences, à garder un masque jusque dans l'intimité... Cela limite grandement échanges et contacts.

Pour ne plus ressembler à des adultes, qui sont en fait d'éternels enfants adaptés, il s'agit par exemple de convertir nos peurs en audace, en transgressant les limites imposées autrefois à notre enfant intérieur. Pour les uns ce sera sortir des rôles, des systèmes de pensée, des schémas du bon parent, de la mère sainte ou de la douce compagne en récupérant notre vrai potentiel primitif. Pour d'autres, ce pourrait être de s'autoriser à prendre du plaisir, de se mettre à la première place, de laisser éclater sa colère ou de se permettre de faire des erreurs...

Les auteurs de l'ouvrage nous incitent à libérer notre élan vital et créatif entravé jusque là, en nous appuyant sur de nouveaux P, afin de donner à notre enfant intérieur: permission, protection et puissance. Aussi, n'utilisons plus nos peurs comme des paravents, pour nous paralyser! Débusquons les, explorons les, acceptons les et devenons bienveillants envers cette partie de nous, au cœur de notre être, qui a été en partie refoulée.

C.G. Jung a écrit: «Le Moi finit par déposer les armes aux pieds du Soi, non pas parce qu'il n'a plus les moyens de faire valoir sa volonté, au contraire, mais parce qu'il reconnaît là, dans ce service du Soi, la source de son bonheur». Cela me semble une bien belle façon de clôturer cet article et de nous inciter à expérimenter ces quelques pistes proposées.

Lyliane

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