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08/03/2009

UN ESPOIR POUR LA PLANETE

UN ESPOIR POUR LA PLANETE

Nous sommes dimanche et je rentre d’une réunion AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne), au cours de laquelle nous avons été confrontés à la situation d’un éleveur local ne pouvant plus rester sur les terres où il était en fermage. Un acheteur potentiel voulant y mettre paître des chevaux, la surenchère contraint le paysan sur place à partir. Tous ensemble, nous avons essayé d’imaginer des solutions solidaires pour l’aider à garder son emploi. Dans la région en effet la terre de plus en plus échappe aux vrais agriculteurs. Comme souvent une question de moyens et étant donné que les banques ne prêtent qu’aux riches…

 

En me remémorant ces derniers mots, qu’on prononce parfois comme si c’était une fatalité, j’ai eu à l’esprit la nouvelle étonnante que nous avons apprise par la télévision : le prix Nobel de la Paix 2006, contre toute attente, a été attribué à Mr M. Yunus, un économiste bengali, fondateur de la Grameen Bank, la première banque de micro crédit au monde.

Cela m’a donné le désir de vous parler du livre dans lequel, depuis juin 2005, j’ai entendu parler de cet homme, comme de 79 autres, pour avoir pris l’initiative d’un développement économique durable là où il vit au Bangladesh. Cet ouvrage de S. Darnil et M. Le Roux s’intitule : « 80 hommes pour changer le monde » et il est paru aux éditions J. C. Lattès.

 

Si par hasard vous étiez tentés à un moment ou à un autre de désespérer de l’avenir de notre planète, je vous recommande la lecture de ce livre, qui fourmille d’informations et d’idées simples mises en pratique par des hommes et des femmes entreprenants dans des domaines aussi variés que la santé, l’agriculture, la banque, l’entreprise, le textile, le traitement des déchets …aux quatre coins du monde.

 

Pour ma part, je me réjouis de constater, qu’à travers le prix Nobel 2006, c’est cette année une initiative individuelle à l’égard des "petits" qui est reconnue. Pour nos sociétés pleines de préjugés, où la pauvreté est mal vue, où certains pensent que le progrès économique et social nous a conduits à des systèmes économiques bien pensés, il est réconfortant de toucher du doigt que le monde de demain reste à créer au niveau de l’humain, là où nous vivons. Appel à l’imagination, à l’optimisme, au courage et à une foi incarnée dans le concret…

 

Et que l’initiative vienne notamment de pays du tiers monde, dans des états où la loi islamique est présente, où les femmes ont une place dans la société plutôt modeste me touche très profondément.

 

A titre d’exemple, disons quelques mots concernant l’idée de Mr Yunus au Bangladesh. Après de brillantes études aux Etats-Unis, cet homme issu de classes aisées est retourné dans son pays pour enseigner l’économie à l’Université. Confronté en 1974 à une famine sans précédent qui tua plus d’un million et demi de personnes, il décida d’aller sur le terrain pour étudier les obstacles au développement chez les pauvres. Constatant que personne ne voulait se risquer à leur prêter de l’argent, il investit sur ses fonds propres de l’argent pour financer des premiers projets à très court terme. Il imagina des petits groupes de 5 femmes, voulant faire un peu de commerce pour survivre, dont chaque débitrice était responsable vis-à-vis des autres. Très vite il s’aperçut qu’elles étaient dignes de confiance et remboursaient leurs prêts. En 1976, il créa la Grameen Bank -banque de village- qui essaima peu à peu dans toute la région.

 

Aujourd’hui un emploi sur quatre au Bangladesh dépend de financements de micro crédit. Pour ne pas heurter la loi islamique qui interdit à un musulman de prêter de l’argent, avec intérêt, 94% du capital de la banque appartient à ses clients qui se redistribuent des sommes entre eux. Cette idée simple s’est exportée partout de par le monde, y compris dans nos pays développés. Mr Yunus n’en a pas pour autant changé son mode de vie et j’imagine que son prix lui servira à favoriser d’autres projets solidaires. A ceux qui l’interrogent, il répète en direction des jeunes "qu’ils n’ont pas à chercher un travail mais à le créer" et que pour lui "le premier maillon de la chaîne est l’homme, à qui il convient de redonner l’espoir". Et si ces gouttes d’eau se rejoignaient pour construire un monde meilleur ?

 

Stella

1) Ouvrage de S. Darnil et M. Le Roux "80 hommes pour changer le monde", aux éditions J. C. Lattès

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